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Résumé

À quarante-deux ans, Chantal mène une vie agréable avec Gilles, son mari, aux petits soins pour elle. Une nuit, réveillée par la soif, elle se rend sans bruit dans la cuisine. Elle entend grincer le lit, dans la chambre toute proche de sa fille Élodie. La voix d’Ulrich, le petit ami de celle-ci, résonne. Chantal ne comprend pas ce qu’il dit, mais il est clair qu’il lance un ordre à Élodie, qui répond par un « oui » soumis.

De retour dans la chambre conjugale, Chantal est incapable de retrouver le sommeil. Une mécanique infernale, celle du désir, s’est mise en marche. Elle ne s’arrêtera plus. Elle imagine que son futur gendre lui commande sans cesse de se masturber devant lui. Désormais, la vie de Chantal est sens dessus dessous. Bientôt, notre bourgeoise devient la secrétaire particulière d’un homme puissant, Anselme, qui se révèle être un dominateur pervers endurci. Sous sa férule, Chantal franchira les dernières bornes de la décence, connaîtra la jouissance sans limites… jusqu’au passage à l’acte avec le chéri de sa fille ?

Ah, mes pauvres, si ce n’était que ça…  Attendez-vous au pire, vous ne serez pas déçus…

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CHAPITRE PREMIER

Une nuit, la soif m’a réveillée. Je me suis levée sans bruit pour aller à la cuisine…

Dire que tout a commencé comme ça ! Tout ce que j’ai ressenti à partir de ce moment, je l’avais déjà en moi. C’était enfoui, je n’en avais pas conscience. Jour après jour, ma vie s’est transformée ; aujourd’hui, je me sens toujours moi-même, mais une autre aussi. Mes pensées et mes actes ont pris une direction différente. Je ne m’y attendais pas ; le choc s’est révélé d’autant plus violent.

A quarante-deux ans, je menais une vie agréable, rangée, faite de petits plaisirs au quotidien et, de temps à autre, d’émotions. Gilles, mon mari, était toujours aux petits soins pour moi. Je le trouvais à mon goût, même après vingt ans de vie commune : brun, les cheveux juste assez longs pour laisser apparaître quelques ondulations… Il n’avait pas été mon premier petit ami, mais je n’en avais pas connu beaucoup avant lui. Et aucun depuis notre mariage.

Avec le temps, Gilles avait pris de l’embonpoint. Comme il occupait un poste de responsabilité dans son entreprise, il devait soigner sa présentation. Il avait eu du mal à se mettre au costume-cravate après ses années de fac, mais il assumait l’uniforme social avec naturel ; le week-end, il se montrait décontracté, sans pour autant tomber dans la négligence.

Aujourd’hui que j’ai expérimenté d’autres façons de vivre, j’ai compris qu’il y a ce que l’on aime… mais que l’on peut aussi éprouver une intense attirance pour ce qu’on pense ne pas aimer.

Avec Gilles, j’avais découvert le bonheur d’une vie calme, exempte de catastrophes susceptibles de tout remettre en question. Nous nous arrangions pour que de petits imprévus viennent pimenter le cours de la vie : des surprises agréables, des attentions auxquelles on ne s’attendait pas. Ça facilitait l’existence quand on affichait des goûts simples, et c’était mon cas.

Et ce n’est plus mon cas : depuis cette nuit-là, mes désirs, mes plaisirs ne sont plus les mêmes.

Elodie, ma fille, poursuivait ses études en fac ; elle vivait toujours chez nous, mais, à dix-neuf ans, elle commençait à prendre son envol. Elle était blonde, mince ; ses yeux bleus avaient déjà fait tourner plus d’une tête…

Je ne pense pas qu’Elodie m’ait entendue me lever cette nuit-là. Elle ne dormait pas, mais j’aurais remarqué quelque chose si elle avait soupçonné ma présence dans la cuisine. On a toujours laissé ma fille jouir d’une grande liberté ; elle nous a donné raison : elle n’en a pas abusé, n’a jamais fait de grosses bêtises. C’était, à l’époque déjà, une fille réfléchie, mûre pour son âge. Elle avait eu plusieurs petits copains, mais là, avec Ulrich, il semblait que ce fût plus sérieux. Le garçon se préparait une belle situation dans la finance. Elodie avait l’air heureuse avec lui ; elle était passée doucement de l’adolescence à l’âge adulte. Ulrich, lui, à vingt-trois ans, était un peu plus âgé. Sa mère était d’origine allemande, mais il était né, avait été élevé en France.

