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Résumé

Au Maroc, à Tanger, dans les bars du centre-ville, les filles les plus belles se battent pour tenir compagnie à l’étranger de passage… Dans un village perdu au cœur de l’Atlas, des jeunes femmes répudiées « divertissent » les touristes en quête de turpitudes orientales…
À Dubaï, plus loin encore vers l’Orient, une riche Américaine réalise son fantasme : traverser la ville nue sous une bourka, avant de finir la nuit exhibée et offerte à des ouvriers pakistanais sur un chantier…

 

Italo Baccardi, grand amateur de plaisirs sulfureux, poursuit sa quête de rencontres insolites sur le net et dans la réalité.

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Chapitre premier – Tanger

— C’est là qu’il a plongé pour bouffer du pain jeté par les pêcheurs, me dit Az, d’une voix grave.

Nous nous sommes penchés par-dessus la balustrade pour regarder l’eau du port. Des résidus de fuel dessinent des arcs-en-ciel dans l’eau noire. Ça sent la sardine, la marée, les filets qui sèchent sur le quai.

J’avais retrouvé mon ami Az, à Fès, quelques jours plus tôt. Nous partageons la même passion pour l’écrivain Mohamed Choukri. Je lui ai rapporté de France un exemplaire de son premier roman Le Pain nu, à l’époque où le livre publié sous son titre arabe était interdit au Maroc.

Mon pote Az Al-Arab c’est le sosie d’Antony Quinn. Comédien lui aussi, après des années de galère, il commence à se faire une réputation depuis qu’il a tourné dans une série pour la télévision marocaine. On le reconnaît parfois dans les ruelles de la médina. Il en tire une fierté qu’il a du mal à dissimuler.

Az connaît Tanger comme sa poche. Il y a vécu dix ans. Il sait où trouver Mohamed Choukri que je crève d’envie de rencontrer depuis que j’ai lu Le Pain nu.

Né dans la pire misère, l’écrivain maudit a appris à lire et à écrire dans les bordels de Tanger. Orphelin à sept ans, pour manger, il faisait les poubelles. Celles des Européens de préférence, car elles étaient plus riches. Il est devenu un écrivain atypique, maudit, qui a décrit l’homosexualité, la prostitution, les trafics du Tanger colonial. Nous sommes sur les traces de ce Bukowski africain. Le port est la première étape de notre pèlerinage. C’est là que, gamin crevant de faim, Mohamed a plongé dans les eaux sales du port pour bouffer un morceau de pain jeté par un marin. Il a fait de cette anecdote le titre de son livre.

En 1942, la famine chasse la famille Choukri du Rif vers Tanger. Mohamed, âgé de sept ans, apprend à survivre dans la rue tangéroise en exerçant divers petits métiers. Analphabète, il s’inscrit à l’école à vingt et un ans. Il poursuit ses études jusqu’à devenir instituteur. Il commence à publier en 1966.

À présent, Choukri ne hante plus le port à la recherche de sardines oubliées dans les mailles des filets de pêche, ou de tout ce qui flotte dans les eaux sales du port. Choukri est devenu un écrivain connu. Mais il continue à fuir les salons littéraires ; il préfère hanter les lieux qui l’ont vu grandir : les bars de Tanger. C’est là qu’Az me conduit. Tanger by night. Az y est comme un poisson dans l’eau.

Les néons s’allument, la nuit venue. Tanger est un lieu à part au Maroc. Ça sent partout la sardine et le piment grillés. On y boit de l’alcool dans les bars.

Des filles aux longues jambes arpentent les trottoirs devant les hôtels de luxe à la recherche d’un client européen. Clope au bec. Téléphone portable à l’oreille. Microjupe en jean décorée de strass qui flashe dans la nuit. Ce ne sont pas des professionnelles. Simplement des filles de la campagne, descendues du Rif, venues tapiner en ville. Comme Choukri, elles n’ont d’autre choix que de vendre leur cul pour ne pas crever de faim.

