ENFER BLEU COBALT

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CHOLSTITZ DT

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Broché / 160 pages


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Résumé

Vue des brumes du Nord, Paris brille de mille facettes : Agathe y voit u emploi excitant dans la publicité, des relations, la fête, la dignité retrouvée après les amours glauques et les complaisances sordides. Est-ce si différent de ce qu’elle connaît ? Le harcèlement, les orgies, les humiliations y sont seulement plus fréquents, plus impitoyables, plus troublants aussi… Pour participer au tournage d’un film sur une île du Pacifique, Agathe endure les ultimes humiliations. Elle ignore que les eaux tropicales et le sable fin peuvent servir de prison où, devenue chair à fouetter, à violer, dépouillée de tout, même ses charmes n’attendrissent plus ses tortionnaires blasés. Comment survivre, comment s’enfuir ?

Ce roman âpre et enivrant descend une à une les marches d’en enfer qui ne cesse de nous envoûter.

Débuter la lecture

Décembre nimbait les lampadaires et les phares de voitures d’un halo de brouillard. Se faufilant à travers la cohue des jeunes cadres et des lycéens, Agathe Lybriski remonta la rue des Filles-du-Calvaire jusqu’au grand carrefour de la rue de Bretagne.

Le feu était au vert. Elle attendit de passer, tandis que le flot désordonné des voitures s’écoulait dans un concert de klaxons rageurs. Dans la grisaille du matin, son maintien réservé et sa mise provinciale s’accordaient avec sa grâce naturelle de danseuse, reins cambrés et épaules droites. Grande – un mètre soixante-seize – athlétique pour avoir fait de la gymnastique, de la danse moderne et beaucoup de natation, la jeune fille arborait un corps magnifique. Gainées de soie grège, chaussées d’escarpins trop minces pour la saison, ses jambes interminables attiraient irrésistiblement le regard. Ses seins tendaient le corsage à craquer et elle devait, le plus souvent, les dissimuler sous des gilets bien fermés. Mais cette exubérance n’affleurait que rarement, quand la jeune fille se sentait en confiance. Pour l’heure, elle oscillait doucement sous l’emprise d’une rêverie intérieure, et son visage avait pris une expression lointaine.

Au fond des immenses prunelles d’un bleu profond, veillaient les ombres argentées d’un songe éveillé. Qui aurait soupçonné que, sous les épaisseurs de tissu, son corps de marbre vibrait aux souvenirs enfouis ? Des pointes douloureuses crevaient les dômes laiteux de ses seins et plus bas, sourdant d’entre ses cuisses, un filet tiède se frayait un passage dans la conque brûlante ourlée d’un duvet clair. Sous cette glace grondait un volcan mal éteint, celui qui s’allumait en elle quand son amant lui ramenait brutalement les bras derrière le dos et offrait aux voyeurs l’arc cambré de sa chair.

Alors, séparant ses cuisses tremblantes, elle s’offrait, tout entière exposée, aux mains insidieuses et aux regards vicieux…

— Tâte ces nichons, grinçait son amant, Tâte donc, mets-en plein les mains. Tu sens comme ça pèse ? Du 92, mon vieux, une vraie pin-up ! Et regarde, étroite comme un garçon ! Des hanches minimum, juste de quoi accrocher les fesses. Tourne-toi, Agathe, montre-lui, creuse les reins. Ah, oui, les fesses, un peu trop moelleuses, je sais ; c’est une vraie femelle. Faudra faire avec. Détends-toi, mon amour, laisse faire mon copain… Elle va y arriver, je t’assure, elle n’a jamais fait ça. Tu vas nous prendre tous les deux. À fond.

Elle avait beau supplier, rien n’y faisait. Ils la faisaient mettre à genoux, renversée sur ses bras tendus.

— Pense que c’est moi qui vais te glisser ma queue dans le ventre, sur toute sa longueur, chuchotait l’amant.

— Mais toi, pourquoi jamais ? Pourquoi ? gémissait-elle.

