La Carotte et le bâton

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MERODACK Robert

Media 1000Simples murmures


BDSM


128 pages


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Résumé

Retrouvez chaque mois la réédition d’un volume de la collection Simples Murmures, dirigée à l’époque par le célèbre Robert Mérodack. Des textes licencieux, sadomasochistes, où tous les tabous sont mis aux oubliettes, ainsi que les victimes de maîtres aux mille perversions… Totalement introuvable ailleurs qu’en format numérique, aux éditions Média 1000 !

La Carotte et le bâton, un roman de soumission féminine signé Robert Mérodack !

Débuter la lecture

I

– Vous ne devriez pas boire tant de café, Monsieur… Essayez plutôt de dormir une heure…

Charmante proposition, en effet ! Mais j’avais grande hâte d’en finir avec ce travail. Combien de temps cela demanderait-il encore ? Sans doute pas plus de quarante-huit heures, s’il n’y avait pas trop de problèmes…

Quel gâchis, tout de même ! En faisant crisser la petite cuiller de plastique contre le godet de café, je me fis la réflexion amère que j’avais sous les yeux, devant moi, gracieusement penchée au-dessus de la table en attendant mes ordres, une des plus ravissantes créatures que je n’aie jamais eu l’occasion de rencontrer, et mon seul souci concernait l’achèvement de ce maudit programme !

Béatrice me regardait avec de grands yeux attristés. Compassion sincère ? Attitude complaisante à l’égard d’un supérieur hiérarchique en âge d’être son père ? Peut-être craignait-elle simplement d’être mutée dans un autre service si, par lassitude, j’en venais à m’en prendre à elle : elle était bien tranquille, avec David et moi…

– Vous ne désirez rien d’autre ? demanda-t-elle, suave. Vous en êtes sûr ?

Elle parut désolée de ce que je n’aie plus besoin d’elle. Je lui adressai un sourire d’encouragement, pour dire que tout irait bien, puis j’éclatai de rire, ce qui eut pour effet de l’inquiéter.

– Qu’y a-t-il ?

– Voulez-vous vraiment le savoir ?

Ses yeux s’assombrirent et je craignis qu’elle pensât que je me moquais d’elle.

– Ne vous offusquez pas. C’est la fatigue… la tension nerveuse…

Elle me gratifia à son tour d’un sourire plein de réconfort.

David et moi avions accepté du patron un marché audacieux : réaliser un clone du fameux Cement Mixer de MarcoHard, totalement original et surtout dont la version bêta puisse être distribuée avant la mise en vente d’une version stable du programme de Guillaume Portail.

Nous avions l’expérience, plus quelques petits secrets, pour réussir ce pari, et nous les avions monnayés contre un congé supplémentaire d’une quinzaine de jours aux frais de l’entreprise. Certaines facilités avaient été mises à notre disposition pour la circonstance. Béatrice était l’une d’elles, au titre de coordinatrice spéciale. Nous avions obtenu également l’installation d’un canapé dans chacun de nos bureaux, car il nous arrivait de travailler plus de douze ou quinze heures d’affilée.

Malgré ces avantages, nous commencions à être à cran. Les fonctions officielles de Béatrice consistaient à planifier les tests de nos travaux. Ce n’était pas une tâche extrêmement rigoureuse et elle passait la majeure partie de son temps à nous approvisionner en cigarettes, café, sandwiches ou pizzas…

– Oui ?… Vous alliez dire quelque chose…

Le canapé venait de m’apparaître dans son incongruité obscène. Il avait connu des heures plus glorieuses : ses rayures rouges sang avaient viré à une teinte de violine ce qui, avec les rayures grises, lui donnait un aspect délavé, mais la bonne tenue de ses ressorts le rendait attrayant.

Béatrice attendait l’explication de mon hilarité. Pourquoi donc lui aurais-je cachée ?

– Tant pis pour vous, petite curieuse ! Je vous observais, si attentionnée, si élégante, au milieu de ce désordre, et je voyais soudain le divan… Dois-je poursuivre ?…

La rougeur de ses joues m’indiqua qu’elle avait deviné où je voulais en venir. Elle ne parut pas vraiment offusquée, mais préféra tout de même détourner mon attention.

– Si vous n’avez plus besoin de moi, pour l’instant… dit-elle en saisissant le gobelet vide.

