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Résumé

Petite manucure, Vanessa jette son dévolu sur le rejeton d’une riche bourgeoise bordelaise, une veuve de quarante ans encore très croquignolette. Et qui a le goût de l’éducation anglaise, figurez-vous ! À son fils, elle donne encore la fessée ! Et ce n’est pas tout, elle s’amuse parfois à l’habiller en fille. Si bien qu’il a pris de mauvaises habitudes. Et que Vanessa, à son tour, est obligée de se montrer très « méchante » avec lui pour le garder sous sa coupe. Mais Barbara, la maman sévère, n’est pas du genre à se laisser souffler son jouet préféré. Elle accepte de le « fiancer » à Vanessa à condition que celle-ci devienne aussi sa « poupée ». Une poupée qui fait pipi, qui crie quand on lui donne la fessée, et qu’on prête à ses amis ! Quant à la nuit de noces, n’en parlons pas !

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Les fantasmes d’une manucure

Le matin, j’arrivais toujours la première. Le salon de coiffure était situé dans l’une des rues les plus commerçantes de Bordeaux, non loin de la préfecture. Je commençais par balayer les cheveux répandus sur le sol et par remettre de l’ordre avant l’arrivée de Marie-Pierre, la coiffeuse. Elle était la nièce de la patronne, Mme T., et à ce titre, bénéficiait d’un régime de faveur.

Mme T., une brave femme dans la cinquantaine, passait le plus clair de son temps à bavarder avec les clientes. Elle se reposait sur le travail de Marie-Pierre et sur le mien, ses « petites », comme elle disait. Marie-Pierre était la plus jeune. Elle préparait son brevet de coiffure. Moi, je venais d’avoir vingt ans ; je m’occupais des manucures et des soins des pieds. Nous nous entendions bien, Marie-Pierre et moi ; Mme T. avait du mal à garder son sérieux lorsqu’un fou rire nous prenait.

Quand une cliente ne désirait pas que je lui soigne les ongles, j’aidais la coiffeuse pour les shampoings et les couleurs. Mme T. papillonnait autour de nous, avec des gestes théâtraux, le peigne à la main, rectifiant çà et là le travail des « petites ». Les clientes étaient des habituées, la plupart employées à la préfecture toute proche ; elles « faisaient le mur » pour venir chez nous.

L’ambiance au salon devenait pesante les « jours » de Mme de G. La veuve, propriétaire de vignobles classés, avait besoin d’une mise en plis le lundi et le samedi, avant de se rendre à sa banque. Nous détestions ses airs hautains, mais c’était une bonne cliente et la patronne la recevait avec des politesses exagérées. Je détestais la grande dame en question et sa façon de me tendre la main, sans un regard, pour que je lui lime les ongles. Je me tenais sur un tabouret bas, à ses pieds ; elle trônait dans le fauteuil, comme une princesse. Elle ne daignait pas nous adresser la parole, à Marie-Pierre et à moi. Il n’y en avait que pour Mme T., qui lui distillait des compliments d’une voix sucrée, en surveillant notre travail. Nous nous appliquions en silence, car la veuve laissait toujours de gros pourboires.

Barbara de G. avait plus de trente-cinq ans et moins de quarante. Elle aurait été très belle sans l’air revêche qui la vieillissait. Elle avait un regard fascinant à cause du bleu intense de ses yeux. Marie-Pierre affirmait qu’elle mettait des lentilles de contact pour obtenir des nuances turquoise presque irréelles. En tout cas, quand elle était contrariée ou énervée, ses prunelles prenaient une teinte gris métallique.

Depuis la mort de son mari, elle dirigeait d’une main de fer l’exploitation de ses vignobles. Elle venait quelquefois au salon avec son fils Nicolas qui avait le même âge que nous. C’était le type même du fils unique, couvé par une mère possessive ; celle-ci ne se gênait pas pour le traiter en garçonnet de douze ans. J’imaginais la gêne du jeune homme quand sa mère racontait à haute voix devant nous qu’elle se gendarmait pour qu’il range sa chambre, et qu’elle vérifiait chaque matin s’il avait bien fait sa toilette « partout ». Nicolas, humilié, se contentait de protester mollement en rougissant comme une fille.