— Je préfère te prendre par le cul, tu sais bien, rétorquait-il avec agacement. Lui, il veut essayer ta chatte. Fais ça pour moi, Agathe, s’il te plaît. Écarte les cuisses à angle droit, comme ça… Laisse-le tripoter tes seins…

Leurs souffles mêlés couraient sur sa peau, puis l’autre se couchait sur elle. On lui ramenait les cuisses sur la poitrine, écrasant les fruits mûrs de sa gorge, et l’autre la prenait.

— Il est lourd, hein, ma chérie ? Voilà, il y est, c’est fini. Il est au fond de toi. Et maintenant, tiens-la, toi, les bras bien écartés, Oui, comme ça, comme si on la crucifiait et on la violait en même temps…

Il y avait ces ignobles bruits de bouche, leurs râles étouffés. Son amant profanait sa bouche, avec sa verge, sans cesser de parler.

— Ah, le salaud, il en profite ! Jusqu’à la racine, il te la met ! C’est ça que tu préfères, non, une bite dans le cul, une bite dans la bouche ? Retire-toi un peu, qu’elle la goûte… Bien, bien, mon amour, comme ça… C’est ça, lèche-moi sur la grosse veine… Sors toute ta langue, allez… Le gland maintenant… renifle-le… Garde les yeux ouverts, je veux que tu voies son ventre qui avance et recule ! Pompe, maintenant ! Pompe-moi pendant qu’il t’encule ! Avale, avale tout !…

Une moto qui remontait dans le caniveau passa à la frôler et le conducteur lui lança un compliment obscène sous son casque opaque.

Le feu virait au rouge. Les voitures n’avaient pas plus tôt freiné que les piétons se lancèrent sur la chaussée en brandissant leurs cabas et leurs attachés-cases. Agathe les suivit.

Depuis trois mois qu’elle était dans la capitale, Agathe ne s’habituait pas à l’agressivité des parisiens. Pour cette fille du Nord, leur nervosité et leur précipitation semblaient absurdes, presque comiques. Elle avait beau quêter un sourire, un mot gentil, rien ni personne ne lui retournait cet instant de douceur. Aussi est-ce avec un intime sentiment de soulagement qu’elle poussa la porte du grand café-brasserie qui faisait l’angle de la rue de Bretagne et de la rue Vieille-du-Temple.

À l’intérieur, il faisait chaud et sec. Les vitres embuées dérobaient la nuit hostile, et l’arôme du café fraîchement moulu se mêlait à l’odeur de la première cigarette du matin, tapotée d’un index impérieux sur le comptoir de zinc par des petits vieux en casquette.

Des apprentis et les élèves d’un cours de couture du quartier la dévisagèrent avec admiration, mais elle ignora leurs regards et prit sa place habituelle, au bout du comptoir, près de la caisse. Elle avait le temps, les publicitaires ne commencent pas leur journée avant neuf heures.

La voix aiguë, pleine d’un mauvais triomphe, jappait encore à ses oreilles.

— Et maintenant, accroupie ! Agrippe-toi au lavabo, respire un grand coup ! Pousse, allez, pousse !

Un voile rouge brouillait sa vue, tandis qu’elle contractait ses muscles abdominaux. La main du garçon flatta son anus ouvert. Il siffla méchamment.

— Je vais t’aider, moi, si tu n’y arrives pas ! Je vais t’aider ! – Il la remit brutalement sur pieds. – Donne-moi tes pinces à cheveux, là, sur la tablette ! Oui, ça ira très bien. – Elle reprit la position, elle haletait. – On va bien voir si ça ne te fait pas venir ! Oui, là. Les grandes lèvres ! Laisse-toi faire ! – Il avait saisi les grandes lèvres de son sexe entre ses doigts crochus et tirait. Les pinces à cheveux se refermèrent et elle cria. – Quoi ? ricana-t-il. Qu’est-ce que tu as ? Ça ne fait pas mal ! Ça fait mal ? – Il donnait des chiquenaudes dans le plastique. – Tu sais que tu es belle comme ça ? Et cette savonnette, ça vient ? Tu la fais fondre ou quoi ? Elle est rentrée, elle va bien ressortir. – Il recommença à la fouiller. Elle gémissait, reins cassés, croupe évasée. La savonnette expulsée disparut sous le bidet. Il se glissa en elle, d’une longue poussée rectiligne. – Hum ! Tu es toute lisse maintenant, bien glissante à l’intérieur !