– Attendez ! Ne vous vexez pas ! Ce qui me faisait rire le plus amèrement, voyez-vous, c’est que ce travail est tellement épuisant que j’ai l’impression que, si je vous bousculais maintenant sur ce canapé, je serais sans doute incapable de me replonger ensuite dans ce boulot ! Et c’est cela qui est tragiquement comique, ne trouvez-vous pas ?

Rassurée, elle répondit à mes explications concupiscentes par un sourire de coquetterie, tout empreint de malice.

– Il y a peut-être un moyen de concilier les deux… je veux dire, de vous octroyer un délassement dans le genre de celui que vous souhaitez, sans pour autant quitter votre table.

Cela faisait un mois que Béatrice était sous mes ordres et ceux de David, et j’avais pu déjà apprécier sa compétence professionnelle, mais, ce jour-là, je me dis que j’étais tombée sur une perle !

– Ah, ah ! m’écriai-je pour la narguer. Dans ce cas, je vous laisse toute initiative. Vous avez cinq minutes !

Cette remarque n’était qu’une mauvaise blague entretenue par la manie qu’avait le grand patron de dire toujours « prenez votre temps » avant de préciser une impérative date d’échéance. Mais Béatrice prit ma boutade très au sérieux, elle vint s’asseoir sur mon genou et se pencha au-dessus de ma braguette. Je lui enserrai la taille.

Contre ma cuisse, je pouvais sentir la chaleur de ses fesses qui traversait le tissu soyeux de sa robe. J’insinuai entre ses jambes une main curieuse et fébrile. Le contact des bas m’agaça et je remontai dans l’espoir de rencontrer la peau tiède et lisse.

Pendant ce temps, non sans habileté, elle m’avait débraguetté et glissait ses doigts frais autour de ma tige brûlante.

Merde ! Elle portait un collant ! J’aurais dû m’en douter. Je plaquai ma main contre le pubis renflé, mais mon enthousiasme, de ce côté-là, était nettement diminué : le collant, la culotte, même si l’un et l’autre n’étaient faits que de nylon très fin, m’empêchaient de la sentir, de la caresser.

Elle devina ma déception.

– Pardonnez-moi, mais je n’avais vraiment pas prévu…

– On doit toujours se tenir prête pour les bonnes occasions ! déclarai-je sentencieusement.

– Vous avez bien à parler ! Vous ne voulez même pas quitter votre bureau ni votre chaise.

Elle n’avait pas absolument tort… Je ne me laissais donc pas impressionner par l’obstacle et, délaissant le ventre et sa carapace de matières synthétiques, je glissai plus haut, par delà la taille, mais toujours par dessous la robe, sur l’estomac, jusqu’à rencontrer l’infranchissable montagne d’un sein.

Sa robe n’était pas extrêmement large, mais sa position penchée favorisait la progression de mon bras. Je musardai un peu, agaçant le nombril au passage, puis revint vers la poitrine. Béatrice portait un soutien-gorge mais cette parure n’était pas aussi hermétique que le collant.

Pendant qu’elle s’acharnait à me sortir la queue, j’insinuai mes doigts entre le sous-vêtement et la peau moite, secrète et chaude juste dessous le sein, le débarrassant du bonnet qui le recouvrait, exactement comme on retire une chaussure.

– Oh !

Ce petit cri contenait un soupçon de surprise, mais pas la moindre indignation… Beaucoup d’amusement, en tous cas. Et elle avait crispé en même temps sa main contre ma pine qu’elle venait enfin de dégager du pantalon.

La fatigue, l’énervement. cette situation imprévue et je ne sais quoi encore, firent que je fus brusquement incapable de me contenir. J’éjaculai dans le vide, avec le désespoir du cerf en période de brame.

Béatrice se serrait contre moi, ses cuisses en travers des miennes. Sa robe ne fut épargnée par l’éclaboussure que parce que mon bras la relevait largement, mes doigts n’ayant jamais cessé de jouer avec la fraise dure et souple du sein. Sur le nylon de ce satané collant, le sperme coula par petites flaques fuyantes comme du mercure. Pour le principe, j’aurais préféré ne pas être ainsi débordé par les événements, mais tout de même, c’était fort agréable !

– Ça ne fait rien, affirma-t-elle en saisissant la boîte de mouchoirs en papier.

Elle se dégagea avec une souplesse féline et disparut, le visage empreint de la même dignité sérieuse dont elle aurait fait preuve si je l’avais envoyé cherché un dossier.

– On aura terminé à temps, c’est sûr, maintenant, il n’y a plus besoin de se presser d’ici la fin de la semaine.