Marie-Pierre trouvait touchante la fragilité du garçon. Moi, au contraire, je ressentais plutôt une envie malsaine de l’abaisser davantage. Il jouait au tennis et venait souvent en short, ce qui le faisait paraître encore plus jeune. Je le trouvais très beau avec ses traits fins, ses cheveux bouclés, blonds, mi-longs, qui lui donnaient un visage d’ange, et avec ses épaules musclées. Il parlait peu. Mme de G. demandait toujours pour lui une coupe pas trop courte. Et elle précisait :

— Que ça fasse bien propre, surtout !

Nicolas s’installait dans le fauteuil en skaï rouge, la tête basse, gêné par nos regards. Quelques coups de pédale énergiques le hissaient à la bonne hauteur. Marie-Pierre le recouvrait d’un peignoir en nylon, sans manches, du même bleu que nos blouses. Sous le regard scrutateur de la mère, elle refermait un papier crépon élastique autour du cou du jeune homme. Lui se laissait faire en silence ; Marie-Pierre laissait exprès traîner les doigts sur sa nuque, pour le troubler.

Mon regard cherchait celui de Nicolas dans le miroir, mais la coiffeuse lui inclinait la tête d’une main ferme, pour attaquer sa nuque à la tondeuse. Quand les premières boucles blondes tombaient sur ses épaules, je ressentais un trouble étrange. Il se laissait tondre, la tête baissée, comme s’il était puni. On n’entendait plus que le claquement des dents mécaniques dans sa chevelure. J’imaginais le froid du métal sur son cou, et cette sensation provoquait d’agréables frissons au creux de mes reins.

Se sentant observé, Nicolas glissait vers moi un regard soumis, puis rougissait. Pour soigner ses mains, je prenais place sur le tabouret, à droite de son fauteuil. Sa peau était tiède et très douce. Je commençais par lui limer les ongles. Il avait des doigts fins, comme une fille. Tout en travaillant, je frôlais la paume de sa main. De temps en temps, je griffais sa chair tendre du tranchant de l’ongle. Je m’abstenais de lever les yeux vers lui, mais il m’observait dans le miroir ; mes caresses cruelles le troublaient.

Sa mère, qui nous avait oubliés, bavardait avec la patronne. Sa voix aigre de femme du monde passait au-dessus de nos têtes. Mme T. acquiesçait avec des hochements de tête polis. Quand j’avais le garçon « bien en main », j’en profitais pour décoller discrètement mes cuisses. Ma blouse n’était jamais boutonnée jusqu’en bas, exprès. Une sale envie de le provoquer m’envahissait. Ça n’excitait de lui montrer mes genoux et de sentir des tremblements animer ses doigts. Je serrais sa main plus fort, pour lui faire comprendre qu’il avait intérêt à se tenir tranquille.

Tout en m’appliquant, j’écartais davantage les genoux. Le nylon de ma blouse se tendait et remontait lentement. La caresse de l’air sur la peau moite entre mes cuisses me causait des frissons d’énervement. Quand personne ne nous observait, je laissais Nicolas se rincer l’œil. J’essayais d’imaginer l’effet que ça lui faisait, de lorgner en douce l’ombre imprécise de ma culotte. Je devinais la montée de son excitation ; moi, une voluptueuse mollesse me prenait au fond du ventre. À la fin, d’un geste vif, je refermais le compas de mes cuisses.

Après avoir fini de limer ses ongles, je posais un bol d’eau tiède sur la tablette. Le garçon trempait ses doigts dans l’eau savonneuse. En changeant de place, j’en profitais pour lui sourire. Marie-Pierre éclaircissait le dessus de sa tête. Chaque fois que nos regards se croisaient, il piquait un fard.

Un jour, Mme de G., penchée vers ma patronne, lui confia à mi-voix qu’elle était tellement obsédée par l’hygiène qu’elle avait fait circoncire son fils à la naissance.

Nicolas accusa le coup en sursautant, mais n’osa pas protester. La peau de ses cuisses nues se hérissa de chair de poule, mais c’était peut-être à cause de Marie-Pierre qui lui vaporisait de l’eau de Cologne sur les côtés du crâne. La coiffeuse et moi avons échangé un regard amusé.