Souvent le week-end, Ulrich restait chez nous. Il dormait avec ma fille. Il n’avait pas été facile pour moi de l’accepter, mais Gilles avait réussi à me convaincre en avançant des arguments que je ne pouvais réfuter : il valait mieux qu’Elodie se sente bien pour continuer ses études tout en commençant sa vie de femme. Qu’elle ait des relations sexuelles à la maison, plutôt que dans une voiture ou chez un copain, avec tous les risques que cela comportait. J’ai donc dit oui, en y mettant des conditions : par exemple, ne pas voir défiler les petits copains à la maison. Je me suis habituée, d’abord à l’idée, puis à la réalité. Ulrich était blond, d’un blond assez foncé, avec des sourcils presque bruns. Son menton au carré ne l’empêchait pas d’avoir des traits fins qui faisaient ressortir ses yeux bleus, des yeux qu’on n’oubliait pas. Ses lèvres étaient fines, à peine dessinées, son nez droit, bien proportionné ; c’est vrai, je le trouvais beau. Il soignait sa présentation, s’habillait à la mode, mais ajoutait toujours sa touche personnelle. Avec cela, il avait un corps d’athlète, même s’il ne pratiquait le sport qu’en dilettante. Je comprenais que ma fille soit amoureuse de lui, d’autant que sa culture et son aisance faisaient de lui un convive agréable.

Quand je me suis levée pour aller boire de l’eau, j’ai enfilé un peignoir. D’habitude, je ne le faisais pas, mais Ulrich passait justement la nuit à la maison. S’il était sorti de la chambre de ma fille, j’aurais été gênée qu’il me trouve en nuisette. Je n’ai pas allumé la lumière avant d’arriver dans la cuisine. La clarté du réverbère, dans la rue toute proche, me suffisait pour me diriger dans la maison, la nuit.

Tout était silencieux autour de moi. J’ai pris un verre et la bouteille d’eau toujours rangée dans le petit meuble près de l’évier ; je me suis servie. C’est alors que j’ai entendu un bruit dans la chambre d’Elodie : le lit grinçait. Bien sûr, je n’ignorais pas qu’Elodie et Ulrich avaient des rapports intimes, mais pour la première fois, j’en percevais l’écho. On a beau savoir… entendre, ça fait un pincement au cœur, comme si on voyait son enfant s’éloigner du cocon familial.

*  *  *

On a toujours parlé librement à la maison. Nous pensions, Gilles et moi, qu’il valait mieux dire les choses, expliquer en temps utile, ça évitait les mauvaises surprises dues à l’ignorance. Bien sûr, on a toujours essayé d’adapter les réponses qu’on pouvait apporter aux questions d’Elodie en fonction de son âge et de ce qu’elle était en mesure de comprendre. Jamais cependant, en proférant des mensonges, même ceux communément admis ; tout au plus, taisions-nous une partie de la vérité. D’ailleurs, nous nous sommes aperçus qu’un enfant ne réclamait pas d’explications poussées ; une piste suffisait souvent à calmer sa soif de savoir. Quand ma fille discutait avec une copine qui en savait plus qu’elle sur tel ou tel sujet, elle venait demander, à son père ou à moi, un éclaircissement ou un complément d’information. Au début, c’était toujours elle qui venait nous poser des questions ; cela a changé peu avant sa puberté quand Gilles et moi avons estimé qu’il fallait lui parler de sexe et de ce qui allait se passer avec son corps. Nous avons réussi à établir un climat de confiance sur ce sujet quand même scabreux, si bien qu’un jour, elle est revenue radieuse en criant, alors qu’elle était encore sur le palier et n’avait pas refermé la porte :

— Ça y est, je les ai !

Gilles et moi avons mis un moment à réaliser qu’elle avait ses premières règles. On l’a embrassée, en lui faisant remarquer qu’il y avait des choses qu’on ne claironnait pas sur les toits !

