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Résumé

Jeune diplomate belge, Justine est mutée au Zaïre, un pays qu’elle ne reconnaît plus, après y avoir passé son adolescence. Introduite dans les sphères d’un état en pleine déliquescence, elle va découvrir la face cachée d’une clique de riches nantis, en mal de plaisirs sexuels et d’orgies dignes de l’Empire romain. Toute une faune décadente et dépravée vit dans l’opulence, loin du quotidien difficile de la population. Pour Justine, le Zaïre est un véritable club de vacances, dans lequel la politique et le sexe font bon ménage.

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Chapitre premier

Lorsqu’elle eut achevé ses études en relations internationales à Namur, à la fin des années quatre-vingts, Justine eut la chance d’entrer au service du protocole du parlement européen, à Bruxelles. Belge de naissance, elle avait suivi les traces paternelles dans son cursus universitaire. Diplomate à la retraite, son père avait entre autres été ambassadeur au Zaïre lors des années fastes du régime Mobutu, en particulier lors du fameux combat de boxe du siècle, entre Foreman et Ali, en 1974. En fille unique obéissante et éperdue d’admiration pour son père, elle avait choisi de l’imiter, ayant été impressionnée très tôt dans son enfance par les ors du palais présidentiel de Mobutu, puis des différentes ambassades belges à Brazzaville et à Douala. S’il avait tiqué en la voyant débuter sa carrière au Parlement, il l’avait néanmoins encouragée à y faire ses premières armes. Bien vite la routine s’était installée, travailler pour une aussi grosse institution pas encore rôdée à l’époque n’avait rien d’une sinécure : horaires démentiels, petits chefs à tous les étages, protocole compliqué et ubuesque en raison de toutes les nationalités qui y cohabitaient tant bien que mal.

Au bout d’un an, elle en avait eu assez. L’envie de prendre le large, de découvrir d’autres horizons se faisait de plus en plus pressante en elle. Malin, son père, qui gardait un œil sur elle grâce à ses nombreuses relations au Parlement, l’invita à déjeuner en compagnie d’un haut diplomate belge, dans un des meilleurs restaurants de la capitale. Pour l’occasion il avait mis son plus beau costume, et, comme s’il la conduisait à l’autel pour son mariage, il tint à lui tenir le bras pour faire leur entrée au restaurant. Avec sa fille toujours célibataire à vingt-cinq ans, son père savait que la carrière de celle-ci lui importait plus qu’une vie de couple exemplaire. Dans un box situé à l’étage, qui donnait sur la Grand Place de Bruxelles, un homme les attendait. Hector B., le mentor à qui Justine allait devoir sa carrière africaine.

— Ravi de vous rencontrer, Justine ! Votre père m’a beaucoup parlé de vous !

Gêné, son père minimisa son rôle dans cette rencontre, et plongea le nez dans le menu. En diplomate aguerri du ministère des Affaires étrangères belges, Hector n’attendit pas pour annoncer la couleur à Justine.

— Le régime Mobutu vit des heures difficiles, il s’agit peut-être d’une fin de règne. Il nous faut quelqu’un là-bas pour assurer nos arrières, garder notre position stratégique auprès de la présidence.

Ancienne colonie belge, l’ex-Congo de Tintin, devenu Zaïre sous l’ère Mobutu, restait la chasse gardée des Belges, qui tiraient les bénéfices des mines de cuivre et de diamants. La délégation de l’ambassade à Kinshasa était la plus importante en Afrique, on n’y mutait que les meilleurs. Le père de Justine avait œuvré auprès de son vieil ami Hector pour obtenir à sa fille la place vacante de chef du protocole. Avec l’argent qui coulait à flots dans les caisses de l’État zaïrois, pas dans celles du peuple, il fallait sans cesse organiser de prestigieuses réceptions pour flatter la clique au pouvoir et assurer les intérêts belges dans la région.

— La devise, c’est no limit ! Affréter des jets privés, acheter du caviar à la tonne ou dévaliser les bijouteries place Vendôme, chez nos amis français, rien n’est trop beau !

Hector montra alors à Justine un petit album photo, où le gratin de l’élite zaïroise se pressait aux soirées plus ou moins sélectes, parfois concoctées de façon officieuse, par la personne qu’elle allait remplacer.

