Femme de Vikings

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ROYER Carl


BDSMhistoriquepremière foisvieux et jeune


224 pages


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Résumé

Une plongée érotico-historique en pleine invasion viking !

 

Seconde moitié du IXe siècle, quelque part dans  le comté de York. Terrifiés, bourgeois et paysans se terrent dans leurs villages : partout dans la campagne, débarqués sur le littoral comme chaque printemps, les Danois rôdent, pillent et violent. Emportée par la tourmente, Nora, jeune Saxonne encore vierge, découvre le sexe et ses plaisirs face à l’ennemi juré.  Les Vikings sont brutaux, insensibles, sans pitié. Pourtant, ils éveillent en elle des fantasmes dont elle n’avait pas soupçonné l’existence. Jusqu’où une paysanne retournée par le désir peut-elle aller pour assouvir ses pulsions ? Loyauté, honneur, raison…

Ces mots ont-ils encore du sens face à l’appel du sexe ?

 

Carl Royer est le pseudonyme d’un auteur, éditeur et scénariste qui a publié plusieurs romans dans le domaine des littératures de l’imaginaire. Amateur d’histoire et d’heroic fantasy, il a naturellement choisi la thématique des invasions vikings, passionnante et brutale, pour cadre de son premier roman érotique.

 

« Un style travaillé, qui traduit l’oralité sans tomber dans l’artifice, une héroïne qui n’a pas froid aux yeux et des Danois tatoués : une excellente entrée en matière ! » Emma Foster, auteur chez Milady

« Une magnifique surprise que je conseille aux amateurs d’érotisme torride et enfiévré. » Blog The Lovely Teacher

 

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1

J’ai fait comme tout le monde, au début, j’ai eu peur. Ça gueulait dehors, le genre guerrier, puis ça hennissait et ça tintait déjà du métal par-dessus. Je ne crois pas avoir crié moi, ou très peu, ou je ne m’en souviens plus. Comme tout le monde. Il vous échappe le sens des détails, dans ces moments-là, quand vous avez au-dedans ce feu qui vous brûle, qui vous retourne la tête, qui vous dit que c’est bientôt la fin. Une ivresse tout à fait particulière, le goût de la fin. Pas aussi désagréable qu’on croit.

Je n’ai pas cherché à m’enfuir, je n’ai pas cherché d’arme non plus. De toute façon, ça avait été dit, tout bien expliqué par l’Ancien au printemps. « Le jour qu’ils viendront, ça sera notre mort !, qu’il avait craché par sa barbe. Sûr qu’on y passera tous, ce sera du propre ! » Mon père disait pareil. Ma mère ne disait rien elle, comme toujours, mais c’était clair qu’elle était d’accord. Tout le monde l’était d’accord, de toute façon, pour nous enterrer proprement par avance, pour un peu on aurait même creusé les trous pour s’y mettre tout vivants, tiens. Ça aurait simplifié mon affaire.

Sauf que pour le moment j’étais vivante, bien vivante, seule dans la maison avec probablement des fous dehors, et des furieux. Alors oui j’avais peur, je tremblais jusqu’à l’os. À un moment, comme les bruits se rapprochaient – des bruits terrifiants, du genre que font les gens qui meurent –, je me suis roulée en boule. Littéralement j’entends, entre le lit et le petit foyer aux marmites. C’était ridicule, je le savais, parce que nulle part dans notre bicoque de bois je n’avais d’endroit où me cacher vraiment, même moi et mes cinquante kilos. Me rendre invisible hélas ça m’était impossible ; le premier imbécile venu m’aurait découverte. C’était plutôt symbolique, à vrai dire, comme dans ces cauchemars terribles et ces trolls qui venaient me chercher. Je me roulais en boule, par terre, et puis ça allait mieux. Ils n’aiment pas ça les trolls, quand on se défend à coup de symboles. En tout cas, c’était comme ça dans mes cauchemars. J’en venais à bout.

