Fesse-moi dit-elle

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MERODACK Robert

Media 1000Simples murmures


BDSM


128 pages


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Résumé

Retrouvez chaque mois la réédition d’un volume de la collection Simples Murmures, dirigée à l’époque par le célèbre Robert Mérodack. Des textes licencieux, sadomasochistes, où tous les tabous sont mis aux oubliettes, ainsi que les victimes de maîtres aux mille perversions… Totalement introuvable ailleurs qu’en format numérique, aux éditions Média 1000 !

Fesse-moi dit-elle, un roman sadomasochiste signé Robert Mérodack !

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I

– Fesse-moi !

– …

– Eh bien, oui ! quoi !… Donne-moi une fessée ! Prends-moi sur ton genou, retrousse ma jupe, baisse ma culotte et claque-moi le derrière !

La bouche écarquillée, les yeux ronds, Conrad regardait sa moitié comme si elle s’était brusquement métamorphosée en grenouille.

– Mais ne reste donc pas là à me regarder ainsi… Fesse-moi !… Tu ne comprends pas ?…

– Si, mais pourquoi veux-tu…

Liselotte leva les yeux au ciel, en laissant échapper un soupir d’exaspération.

– Pourquoi pas ? répondit-elle.

– Mais enfin ! ce n’est pas une explication. Pourquoi est-ce que je te fesserai ? Pourquoi maintenant ?

– Pourquoi pas maintenant ?

Et Liselotte retroussa alors sa jupe sur ses hanches, engagea les pouces dans l’élastique de sa culotte, puis la fit glisser, d’un geste résolu.

En descendant au long de ses jambes, le nylon du fin sous-vêtement crissa sur ses bas, avec un bruissement faible mais agaçant et que le silence rendait, à ce moment, presque insupportable.

Laissant tomber la petite boule transparente sur le sol, Liselotte tourna le dos à son mari, plia légèrement les jambes, projeta en arrière son ample postérieur, puis, d’un vif coup de poignet, fit s’envoler sa jupe sur ses reins.

– Eh bien ? tu te décides ?

– Mais tout de même ! s’écria Conrad. Je ne vais pas te frapper, c’est proprement insensé… qu’est-ce que tu aurais pu faire pour mériter une telle ignominie ?

– Parce que tu as besoin d’une raison !

Et Liselotte ponctua sa remarque sarcastique d’un frémissement latéral et charmant de ses parties arrières qui, pour la circonstance, s’entrouvrirent imperceptiblement, juste par coquetterie, en quelque sorte.

– Veux-tu que je te fournisse une raison ? reprit-elle. Et comme Conrad se dandinait, silencieux, derrière elle, elle continua : Que devrais-je avoir fait pour te convaincre ? Avoir fait un achat inconsidéré, avoir embouti la voiture ? Avoir couché avec un autre ?…

– Cela ne rime à rien, protesta le mari. Je te demande si tu as commis une faute précise, je ne te demande pas d’inventer des prétextes plus stupides les uns que les autres… Et puis même si tu avais fait ça, ce ne serait pas une raison suffisante pour te donner une fessée…

Du coup, Liselotte se releva brutalement et sa jupe retomba sur ses fesses, lui rendant ainsi une apparence décente. Elle se retourna vers Conrad et croisa les bras dans une attitude de défi.

– Et que ferais-tu, s’il te plaît ?

Ne sachant quoi répondre, le mari commença par aller s’asseoir dans un fauteuil. Puis, pour gagner du temps, il s’alluma une cigarette avec autant d’application qu’un joueur poinçonnant son ticket de tiercé.

Il se mit aussi longtemps qu’il pût à souffler la fumée de sa première aspiration, et lorsque, enfin, il fut à bout de souffle et que les dernières volutes se furent dissipées, il haussa vaguement les épaules avec une mimique impuissante.

– Ma foi, pour dire vrai, je ne sais pas ce que je ferais, avoua-t-il enfin. Mais pourquoi s’inquiéter avec ces affabulations ?… Encore que j’aimerais bien savoir d’où te vient cette soudaine envie de fessée… Pourquoi voudrais-tu donc que je te fesse alors que tu es toujours la plus dévouée et la plus avisée des épouses…

Brusquement, Liselotte changea d’attitude. Abandonnant sa posture arrogante, elle eut une petite moue de soulagement et laissa tomber ses bras le long de son corps sinueux. Puis elle minauda franchement et s’approcha avec timidité du fauteuil où siégeait son mari.