— Les mœurs y sont souvent plus libres que chez nous, il ne faudra pas vous offusquer des dérives en tout genre…

L’art de l’euphémisme, cher aux diplomates ! Et quelles dérives ! Mais n’allons pas trop vite en besogne, pour l’heure elle était encore loin de se douter dans quelle aventure elle se lançait. Fière à l’idée de reprendre le flambeau paternel, c’est avec zèle que Justine accepta sur-le-champ la proposition d’Hector. Une semaine passée en compagnie de ses collaborateurs, le temps de la briefer sur le contexte politique au Zaïre, et elle embarquait à l’aéroport international de Zaventem, à Bruxelles. Dans le salon d’honneur réservé aux VIP, il y avait déjà quelques grosses huiles zaïroises, pompes Weston aux pieds, costumes griffés et mallettes en croco. Une fois à bord de l’avion de la Sabena, en first class, elle eut l’impression de vivre un conte de fées moderne. En l’espace de huit jours, sa carrière venait de faire un bond spectaculaire. Fini l’ennui du parlement européen, vive l’Afrique ! Quand l’avion décolla, elle éprouva un pincement au cœur à l’idée de revoir ses anciennes copines du collège catholique, où les riches expatriés et les diplomates scolarisaient leurs enfants. De véritables chipies, avec qui elle avait fait les quatre cents coups, à rendre fous les boys et les petites bonnes censés s’occuper d’elles.

 

*

*   *

 

Les formalités accomplies à Ndjili, l’aéroport décrépi de la capitale Kinshasa, entre douaniers soupçonneux et militaires à la recherche de bakchichs, un 4 x 4 de l’ambassade attendait Justine sur le parking. Un chauffeur et un garde du corps belge la conduisirent à la Gombe, le quartier chic des ambassades et centre des affaires. Partout sur les murs des immeubles rongés par l’humidité, des affiches de propagande politique, avec en ce mois d’avril 90 le lancement du multipartisme, à l’instigation du maréchal Mobutu, qui commençait à vaciller sur son trône. Elle ne reconnaissait pas les rues jonchées d’ordures, les rares voitures délabrées, les magasins aux vitrines protégées par des grilles en fer pour éviter les pilleurs, une impression de déclin accentuée par l’omniprésence de soldats aux carrefours et sur les trottoirs. La carte postale de son enfance s’était fanée, il ne restait plus qu’une énorme mégapole en train de sombrer dans le chaos. Elle réalisa alors que sa mission n’allait pas être une sinécure.

Deux gardes noirs armés de matraques surveillaient la parcelle où logeait une partie du personnel de l’ambassade, en bordure du fleuve Zaïre, avec en face le voisin congolais de Brazzaville. Justine découvrit trois petites villas de style colonial, blanches, cernées par de hauts murs ornés de pics métalliques et des tessons de verre pour empêcher toute intrusion. Une piscine occupait une partie du jardin ombragé. Le garde du corps affecté à son service, Freddy, en poste à Kin depuis deux ans, lui mit les points sur les « i » dès le départ.

— Ne sortez jamais seule, les rues ne sont pas sûres pour une femme blanche !

Il tint à la doter d’une petite bombe lacrymogène, à garder en permanence dans son sac à main.

— À partir d’aujourd’hui, je suis votre ange gardien.

Il lui serra la main pour lui faire comprendre le message. Grand et bien bâti, la minceur d’un coureur de marathon, Freddy avait néanmoins une poigne d’acier. Il la laissa aux mains de Muana, sa petite bonne attitrée aux côtés d’une cuisinière. De taille moyenne, vêtue à l’occidentale d’une jupe en jean recouverte d’un pagne pour raison d’authenticité locale décrétée par le Maréchal, elle arborait de longues tresses fines et des petits seins pointus sous un t-shirt blanc. Elle s’inclina devant Justine et esquissa un sourire timide. Sa peau noire et cuivrée indiquait son origine du Bas Zaïre. De l’entendre parler avec l’accent belge lui rappelait ses copines de l’époque.

— Bienvenue parmi nous !

Elle lui fit visiter la villa, à l’ameublement années soixante-dix, avec un vieux poste de télé et une chaîne hi-fi avec des fils qui couraient le long des plinthes. La fenêtre de la chambre ouvrait sur la cour commune, une moustiquaire trouée protégeait un grand lit en bois.

— Je vous ai préparé un bain !