On attaque au Ristorto, lieu culte au cœur du Grand-Socco, place centrale de Tanger, ligne de démarcation entre médina et ville nouvelle. Ici, la ville est un carrefour d’où s’échappe une immense rumeur. La foule y est dense. Les voitures collées les unes aux autres roulent au pas pour mater les filles. Certaines ont des allures de lycéennes.

— Avant, la police ne tolérait rien. Le commissaire était une vraie teigne, me fait Az. Tout le monde l’appelait Colombo. Depuis qu’il a pris sa retraite, les flics sont plus cool.

On se plante au bar. Az discute avec le barman. Un Espagnol qui n’arrête pas de passer un mouchoir dans l’échancrure de son col pour éponger la sueur. Choukri n’est pas venu depuis deux jours. Il devrait être là ce soir. Mais jamais avant minuit. Ça nous laisse deux heures à tuer. Az Al-Arab attaque à la Casablanca, la bière d’ici. Le cercle vicieux commence : tapas, bière. Tapas prétexte pour avoir soif. Bière fraîche pour se rincer le gosier. Je tiens moins bien l’alcool que mon ami musulman. Ça commence à tourner dans ma tronche. Brûlures du sel et du piment. Antalgique glacé. Az a une bonne descente. Au bout de trois bières, j’ai envie de pisser. Les toilettes sont au sous-sol. Une fille retouche son maquillage. Le style d’ici : gros cul, gros nichons. Lèvres ourlées.

Odeur d’urine et de parfum très fort. J’ai la tête qui tourne, mais je sais que même bourré comme un coing, je ne dégueulerai jamais. Je pisse contre la céramique émaillée. Je vise les gros comprimés de désinfectant à la naphtaline. Ça éclabousse mes pompes. Je me soulage. C’est si bon que je n’entends pas arriver la fille qui s’est rapprochée de la pissotière pour regarder ma queue. Ses lèvres sont très maquillées. Bordures tatouées et gonflées au collagène. Elle se pourlèche avec un sourire gourmand qui manque de sincérité.

— Tamchi! Barre-toi !

Je n’ai pas envie qu’elle me tienne la queue. Pas envie de me faire sucer dans ces chiottes crades, comme elle le propose avec une mimique expressive de ses grosses babines. Je retrouve mon pote au zinc. Là où je l’ai laissé. Un verre de mousse bien frais m’attend à ma place avec une soucoupe d’anchois, prétexte à donner soif.

La fille n’a pas abandonné sa cible. Elle colle ses gros nichons dans mon dos. Az commande une bière pour la fille. Il plaisante avec elle en appuyant son index sur le renflement des tétons qui dardent. Comme s’il pressait le bouton d’une sonnette. La fille glousse. Se tortille, étranglée par sa minirobe trop étroite. Je découvre son visage. Joli profil. Une mèche qu’elle rejette en arrière d’un coup de tête. Dialogue en arabe dont je suis exclu. Échange trop rapide. No comprendo ! J’ai à peine fini ma bière qu’un nouveau bock est posé devant moi. Chorizo qui arrache la gueule. Caresse apaisante de la Casablanca glacée.

Toujours aucune nouvelle de l’écrivain maudit. Envie de whisky. La bière me gonfle. Me fait roter. Az passe les commandes. Whisky irlandais Paddy, pour changer. Délicieux, mais cher. Je sors la liasse de dirhams. Trop bourré pour compter. L’Espagnol se sert directement à la source. M’en fous de tout. Mine de rien, Az veille au grain. Proteste. L’Espagnol me rend la monnaie. S’excuse. Offre sa tournée. La fille me colle au cul. Elle passe la main entre mes cuisses. Touche mes couilles, presse parfois ma pine à travers mon jean pour la faire durcir.

— Comment tu t’appelles, demande Az à la fille.

— Samira.

— Ça m’ira, je fais, comme un con.

Un coup de Paddy cul sec, me sauve du ridicule de cette vanne à trois balles. Elle prend ma main. La plaque sous sa jupe. Son slip est mouillé. Je tripote sa chatte à travers l’étoffe. Samira rejette la tête en arrière, se met à gémir. C’est trop mal joué pour être vrai. Les autres rigolent. Le barman nous file sous le nez une assiette de moules à l’escabèche pour réamorcer la pompe. Je renifle mes doigts. J’adore l’odeur très forte de sa chatte.

