JAMILLA FRAPPE LES TROIS COUPS

12345
Loading...

DESPAIR Léon

ContraintesMedia 1000


BDSMpunitionSM


Broché / 124 pages


Papier 5€84 Ebook 4€49

Acheter

Non disponible
5€84

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
4€49 Télécharger

Résumé

Loin de la banlieue misérable de son adolescence, Jamilla est devenue une dominatrice de haut vol. Elle n’a pas son pareil pour réaliser les fantasmes les plus incongrus et trouver des esclaves répondant à des critères rigoureux. Et s’ils ne sont pas consentants, elle les fait kidnapper, tout simplement ! Hélas, après dressage, les plus récalcitrants prennent goût à la servitude, ils perdent ce regard apeuré qui excite tant les riches clientes. Pour un peu, ils en redemanderaient ! C’est pourquoi elle engage la grande Sophia Canale. La star italienne s’y connaît en cabotinage, et elle va apprendre aux protégés de Jamilla comment jouer ê la perfection leur râle de victime.
Même lorsqu’un homme, un vieux routier du masochisme, cherche une dominatrice ê dompter, Jamilla assure, quitte à se séparer d’une vieille amie à laquelle elle doit en partie son succès actuel.
Le monde est un vaste théâtre et Jamilla une directrice de troupe qui ne s’embarrasse pas de scrupules !

Débuter la lecture

— Votre titre de transport, Messieurs-Dames.

Le commando de contrôleurs envahit le couloir du métro avec la même sauvagerie que les Romains la Gaule. En terrain conquis. Les usagers obtempéraient, tendaient leur ticket. Faussement polis, camouflés derrière des sourires hypocrites, ils cherchaient le fraudeur, en fonctionnaires gloutons rêvant à leur prime. Quel métier désolant… Combien gagnaient-ils à chaque procès-verbal ? L’argent qui servait à leur rétribution mensuelle aurait-il suffi à pallier les carences des transports en commun de la région parisienne ? Cette flicaille était-elle vraiment indispensable au bon ordre de la société ?

Ces réflexions anarchisantes se bousculaient dans l’esprit de Rekha, tandis qu’elle brandissait un ticket rectangulaire jaune, barré d’une ligne brune.

Le jeune garçon, en tenue beige, son petit sigle « R.A.T.P. » sur le revers de la veste, examina les numéros imprimés.

— Merci, Mademoiselle.

Rekha reprit son billet. Il était plutôt bel homme, cet imbécile. Plus bandant que la majorité de ses collègues. Même moins con d’apparence ! Pourquoi faisait-il un boulot aussi dégradant ? N’avait-il d’autre choix que de gagner sa vie en contrôlant celle des autres, avec le secret espoir de les verbaliser ? Triste humanité…

Rekha avait toujours la hargne des contrôleurs. Elle se rappelait l’époque encore récente où elle vivait dans une banlieue pourrie, sans argent, au contact d’une violence quotidienne… une période pénible où elle passait par-dessus les portillons métalliques parce qu’elle n’avait pas d’argent pour voyager. Ce temps était bien révolu pour la jeune Indienne. En suivant l’ascension son amie Jamilla, elle s’était arrachée à cette misérable condition qui l’aurait conduite inexorablement à la prostitution ou à l’esclavage industriel. Ce qui ne valait guère mieux. Jamilla était devenue une dominatrice célèbre dont Rekha, son associée, gérait les affaires. Le succès de ce commerce très particulier lui permettait enfin de circuler dans le métro sans frauder. Et c’était l’un des avantages les plus anodins.

Elle restait dans son coin, à observer, comptant machinalement ces jeunes qu’elle reconnaissait comme des frères de galère et qui se faisaient pincer dans le filet sournois du contrôle.

Quel métier passionnant…

Une dizaine de minutes plus tard, après une bonne moisson de procès-verbaux et l’échange de quelques monnaies sonnantes et trébuchantes, la cohorte de contrôleurs se disloqua. Rekha jugea le moment opportun : le beau mec de la bande qu’elle avait remarqué partit seul de son côté, suivant un couloir désert. Elle pressa sur le bouton d’un petit émetteur.

— Ça y est, Jamilla, en voilà un qui sort ! Il est pas mal, en plus…

Jeune et inconscient ! Le type sifflotait dans l’allée sombre qui le conduisait à l’air libre. Son uniforme l’immunisait contre le danger, croyait-il. En ce bout de ligne qui dégorgeait une partie de la banlieue Nord, on ne comptait plus les agressions. Qu’une pauvre fille se fasse violer dans une rame n’émouvait guère les fonctionnaires du Paris souterrain, mais qu’un des leurs soit molesté dans le cadre de ses sacro-saintes fonctions, voilà qui jetait le trouble et provoquait une grève en moins de vingt-quatre heures, au grand dam des cochons d’usagers de payants.

L’air libre !

La taupe cligna des yeux, légèrement ébloui par les néons de la place. En contre-jour, en haut de l’escalator, le corps arrogant de Jamilla. Le vinyle adhérait à son épiderme comme une seconde peau, noire, luisante. Sa silhouette prit dans l’imagination du contrôleur une place de plus en plus grande au fur et à mesure de la montée de l’escalier mécanique. Le vent s’engouffrait dans le trou, entraînant des effluves de caoutchouc ensorcelants pour le garçon qui sentait le lainage propret des uniformes urbains.

Jamilla, bien plantée sur ses talons aiguilles, ouvrit un pan de son imperméable de cuir, exhibant des cuissardes rouges et un corset magnifique aux griffes de métal rutilantes. Attaché à l’une d’elles, un fouet impressionnant… Jamilla s’en saisit, déroula la longue lanière tressée.

Comme l’animal pris au piège, le contrôleur paniqué pressentit le danger et chercha à lutter contre le mouvement ascendant de l’escalator qui le conduisait inévitablement dans les bras de la dangereuse créature.

Derrière lui, Rekha accélérait son ascension, marche par marche. Elle se rapprochait de l’homme qui venait de perdre l’équilibre. L’Indienne brandissait une lourde chaîne qui tintait sur les marches métalliques. Le contrôleur, frappé d’épouvante, leva les yeux vers Jamilla qui l’observait, froide, calme, attentive, caressant le manche de son fouet. L’insecte percé d’une aiguille qu’on étudie au microscope, s’il aperçoit l’œil de l’homme à travers l’objectif, doit avoir de ces visions-là.

Rassemblant ses forces, il bondit vers elle. Dernier sursaut de la bête traquée, cernée par la meute des chiens. Le fouet s’enroula presque avec grâce autour des chevilles. Un coup sec. Comme une quille, il perdit aussitôt son assise et tomba à la renverse, s’agrippant tant bien que mal aux rampes caoutchoutées de l’escalier.

Arrivée à son niveau, Rekha se pencha sur son visage. Il essaya de hurler, mais le cri se perdit dans les fibres d’un tampon d’ouate. Dans la grande tradition du roman feuilleton, la vierge orpheline succombe aux exhalaisons du chloroforme. Mais aujourd’hui, les apaches des bas-fonds sont deux belles jeunes filles, et l’orpheline un digne contrôleur de la R.A.T.P. !

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *