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Résumé

Gaëlle venait d’avoir dix-huit ans lorsque sa mère la contraignit, après des études ratées, à prendre un travail pour assurer sa subsistance. Voilà comment elle se retrouva hôtesse de caisse dans une grande surface de province. Ce fut l’occasion pour elle de se frotter au monde du travail… et à la peau de ses collègues (des deux sexes). Car très vite elle allait découvrir un univers parallèle où chacun utilisait ses occupations professionnelles pour vivre intensément ses fantasmes les plus pervers.
A la recherche de «?territoires inconnus?» de la sexualité, Gaëlle fit la connaissance d’un écrivain qui la persuada de raconter son «?initiation?». C’est ainsi qu’elle découvrit une nouvelle façon de s’exhiber?: dévoiler au public ses «?secrets les plus intimes?».

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CHAPITRE I

Il faisait encore nuit quand je suis arrivée sur le parking du centre commercial. Il n’y avait que deux voitures en stationnement, dont une grosse BMW. Je me suis garée en retrait, près d’un bosquet. Le magasin ouvrait à huit heures et demie. J’étais très en avance, mais je venais d’être embauchée comme « hôtesse de caisse », et j’étais tenue de me trouver à mon poste plus tôt que les caissières, pour installer la marchandise. Je devais aussi remplir les rayons. C’est ce que m’avait dit le directeur du personnel, Cyril W., quand je m’étais présentée.

Le grand complexe commercial avait surgi du sol trois ans auparavant. Pour le moment, tout était désert. J’avais tout le temps d’observer le bâtiment, de le voir s’éveiller, de regarder les gens arriver. Moi, je ne serais qu’un rouage sans importance.

Avais-je eu tort de prendre ce travail ? Je demeurerais sans doute au bas de l’échelle, mais je n’avais aucun regret. J’avais toujours voulu être libre. J’étais prête à me contenter d’un peu d’argent pour vivre, d’un endroit où dormir. J’avais des plaisirs simples. J’aimais rester à distance, pour contempler le monde.

J’avais envie de me poser, avant d’entrer dans le jeu. Mon esprit vagabondait. Assise sur mon scooter, je repensais aux moments que j’avais passés avec Mathieu, mon petit copain, la veille au soir. Il était venu à la maison. J’avais le sentiment qu’une page de ma vie se terminait : un an et demi passé à glander. J’étais habitée par l’angoisse. Nous nous sommes dit adieu.

Cette journée devait, pour lui comme pour moi, sans que rien n’ait été calculé d’avance, marquer un nouveau départ. Au moment où je démarrais mon scooter, Mathieu prenait le train pour Angers.

Je suis descendue du scooter, j’ai fermé l’antivol autour d’une roue. J’ai attrapé ma sacoche qui contenait un peu d’argent, mes papiers, puis j’ai glissé mon casque à mon coude. Je me suis dirigée vers la porte de métal réservée au personnel, à côté de la cafétéria. L’opacité de la nuit commençait à se dissoudre. Tout en traversant le parking dans la fraîcheur du matin, je repassais dans ma tête ce que m’avait dit le directeur lors de l’entrevue. Je m’étais rendue au magasin un lundi après-midi, et présentée à une des caisses. Une grande fille brune, avec un chignon, m’avait aiguillée vers un vigile. Un type tout jeune, massif, avec des cheveux coupés en brosse, qui se donnait des airs de dur, et essayait de dissimuler sous son pull-over une énorme bedaine. J’ai réprimé un sourire en l’imaginant en train de courir après un adolescent en fuite qui aurait volé une tablette de chewing-gum.

Pendant que je lui expliquais pourquoi j’étais là, il m’examinait des pieds à la tête. A sa façon de me déshabiller du regard, j’ai senti que ce n’était pas seulement par réflexe professionnel. J’ai cru qu’il allait me fouiller au corps mais, heureusement, après m’avoir bien matée, il m’a fait signe de le suivre. Il a pris une allée, puis une volée de marches qui conduisait à un étage. Une coursive longeait des bureaux vitrés, qui donnaient sur le magasin.