Elle ne cessait plus de regarder le sol, évitant manifestement de rencontrer les yeux de son époux.

– Dis-moi, Conrad, susurra-t-elle. Tu ne m’en veux pas, alors ?

– Mais, de quoi enfin ? Ma chérie, s’il y a quelque chose qui te pèse, viens me le dire, raconte-le-moi, mais ne te conduis pas comme ça…

– Eh bien, voilà…

Liselotte avala sa salive deux ou trois fois avant d’oser poursuivre sa confession.

–… tu te souviens de cette robe bleue dont je t’ai parlé… Je suis allée l’acheter, cet après-midi, et elle coûte plus cher que je n’avais d’abord pensé…

Et se penchant au-dessus de la tête de son époux, elle zozota un chiffre. Les yeux de Conrad s’ouvrirent un peu, juste un instant, mais il continua de sourire.

– C’est sans importance, mon petit Lisou en sucre, parce que, tu vois, comme c’est ton anniversaire dans dix jours et que tu avais parlé de cette robe avec tant d’enthousiasme, eh bien, j’avais décidé de te l’offrir… Alors, tu vois, tu auras ton cadeau simplement un peu plus tôt que prévu…

Liselotte fut visiblement surprise de cette réponse. Elle aurait dû, sans doute, sauter au cou de son mari, et d’ailleurs, celui-ci avait déjà incliné légèrement la tête dans cette attente, mais sa femme ne bougea pas.

– Tu sais, reprit-elle. J’y suis allée en voiture, évidemment… Et je suis passée par le pont Saint-Castuc : tu vois, les feux qui sont juste avant, en croisant l’avenue, hein ?…

Conrad hocha la tête.

– Les feux, justement, ils ne fonctionnaient pas quand je suis revenue… alors, il y avait un cinglé qui venait de ma droite, à toute allure, enfin… presque aussi vite que moi… Je n’y connais rien, mais la R16, je crois qu’elle est morte…

Cette fois-ci, tout de même, Conrad ne souriait plus. Il avait même blêmi. Il demeura muet pendant un instant puis, enlaçant soudain la taille souple de Liselotte, il la pressa fortement contre lui.

– Mais toi, tu n’as rien, n’est-ce pas ?…

– Non, certes…

Liselotte hésita à parler de l’alcootest ou encore de l’hospitalisation des passagers de l’autre véhicule…

– Évidemment, ça m’a secouée, tu comprends… J’aurais voulu prendre un taxi pour revenir ici, mais un témoin a tenu absolument à me raccompagner, un monsieur très gentil, enfin… je le croyais… C’est-à-dire… je ne savais plus très bien ce que je disais… je lui ai demandé de m’offrir à boire : j’avais très soif, tu comprends… Alors, on s’est arrêté à l’Auberge du Bocard, et là, après avoir bu plusieurs verres, lorsqu’il m’a demandé si j’acceptais de devenir sa maîtresse, je me suis donnée à lui, totalement nue, sans la moindre pudeur…

La jeune femme fut interrompue par un gigantesque éclat de rire. Tout le fauteuil en vibrait, et comme Conrad se mit bientôt à se taper sur les cuisses avec hilarité, Liselotte dut se relever pour ne pas choir du dossier sur lequel elle était assise.

– Ah la la ! commenta le mari, les yeux en larmes à force de gaieté. Tu pourras dire que tu m’as inquiété tout de même… Parce que je suppose que l’accident de voiture n’est pas vrai non plus, hein ?…

– En somme, c’est la seule chose qui t’intéresse un peu : savoir si ta voiture est, oui ou non, en ruine… Que j’ai été violée par un butor, ou même que j’ai dragué le premier automobiliste venu, tu t’en fous complètement…

– Mais, Liselotte… Ne te mets pas en colère, je sais bien que ce n’est pas vrai, que tu racontes ça juste pour savoir comment je pourrais réagir… C’est drôle, c’est très drôle, en effet !… mais quand même, toi et ce type…

Et Conrad repartit à rire de plus belle.