Les pinces à cheveux claquèrent sur le carrelage. Elle les entendait encore…

— Un petit noir, comme d’habitude, princesse ?

La première fois qu’il l’avait appelée ainsi, elle avait craint que le garçon ne se moquât d’elle, mais c’était un brave homme sans méchanceté, toujours le sourire aux lèvres. S’il avait lorgné la poitrine avantageuse, le ventre plat et les interminables jambes qu’elle s’efforçait de cacher, il n’en montrait rien.

— Oui, s’il vous plaît.

Ne plus penser à ça. Tout en grignotant un œuf dur, les reins calés contre le comptoir, Agathe laissa ses yeux errer sur la salle. Assistante de publicité stagiaire, elle avait trois mois pour faire ses preuves, pas un jour de plus. Son professeur d’économie à la Fac de Lille l’avait recommandée à Lionel Caminade, le patron de l’agence, mais c’était son associé, Orchard Barrier, qui déciderait de son sort à la fin de l’année.

Elle grimaça intérieurement. Barrier était un vieux beau d’une soixantaine d’années, toujours vêtu avec un raffinement extrême, qui avait rang de directeur-général… Il n’était pas très grand, mais puissant ; son visage sec d’ancien légionnaire était sillonné de rides profondes et couronné d’épais cheveux paille de fer coupés court. On disait qu’il avait fait fortune à Djibouti, en trafiquant des pneus et du kat avec l’armée française, s’était reconverti dans l’import-export à Singapour et avait fini par racheter une régie de presse en Normandie. Quand il était arrivé dans la publicité à cinquante ans passés, il avait accédé au nirvana : il y rencontrait les plus belles filles du monde. Et Barrier adorait les belles filles.

On disait qu’il possédait des parts dans presque toutes les agences de casting de Paris et de New-York. On le rencontrait dans les avions toujours accompagné de mannequins très jeunes. Son bureau était un repaire où personne n’entrait sans sa permission.

Cet homme-là déciderait de son sort et, à cette pensée, Agathe eut une crispation de dégoût. Elle le craignait confusément, et pourtant il avait été très gentil avec elle lors des entretiens d’embauche. S’il estimait qu’elle ne faisait pas l’affaire, c’était le retour à la case départ. Elle n’aurait plus qu’à retourner dans le Nord, rejoindre les 22 % de chômeurs qui attendaient désespérément un travail depuis des années.

Bien sûr, elle avait toujours sa chambre à la maison, et ses parents ne la laisseraient pas tomber. Mais que pouvait-elle espérer avec un BTS de publicité dans une région ravagée par la crise ? Une région où il rodait, attendant de remettre la main sur elle. À cette pensée, son cœur manqua un battement et repartit en pulsant une onde rouge derrière ses rétines.

— Comment ça, tu ne l’aimes pas ? braillait-il. Mais c’est du sexe qu’on te demande, idiote ! du sexe ! Personne n’en saura rien. Mais oui, ma chérie, il est très gros, mais il est court. Tu dois apprendre à sucer mes amis. Tu es ma petite pute adorée, et je veux qu’ils en profitent tous. Tu leur donneras ta chatte et ta bouche, je me réserve ton cul. Écarte bien les mâchoires, respire par le nez !… Vas-y, toi, gicle-lui dans la bouche, vide-toi les couilles ! Ah, Mademoiselle s’en va à Paris, conquérir le grand monde ? Dans la publicité ! On va la remplir de jus à ras bord, pour qu’elle pense à nous. Presse-lui les couilles et la bite, toi ! À pleine paume ! Tire la langue, pour qu’on voie bien. Je veux que tu avales la dernière goutte, ensuite ce sera à moi…

Il lui pinçait le nez, la secouait en tout sens. Elle aspira, juste comme épaisse liqueur crémeuse se déversa dans son gosier. Une quinte de toux la déchira, elle se tordit sous lui, la semence brillante refluant aux commissures de ses lèvres. Sangdieu la lâcha et s’essuya dans ses cheveux.