Ce soir-là, je n’ai eu aucun doute sur ce qui se passait dans la chambre d’Elodie. Pas un instant, elle n’a pensé que j’étais dans la cuisine, car manifestement, elle ne cherchait pas à être discrète. En fait, ça peut paraître bizarre, je n’ai entendu un couple faire l’amour qu’une seule fois : c’était à l’hôtel, dans un petit village, pas très loin de Barcelone, à quelques kilomètres de la mer. Le lit tapait contre la cloison de la chambre contiguë, c’est ce qui m’a réveillée. Gilles dormait encore. Je ne comprenais pas ce qui se passait, puis quand j’ai perçu des gémissements, j’ai compris que c’étaient ma voisine de chambre et son compagnon. J’ai écouté, je me suis demandé si je faisais pareil moi aussi, mais j’étais incapable de m’en souvenir. Par la suite, j’ai fait plus attention à mes réactions. Je me suis aperçue que je geignais et laissais échapper un petit cri quand le plaisir devenait trop intense. Cependant, quand les conditions l’exigent, j’arrive à me maîtriser, à jouir en silence.

Ce matin-là, à l’hôtel, j’ai eu un choc. Je me suis sentie voyeuse. « Entendeuse » serait le mot juste. Les sons, pour moi, en tout cas, sont plus troublants que ce qu’offre la vue : ils ouvrent le champ à l’imaginaire. A l’écoute de ce que je perçois, je me crée un univers plus beau, plus sensuel que la simple réalité.

Ça m’a donné envie de faire pareil, mais ne voulant pas réveiller Gilles, j’ai patienté jusqu’à ce qu’il se retourne dans le lit, ouvre les yeux. Il m’a trouvée particulièrement coquine quand on a fait l’amour ; il s’en est amusé, mais n’a jamais su pourquoi. Et au petit déjeuner, je n’ai pu m’empêcher d’observer les couples attablés dans la salle du restaurant pour essayer de deviner quel homme avait su donner du plaisir à sa femme, et m’avait réveillée si tôt. Plusieurs pouvaient correspondre mais, après tout, l’homme et la femme que j’avais entendus avaient peut-être déjà quitté l’hôtel…

La situation de Gilles nous permettait de vivre confortablement sans que j’aie besoin de travailler. Plus jeune, j’avais eu quelque temps un emploi de secrétaire médicale, mais quand on a déménagé et qu’Elodie est née, je suis restée à la maison, femme au foyer, comme on dit. J’avais peur : je voulais garder une certaine indépendance ; cependant, les recherches que j’ai tentées pour trouver un travail dans cette région nouvelle pour moi sont restées vaines ; peu à peu, j’ai trouvé de l’agrément et des avantages à mon statut. Je n’ai pas eu besoin de mettre Elodie en nourrice ; par la suite, j’étais à la maison pour l’accueillir après l’école, je pouvais veiller à ce que les devoirs soient faits, les leçons apprises, et à travers un tas de petites choses, l’aider à faire l’apprentissage de la vie. Gilles m’approuvait.

J’avais tout pour être heureuse, je menais une vie qui aurait fait rêver plus d’une jeune fille. Ce furent de belles années pour nous tous.

Quand ma fille est entrée au lycée, je me suis mise en quête d’un nouvel emploi. Ce ne fut pas facile : après plusieurs années hors du monde du travail, on a du mal à reprendre le rythme imposé et la discipline journalière. J’ai fini par trouver un petit job de secrétaire dans une entreprise de transport, un emploi à temps partiel ; ce qui me convenait parfaitement et me permettait de rencontrer des gens, même si les routiers appartenaient à un autre monde que le mien. Ils étaient souvent grivois, lançaient des plaisanteries grasses ; j’arrivais cependant à ménager une distance entre nous, tout en conservant un esprit de camaraderie. Leurs réflexions révélaient souvent un machisme que je croyais disparu. Je les écoutais sans rien en laisser paraître, bien sûr ; on m’aurait traitée, sinon, de bourgeoise.

J’avais deux amies, Sophie et Marie. Sophie était un peu plus jeune que moi, on était devenues proches quand, deux ans auparavant, elle avait divorcé d’avec Hubert. En fait, il l’a abandonnée avec ses deux fils pour une autre femme. Je lui ai remonté le moral, j’ai fait ce que j’ai pu pour l’aider ; c’est ainsi que nos liens se sont resserrés. Ça a été très dur pour elle au début ; heureusement, elle avait un emploi, et comme je ne travaillais pas, j’ai pu m’occuper de ses deux garçons. Après le divorce, Sophie a pu garder la maison où ils vivaient en couple, à deux rues de la nôtre.

