La débauche

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ESPARBEC

La Musardine


tabouvieux et jeune


160 pages


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Résumé

Imaginez un jeune homme qu’on éjecte d’un pensionnat religieux parce qu’il s’y comporte fort mal. Ses parents, n’en voulant plus, le confient à son frère aîné âgé de vingt ans de plus que lui, et chez qui il fait connaissance de sa belle-soeur. Laquelle aurait l’âge d’être sa mère. L’âge seulement, parce que sinon la funeste Armande, femme perverse jusqu’à la moelle, n’a vraiment rien de maternel. Ce serait plutôt le genre marâtre et obsédée sexuelle.
«Tiens, tiens, se dit cette mégère, en voyant débarquer le novice. Un grand dadais, un puceau attardé ! Ma foi, pourquoi ne pas nous distraire avec lui ? »
Vous allez lire le récit de ces « distractions ». Et ne vous attendez surtout pas à rigoler !

 

Ayant écrit une centaine de « romans de gare » et « produit » dans son atelier près d’un millier, Esparbec est remarqué par Jean-Jacques Pauvert qui édite La Pharmacienne dans la collection qu’il dirige à La Musardine. En 1998, un récit autobiographique, Le Pornographe et ses Modèles, attire l’attention de la critique. Quant à La Pharmacienne, il devient en quelques mois un « livre culte ». D’autres romans vont suivre, où sa verve « démoniaque » se donne libre cours : La Foire aux cochons, Les Mains baladeuses, Amour et Popotin, Le Goût du péché, Monsieur est servi, La Jument, Le Bâton et la Carotte, Frotti-Frotta, Le Fruit défendu, Les Biscuitières.

 

« Le plus emblématique des pornographes contemporains. », Le Monde
« Le porno réclame d’être décoré, bien fourni en préliminaires. Et c’est en raccrochant ses livres à cet art du superflu ­qu’Esparbec livre des romans pornographiques très divertissants. », Les Inrockuptibles
« De longues et minutieuses descriptions, une insistance obsessionnelle dans celles des sexes de femmes, des actes sexuels divers décrits avec une grande véracité physiologique et le refus systématique de toute exagération métaphorique. », Brain Magazine

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CHAPITRE PREMIER

À dix-sept ans, je parvins enfin à m’arracher aux griffes des « frères », quittant à jamais le sinistre internat catholique où mes parents me laissaient moisir depuis ma plus tendre enfance. Il serait plus juste de dire qu’on m’en chassa, et d’une façon ignominieuse. Je raconterai plus loin comment cela se fit. Pour l’instant, ce qui vous intéresse, c’est ma rencontre avec Armande, et le tour que prit ma vie à partir de ce jour funeste.

Je suis un enfant de vieux, fruit tardif de l’union de deux intellectuels catholiques, enseignants tous les deux, qui m’avaient vu arriver avec le plus grand désarroi. Venant si tard, je dérangeais leur vie. Ils me le firent payer par une éducation d’une sauvagerie inouïe. Il n’y a qu’en province – et la nôtre est des plus reculées – qu’on peut encore assister à des dressages aussi forcenés que le fut le mien. Mais passons, il ne s’agit pas ici d’ergoter sur mon enfance sans joie. Disons qu’on m’a très tôt habitué à subir, à obéir, et donc à mentir et à voler mes plaisirs en cachette. Avec de tels antécédents, faut-il s’étonner que je sois devenu le jouet de la première femme qui a posé les yeux sur moi ? Dès le premier regard, et même avant, rien qu’au son de sa voix, j’ai détesté Armande, et elle m’a terrorisé, plus que ne l’avaient jamais fait mes vieux parents ou les infâmes gardes-chiourme affectés à notre éducation au collège de Saint-N.

Vingt-trois ans me séparaient de mon frère aîné, Jérôme, chez lequel je me rendis au sortir du pensionnat. Il avait été décidé que j’y habiterais jusqu’à ma majorité, mes parents ayant rejeté avec horreur l’idée de me recevoir sous leur toit en apprenant pour quelle raison on m’avait renvoyé. Je n’avais pas vu Jérôme depuis six ans quand j’arrivai chez lui, un soir de juin, par une chaleur étouffante, dans la petite ville de R.