— Deux types pour satisfaire tes envies de salope, tu ne trouveras pas ça à Paris, crois-moi !…

Jamais Sangdieu ne s’était protégé. Et elle, amoureuse, l’avait toujours laissé jouir jusqu’au bout. La première chose qu’elle avait faite à Paris, c’était de courir à Lariboisière et de passer un test de dépistage du sida. Le médecin l’avait rassurée.

— Vous êtes négative, mademoiselle. Vous pensez avoir eu une conduite à risque ?

Que pouvait-elle lui répondre ? Que son fiancé l’avait livrée à son copain pour s’amuser ? Et que ce qu’il préférait, c’était la sodomiser et… prendre ou se faire prendre par d’autres garçons ?

C’était fini, maintenant, après quatorze mois de liaison orageuse. Il le lui avait fait payer rudement, mais elle était libre.

Libre ! Elle respira. L’odeur du café frais lui rappelait les corons, sa famille, l’horizon familier des puits et des terrils. Sa mère s’était levée tôt toute sa vie pour préparer le repas de son homme, ce repas qu’il mangerait à la pause de dix heures par six cents mètres de fond. Agathe s’était jurée de vivre autrement. Elle avait un métier, elle vivait dans une grande ville, elle était indépendante.

L’avenir lui souriait.

 

Bientôt neuf heures. Elle sortit quelques pièces de son porte-monnaie et les posa sur la soucoupe. L’avenir lui souriait, oui, mais il souriait jaune. Elle était seule. Pas d’amies. Pas d’amant. Depuis combien de temps n’avait-elle pas ri, fait l’amour ? Même cet amour-là. Elle frissonna. À Heynin, Raphaël Sangdieu avait fait d’elle sa chose. Il n’était pas beau, il était plus petit qu’elle, et maigre à faire peur avec ça. Sa peau était terne et pleine de boutons, de ses yeux si clairs émanait une expression étrange, comme hallucinée. Mais la première fois qu’elle l’avait vu, elle avait su qu’il pourrait tout obtenir d’elle.

Ils sortaient ensemble depuis quelques semaines quand il lui fit raconter ses expériences sexuelles. C’était un soir tard, à la sortie du cinéma, ils s’étaient réfugiés dans un café désert. Agathe s’était fait dépuceler l’année précédente à la sortie d’une ducasse par le disc-jockey d’une boîte de nuit. Le type l’avait prise sur un capot de voiture, en lui relevant les cuisses jusqu’aux seins. Sitôt satisfait, il l’avait ramenée chez elle et ne l’avait jamais rappelée.

Elle avoua tout avec un mélange de trouble et de honte, tandis que Sangdieu la caressait. Jusqu’ici, il l’avait à peine touchée, juste embrassée. Sa confession l’excita à tel point qu’il lui prit la main et la posa sur sa braguette.

— Tu es une petite salope. Ça t’a plu, d’être prise comme ça, comme une pute ? Tu as saigné ? À peine ? Il te l’a mise bien à fond, au moins ? Tâte, tâte bien, tu sens la mienne ? Tu me fais tout dur. Demain, je t’emmène à l’hôtel, et je te baise comme tu n’as jamais été baisée !

L’hôtel s’appelait « Au Mont Blanc ». Sa façade lépreuse et sa vitrine sale reflétaient la montagne de scories noirâtres qui s’élevait de l’autre côté du terrain vague, une gigantesque pyramide charbonneuse tachée de plaques d’herbe mouillée où les amoureux allaient se peloter au printemps.

Ils entrèrent. L’hôtelier, un gros jeune homme maniéré avec un visage de commis-boucher et des cheveux calamistrés qui sentaient l’ail et la frite, tendit une clé à Sangdieu.

— Tiens. Tu connais le chemin.

— Merci, Rod. Tu nous monteras le champagne ?

Sangdieu la fit passer en avant dans l’escalier.

— Tu as mis un slip ? Montre voir ! Oh, il est blanc. Avec de la dentelle ! Marche, marche ! – Il avait baissé son linge à mi-cuisses et pétrissait ses fesses nerveuses. – Reste comme ça, que je te voie bien ! Dandine-toi, que ça bouge ! remue ton cul !