Sophie était une grande femme blonde et mince, aux traits fins, presque anguleux. Il émanait d’elle un charme diffus, et même dans les moments difficiles, elle gardait un visage doux ; on sentait chez elle une tranquille assurance.

Sur sa vie privée, elle se montrait discrète, ne se confiant qu’à de rares occasions, quand le poids des soucis se faisait trop lourd. Elle n’avait pas retrouvé d’ami ; si j’abordais le sujet avec elle, elle demeurait évasive ou plaisantait avec une gaîté forcée. Son apparente sérénité cachait une blessure mal cicatrisée.

J’avais beaucoup plus d’affinités avec Marie. On se téléphonait presque chaque jour, on se donnait rendez-vous pour faire du shopping ensemble, on allait parfois au spectacle. Elle habitait à plusieurs kilomètres de chez nous, dans un village situé de l’autre côté de la ville, une grande maison calme à l’écart du bourg. Elle a rencontré Jean-Pierre, son mari, alors qu’elle était hôtesse de l’air et lui pilote de ligne. A ce que j’ai cru comprendre, les nuits d’escale étaient plus que coquines. Aujourd’hui, elle a quitté son métier à la demande de Jean-Pierre qui, lui, est passé commandant de bord. Il assure des lignes long-courrier vers l’Asie et l’Océanie. Ils n’ont pas pu avoir d’enfant. Sur ce point, Jean-Pierre paraissait le plus affecté des deux. Marie semblait s’en accommoder, ce qui m’a étonnée la première fois qu’elle m’en a parlé. J’en ai conclu qu’elle n’avait pas la fibre maternelle…

La chevelure de Marie passait du châtain clair en été à une teinte plus sombre en hiver, avec toujours de jolis reflets, sans le recours à la moindre coloration. Pour un peu, j’en aurais été jalouse ! Je l’avais connue très mince ; les rondeurs qui, à présent, étoffaient sa silhouette la rendaient encore plus féminine. C’est un fait, elle plaisait aux hommes, s’habillait pour qu’ils la remarquent. J’en étais parfois gênée quand on sortait ensemble. Elle ne travaillait pas ; pourtant, elle ne s’ennuyait jamais quand son mari partait pour plusieurs jours, ce qui arrivait souvent. Nous en profitions pour nous voir davantage, sortir…

*  *  *

Dans la cuisine, le soir où j’ai entendu la voix d’Ulrich, je suis restée pétrifiée. Je n’ai pas compris les mots qu’il a prononcés, tout juste ai-je distingué quelques syllabes, mais le ton était coupant. Elodie a répondu par un petit « oui » presque étouffé, qui m’a rappelé sa façon de faire quand, petite, elle était grondée et cherchait à éviter une réprimande plus sévère. En prenant cette voix, elle réussissait à nous amadouer, son père et moi, et de plus, elle enregistrait la leçon sans qu’il soit nécessaire d’insister ou de menacer. La tension retombait, les relations familiales reprenaient leur cours.

Mais Elodie était à présent une jeune fille dont le caractère s’était affirmé, et qui savait ce qu’elle voulait et ce qu’elle ne voulait pas. Comment alors expliquer une telle attitude de soumission alors elle était en train de faire l’amour avec son copain ?

Je suis restée un long moment perplexe, dans la pénombre de la cuisine, mais les voix s’étaient tues, le bruit avait cessé ; je ne percevais même pas un grincement.

Si seulement j’avais pu savoir ce qui se passait dans la chambre, j’aurais sans doute été rassurée, mais dans le doute, Ulrich m’apparaissait sous un jour nouveau. Je le voyais comme un démon qui harcelait ma fille, lui faisait subir les pires tourments. J’étais à deux doigts d’aller voir ce qui se tramait derrière la cloison. J’imaginais un Ulrich pervers qui, non content de supplicier ma fille, me faisait également subir des sévices !

Je commençais à avoir chaud, quand un bruit indistinct m’a rappelée à l’ordre. J’ai eu l’impression que l’un des deux se levait ; je ne voulais pas qu’on me surprenne, même si ma présence dans la cuisine était tout à fait justifiée. J’ai même cru entendre manœuvrer la serrure de la porte de la chambre d’Elodie, mais je ne savais plus si les sons que je percevais étaient extérieurs ou provenaient de ma tête. Je suis vite retournée dans ma chambre, sur la pointe de mes pieds nus.

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