— Hombre, la même chose, commande mon pote qui s’accroche au bar.

Une blonde décolorée est venue rejoindre sa copine. Aïcha. Plus fine. Elle a des faux airs d’Adjani. Des yeux d’un bleu si intense qu’ils filent le vertige. Un sourire qui éclabousse tout son visage, qu’elle alterne avec un air grave. Elle s’accroche à Az. Chacune son client. Il y a un moment où j’ai envie de déclarer forfait. C’est pas trop mon truc, les putes. Et puis, je ne peux zapper l’histoire de Choukri enfant obligé de sucer un vieil Anglais dans sa Rolls, pour quelques dirhams, pour survivre. Ça me gâche un peu la fête. Mais je suis trop bourré pour repousser Samira. De plus en plus entreprenante.

— On se tire ?

Choukri ne viendra pas ce soir. Il est certainement au Café Moumtaza, de l’autre côté du Grand- Socco. On traverse la place. Les filles nous suivent de près. Elles se tiennent par la main. Deux sœurs incestueuses qui s’embrassent sur la bouche pour nous exciter et surveillent nos réactions du coin de l’œil. Elles serrent leur sac contre leur ventre quand on croise des gamins aux regards affûtés comme des rasoirs. Petits trafics : Rolex, Vuitton, kif :

— Dis, tu veux pas fumer du chocolat ? Smoke chokolade?

Rien n’a changé depuis Le Pain nu. On file vite pour échapper aux sollicitations insistantes des enfants de Choukri.

Le Café de France, ensuite. Place de France. En face du consulat. Az et moi carburons au whisky. Samira et Aïcha ne nous quittent pas d’une semelle. Samira et moi, on se roule des pelles. Ses baisers ont un goût de bonbon à la framboise. À cause de son rouge à lèvres qu’elle n’arrête pas de se tartiner sur les babines. Je retrouve son goût en suçant les lèvres d’Aïcha. Saveur bubble-gum, qui lui rougissent les joues. Goût Malabar qui se mélange au single malt dans ma gorge en feu. On picore des calamars pimentés pour avoir soif. Les filles roucoulent, se pelotent. Elles savent qu’il n’y a rien de plus excitant pour des mecs que deux filles qui se gouinent.

Un serveur hors d’âge gominé, chemise blanche, nous confie que Choukri a été vu sur la terrasse de l’hôtel El Minzah. C’est bondé. Mais il n’y est pas. Pour changer, on se refait une tournée de Casablanca. Cette fois, quand je vais aux chiottes, Samira m’accompagne et me tient la queue, comme on fait pisser un gamin. On se fend la gueule car dès qu’elle serre ses doigts autour de ma pine, ça me fait durcir. Quand un mec bande, il ne peut pas pisser. Elle s’impatiente, me branle avec un geste mécanique. Ça dure une plombe. On se marre comme des bossus. Le côté crade du lieu, cette fille qui me branle comme on trait une chèvre me procurent une sale excitation. Je lui pétris les seins. C’est charnu. Je lui pince les tétons tout raides à travers son tee-shirt. Samira jouit. C’est tout cela qui m’excite chez elle : ses maladresses de débutante et ses sensations qu’elle ne cache pas. Je jute contre l’émail douteux d’une pissotière. La fille a un rire enfantin en pressant ma queue pour en extraire les dernières gouttes de foutre. Le gland irrité par la branlette énergique, j’ai à nouveau envie de pisser. Samira ne me lâche pas. J’arrive à évacuer un petit jet paresseux. Elle rigole tellement qu’elle se tient le ventre d’une main en faisant un geste éloquent de l’autre. Langage international des filles qui signifie : « Arrête de me faire rire, je vais pisser dans mon froc! »

Elle me demande de lui tenir compagnie pendant qu’elle pisse à son tour. On va dans les toilettes des femmes. Samira ne ferme pas la porte. Je reste à faire le guet. Chiottes à la turque. Pas plus propres que celles des mecs. Des graffitis en français et en arabe. Une bite qui jute à la gueule d’un barbu offusqué. Un gros vagin bordé de poils.
Et puis des virgules brunes imitant le logo de Nike. Samira s’accroupit. Remonte sa minirobe sur ses reins, baisse sa culotte. Un slip en nylon, rose pastel. Pas très glamour. Elle pisse dru, puis remonte sa culotte sans même s’essuyer la chatte. J’imagine l’odeur de pisse qui va imbiber son slip. C’est crade. Ça m’excite salement, je me remets à triquer.

