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Résumé

Monica, jeune stagiaire chez un sénateur américain, va découvrir les dessous plus ou moins reluisants des classes dirigeantes. On ne croirait jamais que ces gens qui dirigent le monde sont eux-mêmes soumis aux vices les plus crapuleux. Qui mène le sexe, mène le monde, disait le sénateur N. Mais lui-même, n’est-il pas l’esclave de ses désirs ? Ne peut-on pas le faire trottiner comme un petit chien qui réclame son sucre ? Son sucre ou son stupre ? Après une initiation mouvementée, notre petite stagiaire va vite gravir les échelons de la haute politique… Et qu’importe si elle est plus souvent couchée qu’assise, l’essentiel est d’arriver, non ?

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CHAPITRE PREMIER

Une pluie torrentielle noyait les rues de Washington D.C. depuis l’aube. Les voitures roulaient pare-chocs contre pare-chocs. Seule à l’arrière de son taxi, Angélique Lordsay, le nez contre la vitre, essayait de voir les bâtiments gris qui défilaient au ralenti. Une canalisation éclata au passage d’un bus scolaire et l’eau grimpa jusqu’aux essieux en quelques instants. Le chauffeur, un Hawaïen affublé d’une casquette des Yankees, l’équipe de base-ball locale, mit la radio. Un œil sur le rétroviseur, il dévisagea longuement sa passagère avant de lui parler.

— Française, hein ? Je les reconnais, moi ! Elles ne sont pas coincées comme les filles d’ici, ça se voit au premier coup d’œil.

Flattée, Angélique lui accorda un sourire et regarda la route, tandis que le chauffeur continuait à l’observer. Brune, les cheveux mi-longs qui encadraient un visage lisse et des yeux noisette, Angélique offrait l’apparence d’une jeune fille modèle. Elle n’était pas maquillée, car l’avion avait subi des turbulences avant l’atterrissage, ce qui l’avait empêchée de se refaire une beauté. Vêtue d’une robe d’été qui lui arrivait aux genoux, avec un décolleté léger dévoilant à peine la générosité de ses seins, Angélique était une Parisienne de vingt-quatre ans. Elle venait d’achever avec succès un cycle d’études en relations internationales.

Après quatre ans plongée dans les livres et les traités politiques, elle avait obtenu une bourse pour terminer sa formation au sein de la plus fameuse administration au monde, celle de la Maison Blanche. Chaque année, dans le cadre d’échanges internationaux, quelques étudiants du monde entier, triés sur le volet, se voyaient offrir un séjour d’une année à Washington. Des familles de la bonne société de la capitale les hébergeaient gracieusement et les aidaient à faire leur chemin dans les méandres de la politique américaine. Ayant passé avec succès les derniers entretiens à l’ambassade américaine de Paris, Angélique avait été finalement la seule Française retenue. Après deux mois de vacances, elle débarquait à Washington avec  l’envie de découvrir de près la vie politique américaine.

Hormis plusieurs séjours linguistiques à Londres, elle n’avait jamais voyagé loin. Elle espérait donc pouvoir concilier le travail et le tourisme sur la côte Est des États-Unis. Le taxi s’éloigna des artères bondées et franchit le Potomac. Instantanément le paysage changea. Des maisons posées au milieu d’immenses parcs verts succédaient aux immeubles administratifs. Ils passèrent devant un terrain de golf, puis le taxi bifurqua dans une allée bordée d’arbres de haute taille. Après cent mètres, ils arrivèrent devant une demeure de style victorien, avec de hautes colonnes soutenant un portique et une façade en pierre blanche. La bannière étoilée flottait sur le toit, balayée par la pluie. Le taxi s’arrêta devant le perron, puis le chauffeur aida Angélique à sortir sa lourde valise à roulettes. Après avoir réglé la course, elle le regarda repartir avec un pincement au cœur. Cette fois, elle était bel et bien arrivée à Washington.

Angélique se retourna vers la porte d’entrée, digne d’une cathédrale, ornée d’une caméra. Elle n’eut pas à sonner, car la porte s’ouvrit avec un déclic. Une Noire sculpturale se tenait dans l’entrebâillement, en robe noire et tablier blanc, un petit calot assorti sur ses tresses nouées en chignon. Grande, dépassant Angélique d’une bonne tête, elle la toisa d’un air maussade. Avec l’accent traînant des gens du Sud, elle demanda :

— Si c’est pour une œuvre de charité, ce n’est pas le moment !

Pour dissiper le malentendu, Angélique s’efforça de sourire.

— Je suis Angélique Lordsay, je suis attendue par le sénateur Cartright.

Les yeux de biche de la servante s’agrandirent et sa voix se radoucit.

— Oh ! La Frenchie ! Madame m’a effectivement annoncé votre arrivée. Veuillez entrer !

Elle s’effaça pour laisser passer Angélique, qui tira sa valise derrière elle. En voyant son geste, la servante posa une main sur la sienne.

— Je m’en occupe ! Suivez-moi, je vais vous montrer votre chambre.

Angélique céda sous la pression de ses doigts, aux ongles longs comme des griffes et peints en blanc. Le regard insistant de la Noire la mettait mal à l’aise. La porte se referma derrière elles. Le hall immense était vide et froid, décoré de marines sans grande valeur artistique. Le goût du sénateur Cartright pour tout ce qui avait trait à la mer se traduisait par des objets de navigation, posés sur des étagères ou fixés aux murs. La maison comportait deux étages, reliés par un escalier de marbre.