Personne n’était venu m’attendre à la gare. Je me rendis à pied, n’ayant pas de quoi payer l’autobus, jusqu’au pavillon que mon frère habitait, à l’autre extrémité de la ville. Lorsque j’y parvins enfin, après plus d’une heure de marche, accablé par le poids de mes valises et suant sous ma défroque, (un costume d’hiver à l’étoffe raide et sombre), je ne reconnus pas l’homme qui vint m’accueillir. Il se tenait, indécis, sur le seuil du petit portail, et, derrière lui, j’apercevais l’allée de gravier bien peignée et les fleurs d’un jardin harmonieux. Un jet d’eau à tourniquet tremblotait sur une pelouse, crachant par spasmes une pluie scintillante sur le feuillage d’un rideau de tamaris qui protégeait les fenêtres du rez-de-chaussée de la curiosité des passants.

Il nous fallut à tous les deux une longue minute pour comprendre qui nous étions. Mon frère, qui ne savait pas à quelle date précise je devais venir chez lui, fut mis sur la piste par les deux grosses valises en carton que j’avais déposées à mes pieds. Moi, c’est à une grimace qu’il fit, sous le coup de la perplexité, un vieux tic de famille qu’il avait hérité de notre père, que je le reconnus.

— Mais c’est Gérard ! s’écria-t-il, sans témoigner pour autant une joie débordante. Entre donc, dépêche-toi, ne laisse pas pénétrer la chaleur de la rue dans le jardin.

Me laissant le soin de porter les valises, il me précéda dans l’allée qu’ombrageaient de grands tilleuls au feuillage touffu. Il régnait en effet sous leurs branches, au voisinage des jets d’eau, une fraîcheur qui surprenait agréablement après la canicule du dehors.

Mon frère avait maintenant quarante ans, et il avait grossi. Il était devenu entièrement chauve. Son regard, autrefois vif et malicieux, avait quelque chose de fourbe. Il marchait d’un pas traînant, l’air découragé. Nous arrivâmes ainsi derrière la maison, à une sorte de tonnelle qui s’accotait au mur.

— Pose tes valises, me dit-il et viens boire avec nous. C’est l’heure de l’apéro. (Il poussa un morne soupir.) Tu l’apprendras de toute façon, alors, autant te mettre dans le bain tout de suite. Ta belle-sœur et moi sommes devenus de véritables ivrognes…

— Armande ! cria-t-il, c’est le gamin.

Une voix de femme, agacée, acariâtre, surgit des profondeurs de la pièce qui ouvrait, par deux grandes portes-fenêtres, sur cette terrasse ombragée.

— Quel gamin ?

— Mon frère… tu sais bien… il est là…

Un silence suivit cette révélation. Peu après, un verre à la main, une jeune femme d’une étourdissante beauté s’encadra dans l’embrasure d’une des portes. Elle devait avoir dix ans de moins que mon frère ; elle était brune, mince, grande, – plus grande que moi, en fait – et sa poitrine assez lourde bougeait quand elle marchait, sous un T-shirt jaune qu’elle portait directement sur la peau. Ce qui me frappa tout de suite, c’est la sensualité animale qui émanait d’elle et la dureté impitoyable de son regard.

Quand elle sortit de l’ombre, je constatai que son T-shirt s’arrêtait en haut de ses cuisses nues et tout d’abord, interloqué, ne sachant où poser mes yeux, je crus qu’elle ne portait rien d’autre. Quand elle s’assit sur un fauteuil, un fauteuil de jardin, assez bas, en osier, et qu’elle croisa ses longues cuisses couleur de miel, j’entrevis à leur naissance quelque chose de noir que je pris pour des poils. Peu après, il fallut me rendre à la raison, ce n’était qu’une culotte noire, en dentelle ; mais quand même une culotte, un sous-vêtement, pas un slip de bain.

— Alors ? C’est toi qui fais des saletés entre garçons ? attaqua-t-elle d’emblée, en me toisant d’un air dédaigneux.

Je me sentis rougir. Un rire mauvais lui échappa.

— Tes délicieux parents ne nous ont pas fourni beaucoup de détails. Explique-nous un peu quel rôle tu jouais quand le surveillant vous a surpris. Étais-tu actif ou passif ? À tes joues de fille, je pencherais pour la seconde hypothèse.

Comme je la dévisageais stupidement, un curieux sourire retroussa sa lèvre supérieure, découvrant ses dents.

— Étais-tu dessus ou dessous ? Faut-il te faire un dessin ? Est-ce toi qui te le faisais entrer dans le cul, ou le rentrais-tu à l’autre ? me demanda-t-elle.