Quand nous remontons à la lumière des néons. Az et Aïcha se marrent comme des dingues. Ils ont roulé un joint qu’ils se refilent l’un l’autre. On se met dans un coin discret, juste éclairé par des bougies vacillantes. Le barman a mis du raï. Samira sort un peu de shit qu’elle réchauffe à la flamme de son briquet. Az éventre une Camel entre ses ongles, il nous roule un autre pétard. Pour quatre. On égrène la boulette dans le tabac frais qui sent le miel.

Sous la table, Samira a ouvert ma braguette, sorti ma queue. L’alcool et la came m’embrument le cerveau, je trique comme un malade. Elle me branle sous la nappe en décalottant méchamment mon gland, comme tout à l’heure dans les chiottes. Douleur excitante. Fumée âcre du shit qui me brûle jusqu’au fond des bronches. Rien que la gueule d’Az Al-Arab, me fait rire à en perdre le souffle.

Choukri se fout de notre gueule. Bordel. Il ne peut être que dans la rue d’Amérique, au Dean’s qui a vu passer dans ses deux salles minuscules la Beat Generation, cette génération bohème de l’après-guerre des William Burroughs et Allen Ginsberg. Nous poursuivons notre errance des paumés de la nuit tangerine au Pique-Nique, de l’autre côté du boulevard Pasteur. Je ne trique plus, mais c’est mouillé dans mon slip quand je marche. Samira m’a fait juter sous la table.

Ici, pas plus de Mohamed Choukri que de Mick Jagger qui a fréquenté les lieux dans les années 70. Nous poursuivons par le Negresco, puis le Regina. Tanger virevolte au gré de nos errances. D’un bar à l’autre, on croise journalistes, Européens nostalgiques, paumés solitaires, des potes d’Az qui bossent à la télé marocaine. Nouveaux et anciens riches des quartiers huppés de la Montagne ou de Marshan. Comme nous, fantômes vacillants de la nuit. Mais pas de Mohamed Choukri.

Il se fait tard. Az s’énerve et dit à qui veut l’entendre que Choukri est un faux frère. On ira demain directement chez lui. Az connaît son adresse perso. Les filles se fendent la gueule. Le jour commence à se lever. Je suis complètement bourré. La présence de Samira est presque maternelle. Je me colle à elle. Quand je renifle ses doigts, je retrouve l’odeur de morue. Elle ne parle pas un mot de français. On se démerde avec les quatre mots d’arabe que je connais. Az se souvient à peine de l’endroit où il a garé sa Mercedes. On se tient serrés. Titubants. On a ramassé une nouvelle fille. On ne sait pas très bien où. Elle est jeune, s’accroche à Aïcha. Où ? Au Scott’s ? Oui. C’est une des serveuses du Scott’s. Minijupe. Elle a sorti sa barrette de shit, roulé le dernier joint.

— Dis, c’est comment, ton nom ?

— Sahra.

Contrairement aux autres, Sahra parle un peu le français. Elle se colle à moi, passe ses bras autour de ma taille. Samira qui n’est pas partageuse la remet à sa place. L’autre lui tire la langue. Elles transigent. Az conduit la Mercedes sur la route de la corniche. On est tassés comme des sardines.
Il s’applique à rouler droit, vers le bungalow qu’il partage avec son frère. Piaule d’étudiant sur la plage, qui sent l’encens et le tagine de poisson. Presque arrivé, il pile. Grincements des pneus sur le macadam chauffé à blanc.

— Les capotes.