Mais j’étais là, recroquevillée, mon souffle saccadé contre mes genoux, dénudés eux parce que ma robe avait remonté quand je m’étais accroupie, à me dire que peut-être ces gens qui nous attaquaient n’en auraient rien à faire, eux, des symboles. Ça valait quand même le coup d’essayer. Puis je n’avais pas d’autre idée. J’écoutais. Il y avait tout près la chaleur de l’âtre, encore du feu qu’on avait fait à midi. Juste au-dessous de moi, les lattes du plancher grinçaient comme je bougeais, même à peine, et déjà une écharde m’avait égratigné la cuisse. Trois fois rien, une blessure anodine ! que je me suis juré en me mordant la lèvre. La piqûre d’un insecte, pas plus, quand on s’apprête à mourir…

Il y eut un grand fracas qui me fit oublier même l’écharde, sur-le-champ. Je couinai cette fois, mais à peine et très furtivement, puis je retins mon souffle. Les murs vibrèrent longtemps, surtout celui qui donnait sur la place, j’ai pensé qu’on venait de jeter quelque chose – ou quelqu’un – contre la façade de notre petite maison. Des pas suivirent, lourds, et des exclamations aussi, dans une langue que je ne connaissais pas. Mais c’était du grave, du viril, et derrière toujours du métal, tranchant, cliquetant. J’étais figée, tout d’un coup lourde comme l’air épais et humide des mois de septembre ; peut-être que j’allais disparaître au travers du plancher, à force de lourdeur, d’épaisseur ? Ç’aurait été trop beau. Un espoir de fou.

Il s’envola, l’espoir, aussi vite qu’il était venu, avec les gonds et tout le bois de la porte. Ce fut si vif et brutal que je n’eus le temps de rien, sauf d’un sursaut. Terrorisée, je me ramassai encore un peu plus sur moi-même et levai le regard, furtivement. Ça volait encore en poussière et en éclats de pin, mais au milieu déjà s’avançait une forme inquiétante, implacable. Trois ou quatre pas vers le feu et elle fut toute proche, la forme, son ombre écrasant ma pauvre et minuscule silhouette. Je n’en menais pas large, pour ainsi dire.

C’est ainsi que je le vis, de tout son long, pour la première fois. Moi à genoux entre le lit et la cheminée, je n’avais l’air de rien d’autre qu’une proie facile, dans ma petite robe légère, la vingtaine de printemps à peine, et puis des bras maigres comme des lances, mais tout le contraire des lances en fin de compte, pas dangereux du tout, ces bras-là. Lui qui ne disait rien encore, il faisait peut-être deux fois ma taille, deux fois mon poids c’était certain. De bas en haut qu’il m’apparut, il me fit d’abord l’impression d’un des hommes d’ici, ces gaillards qu’engageait Osberht pour garder ses terres, avec ses bottes sombres, sa toile sombre et son cuir sombre encore par-dessus. J’avais à peine aperçu son grand bouclier rond qu’il l’avait déjà déposé contre un mur, près de ce qui restait de la porte. Puis il y avait l’épée, la longue lame de fer qui pendait à sa ceinture ; de ce côté-là non plus, rien de bien exotique. Non, tout l’étrange à vrai dire, le nouveau, tenait dans sa figure. Ses épaules aussi, peut-être, carrées comme des étagères, quoiqu’on en avait déjà des comme ça par chez nous. Tandis que sa figure, ça alors, c’était de l’inédit, pas de doute ! Glaçante ! Terrible !

Ça commençait par un cou, l’air de rien, mais large comme celui d’un bœuf, et tout de suite après le menton, bien carré, et le reste qui suivait en virilités invraisemblables ; le nez fort, les traits burinés et même plus, et cette tignasse blonde qui tombait en bataille jusqu’aux épaules. Et puis les yeux. Surtout les yeux ! Du bleu vraiment, pur, dur, du bleu d’acier qui vous passait au-travers, à ne plus savoir comment qu’on s’appelait. Ça me glaça le sang rien qu’à les contempler, je vous le dis, un frisson mémorable qui courut tout du long de mon échine ! C’était bien la première fois que j’en voyais un, de Danois, et c’était pourtant pas faute d’avoir entendu parler d’eux et de leurs raids depuis que j’étais gamine, à n’en plus finir. Mais un pour de vrai, bien en face, non, ça n’était encore jamais arrivé. Même dans mes cauchemars pleins de trolls. Et à présent c’était là. Il était là.

Ça n’avait duré qu’une poignée de secondes, la porte, son entrée fracassante, son regard qui me gelait les os, mais déjà je sentais le temps se figer. Il n’avait toujours rien dit, comme si me transpercer à distance lui suffisait à finir son carnage. Sauf que je les connaissais, les histoires. Avec les Danois ça ne finissait jamais comme ça, jamais aussi simplement. Son premier mouvement, sec, soudain, m’arracha pour le coup un véritable cri, en fin de compte assez exagéré puisque l’homme ne tira pas son épée comme je l’avais craint. Au lieu de ça, il tendit un bras vers moi et fronça les sourcils. Il dit des choses, avec des gestes, mais je ne compris rien, sauf qu’il avait une voix grave, terrifiante. Je tremblai sans pouvoir rien faire ou dire, alors il répéta. À mes oreilles ça sonna comme du charabia d’animal, un hennissement incompréhensible et lointain. Ça l’agaça probablement. Il se pencha et m’agrippa le bras, me forçant à me lever. Ce que je fis.