Il s’est arrêté sur le seuil de l’un d’entre eux. Un petit homme moustachu pianotait avec fébrilité sur le clavier d’un ordinateur.

— Monsieur, a-t-il dit avec une nuance de respect qui m’a surprise, cette jeune fille demande à vous voir.

L’homme a levé les yeux vers moi. Il devait être myope. Après m’avoir lorgnée sans la moindre gêne, il a esquissé un sourire.

— Entrez, mademoiselle.

Il s’est dressé. Je ne suis pas très grande – un mètre soixante-cinq – mais je le dépassais de quelques centimètres. Il était sec, musclé, avec une main ferme. Pourtant, il y avait en lui je ne sais quoi de malsain, de vicieux, qui sautait aux yeux.

Le vigile nous a laissés seuls. Le directeur du personnel s’est de nouveau installé derrière la table. On voyait que c’était lui le chef. Il était à l’aise dans ses fonctions, et dans son bureau.

Il s’est mis à pérorer.

— Je connais bien votre mère…

Il a eu un petit sourire qui m’a intriguée… Qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Pas que… Ma mère était une belle femme. Je savais qu’elle avait eu des relations avec plusieurs hommes depuis son divorce. Elle les amenait rarement à la maison. Mais je la voyais mal avec ce type. Un instant, je les ai imaginés enlacés, j’ai trouvé ça ridicule.

— Elle m’a demandé de vous donner du travail, poursuivit-il. Ça tombe au bon moment. Plusieurs de nos hôtesses de caisse sont actuellement en congé de maternité. Les femmes ont toujours besoin de tomber enceintes…

Il suffisait de le regarder pour deviner qu’il avait pour les femmes un profond mépris. Le regard gluant qu’il fixait sur moi en disait long : j’étais un objet. Est-ce que tous les hommes qui travaillaient dans cet hypermarché étaient comme lui ?

— Je vous prends à l’essai pour une période de trois mois… Si vous donnez satisfaction, on trouvera bien le moyen de vous garder.

Et il m’expliqua le fonctionnement du magasin. Les hôtesses « tournaient » par périodes de six heures, de neuf heures à vingt heures, mais il pouvait y avoir des heures supplémentaires. J’aurais une certaine latitude de choix, à condition de m’entendre avec les autres. Le lundi, les hôtesses qui avaient pour tâche de remplir les rayons, devaient arriver plus tôt. Les employés devaient être ponctuels, se montrer aimables envers les clients.

— Ici, nous insistons beaucoup sur l’accueil, ainsi que sur la présentation, ajouta le directeur. Ah ! Pendant que j’y pense… Il me faut un certificat médical disant que vous êtes apte. Vous pouvez être amenée à déplacer des packs d’eau, par exemple…

Je ne m’attendais pas à ça. Le directeur, qui ne m’avait pas quittée des yeux, vit que je m’étais renfrognée à l’idée de passer une visite médicale.

— Ecoutez, ce n’est peut-être pas indispensable. Je vais vous examiner moi-même.

Je l’ai regardée, interdite. Où voulait-il en venir ? Il a lu dans mes pensées, il a dit aussitôt :

— Rassurez-vous, je n’ai pas de mauvaises intentions… Je dois simplement faire un rapport d’engagement. Je veux palper votre dos, m’assurer qu’il est en bon état. J’ai été kinésithérapeute dix ans avant de me reconvertir. Regardez, voici mon diplôme…

Il a désigné le mur. Il y avait, en effet, un diplôme officiel attestant qu’un certain Cyril W. avait des compétences en kinésithérapie.