Ce jour-là, malgré moi, je comprimai les doigts de Nicolas, pour affirmer ma prise. J’éprouvais une sale excitation devant sa surprenante passivité après les paroles humiliantes de sa mère. Sa mollesse me donnait envie d’être méchante. En reprenant le polissage de ses ongles, j’ouvris les jambes. L’air frais caressa mon entrecuisse et me fit prendre conscience que j’avais mouillé ma culotte.

Nicolas venait chaque lundi et chaque samedi avec sa mère. Je ne me souviens pas d’avoir échangé la moindre parole avec lui pendant les soins. Mais chaque fois, je m’arrangeais pour lui montrer un bout de ma culotte dans l’écartèlement de mes cuisses. Tout en travaillant, je laissais vagabonder mon esprit. C’est fou ce que je pouvais rêvasser pendant un soin des mains, surtout quand je n’étais pas obligée de faire la conversation au client. Le travail minutieux et répétitif favorisait mes fantasmes.

De ce jour, je me mis à penser au sexe de Nicolas, décalotté dans son slip, à son gland gonflé, à ses chairs sensibles frottant contre l’étoffe rêche. Ces images provoquaient des bouffées chaudes au fond de mon ventre ; je les intensifiais encore en crispant mes cuisses l’une contre l’autre. C’était si bon que je devais parfois me mordre les lèvres. Je restais figée, la lime en l’air, essayant de contenir la montée de mon excitation, jusqu’à ce que Mme T. me rappelle à l’ordre.

Je me remettais à l’ouvrage, guettant l’instant où la conversation reprendrait entre la patronne et la mère du garçon. Dès qu’on ne s’occupait plus de moi, je décroisais les jambes. J’avais la sensation affolante de ma culotte mouillée sur ma fente entrouverte ; ça m’arrivait chaque fois que j’avais des pensées cochonnes. Ce n’était pas désagréable, loin de là. J’aimais me sentir humide, juste à cet endroit, même quand il me fallait me concentrer sur une autre tâche.

Lorsque j’avais fini de limer les ongles, je devais repousser les cuticules avec un bâtonnet de buis imbibé d’eau émolliente, et couper les petites peaux. C’était une opération délicate. Le moindre geste maladroit risquait de faire saigner. J’avais l’habitude de manier une minuscule pince effilée que l’on nommait « pince à envies ». Les « envies » sont les petites peaux qui saillent sur le pourtour de l’ongle. Quand je soignais les mains d’une femme du monde, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ses doigts élégants dans l’exercice de fonctions inavouables. L’ongle laqué de la belle dame, avant de s’abandonner à mes soins, ne lui avait-il pas gratté la raie du cul ? Ou pire, dans les embouteillages, ne s’était-elle pas curé le nez en se regardant dans le rétroviseur ?

En tant que manucure, je connaissais le langage des mains. Je pouvais imaginer au premier coup d’œil, à la façon dont ses doigts bougeaient, comment une cliente se caressait. Je voyais, comme si j’y étais, le mouvement gracieux de l’index allant et venant entre les lèvres de la vulve et s’enfonçant davantage à chaque passage, jusqu’à disparaître dans l’entaille mouillée. Je devinais le mouvement circulaire du bout du doigt sur le bouton, plus ou moins appuyé, pour doser la montée de la jouissance. On n’imagine pas à quel point les doigts trahissent les pratiques solitaires des femmes sensuelles. Les envies (celles que l’on coupait), étaient aussi celles que l’on n’avait pas osé assouvir, et que l’on calmait en rongeant les peaux avec nervosité, pour se punir.

Nicolas avait-il l’habitude de se branler ? Dominé par sa mère comme il l’était, la masturbation était, à mon avis, son unique pratique sexuelle. Il avait des mains élégantes et douces de pianiste ou d’accoucheur. Les hommes qui possédaient de telles mains étaient-ils pourvus d’un pénis longiligne ? Je n’avais pas encore assez d’expérience pour tirer des conclusions certaines de mes observations. Je savais simplement que Nicolas avait le sexe décalotté en permanence parce que sa mère l’avait décidé. Elle considérait la pine de son fils comme sa propriété, et s’arrogeait le droit d’en parler à qui voulait l’entendre. Peut-être était-elle aussi capable de la montrer !