– Parce que tu ne me crois pas désirable, peut-être hein, c’est ça ? Dis-le, mais dis-le donc !…

– Non, bien sûr, ce n’est pas ce que je voulais dire… Évidemment que tu es très désirable, mais je crois aussi que tu m’es fidèle et que tu ne voudrais pas me tromper…

– C’est ça ! la fatuité, maintenant !… Parce que tu te crois peut-être à ce point viril et supérieur que tu ne supposes pas que je puisse trouver mieux ailleurs, hein, c’est bien ça, n’est-ce pas ?

Conrad ignora cette réplique hargneuse de sa femme. Ouvrant ses bras, il l’invita à venir près de lui.

– Allez, approche !… Je ne sais vraiment pas ce qui te prend à vouloir recevoir une fessée, mais quoi qu’il en soit, je peux bien t’accorder cette récompense… Tu m’as bien fait rire avec toutes tes histoires… Allez, viens prendre pan-pan-cu-cul !

Rageuse, Liselotte se pencha pour ramasser sa culotte qui était restée sur le sol, au milieu de la pièce. Puis, se relevant, elle toisa son époux d’un regard de mépris.

– Conrad, tu n’es qu’un cave !… dit-elle.

Liselotte quitta la pièce et se dirigea vers la cuisine où elle s’occupa à quelques tâches ménagères. Son mari, après avoir eu pour premier réflexe de vouloir la rattraper, choisit finalement d’allumer la télévision.

De toute évidence, il se passait dans l’esprit de son épouse quelque chose qu’il ne comprenait pas, mais il jugeait plus sage d’attendre qu’elle se fut calmée avant de chercher la signification de sa conduite de ce soir. Pour l’instant, mieux valait qu’elle se vengeât sur ses casseroles !…

Effectivement, plus tard, elle revint et parla avec sérénité de leurs menus soucis du moment. Elle vint même s’asseoir tendrement sur ses genoux, et Conrad ne put résister à la tentation d’insinuer sa main entre les cuisses chaudes et pulpeuses de son épouse.

– Oh, oh ! arrête ! arrête ! tu me chatouilles…

– Mais c’est justement mon intention, de te chatouiller… et tu aimes bien ça, n’est-ce pas ?

– Tu me fais rougir… mentit Liselotte d’une voix enamourée. Et elle desserra un peu ses genoux, pour permettre à la main caressante de progresser plus facilement au cœur des montagnes, plus haut que ses bas.

– Ah ! mais tu n’as pas remis ta culotte !… Petite friponne, va !…

Inspiré par ce qui s’était passé auparavant, Conrad fut sur le point de dire presque naturellement que cette tenue indécente — le fait de n’avoir pas revêtu sa culotte, — méritait une bonne fessée. Il s’abstint, pourtant, de cette remarque, d’une part parce qu’il désirait en savoir plus au sujet de ce brusque désir de son épouse avant de se lancer dans l’aventure, et d’autre part, parce que, non sans quelque mesquinerie, il ne voulait surtout pas qu’elle pensât qu’il avait besoin de ses suggestions pour innover dans son comportement intime.

Sa main avait atteint le buisson touffu et soyeux. Son index commençait à reconnaître l’entrecuisse, cherchant le bouton et l’axe de la fente.

Le frisson de Liselotte s’avéra plus efficace que la sensation de son doigt, pour déterminer à quel endroit précis gisait le point sensible.

Et tandis que l’index demeurait autour du graton, l’effleurant ou le tapotant délicatement, son majeur s’insinua en dessous, titillant la crête des lèvres pour trouver leur évasement soudain et l’entrée moite de la grotte.

Liselotte retenait son souffle, et elle devait mettre toute son énergie pour s’empêcher de resserrer les cuisses, par réflexe.

– Le tampon, je ne suis même pas sûre de savoir m’en servir… certifiait une bécasse rougissante de honte, sur l’écran blême.

– Arrête ça, veux-tu ? demanda Liselotte.

Conrad s’apprêtait à ce moment précis à enfoncer son majeur dans la chatte brûlante et humide. Il suspendit son geste.