Stupéfait par la grossièreté de son langage, je jetai un regard éperdu à mon frère. Il se contenta de sourire dans le vague, d’un air hébété. C’est alors que mêlée au parfum dont elle était imprégnée, une odeur anisée me parvint de la jeune femme ; je compris qu’elle était ivre. Sur la table en effet, on pouvait voir une bouteille de pastis à demi vide, un pichet d’eau couvert de buée, une assiette contenant des olives niçoises minuscules et une coupe remplie de cacahuètes décortiquées.

— Armande, protesta enfin Jérôme, sur un ton apathique, ne sois pas agressive avec ce petit imbécile. Il est assez vexé comme ça par cette histoire sordide…

— J’aimerais quand même savoir qui nous allons héberger sous notre toit. Si c’est un vicieux qui trompait sa faim, faute de mieux, avec un garçon, ou si c’est un pédé de vocation.

Elle expédia dans sa bouche quelques cacahuètes grillées et poussa la coupe vers moi. Peu après, mon frère me remplissait à demi un verre de pastis et y ajoutait de l’eau et des glaçons.

— Mets-toi à l’aise, me dit-il, ôte cette veste.

Je lui obéis. Sous la veste sombre, je ne portais qu’une chemise. Elle était humide de sueur et me moulait le torse. Je surpris alors une brève lueur dans les yeux de cette femme déroutante.

— C’est très mauvais, me dit-elle, d’une voix changée, de garder un linge humide sur le corps. Enlève ça.

Mon frère, qui se versait à boire, lui décocha un regard furtif que, par la suite, j’allais apprendre à reconnaître, et se détourna, affectant d’inspecter les rosiers grimpants sur lesquels s’accrochaient des grappes noires de pucerons. Il marmonna quelques mots à propos d’un insecticide, pendant que je déboutonnais ma chemise et la déployais, pour la faire sécher, sur le dossier d’une chaise de jardin. Ma belle-sœur m’examinait maintenant avec une expression sérieuse qui m’étonna de la part d’une femme, qu’au premier abord, j’avais jugée frivole et superficielle.

— Alors, me dit-elle, pendant que j’avalais une gorgée de pastis, vas-tu répondre, tête de mule ?

Je n’avais jamais bu d’alcool de ma vie. Il n’en était jamais entré une goutte chez mes parents. Et au pensionnat, nous ne buvions même pas du vin arrosé d’eau. Cette première gorgée de pastis produisit un effet désastreux. Soudain une hilarité stupide s’empara de moi. Je la réfrénai tant bien que mal, mais je sentais trembler ce rire rentré au fond de mon ventre. La tête me tournait, tout me semblait indifférent…

— Est-ce toi qui la lui as mise, ou est-ce lui ?

— C’est moi, m’entendis-je dire.

Son regard s’alluma.

— Tout entière ? Et il aimait ça, lui ? Raconte. Donne-moi des détails…

— Armande… reprocha mollement mon frère.

Mais elle se contenta de hausser les épaules. J’avais avalé une seconde gorgée et j’étais maintenant tout à fait ivre. Avec l’inconscience d’un parfait crétin, je me mis à lui parler du jeune Rodolphe, un garçon à la peau très douce, aussi fragile qu’une fille, craintif et sournois, dont nous avions fait notre protégé. Entre nous – deux autres grands, moi-même, et le jeune Rodolphe – s’était instauré un jeu cruel. Après avoir longtemps couru dans le gymnase, après avoir longuement exercé notre force aux agrès, nous nous rendions au vestiaire sans passer par les douches. L’odeur de la sueur, notre échauffement ajoutaient à notre excitation. L’un de nous se jetait sur le jeune Rodolphe, lui tordait les bras derrière le dos. Il nous suppliait alors d’une voix geignarde, mais en prenant bien garde, cependant, à ne pas crier trop fort, ce qui aurait attiré l’attention du maître d’internat qui nous servait de moniteur d’éducation physique. L’un de nous lui abaissait sa culotte, découvrant ses cuisses graciles et son cul pâle, absolument dépourvu de poils. Alors il se mettait à nous insulter en pleurnichant, et s’efforçait de se libérer, mais au bas de son ventre sa verge blanche, toute raide déjà, trahissait sa trouble émotion et les plaisirs qu’il goûtait par avance à sa soumission, aux humiliations que nous lui ferions subir. C’était toujours moi qui l’enculais le premier. Je soulevais mon short de côté, libérant ma bite et mes couilles trempées de sueur. Je faisais glisser la peau du gland et je proposais celui-ci à la bouche de Rodolphe que mon compère obligeait, en lui tordant les bras, à se courber vers l’avant.