Les filles n’ont pas de capotes sur elles.

— Raison de plus pour en utiliser, fait Az, prudent. Faut trouver une pharmacie de nuit.

On repart. La route m’endort. Je somnole, la tête appuyée contre l’épaule de la serveuse du Scott’s. J’ai un vague souvenir de la pharmacie dans les lumières éblouissantes de la ville. Les préservatifs vendus à l’unité. Az a payé. Retour dans la garçonnière de mon pote. La mer est là, à nos pieds. Il fait un peu trop frais pour se baigner. Pourtant, ça m’aiderait à y voir plus clair.

Il met un CD. Du raï. Cheb Mami. La porte-fenêtre est ouverte en grand sur la plage. Dans un bungalow voisin quelqu’un frappe un tambour. Thé à la menthe censé nous aider à dessoûler. Bâtons d’encens qui fument dans le sable. Flux et reflux d’une mer qui hésite entre Méditerranée et Atlantique. Az me prend dans un coin et me dit de planquer mon fric :

— Parfois, les putes se tirent en pleine nuit avec le portefeuille du micheton, trop bourré ou endormi pour réagir.

Je flippe en imaginant des rasoirs planqués dans les sacs à main. Nos corps découverts au petit matin, égorgés.

Az disparaît avec mon portefeuille. Les trois filles se mettent à onduler. À danser. Az veut qu’elles se déshabillent. Protestations outragées. Az sort les dirhams. Égrène les billets, les glisse dans les ceintures. Les filles se cambrent l’une après l’autre pour offrir leurs reins. Conciliabule. Aïcha se fait l’interprète de ses copines. Pas à poil. Les filles ne veulent pas. Az rajoute un bifton. Relève la microjupe en jean de Samira, qui se tortille mais ne fait rien pour la rajuster. Elles discutent entre elles. Rigolent. Elles veulent bien se déshabiller pour la danse du ventre. Mais elles garderont leur culotte. Des dessous bon marché. String pour Aïcha.
Un slip en coton blanc pour la plus jeune. Az et moi, on se vautre dans les coussins. Les filles font leur numéro. Elles dégrafent leur soutif. Les gros seins de Samira ont des vergetures sur les côtés. Dommage. Nichons pointus de Aïcha. Œufs au plat pour la plus jeune. Ce ne sont pas des professionnelles. Elles ont encore des pudeurs de débutantes, c’est ce qui les rend plus excitantes.

L’alcool, le shit, le fait qu’elles sont collées l’une à l’autre leur donnent des audaces. Az prépare une pipe à kif : un sebsi, qu’il bourre de poudre magique. Les filles se tortillent, frottent leurs seins, leur ventre. La fumée âcre me fait tousser. Mais la came décuple mes sensations. J’explique à Az que j’arrive à sentir l’odeur des chattes des filles. À trois mètres. Az traduit, les filles se marrent. Elles se trémoussent au rythme du raï ; cuisses ouvertes, elles frottent leur slip, sexe en avant. Tout en ondulant sur place, elles prennent leurs nichons dans leurs mains et durcissent leurs tétons contre les pointes raides de leurs copines. Ça sent la pisse, la mouille, la transpiration, la fleur d’oranger… Le bruit des vagues devient assourdissant. Je me mets à crier :

— Az, tu m’as fait fumer du Viagra.

Je reconnais à peine le son de ma voix. Az est hilare. Il traduit aux filles qui se fendent la gueule et continuent à danser, accolées. Le sebsi passe entre leurs lèvres. Bouche-à-bouche. Fumée crachée au plafond. Rires énervés. Je montre ma queue en érection. Priapisme.

Une fille va s’accroupir dans le sable pour pisser. Cul blanc entrevu à la lueur de la pleine lune. La bière ressort par le bas, à gros bouillons sur la plage. Az va vers les vagues en titubant. Il revient, tète aussitôt le goulot d’une bouteille de JB. Samira plante le calumet entre mes lèvres. Ça prend à la gorge. Je flotte. De plus en plus haut. Un simple regard nous arrache une hilarité incontrôlable. Le kif nous calme un peu. Les trois filles discutent entre elles et le ton commence à monter. Aïcha et Samira demandent à Sahra de dégager. Elle représente pour elles une concurrence déloyale. L’échange devient de plus en plus violent. Az rigole. Les bagarres de filles, ça excite toujours les mecs. Surtout en slip, les seins à l’air, sur une plage déserte.