– Non, la télé, je veux dire… dut expliquer la jeune femme. Mais le charme de son plaisir était déjà rompu.

Elle se leva alors, et son mari crut qu’elle allait éteindre la télévision. Non : elle s’agenouilla entre ses jambes et commença à le débraguetter.

– Que fais-tu ? demanda-t-il avec étonnement.

Liselotte ne répondit pas. Elle sortit la queue de sa cachette et acheva de la décalotter.

L’engin, en effet, n’était pas complètement durci, mais son volume dépassait celui du simple repos, et il ne cessait de s’accroître. A ce point que, bientôt, le gland écarlate devint luisant à force d’être gonflé.

Entrouvrant sa bouche pulpeuse, Liselotte fit glisser ses lèvres au long du cône vibrant. Sur la fin du parcours, ses mâchoires se trouvèrent écarquillées par la base violette.

Un filet de salive vint recouvrir le nœud, et il était si abondant que quelques gouttes filtrèrent à la commissure de la bouche et s’écoulèrent doucement sur le menton de la suceuse.

– Ah la la ! soupira le mari chaviré.

Elle se pencha alors sur le mandrin afin d’en absorber la plus grande partie possible. Pourtant, elle dut cesser sa progression lorsque la pointe du trépan lui emplit le gosier. Et plusieurs centimètres demeurèrent en dehors de la bouche moelleuse, à la base du braquemart.

Puis Liselotte recula les lèvres, attrapa les burnes d’une main fraîche, tétouilla goulûment le champignon, en tournant légèrement la tête de droite et de gauche, et ravala de nouveau le corps même de la hampe.

Répandu dans le fauteuil, la tête en arrière, Conrad n’accordait plus aucune attention à ce qui se passait sur l’écran. Ses mains se crispaient sur les bras du fauteuil et il grommelait son ravissement.

Il y eut des gargouillis, et des bruits de succion, tandis que la respiration des époux devenait de plus en plus haletante. Celle de Conrad, du fait de la montée irrésistible de son plaisir ; celle de Liselotte parce qu’elle s’activait avec une ardeur grandissante à effectuer un mouvement de va-et-vient au long du cognard trépidant.

– Ah ! ah !… ah ! ah ! ah !… Aaaaahhhh !…

La violence des giclées de mélasse que crachait la lardoire força Liselotte à se reculer un peu afin de ne pas se trouver étouffée ; cependant, elle réussit à recueillir dans sa bouche la majeure partie de l’éjaculation. Seul, un filet blanchâtre et poisseux s’écoula de ses lèvres.

Retirant alors avec précaution la pine encore un peu hoquetante comme elle diminuait de volume, Liselotte se releva et, la bouche toujours pleine, chercha du regard un endroit propice.

– Le vase de Maman ! s’écria Conrad avec indignation.

Mais il était trop tard. Liselotte venait d’y cracher avec volupté tout le foutre qu’elle avait dans la bouche.

– Ppfouah… c’est un retour aux sources, mon petit Œdipe, commenta-t-elle en souriant. Puis, prenant un air grave, elle ajouta pour elle-même : Il faudra que je pense à le vider !

Ce soir-là, avant d’aller se coucher, Conrad trouva un prétexte pour se rendre dans le garage : la voiture y était, et elle ne portait aucun dommage apparent, aussi petit fut-il.

Il était déjà persuadé que Liselotte lui avait raconté ce qui lui passait par la tête, tout à l’heure, mais il préférait en être absolument certain…

Puis il se rendit dans la chambre à coucher.

Sur le lit, moelleusement répandue, cuisses écartées, jupe retroussée, et mains jointes au creux du ventre, Liselotte l’attendait avec une indécence qu’il jugea un peu excessive.

Non pas qu’il fut pudibond ou exigeât de sa femme l’attitude d’une bigote, mais parce qu’elle n’était pas simplement impudique, ainsi abandonnée sur le lit, elle semblait vouloir exhiber sa lubricité.

Il ne se trompait pas.

– Dis, Conrad, on jouerait…

– Oui… répondit-il timidement, se demandant ce qu’elle allait encore inventer.