Pas très rassurée, je l’ai suivi dans une pièce adjacente, plongée dans une semi-pénombre à cause des stores baissés. Elle n’était pas vitrée, il y régnait un désordre incroyable. Il y avait des étagères métalliques, des tables chargées de cartons, et dans un coin, un lit de camp que le directeur m’a désigné.

— Soulevez votre pull, allongez-vous là.

J’ai obéi. Ses mains se sont posées en haut de mes épaules. Elles étaient étonnamment douces.

— Voyons un peu… Vous êtes contractée… Je sens vos muscles tendus. Vous avez peur de ne pas avoir le poste ? Détendez-vous. Ne vous en faites pas… Ce n’est que pure formalité…

Il a appuyé sur mes omoplates, puis sur ma nuque. Je me suis décrispée. Ses doigts sont descendus le long de ma colonne vertébrale, très lentement. Ça m’a donné une sorte de long frisson.

— Vous êtes solide…

Sur le moment, je n’ai pas fait attention au petit bruit.

— Mais vous avez les séquelles d’une scoliose…

J’ai été surprise et admirative. Il ne mentait pas. Aussi, je ne me suis pas méfiée quand il a défait d’un geste assuré l’agrafe de mon soutien-gorge.

— Redressez-vous sur les coudes.

J’ai eu un instant d’hésitation. Il s’en est aperçu.

— Je veux sentir les muscles qui partent de votre poitrine et s’accrochent dans votre dos. C’est par là que se produisent les déchirures.

Tout paraissait tellement logique dans ce qu’il disait. Je me laissais porter par ses phrases. Je dérivais… C’est moi qui ai baissé le soutien-gorge. Les bonnets sont tombés sur la couverture rugueuse… Mes seins pendaient, plus rien ne les soutenait, et ils étaient gros.

Il s’est attardé sur mes tétons. Il les frottait du gras du pouce. Je me trouvais dans un état étrange, comme si j’avais pris un relaxant, alors que je n’avais absorbé aucun anxiolytique avant de venir. Je m’assoupissais, m’engourdissais. C’étaient ses mains, ses gestes, qui me faisaient cet effet. Pour la première fois, les tensions qui m’habitaient depuis des mois me quittaient. J’ai fermé les yeux. Je devenais une poupée de chiffon, molle, incapable de bouger. La voix du directeur me parvenait de très loin…

— Je vais examiner le bas de votre dos… c’est là, le plus souvent, que se produisent les déchirures musculaires… un mauvais mouvement pour attraper un pack d’eau, par exemple… dans une journée, une hôtesse déplace des kilos de marchandises… je vous donnerai une brochure que nous avons éditée… qui contient des conseils précieux…

J’avais fermé les yeux. Une petite voix en moi criait : « Ne le laisse pas faire… » Mais cette petite voix, de plus en plus faible, a fini par s’éteindre. Le directeur a pris mon pantalon par l’élastique de la taille, l’a baissé à mes chevilles. Ma culotte en coton a suivi le même chemin…

Il a posé ses mains au creux de mes reins. Elles étaient extraordinairement douces et habiles, mais à ce moment précis, ce qui m’a fait réagir, c’est la chaleur qui émanait d’elles et qui s’est communiquée à mon ventre. J’ai failli lui dire qu’il les laisse là, et ne les bouge plus, mais quand il est descendu plus bas, la chaleur s’est propagée. Il a plaqué ses mains sur mes hanches, les a descendues le long de mes cuisses, de mes jambes. J’avais comme une boule dure dans mon ventre, alors que j’étais détendue, que je m’abandonnais à ses palpations…

Il n’a plus donné d’explications. En silence, les paumes bien à plat, il remontait le long de mes mollets, se glissait à l’intérieur de mes cuisses. Je flottais dans une semi-inconscience. Je me laissais porter par mes sensations. Quand il a effleuré mes fesses du bout des doigts, qu’aurait-il pu bien dire pour se justifier ? Mais je n’avais aucune envie de protester. Dans l’état où il m’avait mise, il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. J’attendais obscurément qu’il dénoue la tension accumulée dans mon ventre.

