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Résumé

Jeune bourgeoise timorée, Albertine s’ennuyait à mourir. Et voilà qu’elle rencontre la perverse Mathilda, qui aime tant « chasser la nuit ». Prise sous la coupe de la chasseresse, elle va descendre avec elle la pente avilissante des rencontres furtives… Ce qu’elle ignore, c’est qu’elle paie les pots cassés par son mari, il y a longtemps. La vengeance de Mathilda se mange froide, mais certaines viandes froides ne manquent pas de saveur. Albertine en fera l’expérience et Mathilda, appliquant à sa façon la loi du talion, rendra une chienne au chien qui jadis a fait d’elle ce qu’elle est devenue : une bête des nuits en quête de sensations perverses…

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CHAPITRE PREMIER

L’après-midi, Albertine avait l’habitude de venir dans un salon de thé-librairie de la rue Quincampoix, à deux pas de Beaubourg. Elle achetait rarement mais c’était l’occasion de tromper son ennui en se laissant bercer par l’ambiance bruyante de l’endroit. Cependant, depuis quelques jours, elle se sentait mal à l’aise. Une femme l’observait sans se cacher.

Comme elle, l’inconnue devait approcher la trentaine. Elle était grande, mince, avec des seins opulents que sa robe d’été mettait en valeur. Elle avait des yeux bleus et de longs cheveux platinés. Le visage était bizarre. Les traits fins possédaient un réelle beauté mais leur aspect figé faisait ressembler la figure à un masque. C’était surtout cela qui gênait Albertine, outre le fait d’être épiée.

Cette fois, elle n’y tint plus. Elle posa un billet de cinquante francs sur la table et quitta le salon. Cette femme était peut-être une détraquée. Il y avait comme une menace dans son attitude. A un moment, l’impression était devenue insupportable.

Au carrefour, Albertine traversa la rue de Rivoli. De l’autre côté, elle entra dans le parc de la tour Saint-Jacques. Son cœur battait encore à grands coups. Elle se laissa tomber sur un banc, tira un mouchoir de son sac à main et essuya son front. L’atmosphère électrique lui mettait les nerfs à vif. L’été commençait à peine mais il faisait une chaleur étouffante. Le ciel gris et bas laissait présager un orage.

La sensation d’une présence lui fit lever la tête. Elle se heurta au regard figé de l’inconnue du salon de thé. Sidérée, elle ne put que balbutier :

— Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous, à la fin ?

Elle eut un sursaut quand la femme s’installa à côté d’elle.

— Je m’appelle Mathilda et je veux vous parler.

— De quoi ? Je ne vous connais pas.

Mathilda eut un sourire. Ce fut bref ; l’espace d’un instant elle parut plus jeune. Le masque figé s’effaça, laissant place à l’expression amusée d’une femme sensible. Cependant, elle retrouva vite son impassibilité.

— Vous non, mais moi si. Je suis venue vous parler d’un certain Philippe Maidan.

Albertine resta bouche bée. Ensuite, elle rougit jusqu’aux oreilles et répondit :

— C’est la première fois que j’entends ce nom.

Mathilda sortit une enveloppe de son sac et la tendit à Albertine qui la prit d’une main tremblante. Elle voulait croire de toutes ses forces que ses craintes étaient fausses. Pourtant, elle savait déjà ce qu’il y avait à l’intérieur.

Les photos dissipèrent ses dernières illusions. C’était bien elle, nue dans les bras de Philippe, sur le lit de la chambre d’hôtel où ils se rendaient pour leurs ébats amoureux. La précision et la crudité des images portèrent sa honte à son comble. Ici, elle était à quatre pattes et léchait la queue de Philippe. Là, c’était lui qui parcourait sa fente béante à grands coups de langue. Sur une photo, ils étaient tête-bêche. Sur une autre, elle était coincée sous son amant, les jambes à la verticale, pendant qu’il enfonçait sa verge dans son vagin. Le plus obscène était l’expression de son visage. Jamais, elle n’aurait cru afficher un tel air de plaisir cynique. Sa honte redoubla quand elle sentit une humidité caractéristique naître entre ses cuisses.

La voix ironique de Mathilda l’arracha à la contemplation des photos.

— Voilà qui intéresserait ce cher Adrien, n’est-ce pas, madame Momart ?

Albertine la fixa avec surprise.

— Comment connaissez-vous le prénom de mon mari ?

— Peut-être parce que je l’ai rencontré avant vous. Il paraît qu’il est plutôt volage et qu’il ne s’occupe guère de vous, mais qu’il est quand même jaloux comme un tigre.

Albertine resta confondue. Comment cette femme était-elle si bien renseignée sur son époux ? Elle ne s’était pas trompée en la jugeant dangereuse quand elles se trouvaient au salon de thé. Et d’où tenait-elle ces clichés ?

L’idée la frappa comme un coup de poing. Et si Philippe était complice ? Après tout, il avait insisté pour choisir l’hôtel où ils abritaient leurs jeux sexuels. Mais non, c’était trop horrible, elle ne voulait pas y croire. Pourtant, plus elle réfléchissait plus le soupçon prenait corps dans son esprit.

Mathilda reprit l’enveloppe avec les photos et se leva.

— Venez ! Nous avons à faire ! Et soyez obéissante si vous ne voulez pas que votre mari reçoive un jeu de ces photos.

Albertine la suivit, tête basse. Elle redoutait trop les fureurs d’Adrien, et elle tenait aussi à la sécurité matérielle qu’il lui assurait.

 

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