– Je serais une fille de joie, séquestrée dans un bouge minable, au bord du Golfe d’Arabie… et toi, tu serais un riche négociant occidental qui viendrait satisfaire tes vices inavouables…

Conrad lui adressa un regard las.

– Tu sais, Lisou, il n’y a plus de filles de joie, ni de bouge infâme dans le Golfe d’Arabie… Il y a des Hilton et des Holiday Inns, comme partout, et quand tu veux une fille, on t’envoie une call-girl qui a ses deux bacs, un diplôme de philo, parle couramment quatre langues et…

– Même celles qui sont là pour satisfaire les indicibles turpitudes des riches négociants ?…

– Et oui !… D’ailleurs, il n’y a plus de riches négociants, mais seulement les chargés d’affaire de grandes sociétés multinationales, et ils ne sont admis à cette fonction que si leurs vices font partie du catalogue, à cause de l’espionnage, tu comprends…

Liselotte eut une moue de bouderie.

– Alors, tu ne veux pas jouer… tu n’es pas drôle !

Le mari estima qu’il devait accorder quelques concessions. Après tout, cette petite fantaisie n’était pas bien méchante.

– Alors disons que cela se passait avant guerre… Celle de 14, bien sûr…

– Oh, oui, c’est ça ! J’ai été éduquée chez les sœurs, et jusqu’à mon mariage, un mariage de raison bien sûr, avec un petit vieux horrible, je ne savais pas ce que c’était qu’une bite… Il était impuissant, il fallait qu’il me lèche les pieds pour jouir, alors j’ai pris un amant, puis un autre, et puis un jour je suis tombée sur un maquereau séduisant, brun, les yeux bleus, qui dansait le tango comme personne… J’étais tellement amoureuse de lui que j’ai accepté de partir avec lui faire une croisière en Méditerranée et c’est là que…

– Avant 14, on ne dansait pas le tango…

– Oh, tu m’emmerdes, à la fin…

Dans un mouvement de colère, Liselotte rabattit sa jupe sur ses cuisses et se releva, prête à bondir en bas du lit. Mais son mari fut plus rapide qu’elle. Plongeant véritablement en avant, il l’agrippa aux épaules et s’étendit sur elle dans le même élan, l’écrasant sans merci, de tout son poids.

– Hhan-haan ! soupira Liselotte, mais il était bien évident que ce soupir ne traduisait pas seulement l’inconfort de sa position, ni les difficultés réelles qu’elle éprouvait pour respirer.

Avec des gestes impatients et fébriles, elle aida son mari à défaire sa ceinture de pantalon, puis à se déculotter. Lorsque les genoux furent franchis, Conrad se trémoussa, pesant un peu plus lourdement sur sa frêle conjointe, pour achever ce déshabillage partiel.

Il bandait de nouveau, et d’une manière extrêmement menaçante. Son gland, d’un rouge sombre, scintillait encore de sperme et de salive, vestiges de la pipe que lui avait taillée sa femme, quelques instants auparavant, devant la télévision.

Liselotte, par contre, n’avait pas remis sa culotte ; et ce n’est pas sa jupe, courte et ample, qui pouvait la gêner…

Bientôt, Conrad glissa sa main entre leurs ventres déjà collés, et, tâtonnant, chercha à placer son engin au cœur du fourreau prévu à cet effet. Dans sa précipitation, il rata plusieurs fois l’ouverture, fit revenir sa queue sur le pubis de son épouse, au milieu du triangle de poils, ou, au contraire l’insinua trop bas, entre les fesses.

Heureusement, Liselotte se cambra un peu plus, levant les jambes vers le plafond et projetant sa fente, comme une bouche avide, au devant de la verge tendue. Elle réussit ainsi à établir la connexion.

Et le bâton impatient s’enfonça d’une seule poussée dans le coquillage entrouvert, déjà copieusement humidifié par le seul fait des sensuelles divagations auxquelles Liselotte n’avait cessé de s’adonner depuis ces dernières heures.

La chevauchée fut héroïque, Conrad caracolait avec une puissante ampleur et la jeune femme bondissait elle aussi, au même rythme, et peut-être même avec une plus grande ardeur.

– Ah !… ha !… ha !… ha ! soufflaient-ils de concert.

