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Résumé

Alysson a trouvé un job d’été dans une drôle d’agence de voyages : escorter des clients qui veulent découvrir le Paris secret, loin des sentiers battus. Elle s’apercevra vite, à son corps défendant (pas tant que ça !), que pour être une bonne « escort girl », il ne suffit pas d’avoir un plan de la capitale… Elle va donc déployer tout le catalogue de ses charmes pour satisfaire les touristes (et les lecteurs) les plus exigeants.

 

Dans ce récit autobiographique écrit au fil de la plume, une jeune femme moderne qui ne savait quoi faire de sa peau découvre sa vocation : elle sera écrivain, ou écrivaine, comme on dit maintenant. Et comme elle est encore un peu jeune, elle a décidé d’accumuler les expériences vécues pour les raconter ensuite… encore toutes chaudes. Écrire, dit-elle, doit être avant  tout un « plaisir »…

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CHAPITRE I

Étudiante en langues orientales à Strasbourg où j’apprenais le japonais, je ne connaissais pas la capitale. Certes, j’y avais effectué de fréquents séjours pendant les vacances scolaires, mais à part la tour Eiffel ou le Sacré-Cœur, je ne pouvais prétendre être une Parisienne.

Pour ma dernière année d’études, j’avais choisi de me spécialiser dans l’interprétariat. Mes professeurs me conseillèrent de monter à Paris, ma formation y serait validée avec un niveau bien supérieur. J’ai donc débarqué avec deux valises, en juin, gare de l’Est, pour m’installer en colocation avec ma copine Magali qui suivait, elle, le même cursus, mais en mandarin, la langue parlée en Chine. Nous avions trouvé par le biais d’internet un petit deux-pièces dans le XIXe arrondissement, près de la station de métro Ourq. L’appartement était situé au dernier étage d’un vieil immeuble sans ascenseur, qui dominait une voie de chemin de fer.

Malgré les frais de loyer partagés, il me fallait gagner de l’argent pour assurer mon année de fac sans souci. Avec Magali, nous avons épluché les petites annonces dans les gratuits distribués chez les commerçants et dans les boîtes à lettres. Entre le telemarketing et les places de caissières à mi-temps, les offres n’étaient guère folichonnes.

Voyant le mois de juillet approcher, Magali a accepté un job dans une pizzeria des Champs-Élysées, grâce à sa connaissance du chinois et son bon anglais. Elle comptait sur les pourboires pour augmenter son smic. Cela m’a donné l’idée de prospecter les tour-opérateurs qui prenaient en charge les touristes dans Paris, en particulier ceux qui les promènent en car d’un monument à l’autre. Après un coup d’œil sur les pages jaunes, j’avais une liste de compagnies à contacter.

Je me suis installée dans un café en bas de chez moi, j’ai commencé à passer des coups de fil. De refus poli en raccrochage au nez, il ne m’en restait qu’une à appeler : Rêve de Paris. Avec un nom pareil, ce ne pouvait qu’être très kitch. Pourtant, elle s’offrait un grand encart dans le bottin, avec des bureaux proche de l’avenue de Wagram, près de la place de l’Étoile.

Cette fois, je décidai de me présenter sur place. J’enfilai mon unique tailleur acquis récemment pour le mariage d’une copine, puis pris le métro jusqu’à Wagram. Pas maquillée, les cheveux au vent, je n’avais rien à perdre. Le bureau de l’agence se trouvait au fond d’une impasse, au rez-de-chaussée d’un immeuble de bureaux, dans la cour intérieure. Une surprise m’attendait : une dizaine de filles faisaient la queue à l’entrée, cigarette au bec, habillées comme des top models.

— Vous venez pour le casting ? me demanda une femme en me tendant une fiche à remplir.

