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Résumé

Delphine, jeune femme libérée de retour dans sa Normandie natale, épouse un homme fortuné et croit son bonheur établi. Mais son mari se révèle un si piètre amant qu’elle est contrainte de chercher ailleurs la jouissance qu’il lui refuse. De rencontres fortuites en retrouvailles avec Julie, une ancienne copine adepte du triolisme, elle explore les ressources érotiques cachées d’un coin de campagne apparemment bien-pensant…

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Chapitre premier

Lorsque le téléphone sonna, Delphine taillait une pipe à Régis. Leur rencontre datait de la semaine précédente. Çe n’était pas le coup du siècle, mais il pouvait lui être utile et elle tenait à lui faire plaisir. Elle s’appliquait donc à le faire entrer loin dans sa gorge en guettant sur son visage les signes de son plaisir. Malheureusement, il était du genre impassible.

Au moment où le répondeur se mit en marche, elle tendit l’oreille.

— Vous êtes priée de contacter en urgence le centre hospitalier de Falaise au sujet de vos parents…

Il y avait un bout de temps qu’elle ne les avait pas vus. Une énième brouille à cause de sa manière de vivre qui ne leur plaisait pas. À la suite de son installation à Paris, dix ans auparavant, leurs relations avaient constamment navigué de fâcheries en raccommodements. Mais elle était leur seule fille et elle les aimait. Elle abandonna Régis pour se précipiter sur le combiné.

Une voix impersonnelle lui dit que c’était grave. Très grave. Un accident d’automobile provoqué par un chauffard qui n’avait pas respecté un stop. Son père et sa mère se trouvaient en salle d’opération et les médecins réservaient leur diagnostic. On ne pouvait pas en dire plus.

Une demi-heure plus tard, elle fonçait sur l’autoroute de l’Ouest. Direction la Normandie.

Au petit matin, le chirurgien lui apprit qu’ils n’avaient pas supporté l’intervention. Tous les deux étaient décédés sans avoir repris conscience. Une infirmière lui conseilla de ne pas rester seule. D’appeler quelqu’un de proche. Depuis qu’elle avait quitté la région, elle ne connaissait plus personne susceptible de lui rendre un tel service. D’ailleurs, elle n’aurait pas supporté une présence en cet instant.

Dans la lumière blafarde de l’aube, elle constata que Boudonville n’avait pas changé. Un village perdu au milieu du bocage, sans cachet particulier et refermé sur lui-même. La boulangerie venait d’ouvrir mais l’épicerie-buvette état encore fermée. C’était dans ce bled qu’elle avait été élevée, et elle l’avait fui dès qu’elle l’avait pu.

La maison de ses parents n’avait pas changé non plus. Sa chambre était comme la dernière fois qu’elle y avait dormi trois ans plus tôt. Elle se jeta sur le lit en se demandant pourquoi elle ne ressentait rien. Pourquoi elle ne pleurait pas. Puis elle sombra dans le sommeil. Le matin au réveil, elle avait le visage baigné de larmes et le souvenir confus de rêves pénibles.

Les jours suivants furent occupés par toutes sortes de démarches. Le curé et un voisin, vieil ami de son père, l’aidèrent de leur mieux à se dépatouiller avec les formalités administratives.

Pratiquement tout le village s’était rassemblé à l’enterrement. Pour la circonstance, les vieilles chipies qui avaient empoisonné son adolescence la serrèrent dans leurs bras en pleurant comme des madeleines. De loin, elle aperçut Bertrand, Daniel, Foulque, d’autres copains d’école.

Quelques jours plus tard, le notaire la convoqua. Comme elle le savait, elle était la seule héritière. Mais il lui apprit qu’outre le pavillon, ses parents possédaient quelques terrains et un petit portefeuille d’actions. Ce qu’elle ne soupçonnait même pas. Pas de quoi faire des folies, mais un pactole suffisant pour vivre deux ou trois ans. Le temps de voir venir.

Cette manne inespérée lui donna à réfléchir.

Après tout, rien ne l’attachait à Paris. Elle y végétait à coups de petits boulots minables, de séances photo payées avec un lance-pierre, quand on les lui payait, et de combines foireuses. Sa vie était une course perpétuelle après le fric, des compromissions en veux-tu en voilà, des coucheries à droite à gauche dans l’espoir d’obtenir un job de quelques semaines.

Ses rêves de réussite comme mannequin s’étaient envolés depuis longtemps. Elle n’avait plus d’illusions. Dernièrement, avec Julie, sa meilleure amie, elles avaient même failli tourner dans un film porno pour boucler une fin de mois difficile. La situation était telle qu’elle songeait à décrocher.

À vingt-huit ans, le temps était venu de se ranger. Le capital laissé par ses parents arrivait à point pour lui permettre de réaliser une ambition de jeunesse. S’établir et monter une boutique de fringues à Falaise ou à Argentan par exemple. C’était le moment ou jamais. Elle pourrait abandonner définitivement les galères sans avenir.