Avec un indéniable manque de discrétion, le lit, pourtant moelleux et bien suspendu, commença à grincer à chaque fois que le mari martelait son épouse, ou à chaque fois que celle-ci, s’arc-boutant autant qu’elle pouvait, sur ses épaules et la pointe des pieds, lançait son ventre plat à l’assaut du chourin inflexible.

– Aahan !… ahan !… han ! la la ! je sens… tes balloches qui me… frappent les fesses !… han ! ahaaahhan ! Oh ! ooh ! aah ! ahoo ! aaooohh !

Ils se figèrent en même temps, et ce brusque silence, à peine ponctué par leurs respirations haletantes, régna sur la chambre pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce qu’un gargouillement d’abord imperceptible ne s’imposât bientôt avec une obscène insistance.

Cela fit d’abord rire Conrad, mais son épouse jugea préférable d’intervenir. Elle repoussa donc son mari doucement, attrapa le coin de sa chemise et s’en essuya soigneusement la chatte. Bien qu’il fut un peu scandalisé de cette manœuvre, Conrad ne fit aucun commentaire.

Puis ils se déshabillèrent et s’enfouirent avec volupté dans les draps.

– Nom de Dieu, quel pied ! commenta le mari en posant un baiser distrait sur la joue de sa femme.

Liselotte demeura pendant quelques instants à demi relevée sur l’oreiller, songeuse.

– Dis donc… commença-t-elle soudain.

Mais Conrad dormait déjà.

Elle resta longtemps ainsi, abandonnée à de mystérieuses rêveries, jouant légèrement de ses doigts plongés dans sa toison, formant de petites boucles avec ses poils et se frictionnant le bouton.

Le lendemain, à plusieurs reprises, Conrad se rappela la suggestion inattendue de son épouse. « Fesse-moi ! » demandait-elle. Il avait bien entendu parler du sensuel piment amoureux que trouvaient certaines personnes à fesser ou à fouetter, ou même à se faire elles-mêmes fesser ou fouetter…

Pourtant, jamais ce genre de divertissements ne l’avait tenté. Si d’autres y prenaient leur plaisir, c’était leur affaire ! Tant que fouetteurs et fouettés s’accordaient ensemble, Conrad n’y voyait rien à redire…

Il avait épousé Liselotte près de quatre ans auparavant et leur entente lui semblait aussi harmonieuse que possible, sur tous les plans, y compris du point de vue strictement sexuel. Ils avaient l’esprit libéral, l’un l’autre, et s’étaient octroyés mutuellement quelques brèves aventures extra-conjugales.

Cinq ou six fois, même, ils avaient rencontré un jeune couple comme eux, distingué, milieu en rapport… Partouze est un bien grand mot : ils avaient tous les quatre d’agréables soirées intimes, sans la moindre vulgarité.

Conrad savait très bien qu’il formait avec Liselotte un couple moderne, libéré, normal. D’ailleurs, leurs petites escapades ou leurs parties carrées— comme on dit — avec cet autre couple, n’avaient été pour eux qu’une manière d’être de leur temps : ils n’en avaient tiré qu’un plaisir relatif, comme de ces récréations où l’on s’ennuyait, dans les dernières années d’écoles…

Jamais Liselotte n’avait manifesté auparavant un intérêt quelconque pour aucune sorte de perversion, Ils pratiquaient parfois la fellation, ou même le cunnilingue, mais simplement pour varier un peu, comme lors de leurs entorses délibérées à la traditionnelle fidélité conjugale.

En y repensant au milieu de son travail, Conrad en arriva à la conclusion qu’il aurait dû fesser sa tendre épouse au moment où elle lui demandait. Il aurait même dû la fesser pour de bon ! Elle n’en aurait jamais reparlé.

Mais il avait été surpris par sa requête, et lorsqu’il s’était trouvé disposé à lui donner satisfaction, elle n’en avait plus envie… De ce fait, ce désir de recevoir une bonne fessée reviendrait à Liselotte plus ou moins rapidement.

D’ailleurs la petite comédie qu’elle avait désiré lui jouer dans la chambre hier soir, être prostituée, etc. devait être la suite logique de cette fessée qu’il lui avait refusée peu de temps avant.