Il l’avait dit suffisamment fort pour que l’autre entende. Rougissante et troublée, elle s’appliqua à rouler des hanches, en le précédant le long d’un couloir sombre. Elle se sentait nauséeuse mais excitée, un mélange qu’elle n’avait jamais éprouvé auparavant, quelque chose de très fort.

Sans doute avait-il amené là d’autres filles, avec qui il avait procédé de la même façon. La porte à peine refermée, elle quémanda sa bouche, ses caresses.

Les choses ne tournèrent pas comme elle le pensait. S’arrachant à son étreinte, Sangdieu alluma une cigarette et lui demanda de prendre des poses compliquées devant lui, des postures étranges, grotesques, qui faisaient ressortir sa croupe et ses seins, mettaient en valeur ses immense jambes.

— Après, je te posséderai. Sa voix était fiévreuse, magnétique. Je te ferai gueuler, tu m’en redemanderas à genoux !

Elle s’exécuta, éprouvant un trouble plaisir à voir dédaigner son corps. Cette gymnastique étrange, sans musique, était une danse de soumission : encore habillée, elle lui donnait à voir ce qu’il verrait quand elle serait nue. Le trouble du garçon passait en elle lentement, comme on distille un suc délicieux mais mortel. Sa culotte baissée la gênait, alors Sangdieu lui ordonna de retirer sa jupe, ses bas et son slip et de s’accroupir sur le lit.

— Comme si tu pissais, précisa-t-il crûment.

— Mais… mais pourquoi comme ça ?

— Parce que c’est comme ça que je verrai le mieux tes trous.

Elle blêmit sous l’outrage.

— Allez, enlève ta culotte ! répéta Sangdieu d’une voix mordante. Tu es là pour ça, non ?

Et comme elle hésitait, il mit à jour ce qu’elle n’avait fait qu’entrevoir la veille, un membre viril gainé d’une peau laiteuse, presque translucide, qui laissait voir le système veineux. Refermant son poing sur la chair engorgée, il fit saillir le gland gros comme un pruneau, où béait la fascinante petite bouche du méat.

— C’est ça que tu regardes ? J’ai bien vu que ça t’intéressait, hier ! Tu veux boire mon lait ? Tu veux que je t’en mette plein le visage ?

Il se masturbait, l’œil fixe. Un peu de salive coulait à la commissure de ses lèvres. Alors elle ôta sa jupe, ses bas et sa culotte, et prit la pose. Il la regardait en plein, le visage allumé de convoitise. Accroupie, cuisses écartées et les seins pendants, elle avait gardé son pull-over et son chemisier sage à col Claudine. Son cul nu luisait sous l’ampoule misérable du plafond. Il cria soudain.

— L’échine droite ! Les genoux bien écartés !

Elle rectifia la position, affolée. Sangdieu se calma. Il saisit une chaise et s’assit. Le silence s’éternisant, elle lui jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Il fumait, le regard fixé sur ses fesses.

— S’il te plaît… implora-t-elle

— Tais-toi ! Tu parleras quand je te le dirai ! Pour le moment, je veux voir ton anus. Pousse !

Elle avait dû mal comprendre, mais il répéta : « Pousse ! Sors-le ! Je veux voir l’intérieur de l’anneau ! ».

Était-ce cela qu’il demandait aux autres filles ? Elle s’expliquait maintenant pourquoi aucune ne restait avec lui. Pleine d’une mortification délicieuse, elle poussa sur son sphincter. Sangdieu claqua de la langue.

— Très bien.

Il se pencha en avant et écarta ses fesses à pleines mains. Agathe sentit son souffles sur ses muqueuses tandis qu’il frottait l’anneau sans ménagement, l’étirant en tout sens.

— Tu as déjà été enculée ? Non, bien sûr. Seulement baisée par ce crétin. Tu es vierge, quoi…

— Je suis vierge pour toi, glissa-t-elle amoureusement

Le front plissé, il explora sa vulve, tirant sur ses petites lèvres, agaçant le clitoris, lissant la longue fente. Il prenait les grandes lèvres à pleins doigts et tirait dessus jusqu’à ce qu’elle gémisse. Elle devina que cela lui faisait plaisir, qu’il se sentait le maître, et elle se tordit de plus belle quand il dégagea son bouton de rose. Il procédait par-derrière, très adroitement, en prenant son temps.