Sa poigne était incroyablement forte, et moi qui me retrouvai plaquée contre la cheminée, à un mètre de mon futur bourreau, je ne valais pas mieux qu’une brindille, je le sentais bien. La panique m’empêchait d’émettre un son, je me contentais de le regarder, si puissant, impressionnant, vraiment. Le croirez-vous, je me suis demandé à cet instant quel âge il pouvait bien avoir, ce guerrier, et qu’est-ce qu’il venait fiche ici… Je crois qu’il n’avait pas trente ans, mais à côté, moi, j’avais l’air d’une enfant, dans ma robe humide de transpiration qui me collait à la peau. Mes longs cheveux plaqués contre mon front, tombant devant mes yeux, cachaient mal ma terreur. Comme il ne disait plus rien, mon guerrier, semblait ne rien ressentir non plus, la tension monta encore d’un cran dans la cabane. On aurait dit que ce Danois m’examinait, curieux des détails, hésitant peut-être à m’arracher enfin ma robe. À me mettre nue. Parce que c’était ça la fin, avec les Danois, l’Ancien nous en avait souvent parlé. Des choses pas réjouissantes pour les jeunes filles comme moi, des choses qui faisaient mal. Des choses à très vite oublier, si par miracle on en réchappait. C’était ça que j’attendais, fébrile, depuis le début.

Deux larmes inondèrent mes yeux. J’osai enfin parler, timide… « Me… me faites pas d’mal, j’vous en supplie… Me… » Ça lui arracha même pas un grognement. Son regard, bleu toujours, et si froid, se contenta d’appuyer un peu plus, à peine mais suffisamment ; je me tus aussitôt. Son bras vint à nouveau à ma rencontre, sa main me saisit par l’épaule. J’étais pendue à ses moindres mouvements ; fascinée et résignée. Pourtant le crime tardait à venir, je commençais à entrevoir que quelque chose clochait. Du fin fond de mon âme, je faisais tout mon possible pour trouver dans l’attitude du Danois la méchanceté, la perversion, la folie des histoires de l’Ancien, un indice qui collerait au scénario que je redoutais tant. Le signal de l’abandon. Mais rien ne venait, et à perdre mon regard dans ces yeux bleus, juste en face, je ne saisissais rien d’autre que la curiosité. On ne pouvait pas dire qu’il était beau, non, mais le contraire non plus. Il était homme, voilà tout. Entièrement homme. Barbare du Nord.

C’est humain, comme réaction : dès que je compris que ce Danois n’allait pas me violer, pas tout de suite du moins, je voulus reprendre les négociations. Je m’accrochai à un fil. « On a du poisson dans les tonneaux, juste là…, que je lâchai péniblement ; de la dernière pêche de mon père… Prenez, prenez tout ! On n’a que ça ! Puis partez, je vous en prie, on n’a rien de… »

Mais je ne terminai pas ma phrase. Le temps s’arrêta dans le village. L’espace d’un instant, même le bruit des combats cessa. Puissant, lugubre, le cri d’un cor de guerre venait d’arracher l’air ; il ralluma la flamme dans mon cœur aussitôt que je l’entendis. Je l’avais reconnu ce cor, instantanément. C’était un cor saxon.

Comme pour fortifier ma joie, le sol se mit à trembler sous les sabots des deux cents chevaux lancés au secours du village. Le cor retentit une nouvelle fois et mourut doucement, emporté par le cri guerrier des miens.

Les Danois n’allaient pas s’en tirer si facilement, en fin de compte.

Dans la maison de bois, l’homme fut transcendé par l’arrivée des défenseurs. Oubliant ma présence, il fit volte-face et courut vers la sortie, bien décidé à épauler ses compagnons d’armes au-dehors.

Hélas pour lui, il ne s’échappa jamais de la cabane. Comme il s’apprêtait à disparaître, une forme grise surgit du jour et l’assomma de sa masse. Il s’effondra en arrière, sonné par le coup. À sa place, debout dans l’embrasure de toile, se tenait un vaillant paysan, tout en cheveux blancs et regards triomphants, et derrière lui encore accourut une flopée de miliciens qui se jetèrent sur mon Danois, le ligotant de toutes parts.