Conrad devait donc provoquer au plus tôt une situation dans laquelle il serait amené à fesser son épouse, même en invoquant au besoin des excuses fantaisistes : le point principal n’était pas la vraisemblance du prétexte mais le choix judicieux du moment où Liselotte se prêterait avec plaisir à cette parodie de violence, même si elle devait le regretter une fois que son gros popotin serait devenu une fournaise…

Le hasard favorisa l’époux désemparé. En effet, en y réfléchissant, Conrad se sentait incapable de prévoir avec exactitude un scénario acceptable pour introduire cette fessée.

Toutes les idées qui lui venaient à l’esprit n’étaient que l’adaptation grossière de scènes qu’il avait lues dans de mauvais romans, et il éprouvait les plus grandes difficultés à imaginer qu’il serait le sévère instituteur d’une élève impertinente ou le vicieux confesseur d’une nonne trop excitée. L’oncle et la nièce qui pissait dans sa robe de communion constituaient des rôles intéressants, mais comment les amener avec naturel ?

Il aurait préféré exploiter une situation réelle…

Vers la fin de l’après-midi, il eût la visite d’un collègue qui jouissait dans la maison d’une solitude réputation de vieux marcheur et même d’obsédé sexuel. Que les on-dit fussent ou non justifiés, Frédéric n’arrêtait pas de parler de cul, et s’il ne faisait pas le quart de ce qu’il racontait — à supposer qu’il mentît, — en tout cas, il ne manquait pas d’imagination, et c’est justement d’idées qu’avait besoin Conrad.

– Dis donc, t’as déjà rencontré des masos ?

Cette fois-ci, Frédéric fut pris de court : il était en train de parler du travail.

– Des mecs ou des nanas ? Parce que les mecs, j’en ai rencontré un, un jour, y s’faisait pendre par le…

– Non. Des filles je veux dire…

– Oh ! là, c’est pareil : j’en ai connu une, une fois ce qu’elle aimait, c’est qu’on lui brûle le bout du sein avec une cigarette pendant que tu la prenais en levrette… C’est bien simple, avec ses conneries, j’ai failli foutre le feu, Rebecca, elle s’appelait, elle suçait comme…

– Non, intervint Conrad. Ce n’est pas cela que je veux dire. Je veux juste parler des filles qui aiment être battues, enfin légèrement : des claques sur les fesses, des gifles, des fessées, quoi !

– Oui… Oh ! b’en, ça mon vieux, elles aiment toutes ça ! D’ailleurs, c’est bien simple : tu prends une fille mettable, enfin, je veux dire, pas une fille à embrouilles, eh bien, pour la mettre en condition, si t’as pas envie d’y mettre les doigts, les papouilles et tout le toutim, eh bien, tu lui colles une fessée en règle… pas la tourlousine, mais une sérieuse quand même, la plupart du temps elle se met à juter que tu croirais qu’elle pisse, c’est bien simple…

– C’est bien simple… reprit Conrad en écho, avec assez peu de conviction. Mais suppose qu’une fille te demande, comme ça de but en blanc, de lui donner une fessée, qu’est-ce que tu ferais ?

– Je me taillerais aussi sec, sûr ! répondit Frédéric. Ce genre de cinglées, c’est pire qu’une berlingue : si t’y touches, tu peux pas savoir quand ça va décoller… J’espère que tu n’as pas marché ?

Cette question angoissée, pourtant charitable mais si précise, fit rougir Conrad jusqu’aux oreilles. Et en voyant l’effet produit, Frédéric se rengorgea puis éclata d’un rire qui se voulait complice.

– Bof ! La prochaine fois, tu n’auras qu’à taper vraiment plus fort que ce qu’elle a envie… Avec un peu de chance, elle n’y reviendra plus, enfin, pas avec toi…

La remarque, pour Conrad n’était pas rassurante. Il avait déjà l’idée de dégoûter Liselotte de ce genre de désir en la fessant plus sévèrement que prévu, mais il ne tenait pas du tout à ce qu’elle fût obligée d’aller chercher ailleurs de telles satisfactions. Réussissant à reprendre son calme, il essaya d’expliquer la situation sans trop se compromettre.