— Tu mouilles bien, ma petite chienne… apprécia-t-il.

Il avait engagé le tranchant de sa main dans la fente de la jeune fille et la faisait aller d’avant en arrière, sauvagement. Pétrifiée de honte, elle entendait les petits bruits mouillés que faisait sa chair gorgée de sang et d’humeurs.

Sangdieu accentua sa caresse. Incapable de résister au barattement, elle jouit devant lui, lui aspergeant les doigts de sa rosée intime…

Agathe secoua ses boucles platines, semblables à de petits copeaux d’or blanc. Elle avait fait couper ses longs cheveux en quittant Heynin, dans un geste symbolique de libération. Sangdieu était loin, maintenant. Elle était parisienne et la foule la cachait. Mais, le regard perdu au travers l’orbe noire et fumante de sa tasse de café, elle revoyait ce qu’elle avait dû faire, tout ce à quoi elle avait consenti depuis le jour où elle avait cédé aux caprices de Raphaël…

Du doigt qui avait enflammé sa vulve, Sangdieu pénétra l’obscurité brûlante de ses reins. Cela fut si facile qu’elle laissa échapper un « Oh ? » de surprise ravie.

— Tu vois bien, rit Sangdieu.

Le doigt montait et descendait à toute vitesse.

— Je t’empale. On ne dirait pas qu’on ne t’a jamais prise par le cul !

Elle hoqueta.

— Jamais, je te le promets.

Des ondes brûlantes zébraient ses reins, remontaient son échine, explosaient en gerbes étincelantes sous ses rétines. C’était délicieusement torturant.

Il enfonça l’index jusqu’à la dernière phalange.

— Jamais à fond comme ça ?

— Non, non… Jamais personne n’est entré par-là… Personne que toi, mon chéri. Oh, tu le fais si bien ! feula-t-elle, cambrant les reins pour faciliter la pénétration.

Il mit deux doigts en forçant. Grimaçante, elle l’aida en poussant de nouveau, pour dilater la corolle brune et faciliter le viol. Elle dut y parvenir, car le garçon grogna de satisfaction. Les deux doigts entraient et sortaient maintenant avec facilité.

— Tu aimes cela ?

— Oh, oui !

— Dis-le !

— J’aime cela. J’aime que tu m’encules.

Elle n’avait jamais employé ces mots.

Au bout d’un instant, il la poussa en avant. Elle bascula sur la courtepointe crasseuse, la joue sur l’étoffe râpeuse marquée d’auréoles. Sangdieu lui ramena les mains en arrière et la maintint ainsi, les poignets pris dans une seule main.

— Laisse-toi faire.

Il introduisit sa verge sans ménagement dans le puits distendu. La bouche ouverte, le souffles retenu, elle suivit l’intromission du gland, le resserrement de sa chair autour de la colonne, l’aspiration de tout son être autour du mandrin. Elle gémissait comme une petite fille, d’effroi et d’impatience.

Il ne s’arrêta que lorsqu’il fut tout au fond, le ventre collé à sa croupe.

— Tas tout pris, petite salope. Tas pris toute ma queue par-derrière, chuchota-t-il vicieusement. Je vais te bourrer, tu vas voir…

Parce qu’elle avait compris que ces mots-là l’excitaient, et parce que c’étaient les seuls qui traduisaient son émoi et sa honte, elle répéta passivement :

— Oh, oui, bourre-moi, chéri, bourre-moi tant que tu veux…

Il n’était pas très membré, mais résistant. Il commença à aller et venir, d’abord doucement, puis de plus en plus vite. On eût dit qu’il se vengeait de la petite taille de son sexe en martelant impitoyablement le fessier ouvert de sa proie. Sa main s’agitait en même temps au bas du ventre d’Agathe, fouillant la touffe emperlée de jus, branlant le fruit sensible. Presque immédiatement, elle sentit les contractions de son utérus, deux, trois, quatre contractions, puis une rafale brève, qui la laissa sans voix…

 

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