Je ne partageais pas l’avis de David. J’avais hâte d’en finir, moins par conscience professionnelle que par lassitude. Les quelques jours gagnés allaient s’ajouter aux quinze jours convenus et je le lui rappelai.

– D’accord. Et après ? me répondit-il. Tu vas dormir pendant quarante-huit heures, faire la java les quatre ou cinq jours suivants et passer le reste de ton congé à soigner ta crise de foie !… Qu’est-ce que tu veux faire, à cette saison ? C’est trop tôt pour la mer et trop tard pour la montagne.. À moins d’aller en Afrique, il ne te reste que la pèche à la ligne !

– Je me contenterais d’un coin tranquille et d’une souris…

– Cela me parait impossible ! dit-il en riant. Avec une fille, ce ne sera plus un coin tranquille, à moins de dégotter la perle rare… Il te faudra sûrement plus de quinze jours pour la trouver !

Il fronça les sourcils, et me regarda soudain avec une moue soupçonneuse.

– Mais, dis donc, toi ! Tu n’aurais pas une idée derrière la tête, des fois ?… Tu me fais peur ! Ou bien c’est la fatigue et tu délires, ou bien tu es sur le point de renoncer au célibat… Dans les deux cas, on note un affaiblissement très net des facultés intellectuelles, ce qui rend le sujet particulièrement vulnérable aux attaques sournoises des personnes du beau sexe… si tu es sérieux, évidemment…

– Écoute, lui confiai-je. Fais-moi un peu confiance… Je connais une petite baraque tranquille, à une centaine de kilomètres. Réfléchis à une nana pas trop casse-pied que tu supporterais volontiers quelques jours, et je te promets deux semaines de repos comme tu n’en as jamais imaginé…

Cette fois, il commençait à être intéressé. Mais mon plan était encore vague, et je ne lui en dis pas plus. J’ajoutai simplement :

– Seulement, tu t’arranges pour qu’on ait fini dès demain, c’est d’accord ? Demain, sans faute ! Et même plus tôt si c’est possible…

Il accepta le principe. Puis nous fîmes le point sur nos travaux.

Dans la foulée, nous revînmes après le dîner. David abandonna le premier.

– Évidemment, je ne peux pas t’empêcher de rester mais, jusqu’à preuve du contraire, je demeure persuadé que tu es sur une mauvaise pente… Allez, salut !

– C’est çà ! lui dis-je. Dors bien et reviens tôt demain…

Je travaillai encore pendant deux heures. Le sommeil me saisit d’un seul coup et, malgré la répugnante perspective de me réveiller le lendemain matin au milieu de ce bureau, je me résolus à y passer la nuit. Le canapé grinça lourdement lorsque je m’y effondrai.

Avant de sombrer dans la plus totale inconscience, je répertoriai mentalement les filles susceptibles d’accepter ma petite partie de campagne. Elles étaient fort nombreuses, bien plus nombreuses que celles que je prendrai plaisir à inviter. Il serait toujours temps de choisir demain soir : et je n’avais nul besoin de compter les moutons pour m’endormir ce soir-là. Ni les moutons, ni les chèvres…

Je fus réveillé le lendemain par la présence de quelqu’un qui ne voulait pas faire de bruit. Ma première pensée fut qu’il s’agissait de la femme de ménage, une très brave femme sans doute, mais que je ne connaissais pas. Et je ne me sentais pas un grand enthousiasme pour lui être présenté ce matin, dans d’aussi peu conventionnelles circonstances. Lâchement, je gardai les yeux clos, en souhaitant qu’elle n’oserait pas me réveiller et s’en irait rapidement.

Mais la présence persistait. À l’oreille, je me rendis compte qu’elle tournait en rond dans la pièce, sans rien faire d’autre, en hésitant.

– Monsieur Nicolas… murmura une petite voix.

Béatrice !

J’ouvris les yeux d’un seul coup et me redressai.

– Mais… quelle heure est-il ?

– Il était plus de dix heures du matin.

Elle me parut encore plus radieuse que la veille.

– Je vais vous chercher du café ? Avez-vous besoin d’autre chose ? Un peigne ? Un rasoir ?

À sa mine moqueuse, je compris que je lui offrais un spectacle cocasse. Je n’avais qu’un peigne. Évidemment, Béatrice était parfaitement coiffée et habillée, et maquillée. Ses cheveux bouclés de descendaient en vagues moussues jusque sur ses épaules.