— Ici, ce sont les appartements de Madame et Monsieur, précisa la servante une fois au premier.

Malgré le poids de la fatigue, elle montait allègrement les marches en tortillant de la croupe sous le nez d’Angélique. Le second étage, mansardé, était décoré à la mode texane, comme dans un ranch. Comme si le sénateur Cartright tenait à masquer ses origines dans ses appartements officiels, et se « lâchait » dans la partie non fréquentée pas ses invités.

— Voilà, c’est ici !

La Noire ouvrit une porte près de l’escalier et invita Angélique à entrer. D’emblée, elle comprit que le mot chambre, au sens américain du terme, était loin de qualifier une vulgaire chambre de bonne sous les combles d’un immeuble parisien. Poussant une seconde porte après un petit hall, Angélique découvrit en effet avec étonnement un grand studio, avec vue sur le parc et sur la piscine couverte, et une salle de bains privée avec une baignoire sabot en cuivre, comme dans les westerns. Avant de se retirer, la Noire lui remit la clef de son appartement et lui souhaita un bon séjour.

— Si vous avez besoin de quoi que ce soit, ma chambre est en face…

Une fois de plus, Angélique fut troublée par la façon dont elle la dévisageait. Seule, elle prit un bain et rangea ses affaires dans la penderie. Il pleuvait toujours, le ciel plombé obscurcissait la chambre. En peignoir, le front appuyé contre la vitre, elle avait envie d’allumer une cigarette, mais hésitait en l’absence de cendrier. Bien que fatiguée, elle rejeta aussi l’idée d’une sieste car elle préférait attendre et dormir la nuit pour être en forme pour son premier week-end à Washington. Elle décida de s’habiller pour descendre à la cuisine prendre une collation, le plateau-repas de l’avion n’étant plus qu’un lointain souvenir.

Angélique dénouait la ceinture de son peignoir lorsqu’on frappa à la porte. Pensant qu’il s’agissait de la servante, elle l’invita à entrer.

— C’est ouvert !

Traversant la grande chambre, elle se retrouva nez à nez avec une femme en tailleur noir strict, portant un petit chapeau assorti et des souliers plats. Son chemisier blanc, boutonné au col, avait du mal à dissimuler sa faramineuse poitrine. Seuls ses cheveux blonds, tenus par un large nœud noir, apportaient un brin de fantaisie à sa figure austère. La quarantaine sensuelle, la femme dévisageait Angélique avec une mine peu amène. Embarrassée d’apparaître en tenue négligée, Angélique perdit tous ses moyens. La ceinture lui glissa des mains et les pans de son peignoir s’écartèrent. La large bouche de la femme se crispa et elle fronça les sourcils.

— Je suis Gladys, l’épouse du sénateur Cartright ! Où vous croyez-vous, Mademoiselle ? Veuillez vous couvrir ! C’est une maison respectable, ici !

Rouge de honte, Angélique ne put que bafouiller une plate excuse, cherchant ses mots en anglais. Alors qu’elle essayait de refermer son peignoir, Gladys Cartright s’approcha et l’ouvrit davantage, aussi sèchement que si elle tirait des rideaux. Le peignoir dévoila les seins d’Angélique. Ses aréoles minuscules faisaient ressortir leur grosseur. La découverte du sexe épilé, aux lèvres bien dégagées, scandalisa la digne épouse.

— Mon Dieu ! Mais nous ne sommes pas dans un bordel ! Comment peut-on s’exhiber de la sorte !

Incapable de bouger ou de parler, les larmes aux yeux, Angélique la vit avec stupeur effleurer son pubis nu, puis retirer la main comme si c’était sale.

— Montrez-moi vos habits !

Redevenue une gamine sermonnée par sa maîtresse, elle ouvrit la porte de la penderie d’une main tremblante. Dans le mouvement, son peignoir glissa sur ses épaules et tomba à ses pieds, offrant la vision de son cul rond à l’épouse du sénateur. Celle-ci fit mine de l’ignorer et se mit à fouiller sur l’étagère où étaient soigneusement pliés les culottes et les soutiens-gorge. Au hasard, elle sortit de la pile un slip en fine dentelle rose. Après avoir mis sa main à l’intérieur, elle bougea les doigts et le regarda en transparence.

— Ma parole ! Vous les avez empruntés à cette fainéante de Whoopie ou quoi ? Vous allez me faire le plaisir d’acheter des sous-vêtements plus convenables !

D’une voix étouffée par l’émotion, Angélique promit. Gladys sembla s’adoucir lorsqu’elle examina les tailleurs et les quelques robes suspendues aux cintres. Si elle fit la moue devant les couleurs plutôt claires, elle n’eut cette fois aucun commentaire désobligeant.

— Bien ! Habillez-vous, mon chauffeur va vous conduire au centre-ville pour vos achats. Demain nous donnons une réception, il vous faut être impeccable.

Prenant Angélique par surprise, Gladys l’embrassa sur la joue comme une gamine et sortit sans un mot. Encore stupéfaite, il lui fallut quelques instants pour se ressaisir. Dans quelle maison venait-elle de mettre les pieds ?

 

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