À peine le temps de boire un verre d’eau tirée d’une bouteille capsulée dans le frigo dont le moteur ronronnait autant que l’appareil d’air conditionné, Justine était déjà prise en main. Elle avait une heure devant elle avant de se présenter à l’ambassade, juste à côté, sur l’avenue du Colonel-Lukusa. Flapie par la moiteur ambiante et le vol de nuit, elle se déshabilla dans sa chambre. La salle d’eau était attenante, un simple rideau de perles marquait la séparation entre les deux pièces. Outre un lavabo et son miroir, il y avait une antique baignoire en cuivre, un tub à l’anglaise, qui reposait sur le carrelage blanc grâce à des pieds en fer forgé. Elle trempa sa main dans l’eau, satisfaite par la température presque fraîche, idéale pour se refaire une santé. Alors qu’elle allait enjamber le rebord, le cliquetis des perles en bois dans son dos attira son attention. Elle n’eut pas le temps de masquer sa nudité, Muana se tenait sur le seuil, à poil elle aussi. Il y eut un instant de flottement de la part de Justine, ses yeux fixés sur les petits seins pointus braqués dans sa direction, avec des tétines épaisses qui contrastaient avec leur forme d’obus, puis son regard fut attiré par le buisson crépu qui lui couvrait la chatte.

Tout un flot de souvenirs remonta soudain en elle, au temps des premiers émois de l’adolescence, avec les copines qui comparaient la taille de leurs nichons et les premiers signes de féminité en train de pousser entre les cuisses. À l’époque, Justine était déjà fascinée et intriguée par la précocité des Noires, qui avaient une suprématie sur elle et ses copines expatriées, pauvres petites filles blanches.

— Oh ! Excusez-moi ! Il fallait m’attendre, je suis là pour vous aider !

Confuse, Justine lui dit qu’elle n’avait pas besoin d’elle, qu’elle pouvait se débrouiller toute seule. Muana fronça les sourcils, déçue, et un début de panique se lut sur ses traits fins.

— Mais… vous n’allez pas me renvoyer ? Je sais faire beaucoup de choses ! J’ai besoin de ce travail pour aider ma famille !

Embarrassée par sa nudité, Justine ne chercha pas à discuter, préférant se glisser dans l’eau pour calmer la situation. Muana s’empressa de la prendre par le bras pour l’empêcher de déraper, ravie de se rendre utile.

— Votre prédécesseur exigeait que je le lave matin et soir !

Justine comprit que les plaisirs de la vie africaine pour les expatriés n’avaient pas de limite. Après tout, elle avait bien le droit d’être choyée, se demandant si son père avait profité de ce genre de privautés. Muana trempa une grosse éponge naturelle dans l’eau et l’imprégna de savon liquide. Le dos calé, les bras posés sur les rebords, Justine ne dit rien quand elle la rejoignit dans le bain. Agenouillée en face d’elle, Muana commença par nettoyer sa figure avec application, le petit bout de sa langue rose coincée entre ses dents blanches. C’était bon de se sentir chouchoutée, comme dans un institut de beauté. Sauf qu’une femme se tenait nue entre ses jambes, avec ses nichons qui touchaient les siens, plus gros et bien ronds, quand elle frottait l’éponge sur ses joues. Après lui avoir rincé la figure, Muana s’attela justement à ses seins.

— Hou ! Ce qu’ils sont gros ! Les miens n’ont pas poussé, les garçons se moquent de moi !

Justine la complimenta, lui disant que cela n’avait pas d’importance, sachant pourtant qu’en Afrique les hommes préféraient les femmes bien en chair. Muana aurait de la chance si un Blanc s’intéressait à elle. Tout de suite, à la façon dont elle lui étalait la mousse sur les mamelons, Justine devina son attirance pour ses nichons blancs. Elle les cajolait avec trop d’insistance, semblait ravie de voir les pointes grossir à son corps défendant. Justine n’osait pas l’interrompre, de peur de la contrarier, tant il était clair qu’elle voulait simplement bien faire. Avec sa bouche charnue, aux lèvres épaisses et roses, elle soufflait pour faire voleter les bulles de mousse, ce qui chatouillait Justine. Celle-ci commençait à éprouver de légers picotements agréables entre les cuisses, et elle ferma les yeux pour ne plus voir les petits seins qui ne la laissaient pas indifférente. Les souvenirs des attouchements avec les copines de classe remontaient en elle, elle n’avait jamais retrouvé ce genre de plaisir en Belgique.

Lorsque Muana plongea la main sous l’eau pour aborder son ventre, elle lui dit qu’elle allait se débrouiller toute seule. Pour un premier contact, il n’était pas question de dépasser la limite. Avant que la bonne ne se mette à pleurnicher, Justine fut sauvée par la voix de Freddy qui lui rappelait son rendez-vous à l’ambassade. Toujours aussi empressée, Muana jaillit hors de la baignoire, éclaboussant le carrelage.

— Je vais préparer vos habits !

Son prédécesseur l’avait bien dressée. Justine finit sa toilette et la chassa pour s’habiller en toute tranquillité.

 

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