D’abord, Samira et Aïcha se contentent de pousser la plus jeune qui, bien campée dans le sable, leur tient tête. Elles la poussent plus fort. Sahra fait deux pas en arrière. Puis trois en avant. Plus menaçante. Qui a donné la première gifle ? Sahra revient à la charge. Elle empoigne Aïcha par sa crinière blonde ; la fille tombe à genoux dans le sable. Samira veut intervenir, mais Aïcha la repousse. Elle en fait une affaire personnelle. Elle a sa fierté. Pour l’instant, le combat n’est pas à son avantage. La petite la tient toujours par les cheveux. Force pour lui faire mordre le sable. Aïcha grimace sa haine en essayant de lui griffer les jambes. Samira reste à distance.

Je me tourne vers mon pote pour qu’il intervienne, mais il est en train de filmer la bagarre avec son téléphone portable. Aïcha parvient à agripper le slip de la plus jeune, qui pousse un cri de rage quand elle se retrouve déculottée jusqu’aux pieds, montre son cul blanc et sa chatte rasée. Un ventre lisse, avec une fente profonde et des grosses lèvres blêmes. Dans un réflexe, elle lâche la crinière blonde. Aïcha en profite pour lui empoigner les chevilles. Déséquilibrée, Sahra se casse la figure. Elles s’agrippent l’une à l’autre, roulent dans le sable. Aïcha se retrouve à son tour cul nu. La minuscule touffe sombre qui orne son pubis rasé nous prouve que c’est une fausse blonde, ce que nous savions déjà à la couleur de ses sourcils.

La plus jeune plante ses dents dans la chair tendre d’une cuisse. La blonde pousse un hurlement strident. Elle jette une poignée de sable à la figure de Sahra. Aveuglée, la jeune fille lâche prise. Aïcha, libérée, se redresse, s’assied sur le torse de son adversaire qu’elle immobilise sous son poids en lui tordant les poignets. Sahra pleure de rage en se débattant pour se dégager. Nous, ça nous amuse de voir ses cuisses battre dans tous les sens, montrant les languettes rouges de l’intérieur. Aussi lâche que mon pote, je mate le combat féminin, sans intervenir.

Les filles s’invectivent en arabe. Sourire débonnaire d’Az qui filme toujours la scène. Aïcha bloque les bras de Sahra sous ses genoux et la bourre de gifles. La plus jeune ne peut rien faire d’autre qu’agiter les jambes, ce qui nous offre un spectacle excitant. Aïcha se cambre au maximum pour donner plus de poids à sa prise. La colère lui crispe le trou du cul, parfaitement visible entre ses grosses fesses ouvertes. Sahra encaisse les baffes et lui crache sa haine à la figure. Elle gigote, se tortille comme un serpent, tant et si bien qu’elle parvient à se dégager. Au moment où elle allait reprendre le dessus sur la blonde, Samira intervient pour prêter main-forte à sa copine. Toutes deux plaquent la plus jeune sur la plage pour lui foutre une peignée. Aïcha reprend sa place, assise sur son torse. Samira pose ses grosses fesses sur ses cuisses. Sahra est immobilisée. Aïcha pince les maigres nichons. Samira lui pince les petites lèvres qu’elle étire sans pitié. Sahra crie de douleur et de rage. Samira hurle un ordre. Sahra pousse un soupir vaincu. Elle se soumet. Je comprends ce qu’elles exigent d’elle quand je vois Sahra approcher son nez de la chatte ouverte. Des larmes coulent sur son visage souillé de sable. Samira affirme sa prise. Elle menace la vaincue de lui frictionner la fente avec une poignée de sable si elle se permet la moindre rébellion. Sahra lèche la fente de la blonde qui la chevauche. Aïcha lui libère les poignets pour qu’elle écarte la chatte entre ses doigts. Je vois les chairs rouges palpiter et comprends qu’Aïcha force pour lui pisser à la figure. Le jet fuse. Sahra veut fermer la bouche, mais un ordre sec la contraint à obéir. Elle n’a pas le choix. Elle encaisse le jet en pleurnichant.