– Non, ce n’est pas la peine, je vous remercie. Boire de ce café, juste en se réveillant, pouah !… Vous êtes encore plus ravissante que d’habitude, si c’est possible…

Je me levais et tournais autour d’elle, de plus en plus près. Soudain, je lui pris la taille et la serrai contre moi pour l’embrasser.

– Oh ! Ce n’est pas le… Monsieur Nie…

Il s’agissait d’une protestation de pure forme. Je plongeai la main dans l’épaisseur de ses cheveux et lui broyai la nuque.

Son visage, sa bouche, ses lèvres respiraient la fraîcheur, au moins autant que moi-même me sentais imprégné du sommeil et de son goût fade.

Le corps souple et chaud de Béatrice sembla plier et fondre brutalement, mais je la tenais avec fermeté. La portant à demi, je la conduisis jusqu’au canapé.

– Attends, dit-elle d’une voix alanguie. Laisse-moi retirer ma robe, sinon elle va être aussi froissée que ton pantalon…

– Il vaudrait peut-être mieux que j’aille fermer la porte à clef… On ne sait jamais.

– C’est déjà fait, dit-elle simplement.

À cet instant, je sus que je n’avais pas à chercher ailleurs une fille à inviter à la campagne.

D’un mouvement gracieux, elle croisa les bras, attrapa l’ourlet de sa robe, puis la releva au-dessus de sa tête. Elle ne portait pas de collant, ce matin, mais un porte-jarretelles et des bas gris bleuté. Pas de culotte non plus, ni de soutien-gorge… Sa peau étincelait d’une clarté laiteuse.

– Alors, le canapé, tout de même ? demanda-t-elle avec malice.

Bien sûr, on aurait pu faire ça par terre, mais cela aurait été moins confortable, et surtout, malgré sa poussière, le vénérable meuble était la seule surface libre de la pièce : si la femme de ménage était venue ce matin, elle n’avait pas osé entrer.

Ce désordre rendait encore plus radieuse la nudité de Béatrice. Un pied à terre et l’autre accroché au dossier du canapé, elle ondula, rampa un peu sur le dos, tortilla des fesses jusqu’à trouver la position la plus confortable. Puis elle s’abandonna.

Je me jetai sur elle avec un appétit de cannibale. D’abord, je me mis à lécher, à sucer avidement ses seins délicieusement arrondis, doux et rafraîchissants. Je tétouillai la raideur mutine de leurs pointes.

Elle commença à frétiller avec de petits cris aigus. Traçant un sillon sinueux, scintillant de salive, je partis en exploration, rencontrai la fleur creuse du nombril, puis la blonde savane d’une toison bouclée.

– Oh !… oh !… s’écria-t-elle avec une feinte indignation. Oh !… Oh…

De la langue, je dénichai le point sensible, l’agaçai quelque temps puis m’en éloignai en chatouillant l’ondulation des lèvres fines et fuyantes. J’atteignis enfin l’accès mystérieux, nacré et odorant, mais, après quelques frétillements, je décidai que ma langue ne suffisait pas…

Le canapé émit un gémissement plaintif quand je la pénétrai. Elle gémit aussi presqu’au même rythme… Elle était douce, moite et onctueuse et palpitait moelleusement autour de ma pine. Lentement, puissamment, je la poinçonnai, et je ne me sentis tout à fait réveillé qu’après que nous eûmes joui de concert…

– Et que diriez-vous d’un café, maintenant, Monsieur Nicolas ?

Béatrice était rhabillée, recoiffée et j’avais fait moi-même un toilette sommaire : il ne restait plus aucune trace visible de notre forfait…

– Non, merci, cela ne me dit vraiment pas… Par contre, je t’invite à venir prendre un vrai petit déjeuner au bistrot du coin.

Elle sembla hésiter : quelle conscience professionnelle !

– Ne t’inquiète pas, je prends ça sur moi… De toute façon, seul David pourrait se plaindre et je vais l’avertir en sortant.

Je le trouvai en plein travail. Tout laissait espérer que nous aurions fini dans la soirée : pour un peu, c’est moi qui allais être en retard ! Mais je ne regrettai vraiment pas le temps que je venais de perdre !

– Si je m’en occupe auprès du patron, demandai-je à Béatrice lorsque nous fûmes assis devant deux grandes tasses de café au lait, est-ce que tu accepterais de venir passer huit jours à la campagne avec David et moi, histoire de se reposer ?

Elle releva son joli minois et fronça légèrement les sourcils.