J’allais dire non, quand sur la fiche, j’aperçus le logo de Rêve de Paris. Devant mon -hésitation, la femme ajouta qu’il me fallait remplir le -questionnaire avant de passer l’entretien. Le hasard avait bien fait les choses : la société recrutait une guide pour les deux mois d’été, afin d’accompagner une clientèle haut de gamme, exigeante, désireuse de connaître un Paris moins touristique. N’ayant rien à perdre, je remplis le questionnaire bateau, sous le regard bovin des autres filles, toutes blondes, à la silhouette mince. Avec mes cheveux roux, mes taches de rousseur sur la figure (un vrai teint d’Irlandaise hérité de ma mère), mes formes plutôt opulentes, je n’avais pas la taille mannequin. Trop intellectuelle aussi sans doute pour ce job, à voir les postulantes jacasser en prenant la pause comme sur un podium.

Pendant que les filles s’avançaient une par une pour l’entretien, une Smart est entrée dans la cour pavée. Après un freinage nerveux, un homme en costume de lin beige, lunettes de soleil tape-à-l’œil, est sorti en coup de vent. Le portable collé à l’oreille, il a jeté un coup d’œil distrait à la file d’attente avant de s’arrêter à ma hauteur.

Il a paru surpris par mon tailleur en ce jour de forte chaleur, mais surtout, je crois, par mes gros nichons qui me complexaient à chaque cours de sport au lycée. En effet, mes seins avaient grossi très tôt, suscitant la jalousie des copines, et l’émerveillement des copains de classe !

L’homme a baissé ses lunettes sur son nez pour évaluer la courbe de mes hanches, la rondeur de mon cul soulignée par la jupe. Sans un mot, il m’a pris la fiche des mains, y a jeté un rapide coup d’œil.

— Alysson… suis-moi !

Le recours au tutoiement ne m’a pas plu. Son accent italien lui donnait des airs de séducteur de roman-photo. Il s’est installé au volant de sa Smart sans ouvrir ma portière. J’hésitais à le suivre sans savoir à qui j’avais affaire.

— Tu veux le job, oui ou non ?

Un regard vers les filles qui nous épiaient avec envie m’a décidée à monter. À peine avais-je eu le temps de mettre ma ceinture de sécurité, il démarrait sur les chapeaux de roue. Une fois sur l’avenue de Wagram, il m’a tendu sa carte de visite. Il s’appelait Marco D., chargé de clientèle à l’agence.

— Je m’occupe des réservations. Nos hôtesses escortent les clients. C’est du haut de gamme, du sur mesure !

Tout en se frayant un chemin parmi la circulation démentielle, il m’expliquait le fonctionnement de son agence. Il dénichait ses clients dans des magazines de voyages étrangers et sur internet. Il leur offrait des prestations de prestige : accompagnement en limousine ou van de luxe, visites privées de certains sites pour ne pas les mêler aux touristes ordinaires, découverte du Paris secret, circuits gastronomiques (fast-foods et gargotes pièges à touristes étaient bannis). Le shopping rue Montaigne ou place Vendôme faisait aussi partie des possibilités.

Sur la réserve, je l’écoutais débiter son catalogue, tout en essayant de tirer sur le bas de ma jupe qui se retroussait.

— Il faudra être aux petits soins pour nos clients. Être disponible de jour comme de nuit ! C’est pour ça que notre agence est la meilleure de Paris !

Vantard comme un Latin, Marco savait vendre son affaire. En longeant les quais de Seine, il égrenait les différents monuments que nous croisions. Je surveillais sa main baladeuse du coin de l’œil, bercée par la litanie qu’il me débitait.

Le voyage dura deux heures, aux quatre coins de la capitale. À la fin, je ne sentais plus mes jambes ankylosées dans l’étroit espace.

De retour avenue de Wagram, il m’a fait entrer par une porte de service pour éviter la seconde vague de candidates. Je me suis retrouvée dans le bureau de sa sœur Valeria. L’agence était une affaire de famille. Il y a eu une discussion animée entre eux, en italien, puis elle m’a fait asseoir.
Le teint clair, les cheveux châtains noués en chignon, elle portait un tailleur noir strict. Elle m’a donné un dossier à remplir, j’ai signé sans réfléchir – pour la durée de la saison d’été…

 

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