Et lui, qui ne quittait jamais son attitude soumise, puisait-il du plaisir dans la honte ? Il devait bander sous la protection de l’ample peignoir de nylon qui le couvrait jusqu’aux genoux. Je laissais mon esprit divaguer. Tout en travaillant, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer un dialogue cochon entre ma patronne et la mère du garçon :

— Je vous assure, madame T…. ce petit vicieux est en train de bander.

— Non ?

— Je vous assure. Si c’est pas une honte !

Mme de G. relevait la blouse de coiffure, comme on trousse la jupe d’une fille :

— Vous ne sentez rien ?

Mme T. reniflait.

— Non, pas vraiment…

Nicolas serrait les cuisses, cramoisi, mais passif. Sa mère lui donnait une tape agacée sur la rondeur du genou pour le forcer à s’ouvrir. Il était toujours en short ; c’était facile de vérifier. Elle passait la main dans l’échancrure, au bord de la cuisse, et n’avait aucun mal à tâter les couilles et la pine. Elle ressortait ses doigts et les portait à ses narines pour les respirer.

— Cela sent le sale petit vicieux !

Quand Marie-Pierre avait fini de couper les cheveux de Nicolas, elle secouait les mèches accrochées au peignoir. Le bruit de la brosse qui crissait sur le nylon me faisait sursauter et mettait un terme à mes rêveries.

Nicolas paraissait encore plus jeune avec ses cheveux courts. Sa mère était satisfaite. Moi aussi, j’en avais presque terminé avec lui. Il ne me restait plus qu’à lui passer une crème hydratante. Son poignet était d’une lourde mollesse. Je sentais sa main trembler. De la pulpe du pouce, j’en lissais la grosse veine bleue, avec des mouvements appuyés de bas en haut. Comme si je l’avais branlé.

Souvent, je l’ai dit, sa passivité m’inspirait, à moi aussi, des envies de cruauté. J’enfonçais les ongles dans sa peau tendre, en prenant garde de ne pas le marquer. C’était juste pour le dominer, mais je devais lutter contre le désir envahissant de le pincer jusqu’aux larmes. Je guettais son regard soumis dans le miroir. Pour le provoquer davantage, je massais ses doigts, l’un après l’autre, d’un mouvement suggestif de branlette. Je donnais toujours un coup de griffe avant de passer au doigt suivant.

Le rituel ne durait pas longtemps, une minute à peine, mais c’était bien suffisant pour que je trempe mon slip. Heureusement, personne ne s’en rendait compte. Pas même Marie-Pierre qui, après un dernier coup de brosse dans le cou du garçon, lui retirait sa cape. Elle balayait les cheveux épars sur le carrelage pendant que la patronne raccompagnait Mme de G. à la caisse. Nicolas avait les jambes ankylosées. Je devinais que sa démarche était gênée parce qu’il bandait dur dans son short.

Mme T. me laissait toujours partir la première quand elle n’avait plus besoin de moi, en fin de journée. J’avais une demi-heure de route avant d’arriver à Blaye, où j’habitais. Mes parents avaient disparu dans un accident de voiture quand j’étais encore toute petite. Je m’étais retrouvée seule dans la vie, ballottée de foyers en familles d’accueil. J’étais une enfant douée pour les études mais, très vite, j’avais dû apprendre un métier. Mme T. m’avait prise en apprentissage. Le petit salaire que je recevais à l’époque me permettait de me débrouiller.

C’est grâce à ma patronne que j’avais pu dénicher mon studio, non loin de Blaye, en pleine campagne. Une vieille dame de ses amies me le louait pour une bouchée de pain, en échange de ma présence rassurante et des quelques courses que je faisais pour elle. J’aimais beaucoup vivre à la campagne.

Dès que j’arrivais chez moi, j’ouvrais grands mes volets pour laisser entrer les odeurs d’herbes sèches qui brûlaient alentour. La vieille dame élevait des poules et cultivait des légumes. Il y avait toujours de la soupe, des œufs ou un pot-au-feu pour moi. C’était bon de retrouver la pleine nature, à quelques minutes du centre de Bordeaux. La vieille dame guettait mon retour. J’étais la seule personne à qui elle parlait. Elle m’accueillait dans sa cuisine, qui sentait la soupe de légumes et le feu de bois. Elle vivait avec ses souvenirs, entourée de photos jaunies de militaires à moustache en guidon de vélo et de petites filles modèles en robe de dentelle.

 

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