Il a si bien su me détendre, me mettre en condition d’accepter tout de lui qu’il n’a pas eu besoin d’insistance ou de persuasion pour toucher aux zones les plus érogènes. Toute volonté, tout esprit critique en moi étaient annihilés. Je me sentais tellement bien que j’aurais voulu que ça dure indéfiniment…

Une excitation douce, venant de mon ventre, commençait à troubler la torpeur qui m’enveloppait : ses doigts exploraient mon sillon fessier. Aucun garçon ne m’avait encore fait ça, et je ne sais pas si je l’aurais permis. Mais avec lui, tout passait. Je découvrais, dans cette longue caresse, que cette partie honteuse était très sensible… Je suivais le tracé de ses doigts, j’anticipais la direction qu’ils allaient prendre.

Il est d’abord remonté vers la naissance de la fente qui sépare mes fesses, marquée par une minuscule touffe de poils très fins, puis, pressant son pouce plus fort, il a glissé le long du sillon en m’ouvrant. J’avais l’impression d’être fendue en deux. Il s’est immobilisé comme s’il attendait de moi un signe, un mouvement qui l’autorise à aller plus loin. Comme si tout était suspendu à ma volonté…

C’est mon corps qui a répondu pour moi : le soupir qui s’est échappé de ma poitrine, le frémissement de ma peau. Un glissement sur son index fureteur. L’homme a trouvé ma fente.

Le premier effleurement a été très léger, mais ça a suffi pour que l’onde s’étende. Il tournait le bout de son doigt autour de mon sexe, puis le passait le long de ma fente. Il m’a massée longtemps, sans me pénétrer, se contentant de serrer entre deux doigts mes petites lèvres, puis de les laisser s’écarter.

Je n’étais plus qu’un sexe avide qui n’attendait qu’une chose : se refermer sur ces doigts, les absorber comme une plante carnivore au contact d’une chair vivante.

Plus tard, j’ai repensé à cette première expérience qui fut un extraordinaire amas de sensations, demeuré intact dans mon souvenir malgré tout ce que j’ai pu vivre par la suite.

Il a couvert, enveloppé de sa main ma chatte renflée, puis enfoncé deux doigts dans mon orifice, ce qui a produit un bruit liquide. Toujours très doucement, il faisait aller et venir ses doigts comme s’il voulait prendre les dimensions de mon vagin. J’ai eu à ce moment une pensée ridicule qui m’a fait partir d’un rire nerveux : voulait-il vérifier si là aussi, je ne risquais pas de déchirures musculaires consécutives à un faux mouvement ?

Il a attendu que je me calme, puis il a repris son mouvement de va-et-vient. Une onde m’envahissait, parcourait mon ventre. J’ai été envahie par une intense chaleur… happée, broyée, emportée… Quand je suis revenue à moi quelques instants plus tard, j’ai vu, dans le miroir qui me faisait face, une main qui comprimait une bite d’où jaillissait un flot de sécrétions blanchâtres.

J’ai tourné mon regard vers l’homme, les traits de son visage étaient tout déformés. Appuyé contre le mur, il reprenait ses esprits. Moi, je n’avais pas bougé de la table, j’étais à moitié nue, je me sentais étrangement bien. Je n’étais plus la même qu’au moment où j’étais entrée, l’employée apeurée, et lui, je ne le voyais plus de la même façon, c’est-à-dire comme un patron autoritaire qui pouvait me renvoyer pour un oui ou pour un non. Ce moment de complicité m’a laissée mal à l’aise, par la suite, chaque fois que j’avais l’occasion de le croiser.

Il a repris contenance, s’est raclé la gorge, et, d’une voix mal assurée, m’a lancé :

— Bien, l’examen est terminé. Vous ferez l’affaire. Je vous conseille seulement de perdre un ou deux kilos. Vous vous sentirez mieux.

 

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