Mon gland dégageait une odeur forte et comme je ne me lavais pas souvent, il était parfois couvert de traces blanchâtres. Rodolphe pinçait les lèvres, mais l’autre, celui qui ne le tenait pas, lui tordait méchamment l’oreille, comme à un cochon qu’on veut faire crier, et Rodolphe criait, bien sûr, ce qui fait qu’il ouvrait grand la bouche et que je lui enfournais ma bite dedans. Il feignait d’éprouver la plus grande répugnance, ou peut-être l’éprouvait-il vraiment. Quoi qu’il en soit, sous la menace et sous les coups, il se soumettait à mon caprice, et se mettait à me la sucer, à me la mouiller abondamment de salive… Ensuite, je passais derrière lui et je lui écartais les fesses des deux mains ; je crachais vicieusement entre ses fesses et, de la pointe du gland, je badigeonnais son anus de salive. Après, il n’y avait qu’à forcer, ce que je faisais avec délice. Il était serré et brûlant, c’était une bénédiction que d’entrer dans son cul… Il poussait chaque fois un petit soupir abject et moi, tout en l’enculant (on l’avait lâché maintenant, car la comédie était finie, il se contenterait de subir), je lui palpais les couilles et la bite des deux mains. Je le branlais très fort et très vite pour qu’il jouisse avant moi. En très peu de temps, il éclaboussait de sperme le dossier de la chaise à laquelle il s’agrippait. Alors, je prenais tout mon temps. Épuisé par le plaisir, il devenait mou comme une petite femme (du moins, l’imaginais-je, car je n’en avais jamais vu que sur les revues cochonnes que les externes nous apportaient) et je me servais de lui longuement, le faisant ballotter comme une poupée.

Évidemment, je n’entrai pas dans le détail de ces turpitudes avec Armande, me contentant de lui dire qu’en effet, je la lui mettais tout entière. Qu’on le lui faisait de force, mais qu’au fond il aimait ça.

À cause de mon ivresse, une espèce de fanfaronnade cynique s’était glissée dans cet aveu ; ma belle-sœur me gratifia alors d’un regard qui me fit rentrer sous terre, lourd de dédain et de moquerie.

— Tu n’as pas à être si fier, me dit-elle. Une vraie femme, c’est autre chose…

Et se renversant en arrière, elle éclata d’un rire vulgaire en écartant les cuisses. Je crus que mon cœur s’arrêtait car je pris d’abord pour sa fourrure intime la tache sombre de la culotte. Ayant corrigé mon erreur, je n’en sentis pas moins une violente émotion m’envahir. La culotte noire, certes, empêchait de deviner ses poils. Mais le renflement, entre les cuisses, était terriblement évocateur. Il me sembla même, mais peut-être était-ce une illusion provoquée par l’alcool, que cette tache sombre, culotte et poils dessous, se plissait verticalement au milieu de la motte, comme si les lèvres étaient séparées. Mais cela ne dura qu’un instant. Ma belle-sœur s’était relevée ; elle se retourna, et je vis alors son beau cul opulent, un peu lourd, dont la chair tremblait à chaque pas ! La culotte entrait entre les fesses et de la sueur mouillait les globes charnus sur lesquels s’étaient imprimés en guirlandes roses les motifs décoratifs de la chaise d’osier.

L’instant d’après, elle disparut à l’intérieur. Peu de temps plus tard, de la musique s’éleva, une musique violente et barbare, du rock… je n’en avais alors jamais encore entendu, ni chez mes parents, ni à l’internat.

— Viens, me dit mon frère, je vais te montrer ta chambre.

Il s’empara de la veste que j’avais posée sur le dossier et moi des deux valises. L’un derrière l’autre, nous gravîmes l’escalier qui conduisait au premier étage. Ma chambre était la dernière, tout au fond, juste en face de la salle de bains. Mon frère poussa les persiennes, et la lumière entra à flots, avec les cris des oiseaux et les bruits de la fin de l’après-midi.

— Repose-toi, me dit-il. Je vais demander des draps à ma femme.