Au lieu de retourner à Paris, elle décida de s’installer à Boudonville. Un retour au bercail en quelque sorte. Bien sûr, elle n’ignorait pas que le changement serait radical. Il y avait un monde entre la capitale et un gros village normand qui comptait au mieux deux mille habitants. Elle ne pourrait pas y vivre avec la même liberté ni dans le même anonymat.

Deux jours plus tard, en effectuant des rangements dans le garage, au fond de la boîte à outils de son père, elle tomba sur une liasse de magazines cochons. Il en avait toujours eu. Vers quatorze, quinze ans, elle les piquait pour se masturber en cachette dans son lit avant de les remettre en place. Ce souvenir lui donna chaud.

En les étalant sur la table du salon, elle eut le sentiment de commettre un sacrilège. Au milieu de ce décor tellement convenable. À deux pas des images pieuses et des babioles religieuses que ses parents avaient rapportées de leurs excursions dans tous les lieux de pèlerinage de France et de Navarre. Ils n’étaient pas bigots mais pratiquants et superstitieux.

Maintenant, sous l’œil de sainte Odile et de Bernadette Soubirous, des bites en érection s’enfonçaient dans des bouches, dans des chattes, dans des culs. Un festival de coïts crus et directs ! Pas des photos soi-disant d’artistes mais du porno pur. Celui que Delphine préférait. La tête de sa mère si elle les avait vues ! Elle pensa que le temps était fini où elle devait se planquer pour les mater.

Depuis l’accident, elle n’avait eu ni le temps ni l’envie de penser au sexe. Trop de chagrin et de problèmes à régler. Pourtant, ça comptait beaucoup pour elle et ses activités en ce domaine, débutées aux alentours de sa quinzième année, ne s’étaient jamais durablement ralenties.

D’un coup, face à ces photos, elle ressentit un besoin urgent de se masturber. Elle enleva son peignoir pour être plus à l’aise et commença à se caresser. Une voiture qui stoppait dans la cour l’interrompit. En vitesse, elle planqua les magazines sous les coussins du canapé, remit son peignoir et passa un peigne dans ses cheveux.

C’était Foulque des Perrots. Elle l’avait aperçu à l’enterrement. Un copain d’enfance et le fils unique du plus gros propriétaire du pays. Des éleveurs qui possédaient un domaine un peu à l’extérieur du village et qui ne dédaignaient pas de jouer aux nobliaux de campagne. Le grand-père et le père avaient été maires de la commune. Foulque, le fils, venait de prendre la relève aux dernières élections. Elle ne lui avait pas parlé depuis une éternité.

À douze ans, ils avaient été amoureux comme on l’est à cet âge-là. La main dans la main et des yeux de merlan frit. Quelques baisers maladroits et baveux, et encore, elle s’en souvenait mal. C’était du passé.

Les politesses d’usage expédiées, il en arriva rapidement au but de sa visite.

— Je voudrais savoir ce que tu comptes faire de tes terres de la Ranée…

— Pourquoi ?

— Parce qu’elles sont enclavées au milieu des miennes et si tu les vends je suis intéressé. Je t’en offrirai un bon prix…

Elle ne répondit ni oui ni non. Tout en lui servant le café, elle l’observait à la dérobée. Beau mâle viril, grand et massif. Vêtu comme un gentleman-farmer et s’exprimant avec une certaine raideur. Comme s’ils n’avaient jamais été à l’école ensemble. Il lui fallut un moment pour comprendre que c’était à cause de sa tenue négligée. Le peignoir bâillait sur sa poitrine et laissait deviner qu’elle ne portait rien en dessous. Elle se rajusta.

— Excuse-moi de te recevoir comme ça mais je suis encore bouleversée…

— Je comprends. C’est moi qui m’excuse d’être aussi brutal. Je suis impardonnable. Si tôt après ton malheur…

À partir de là, il se dégela progressivement. Ils parlèrent de ce qu’ils étaient devenus. Lui vivait seul dans la grande maison de maître du domaine familial, dirigeait désormais l’exploitation et prenait très au sérieux ses fonctions de maire. Pour sa part, Delphine lui raconta une histoire bateau de petite employée aux écritures, perdue et solitaire, déçue par la grande ville et désireuse de se fixer au pays.

Il n’était pas question que ses frasques parisiennes transpirent à Boudonville. Elle voulait y prendre un nouveau départ et donner l’image d’une jeune femme sage et rangée. Touché par ce récit, il offrit ses services au cas où elle aurait besoin de quoi que ce soit. Ajouta qu’il repasserait de temps en temps pour s’assurer que tout allait bien.

Après son départ, elle sortit les magazines et reprit ses caresses. L’envie ne l’avait pas quittée. Mais maintenant, en parcourant les photos, elle pensait aussi à Foulque. Elle imaginait ses mains sur son corps. Des mains larges, puissantes, couvertes de poils noirs. Il devait avoir une véritable toison sur la poitrine. Les poils la faisaient fantasmer. Ce serait sans doute plaisant de baiser avec lui. Tout dans son physique laissait présager un homme vigoureux.

