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Résumé

Retrouvez chaque mois la réédition d’un volume de la collection Simples Murmures, dirigée à l’époque par le célèbre Robert Mérodack. Des textes licencieux, sadomasochistes, où tous les tabous sont mis aux oubliettes, ainsi que les victimes de maîtres aux mille perversions… Totalement introuvable ailleurs qu’en format numérique, aux éditions Média 1000 !

La Fugueuse, un roman de soumission féminine et d’initiation sexuelle signé Robert Mérodack !

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La première fois que j’ai entendu du bruit, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un oiseau et je n’ai pas quitté ma table.

La nuit était faussement silencieuse, comme à l’accoutumée : même lorsqu’il n’y avait pas de vent, cette vieille maison craquait toute seule.

Il y eut un autre bruit que je ne parvins pas à identifier. Cela venait du garage. Pestant à voix haute, j’allai voir. La lumière était allumée, mais cela ne m’étonna pas, car j’oubliais parfois de l’éteindre.

Je m’aperçus alors qu’un des supports de la grande planche de bois sur laquelle étaient alignées des pommes, avait cédé, sans doute sous l’effet de la rouille, ou peut-être à cause d’un chat. Les fruits avaient roulé sur la terre battue. Je décidai qu’ils pouvaient y rester jusqu’au lendemain. Mais, comme j’allais éteindre la lumière, j’entendis une plainte. Cela venait du coffre de ma voiture !

J’allai l’ouvrir, perplexe.

À l’intérieur, il y avait une fille très jeune, blottie en chien de fusil, effrayée et haletante !

– Qu’est-ce que tu fais là ?

L’incongruité de cette situation me laissa pantois.

Durant quelques instants, j’observai cette gosse recroquevillée dans une position inconfortable et qui jetait des coups d’œil apeurés autour d’elle et vers moi.

Son visage était sale de cambouis et de poussière ; ses cheveux châtain sombre, sans doute bouffants à l’origine, collaient par endroits sur son crâne.

Des taches de graisse et de boue maculaient ses bottes et son pantalon clair et son blouson de cuir. Je ne sais pas pourquoi, mais je me fis immédiatement la réflexion qu’il devait s’agir de vêtements volés : malgré leur état, ils étaient trop neufs et trop bien coupés…

Après m’avoir observé d’un air soupçonneux, sans un mot, elle se releva lentement.

Comme elle allait se mettre debout et que je craignais qu’elle ne se heurtât la tête, je voulus lui prendre le bras. Aussitôt, elle poussa un hurlement et se débattit avec rage, me lacérant la joue de ses ongles.

La découverte de cette gamine m’avait amusé quelques instants, mais sa réaction agressive me mit en fureur. D’un bond, je lui saisis les poignets et les lui réunis dans le dos, d’une seule main, tout en la forçant à se mettre debout.

Son blouson sali s’écarta, révélant un tricot moulant percé par les pointes de ses seins. Je me demandai la raison de cette turgescence. La peur, le froid, l’excitation d’être manipulée avec quelque rudesse ?

En tout cas, elle se tut et cessa de lutter. Mais je n’étais plus d’humeur à lui faire confiance. Ma joue me brûlait. Sans douceur, je lui pris le bras et la propulsai à l’intérieur de la maison.

– Avance, que je te pose quelques questions !

Elle se laissa mener sans protester ni résister. Je n’en fus que plus méfiant. En franchissant la porte avec elle, je sentis un objet dur dans la poche de son pantalon, si bien qu’avant de la lâcher, je décidai de la fouiller. L’objet en question était un couteau automatique à cran d’arrêt.

J’étais trop furieux pour avoir la moindre intention directement sexuelle, mais de la maintenir fermement contre moi et de plonger ma seule main libre dans ses vêtements serrés commença à me faire bander. Je n’en poursuivis pas moins mes explorations et trouvai les restes fondus et collants d’une barre chocolatée, un cinquantaine de francs en pièces et un étui plastique jauni avec un petit calendrier. Aucun papier d’identité.

– Quel âge as-tu ?