– Hum… cela dépend… David… et si c’est pour vous faire la cuisine…

– Mais non, ne t’inquiète pas !… David amène aussi une copine, et tu n’as donc rien à craindre de ce côté-là… Quant aux corvées, on se les partagera équitablement, je t’assure…

– D’accord pour le principe, répondit-elle avec un sourire malicieux. J’espère que je m’entendrai bien avec cette copine de David… Tu la connais ?

Je dus avouer que non : je ne savais même pas s’il l’avait déjà choisie. Mais je rassurai Béatrice, bien entendu.

La version bêta fut compilée avant la fin de l’après-midi, et l’on décida de partir à la campagne dès le lendemain. Pourtant, le soir même, pour fêter l’événement, nous fîmes la tournée des boîtes de nuit en garçons. Nous étions encore seuls lorsque je demandai à David s’il s’était trouvé une compagne.

– Oui. J’emmène Béatrice ! me répondit-il simplement.

Je dus me rendre à l’évidence : je n’étais pas le seul bénéficiaire des charmes de notre commune secrétaire. Je n’étais pas étonnée qu’elle ait un petit ami, mais j’étais bien loin de me douter que la concurrence fût si proche ! J’accusai le coup sur le ton de la plaisanterie et lui confiai que l’adorable enfant avait également accepté mon invitation ; je lui fis même un résumé succinct des rapports que j’avais eus avec elle depuis ces dernières quarante-huit heures.

– La garce ! jura David. Qu’est-ce qu’on fait ? On la laisse tomber tous les deux, simultanément ?

Malgré l’apparente logique de cette mesure de représailles, je la trouvai prématurée, peut-être inadéquate.

– Il faut déjà voir qui d’autre nous pourrions emmener… Si l’on trouve les deux partenaires idéales, on oublie Béatrice. Sinon, on la met au pied du mur, mais avec une autre fille, de toute façon. Pour nous avoir joué ce tour-là, ou bien elle voulait nous voir nous disputer, ou bien elle espère nous avoir tous les deux pour elle seule…

– Oui… Cela revient au même, d’ailleurs, rétorqua David d’une voix maussade. Que ce soit en se battant pour ses beaux yeux ou en la sautant de concert, nous faisons son jeu… C’est le complexe Jules et Jim ! Tu as raison, il faut au moins lui trouver une rivale…

Après plusieurs coups de téléphone et la visite de quelques boîtes, il nous fallut choisir entre une demi-douzaine de postulantes. Il ne fut pas très difficile d’en éliminer quatre pour des raisons diverses ; mais il en restait toujours une de trop…

– Penses-tu que ce soit une gouine ? me demanda soudain David, à propos de notre secrétaire volage.

Franchement, je n’en savais rien. Mais comme nous étions attablés, entourés de nos deux candidates, cette question provoqua des remous.

– Hé là ! s’écria Paule, une adorable petite brunette. Qu’est-ce que vous mijotez, tous les deux ? Moi, les gousses, ça me dégoûte !… Alors, si vous êtes en train de chercher une partenaire pour une de vos copines, pas la peine de compter sur moi !…

Elle avait dit cela avec une telle véhémence que nous eûmes tous les deux la même idée, sans même nous consulter : si on voulait tirer le meilleur parti possible de la situation que nous projetions, il n’était pas inintéressant que nos compagnes de séjour puissent avoir entre elles, et de préférence sous nos yeux, quelques rapports intimes… Mais, ne connaissant pas les goûts de Béatrice dans ce domaine particulier, en la confrontant à une autre fille qui détestait ça, d’une part nous évitions le risque de les voir s’entendre trop bien et donc de nous éliminer de leurs jeux, et, d’autre part, nous nous réservions la possibilité plutôt méchante d’en contraindre une, au moins, à des actes qu’elle désapprouvait.

– Ne crains rien, assura David à la petite brune. Nous, tout ce que nous voulons, c’est nous amuser un peu…

L’autre candidate fut lâchement oubliée sur une piste de danse. Et comme la nuit était déjà fort avancée, nous décidâmes d’un arrangement qui semblait équitable. Je raccompagnai notre trouvaille et demain matin, David allait la chercher pendant que je passais prendre Béatrice.

Ainsi, il serait clair pour chacune des deux filles que nous n’avions nullement l’intention de faire de ce séjour une partie carrée, de couple à couple, mais que l’une comme l’autre appartenait en même temps à chacun de nous…

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