Az intervient enfin. Les filles se relèvent. Il aide Sahra à se remettre debout. Elle crache sable et urine. Humiliée. Vaincue dans ce combat inégal. Les deux filles vont se rincer dans les vagues. Sahra se baigne dans son coin. Az revient avec des serviettes. Pendant qu’elles se frictionnent toutes les trois, Az parlemente. Il revient peu après, m’explique qu’il a négocié avec les filles. Ce sera cent cinquante dirhams chacune. Samira ira avec moi. Aïcha avec lui. Sahra fera la navette entre les deux chambres. Les voici réconciliées. Az et moi allons nous baigner à notre tour. Le jour commence à se lever. On entend au loin l’appel à la prière lancé par le muezzin. Pour nous la nuit va commencer.

L’eau froide me dégrise. Chacun sa chambre. Samira arrange le lit. Sa chatte est rasée, mais les poils commencent à repousser. Ça pique un peu. Elle sent la mouille et la mer. Je pétris ses gros seins. Ici, pas question de bronzer topless sur les plages. Ses mamelles n’ont jamais vu le soleil. Leur pâleur est obscène, avec des veinules bleues sur les côtés et des vergetures. Les mêmes que celles de ses hanches. Je trique à me faire mal. Elle s’accroupit sur ma pine et m’enfile la capote. Je n’aime pas trop la viande sous cellophane : le latex me prive du contact moelleux et chaud de sa chatte quand elle s’empale sur ma queue. Sa chatte mal rasée pique quand nos peaux se frottent. Je jouis vite. Elle aussi. En même temps que moi. Si elle simulait, c’était bien imité.

Peu après, la porte s’ouvre. Sahra s’approche, pieds nus. Grincement du lit. Elle vient prendre la place de Samira. C’est son petit cul qui m’intéresse. Des fesses pommelées, un peu molles qui feraient le régal d’un fesseur. Je donne quelques tapes pour faire trembloter les chairs. Elle tortille du popotin. Je lui écarte le derrière, débusquant son trou du cul. Je le frôle du bout d’un doigt pour qu’il se fronce et se dilate. Jusqu’à se soumettre à l’intrusion de mon index mouillé de salive. La fille gémit, ondule du bassin, comme pour quémander une pénétration.

Cette fille m’excite. Peut-être à cause de sa jeunesse. Sûrement parce qu’avec ses seins minuscules, ses cuisses maigres, elle n’a pas le profil classique de la pute. Surtout parce qu’il y a de la fougue et de la soumission en elle. Si je n’étais pas aussi bourré de bière et de shit, si j’étais seul avec elle, je lui aurais demandé de s’habiller en écolière, et je lui aurais flanqué une fessée, à plat ventre sur mes cuisses. Une fessée qui aurait duré longtemps. J’aurais alterné les caresses et les claques sèches, puis j’aurais écarté ses fesses blanches pour regarder son anus.

Cette image achève de m’exciter. Elle se laisse faire. Pousse pour m’élargir son minuscule orifice. J’enfile une capote et crache entre ses fesses pour la lubrifier. Elle se cambre en serrant l’oreiller entre ses bras…

 

*

*    *

 

Az me réveille. Il est midi. Les filles sont parties. Sans nos portefeuilles. J’ai mal à la tête. Az, lui, semble frais comme une ablette. Il me tend un verre de café parfumé à la cannelle et la cardamome. Dix minutes plus tard, je suis dans les vagues. Ce soir, nous serons de retour à Fès. Ce soir ou demain matin. Tant pis pour Choukri. C’est peut-être mieux ainsi.

Az sourit. Dehors, un groupe de jeunes est assis sur un banc, dos à la ville. Tous regardent les lumières de l’Espagne sans dire un mot. Nuit de silence à Tanger.

 

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