Petit à petit, comme ça lui arrivait souvent quand elle se masturbait, d’autres images se superposèrent aux premières. Des images cochonnes. Cette fois-ci, elle revit sa dernière sortie dans un club échangiste avec Bruno. À peine une quinzaine de jours avant l’accident de ses parents.

C’était une boîte inaugurée depuis peu dans la banlieue sud et dont Julie lui avait dit le plus grand bien. Un endroit classe, bien équipé. Les prix étaient en rapport. Ça avait démarré plan-plan, comme d’habitude. Le jeu des regards par en dessous, les estimations en loucedé, les premiers travaux d’approche. Il y avait un grand blond costaud qui la branchait.

Finalement, trois couples s’étaient retrouvés dans ce que le club appelait le salon panoramique. Une sorte de grande niche équipée de matelas en mousse et munie de hublots qui permettaient de mater ce qui se passait à l’intérieur. Trois couples donc, dont le blond. Le duvet sur son torse brillait à la lumière des spots. Sans façons, il s’était assis sur sa poitrine en lui présentant sa queue pour qu’elle lui mette une capote.

Dans cette position elle ne voyait plus ce que faisaient les autres. Ça n’avait pas tellement d’importance, la bite suffisait largement à l’occuper. Longue, assez forte, parfaitement rectiligne, elle tenait une super forme. Les poils de ses couilles calées entre ses seins la chatouillaient. Il avait pris sa tête à pleines mains pour diriger ses mouvements et la baisait carrément dans la bouche.

Ça l’avait hyperexcitée. Le nœud volumineux cognait au fond de son palais, à la limite de la nausée mais sans jamais aller trop loin. D’autres mains lui palpaient le ventre, les fesses, la chatte. Un doigt avait sondé son vagin. D’après sa finesse, vraisemblablement un doigt féminin. Puis un ongle avait gratouillé le cratère de son cul avant de s’y introduire.

Debout au milieu du salon de Boudonville, tandis que ces images lui revenaient par vagues, elle se caressait tout autour du bouton en évitant de le toucher. Surtout pas. Ses souvenirs défilaient avec tellement de netteté qu’il lui aurait suffi d’un rien pour partir et elle voulait que sa branlette dure longtemps.

Elle se rappelait les visages tendus des voyeurs collés aux hublots. On la tripotait sur toutes les coutures, on écartait ses jambes, on soulevait ses reins pour qu’elle soit plus aisément accessible. À croire qu’ils s’étaient donné le mot. Elle s’abandonnait docilement à toutes les manipulations. Une langue s’était insinuée entre ses fesses. Des lèvres avaient emprisonné son clito, le tétant comme si elles voulaient l’avaler.

Ensuite, quelqu’un avait dressé ses jambes à la verticale. Une verge s’était coincée à l’entrée de son vagin. Elle ne pouvait pas s’enfoncer très profondément à cause de sa position tordue. Mais avec celle qu’elle pompait de plus en plus goulûment, ça suffisait amplement à son bonheur.

Les spectateurs à l’extérieur du salon panoramique n’en perdaient pas une miette. Une des filles avait sucé ses mamelons tandis qu’un doigt remplaçait la langue sur son anus. La scène devenant de plus en plus précise dans sa mémoire, elle ne résista plus à l’orgasme.

Après, en prenant une douche, elle pensa que ce serait la seule chose qui risquait de lui manquer en s’installant à Boudonville : la baise. Quoi qu’on en dise, la province restait en retard sur Paris à ce sujet. Notamment dans les petites villes. Même les partenaires discrets s’y trouvaient moins facilement, son adolescence le lui avait appris. Quant aux boîtes échangistes, il ne  fallait pas y songer. Peut-être y en avait-il une à Caen mais ça n’était pas sûr.

Dans l’immédiat, elle s’en moquait. D’autres problèmes passaient en priorité et elle dégoterait toujours un mec pour s’envoyer en l’air. Ça n’était pas ce qui manquait. Il fallait d’abord qu’elle aille voir les terres dont Foulque lui avait parlé. Celles qu’il souhaitait acheter. Puis qu’elle se renseigne sur leur prix auprès du notaire. Par la même occasion, elle demanderait combien coûtait un petit magasin de mode dans la région. Elle se voyait déjà installée.

Le lendemain, le voisin qui lui avait donné un coup de main pour les formalités du décès se pointa à l’heure de l’apéritif. Elle n’eut pas besoin de cent sept ans pour comprendre qu’il avait des vues sur elle et plus précisément sur son cul. Ses regards appuyés et ses sous-entendus ne laissaient aucun doute. Il tentait sa chance.

Avec son bide débordant du pantalon, son teint couperosé, ses cheveux clairsemés et ses yeux luisants de convoitise, le bonhomme ne l’inspirait vraiment pas. En d’autres circonstances, elle l’aurait rembarré sèchement mais elle ne tenait pas à s’en faire un ennemi. Les ragots circulent vite dans les villages et il avait la réputation d’être une redoutable commère. À force de diplomatie, elle réussit à éviter son rentre-dedans sans le froisser.

 

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