ELLE CHASSE LA NUIT

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DEFORT Christian

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Résumé

La nuit, toutes les chattes sont noires. Mathilda, obsédée sexuelle, a fait deux parts de sa vie. Le jour, elle mène sa petite vie normale de jeune bourgeoise dans le vent. La nuit, elle se métamorphose en folle du sexe assoiffée des plus étranges expériences. Rien ne la rebute, plus c’est dégradant, et plus cela l’attire. Qui se ressemble s’assemble : autour de cette insolite chasseresse gravitent des hommes et des femmes aussi détraqués qu’elle. Leurs noces démoniaques s’entrecroisent. Qu’y a-t-il à découvrir dans cet avilissant voyage au bout de la nuit ? Quel est le noir secret de Mathilda ? Vous le découvrirez peut-être en la suivant dans ses pérégrinations… Mais attention à ne pas vous brûler, rien n’est plus contagieux que la folie du sexe.

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CHAPITRE PREMIER

Dehors, un vent hargneux poussait le crachin froid en gifles brutales contre les larges baies du bar des Deux Mondes. La pluie nimbait les réverbères d’un halo de lumière fantomatique. A Douarnenez, ce temps n’avait rien d’exceptionnel mais il s’accordait parfaitement à l’humeur morose de Bert. Ses larges épaules engoncées dans son caban, la casquette vissée sur le crâne, le marin pêcheur prêtait une oreille distraite au bavardage du patron. Autour d’eux, la salle ressemblait à un havre de grâce avec la douceur tiède de ses appliques jaunes, ses boiseries claires et ses banquettes de peluche, son silence à peine troublé par le crépitement de l’averse et, de temps à autre, un coup de sirène, au loin. Le bar était presque vide. Quatre vieillards aux visages burinés tapaient le carton autour d’une des tables du fond. Dans un des boxes, un jeune couple chuchotait très bas en se tenant la main. Et c’était tout.

Un coude sur le comptoir, Bert leva son verre de calva à la hauteur des yeux. Après l’avoir contemplé un instant sans vraiment le voir, il le vida d’un trait, insoucieux de la brûlure qui descendait comme une flèche le long de son œsophage. Son estomac en avait vu d’autres et puis il avait bien besoin de se remonter le moral. Aussi sec, Yvon, le patron, remit la tournée.

— Allez, Bert, fais pas la gueule. Après tout, vous vous en êtes plutôt bien tirés, de cette rencontre avec cette foutue épave.

— D’accord ! Mais pendant que la Philippine est en cale sèche, les thons, eux, sont dans l’eau. Et avec ce que va nous rembourser l’assurance, on va pas devenir gras, crois-moi.

Le chef mécanicien secoua la tête d’un air dégoûté. Bien qu’il eût à peine trente ans, son visage osseux était tanné par le vent et le sel. Au ras de sa casquette, ses cheveux très noirs débordaient sur son front têtu. Du doigt, il écarta une mèche qui tombait devant ses yeux.

La bouteille de calva à la main, Yvon s’apprêtait à le resservir mais il suspendit son geste, une expression de surprise sur sa bouille enluminée.

— Dis donc, marmonna-t-il entre ses dents, vise un peu ce qui se ramène.

Intrigué, Bert tourna la tête vers l’entrée. Son ciré noir ruisselant sur ses bottes de cuir fauve, une jeune femme se tenait sur le seuil. Ses cheveux blond-roux formaient une couronne autour de son chapeau rond imperméable, aux larges bords relevés.

L’œil aigu du chef-mécanicien remarqua d’entrée le nez délicatement modelé, l’ovale parfait du visage pâle, au menton volontaire. Mais quand son regard croisa celui de l’inconnue, le marin éprouva un vague malaise. Les yeux bleus étaient très beaux mais sans expression.

Otant son couvre-chef, la femme secoua sa lourde chevelure qui retomba, lisse et unie, sur ses épaules. Grande, mince, elle conservait une réelle séduction grâce à l’opulence de ses seins et de ses fesses que son vêtement enveloppant ne camouflait pas complètement.

Après un rapide regard sur la salle, elle se dirigea vers le comptoir d’une démarche chaloupée. Quand elle s’installa à côté de lui, Bert fut enveloppé d’un nuage de parfum capiteux qui lui fit froncer le nez. Pour un habitué des relents de fuel, de sel et d’iode, un arôme trop recherché devenait gênant.

La femme baissa vers Yvon ses yeux bleus et vides. Ses lèvres charnues, outrageusement fardées, esquissèrent un vague sourire.

— Bonsoir ! Sale temps, hein ? Vous pouvez me servir un café ?

— Tout de suite, madame, grommela le patron en se retournant vers le percolateur.

A la dérobée, Bert examina sa voisine. Entre les revers du ciré, il aperçut la chair nue, l’arrondi d’un sein et la bordure de dentelle noire d’un soutien-gorge pigeonnant. Visiblement, la femme ne portait que de la lingerie sous son vêtement. Pourtant, Bert aurait juré qu’elle n’était pas une pute. Elle faisait preuve de trop de retenue, et il connaissait toutes celles qui tapinaient autour du port.

Elle vida sa tasse de café sans sucre par petites gorgées prudentes, donnant l’impression de sucer le liquide fumant, en l’aspirant bruyamment entre ses lèvres.

Comme si elle se sentait observée, elle tourna la tête vers son voisin. Cette fois, elle sourit franchement pendant qu’une expression d’intérêt apparaissait dans son regard.

— Vous vous ennuyez ?

Bert acquiesça. Fouillant dans la poche de son ciré, la femme en sortit un paquet de Camel. Une cigarette aux lèvres, elle se pencha vers la flamme du briquet que lui présentait son voisin. Le col du ciré s’ouvrit davantage et il eut le temps de voir tout le dessus des seins. Le soutien-gorge noir soulignait la blancheur presque maladive de la peau.

Sourcils froncés, l’inconnue semblait réfléchir tout en tirant sur sa cigarette avec une hâte nerveuse.

— Etes-vous libre ? demanda-t-elle d’une voix sourde. J’aimerais que quelqu’un me raccompagne chez moi. J’ai peur de me promener seule dans les rues, le soir.

Bert posa sur le comptoir un billet de cent francs qu’Yvon prit avec un clin d’œil complice. Le chef mécanicien glissa son bras sous celui de l’inconnue et ils se dirigèrent vers la porte.

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