– Non, dit-il. Je n’ai pas accepté de la fesser, j’ai détourné la conversation. Mais je voudrais ton avis sur la meilleure manière d’éviter une récidive…

– Y a pas de recettes, commença Frédéric d’un ton sentencieux. Ou bien elle a dit ça pour se rendre intéressante et ce n’est pas grave, ou bien c’est une maso, et dans ce cas, tu as intérêt à aller tremper ton biscuit ailleurs, et vite fait… Dans le doute, t’as qu’à la plaquer…

Conrad eut une moue gênée.

– Mais dis donc, toi, tu serais pas mordu par hasard ? Un trou est un trou, et tant que ça pue et qu’il y a du poil autour, hein ?…

Dans son genre, Frédéric savait être discret. Comme Conrad ne répondit pas à ce que son collègue considérait comme une vérité fondamentale, il s’en alla, non sans avoir gratifié son compagnon d’une violente bourrade d’encouragement.

Cette confrontation avec son collègue, bien qu’elle n’apportât aucune réponse explicite au problème que se posait Conrad lui inspira tout de même une attitude possible à l’égard de Liselotte. Il s’était montré jusque là un mari parfaitement intentionné, eh bien, il n’aurait qu’à jouer les cyniques, à parler des femmes à la manière de Frédéric et il pourrait ainsi amener quand il la voudrait cette idée de fessée, elle paraîtrait toute naturelle de la part du personnage méprisant qu’il serait en train d’interpréter…

Ce soir-là, Conrad pénétra chez lui en roulant les épaules et en effectuant des gestes d’une brusquerie outrée.

– Tu parais bien énervé, ce soir, demanda Liselotte avec compassion. La journée a été difficile ?

– Tu peux pas comprendre ! lâcha-t-il d’un ton supérieur, il avait failli ajouter « Lisou » mais un diminutif aussi affectueux ne convenait pas à son rôle, ou tout du moins à l’idée qu’il s’en faisait…

En tous les cas, Liselotte ne fit pas d’autres réflexions. Elle ne répondit pas non plus à quelques poncifs vexatoires que Conrad jugea utile de proférer au sujet de la gent féminine.

Elle paraissait joyeuse et parla de choses anodines pendant le dîner, et son mari ne réussit pas à trouver le détail qui lui permettrait d’amener la tirade moralisatrice qu’il s’était répétée en revenant de son travail.

Après le repas, il alla s’installer dans son fauteuil devant la télévision et exigea une tasse de café.

Un magazine de mode traînait sur la table voisine. Il s’en saisit et commença à le feuilleter, mais cela ne l’intéressait pas. D’un mouvement trop vif, il lança la revue vers l’endroit où il l’avait prise.

Ce dont il n’avait pas tenu compte, c’est que son épouse, en parfaite maîtresse de maison, avait soigneusement encaustiqué la table. Le magazine glissa, glissa, plissa le napperon et, comme il était assez lourd, fit vaciller le vase qui tourna d’abord sur lui-même avant de tomber puis de rouler hors de la table.

Avant que Conrad eut pu le rattraper, le précieux vase offert par sa maman pour leur anniversaire de mariage, deux ans auparavant, éclata sur le sol en une dizaine de morceaux.

Lorsqu’il voulut les ramasser, en sifflotant pour cacher son dépit, il ne réussit plus à lâcher les fragments : ils étaient encore copieusement enduits du sperme que Liselotte y avait recraché hier soir et le foutre, en séchant était devenu plus poisseux que la mélasse.

– Bordel ! qu’est-ce que c’est que ça ? jura-t-il. Femme ! Pourrais-tu m’expliquer…

Liselotte arrivait justement, avec un plateau pour servir le café, En découvrant son époux ainsi empêtré, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire.

– Ce n’est pas drôle du tout. Quand on fait des saletés, on les nettoie aussi vite que possible !… D’ailleurs, il est inadmissible que ce vase t’ait servi de crachoir !… Pose ce plateau et viens ici !

Secouant ses mains avec violence, Conrad parvint à faire retomber les restes collants de la précieuse potiche. Sa jeune épouse obéissait pendant ce temps : elle posait le plateau sur la table avec le plus grand soin. Son mari ne se plaisait-il pas à dire qu’elle possédait des doigts de fée ?…

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