Je ne compris pas ce qu’il disait et je le suivis dans le couloir. Il poussa la porte de leur chambre qui communiquait avec la salle de bains. J’entrai derrière lui. C’est alors qu’il m’aperçut, dans la glace de l’armoire, et qu’il fronça les sourcils.

— Je t’avais dit d’attendre, grogna-t-il, désemparé.

Ma belle-sœur lui répondit d’un gloussement amusé. Elle était entièrement nue et son corps était constellé de gouttes d’eau. Je fus sidéré par la grosseur de ses seins et la largeur de leurs aréoles. Mauve foncé, elles dévoraient un tiers de la surface des globes laiteux. Souple, malgré sa lourdeur, sa poitrine oscilla sur son torse alors qu’elle se penchait, un pied posé sur une chaise, pour essuyer son mollet. Cette fois, ce n’était pas une illusion, j’aperçus distinctement dans la masse des poils humides, entre ses cuisses, un double repli rose, légèrement entrebâillé sur une chair d’une humidité suspecte…

— Eh bien, me dit Armande, on se rince l’œil, monsieur le vicieux…

Sans hâte, elle s’enveloppa d’un peignoir de tissu-éponge et noua la cordelière autour de sa taille. Sans s’occuper de moi, elle alla ouvrir l’armoire et y prit une paire de draps qu’elle posa sur le lit. Puis elle s’adressa à son mari :

— Va dans le débarras. Il doit y avoir un traversin et des oreillers de rechange en haut de l’étagère…

Le débarras, un grand placard mural, se trouvait dans l’angle de la chambre. Mon frère y pénétra en bousculant je ne sais quoi, et nous l’entendîmes fouiller… C’est alors que ma belle-sœur, après avoir jeté un regard sournois vers la porte dudit débarras, tira sur la cordelière de son peignoir qui s’écarta. Je la regardais, paralysé par l’étonnement. Son sourire avait disparu, et dans son regard très froid, éclatait une sorte de défi, de méchanceté souveraine, un mélange de mépris et de provocation puérile que je fus incapable d’analyser. Me fixant durement, elle écarta les pans du peignoir, me dévoilant son corps. Ses seins lourds se balançaient devant elle, pointes dressées, et au bas de son ventre velu, je vis à nouveau la fente verticale et les chairs luisantes, d’un rose étrange… Quelque chose dépassait du calice entrouvert, comme les pétales d’une fleur flétrie… Tout à coup, la bouche de ma belle-sœur se crispa. Une idée venait de la traverser, qui l’emplissait d’une joie malsaine. Une rougeur sombre était montée à ses joues. Sur la table de nuit, elle prit une brosse à cheveux au long manche de bois verni. Puis elle posa le pied sur le bord du matelas, et se tourna de façon à faire bâiller largement en face de moi la corolle poilue de son sexe. Je fus incapable de comprendre comment elle avait fait. En un instant, le manche de la brosse disparut dans sa chair. Elle le ressortit, et l’absorba à nouveau. Ses yeux ne quittaient pas les miens. Un sourire un peu fou lui retroussait les lèvres. Nous entendions mon frère qui jurait à voix basse en déplaçant des objets au fond du placard.

L’instant d’après, il reparaissait, portant un traversin et deux oreillers sans taie. Sagement assise à sa table de toilette, le peignoir refermé, Armande brossait ses cheveux. Il me tendit le traversin. Comme il lui tournait le dos, elle en profita une dernière fois. Elle posa la brosse sur la table de toilette et écarta les pans de son peignoir pour me montrer ses seins par le truchement du miroir. Au-dessus des globes de chair pâle, couronnés de grosses pointes sombres, je voyais son visage au menton étroit, plein de distinction qui me souriait avec un mépris glacial.

La soirée se passa très normalement. Nous dînâmes dans la salle à manger, servis par une jeune fille assez forte, Léone, la bonne, sur laquelle je ne fus pas long à le constater, Armande exerçait un ascendant irrésistible. Tout le temps qu’elle était dans la même pièce que nous, Léone n’avait d’yeux que pour ma belle-sœur. J’ignorais alors jusqu’à quel point Armande pouvait régner sur cette fille sournoise et apathique, à la chair molle et honteuse, mais non sans attraits. Je n’allais pas tarder à l’apprendre dans des circonstances qui m’ont à jamais marqué, faussant définitivement ma sensualité – et qui sont la cause principale de toutes les perversions que j’ai connues par la suite, et dont je suis loin de m’être purgé à l’instant où j’écris ces lignes.

 

 

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