– Dix-huit ans…

– Vraiment… ? Je t’en aurais donné douze, à peine…

– C’est faux ! J’aurai seize ans le mois…

Elle glapit, comprenant qu’elle venait de se trahir. Sous le cambouis, je pense même qu’elle rougit.

Je faillis éclater de rire mais parvins à me retenir. Ma main relâcha ses poignets.

– D’accord ! Tu as quinze ans et j’aimerais savoir ce que tu faisais dans le coffre de ma voiture !

Je la poussai vers la chaise de la cuisine. Elle y tomba assise et resta silencieuse.

– Écoute, ma petite. Je ne sais pas d’où tu viens ni où tu veux aller. Mais, en raison de la manière dont nous avons fait connaissance, je devrais t’emmener chez les flics en vitesse et t’y abandonner. La seule autre solution est de te ramener chez tes parents. Alors choisis rapidement ou je te flanque une fessée !

– Mon père est mort… Je suis en fuite… Je n’habite pas ta région…

Sa voix était brisée. Elle semblait sincère. Décidément, la situation se compliquait.

– Et ta mère ?

– Elle me déteste…

Ma jeune visiteuse éclata en sanglots.

Elle posa les coudes sur la table de la cuisine et cacha son visage dans ses mains.

– Ma mère me déteste… Je suis sûre qu’elle est trop contente que je me sois enfuie ! Elle n’arrêtait pas de me dire que je lui ai gâché sa vie. Qu’elle ne m’a jamais désirée…

Elle renifla bruyamment avant de continuer.

– Celui dont je parle, c’était mon beau-père. Mon vrai père est mort avant que je sois née… Enfin, c’est ce qu’elle m’a dit… J’aimais bien Jean-Pierre, mais ma mère disait qu’il m’aimait plus qu’elle et qu’il était plus gentil avec moi qu’avec elle. C’est l’excuse qu’elle prenait pour me cogner. Lui, il me protégeait, mais depuis qu’il s’est pété la gueule en voiture, elle n’arrêtait plus de me battre… Tu ne me crois pas…

Les larmes aux yeux, elle se tourna vers moi et releva son tricot. Ses seins, pâles et bien ronds pour son âge, ainsi que son abdomen, étaient zébrés de marques allant du rouge au violet, avec des bordures nettes.

– Elle me battait tous les jours ou presque, avec une ceinture. Sur tout le corps !… Je la déteste ! je la déteste !… Lui, souvent, il me caressait la poitrine après, pour me soulager… Évidemment, elle détestait ça… Je ne veux plus aller chez elle… Je ne veux plus… Emmène-moi plutôt chez les flics ! J’irai en prison. Je n’ai rien fait de mal mais ça ne fait rien… Cela vaudra toujours mieux que de retourner chez ma mère…

Je ne voulais pas me laisser apitoyer. Cette gosse était convaincante, mais elle l’était peut-être trop pour être tout à fait sincère… Elle renifla et tourna la tête vers moi, les yeux mouillés, l’air adorablement misérable.

L’emmener à la gendarmerie me semblait inconsidéré. Certes, je n’appréciais pas son irruption, mais je n’allais tout de même pas porter plainte parce qu’elle s’était cachée dans ma voiture et m’avait griffé la joue… Quant à la livrer aux gendarmes sous le simple prétexte qu’elle était mineure, cela aurait relevé de la délation pure et simple…

– Que faisais-tu dans le garage ?

– J’ai vu les pommes… Il y avait de la lumière… Je n’ai pas mangé depuis deux jours… C’est à cause de ces types, au supermarché…

Le récit qu’elle me fit alors manquait de clarté. Elle était partie de chez elle quarante-huit heures plus tôt, avait traversé la moitié de la France grâce à un routier complaisant qui, selon ses dires, « ne lui avait rien demandé en échange ». Elle s’était retrouvée à une cinquantaine de kilomètres d’ici en train de dévorer des biscuits et des chocolats dans les rayons d’un supermarché quand une bande de loubards l’avait abordée. Ils voulaient qu’elle se joigne à eux, mais elle avait réussi une première fois à leur échapper et à sortir du magasin. Ils l’avaient rattrapée sur la route et avaient proposé de l’emmener où elle voulait, mais ils s’étaient arrêtés dans la campagne et avaient tenté de la violer.

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