Le premier de mes sauveurs se jeta en avant ; l’instant d’après, j’étais dans ses bras.

« Nora ! Ma Nora, ma toute petite Nora !…, se mit-il à crier, quasiment hystérique. Mon Dieu, tu es vivante ! C’est fini, fini… Ce monstre, qu’est-ce qu’il t’a fait ? »

Je ne répondis rien d’abord. J’étais sonnée, choquée. Prostrée. Mon père répéta sa question, puis accepta mon silence, qu’il prit pour une bonne nouvelle. Au vrai, j’avais du mal à croire à ses baisers, ça me faisait tout drôle de sentir ses grosses mains calleuses qui m’enveloppaient, de les découvrir aimantes, elles qui s’emportaient si souvent, qui cognaient, méchantes, qui m’effrayaient aussi. Mon père il n’avait pas l’amour facile, dans la famille on savait ça. J’étais méfiante. Je me raidissais.

« Je suis si heureux de te retrouver, qu’il continua, des sanglots plein la gorge, si heureux ! Les Vikings ont pris la forêt, ils sont en fuite ! Ah ! Quelques minutes de plus, et Dieu sait comme je t’aurais trouvée… »

Il était rassuré, mon père, et moi aussi dans un sens, mais j’eus du mal à détacher le regard du guerrier, pieds et poings liés, qui gisait là sur le plancher. M’aurait-il vraiment fait du mal, avec quelques minutes de plus ? Je n’en étais pas aussi persuadée que les autres, tout prêts à le brûler, eux, mon bourreau. En proie au malaise le plus complet, je repoussai gentiment mon père et m’effondrai sur le lit.

C’était le mois de juin, on était au beau milieu de l’an 866. Les Danois étaient là, partout dans la campagne. Sale époque, croyez-moi.

*
*    *

Comment j’y suis retournée, à mon Danois, c’est une histoire à la fois bien simple et très compliquée. Quand je fus sauvée, ainsi que tous les autres, il fallut bien constater les dégâts, au-dehors. Quelques morts, surtout à l’est, vers chez Anfeald, et beaucoup de bois fracassé, de baraques à reconstruire. Chez nous, le mur du devant avait perdu trois ou quatre planches, rien de méchant, et comme on avait retrouvé ma mère dans les champs, bien planquée sous les épis, on peut dire qu’on s’en tirait à bon compte. La vie allait pouvoir reprendre son cours, même si les Vikings étaient encore dans les parages, du côté d’York et jusqu’à la mer, à ce qu’on disait.

Il avait bien fallu qu’on brûle le littoral pour que cesse enfin la querelle des chefs, une affaire centenaire dans la région. Osberht et Ælle avaient tout fait comme il fallait, le traité de paix, la mise en commun des miliciens, la défense des campagnes… Ça nous redonnait du courage à nous autres, les petites gens, de les voir aussi bien réconciliés, nos seigneurs. Dans tout ça, le sort avait voulu que mon Danois soit le seul prisonnier, les autres étaient morts ou bien s’étaient enfuis. Au milieu du village, bastion improvisé pour l’occasion, on avait monté un enclos, comme ceux pour les cochons, mais en plus haut et plus solide, et on l’y avait jeté tout nu le guerrier, tout nu et tuméfié. Deux ou trois fois par jour, on envoyait des gars le taquiner un peu, puis lui poser des questions sur l’emplacement du campement viking, sur le pourquoi qu’ils n’étaient toujours pas rentrés chez eux, les salauds, après six mois de pillages, sur qui était son chef et ce qu’il voulait aux Saxons. C’était bien sûr inutile puisqu’il ne parlait pas notre langue, le Danois, et ne la comprenait pas plus. Alors on s’énervait, on le tabassait encore pour la forme, puis on le laissait là, en sang sur la terre, et parfaitement nu toujours.

Ça a duré comme ça trois jours et trois nuits, et moi qui passais et repassais sur la place pour aller au puits, je ne pouvais pas le rater, mon Danois. Je lui tournais autour, comme qui dirait, à travers ses barreaux. Le coup de le mettre nu, c’était une sorte d’humiliation, une manière de dire qu’on l’avait vaincu, le barbare, domestiqué bientôt. M’est avis, cependant, que ça n’avait pas vraiment l’effet escompté. C’étaient plutôt les autres, les villageois et les miliciens qu’il humiliait par sa carrure, le Viking. De mon point de vue du moins.

Parce que oui, je peux bien vous l’avouer, je l’ai regardé mon Danois, et en détails encore. Au départ à peine, du coin de l’œil et en hésitant, mais à chaque trajet vers le puits un peu plus volontairement, un peu plus dangereusement. Il faut dire que le gaillard supportait incroyablement bien les coups, et malgré les longues traînées de sang qui lui couvraient le corps, il se tenait encore debout, fier, à regarder les passants sans rien dire. On aurait dit qu’il s’ennuyait, mais c’était tout. Une sacrée force de la nature, pas de doute. C’est d’abord son torse qui gagna mes faveurs, honteuse que j’étais, mais quel torse ! Vous l’auriez vu que vous m’auriez pardonnée sur-le-champ, croyez-moi. Ils ne faisaient pas dans la finesse, ces muscles-là, mais dans le bestial. C’était large et puissant comme un bœuf, jusqu’à ses bras qui, une fois dénudés, avaient révélé tout un réseau de tatouages compliqués, noirs, mystérieux, mais en formidable adéquation avec chacune de ses proéminences, épaules et biceps gonflés comme jamais.

Chaque fois que je le trouvais beau je m’en mordais les lèvres d’embarras, et je me rappelais ce qu’on disait de ces gens-là, que c’étaient des bêtes sauvages, des violeurs, des prédateurs. Chaque fois j’y revenais pourtant, plus émoustillée que la veille, aussi parce qu’à part Denisc, qui m’avait touchée une fois dans la grange, quatre ans en arrière, je n’avais jamais connu d’homme et me languissais de découvrir enfin ce que c’étaient que ces choses-là, celles du corps qui brûle. Alors il arriva forcément qu’à un moment, sur le chemin du puits, je baisse un peu le regard, bien malgré moi, que je quitte enfin ce torse danois pour m’intéresser au-dessous, à l’entrejambe.

Je dois dire que vraiment, ça m’apparut comme un don de Dieu, pourtant féroce ennemi des Vikings celui-là, à ce qu’en disait l’Ancien. Il avait un long sexe, même au repos, peut-être aussi long que celui de Denisc, que j’avais pourtant vu dressé, lui. Il pendait et il était fier, beau, dessiné autour du gland, légèrement doré comme si on n’avait bronzé que de là, dans le Nord. Il est possible que je me sois perdue une ou deux secondes de trop dans ma contemplation, assez pour être démasquée, parce que mon Danois bougea, il fit même un geste dans ma direction. Je sursautai comme un ressort, aussitôt, électrisée par l’interdit, ma cruche d’eau pleine contre mon ventre.

Depuis trois jours que je les fuyais je fus bien obligée d’y revenir, à ces yeux bleus qui à nouveau me transperçaient. Je les regardai par en dessous, tremblante, si intimidée qu’on se serait cru dans la cabane comme l’autre fois, avec ce Viking en liberté, juste en face de moi.

Le temps se figea. Il me souriait, l’air provocateur. Il était beau. J’en perdis presque de vue son sexe, mais quand j’y revins un instant plus tard, il avait bien changé, il ne pendait plus ! Il était dur et tendu à présent ! Un mandrin merveilleux, un monstre admirable, massif, droit de bestialité ; j’en aurais salivé, pour un peu. J’étais hypnotisée.

C’en fut trop. Soudain redescendue des nuages, je m’arrachai à ce spectacle et voulus me retourner pour fuir. Le Viking me regardait toujours, et dans ma précipitation je renversai la cruche sur moi, trempant ma robe, toujours la même. Elle colla à mon corps, dessinant mes formes au soleil. Je criai de surprise. Il y avait l’eau, la transpiration, et aussi mes cuisses déjà mouillées par les idées terribles qui m’étaient venues, contre mon gré toujours. Pour un peu, on aurait dit que je l’avais fait exprès, lascive devant cet homme terriblement viril. C’est possible. Je ne sais plus.

J’accélérai le pas, et bientôt je courus jusque chez moi, sale gamine honteuse de ses fantasmes. Ils me suivirent tout du long, ces yeux bleus, ce menton carré, ce torse puissant, ces bras tatoués et surtout ce sexe dressé, bandé pour moi, jusqu’à ma porte. Je les sentais dans mon dos. Surtout le sexe.

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