L’AFFAIRE DES VALISES NOIRES

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MONTLAUR Erika

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Broché / 120 pages


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Résumé

Lorsqu’une danseuse étoile est renversée par un chauffard place de l’Opéra, ce n’est qu’un fait divers. Mais elle est kidnappée par de faux ambulanciers, et la police est sur les dents !
Lorsqu’on la retrouve dans une valise capitonnée, vivante mais amputée des quatre membres, l’affaire concerne les Détectives du Bizarre ! D’autant qu’à chacun de ses passages à Paris, la danseuse devenait l’esclave amoureuse de Catherine…
Très vite, il y a d’autres victimes, toutes jeunes et resplendissantes de santé, dont la vie est bouleversée par un enlèvement au cours duquel elles subissent les mêmes horribles mutilations. Dans quel but ? Certes, rééduquées par le bon docteur Lazlo, elles apprendront qu’être femme-tronc n’empêche pas d’avoir du plaisir ni d’en donner à leurs partenaires.
Quel est donc le chirurgien génial qui commet ces crimes odieux ?
Les risques auxquels s’exposent les jolies détectives sont à la mesure des voluptés qu’elles vont découvrir.

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La salle de l’Opéra de Paris était bondée. La grande danseuse étoile Olinka Stefanova faisait sa rentrée triomphale en France, après une tournée européenne, avec une création grandiose du Lac des Cygnes, revisité selon ses penchants masochistes dont elle aimait truffer tous ses spectacles. Elle virevoltait sur scène au claquement des fouets ou se jetait à terre aux pieds de ses partenaires, le visage tourmenté par le désir. La Stefanova avait introduit dans l’univers codifié de l’Opéra une sensibilité et une imagerie peu communes. Jouant sur les stéréotypes avec maestria, la jeune danseuse polonaise maîtrisait son art en l’alliant à une exploration in fine de ses pulsions les plus secrètes. La grâce flirtait avec la violence en un cocktail troublant et sincère que percevaient les amateurs. Pour le reste du public, engoncé dans ses habitudes artistiques, ces « opéras de souffrance » n’étaient qu’une invention de critique en mal de copie, une élucubration perverse, car il ne voyait que la beauté et la maîtrise corporelle de la danseuse.

La première affichait complet depuis plusieurs mois. Tout ce que la capitale comptait de célébrités rivalisait en toilettes chic et en bijoux. Music-hall, show-biz, monde politique se fréquentaient allègrement. Le spectacle touchait à sa fin. Olinka s’était une fois encore révélée étourdissante. Le public ébloui vibrait à une scène dramatique rythmée par les notes de Tchaïkovski.

Dans une loge d’honneur, Catherine assistait au dénouement, les yeux chavirés par la grâce d’Olinka. La téméraire détective du bizarre goûtait particulièrement les opéras revus et corrigés par le subtil masochisme de la danseuse étoile. Elle était devenue l’une de ses plus ferventes admiratrices et, à force de harcèlements, était parvenue à séduire le cœur de l’artiste. Quand d’autres encombraient les loges de bouquets de fleurs, Catherine, la première fois, envoya un fouet dans un écrin doré : « Je meurs d’envie de vous faire danser… avec cet instrument. Votre maîtresse dévouée. » La jeune Polonaise se rendit immédiatement au rendez-vous. Et voilà comment peut naître une relation intime, sur un simple mot bien choisi. À chaque passage de la danseuse à Paris, celle-ci envoyait à Catherine une place d’honneur, au balcon, et la détective faisait porter dans la loge un présent propre à émoustiller les sens, une invitation au plaisir digne d’Olinka Stefanova.

Elle tourbillonnait sur elle-même, aux vibrations de l’orchestre. Catherine, les yeux mi-clos et humides, rejeta sa tête en arrière, puis gémit vaguement. Ses mains parcoururent sa magnifique robe de soirée en velours blanc. Ses seins palpitaient, s’affolaient, compressés par un corset victorien qu’elle avait serré trop fort, par coquetterie. La jeune détective n’en pouvait plus. Elle fouilla dans ses jupons, releva les dentelles de sa robe sur ses cuisses, découvrant ses jambes nues, son sexe et… sa fidèle secrétaire, l’amoureuse Sophie, entièrement nue, agenouillée et qui lui léchait le clitoris avec gourmandise, l’aspirait, le tirait entre les dents. Les mains agrippées aux mollets de son amante, elle cherchait à s’enfouir le visage dans la toison rousse, à enfoncer la langue aussi loin que possible dans la vulve chaude. Catherine referma brutalement ses cuisses musclées sur les joues rouges de Sophie dont les mains lui parcouraient fébrilement les jambes.

Catherine ramena un pied sur le dos de sa secrétaire. Ses magnifiques escarpins noirs brillèrent d’un éclat voluptueux dans la pénombre de la loge, se détachant sur la peau blanche de Sophie. Le talon aiguille s’enfonça au creux des reins, forma une petite étoile dans la chair, puis remonta un peu, laissant sur son passage un sillon qui fit geindre la jeune fille nue. Sa plainte fut étouffée par l’étau des cuisses qui restaient obstinément fermées sur son frais minois.

La jeune fille lécha de plus belle, hypnotisée par l’odeur de son amie. Ah, la fragrance si singulière des rousses ! L’orchestre finissait en apothéose. Olinka volait dans les airs, embrasait la scène de l’Opéra. Catherine, transportée par la magie de la danseuse et la langue experte de Sophie, sentit un orgasme intense l’envahir et irriguer toutes les fibres de son corps. Ses jambes se raidirent, ses seins gonflèrent, leurs pointes rougirent. Elle se mordit les lèvres avant de hurler son plaisir au climax du mouvement orchestral. Un mélomane averti pouvait-il vraiment déceler cette subtile discordance dans la montée tonitruante des cuivres ?

Le public en extase applaudit à tout rompre. Ovations et vivats ! Des admirateurs debout, en larmes. Encore chavirée par l’orgasme, Catherine ne savait plus trop où elle se trouvait. Adorant faire l’amour en public, elle prenait presque ces applaudissements pour elle. Son exhibitionnisme assumé décuplait son plaisir. Dans la pénombre de sa loge d’orchestre, elle remit de l’ordre dans sa toilette, cherchant des yeux les spectateurs qui auraient pu la surprendre avec leurs jumelles de théâtre. Sous ses jupons, une Sophie encore insatisfaite astiquait désormais l’escarpin gauche de son amie, débordant le bout de sa langue frétillante sur la cheville nue et la plante du pied, arquée et tendue par le talon verni de quinze centimètres.

— Allons, Sophie, plus tard ! C’est fini. Rhabille-toi avant que les lumières ne se rallument.

La gourmande abandonna à regrets le tendre pied de sa compagne. Ses vêtements gisaient au fond de la loge, en boule. Il ne lui fallut que quelques instants pour ajuster ses bas à son porte-jarretelles, enfiler sa courte jupe noire, son corsage moulant et sa veste. Catherine ramena du pied la petite culotte de sa secrétaire et l’enfouit malicieusement dans son sac.

 

*

 

 

La grande brasserie devant l’Opéra ne désemplissait pas. De nombreux invités de la première trinquaient au nouveau succès d’Olinka Stefanova. Critiques et professionnels de la danse prédisaient un triomphe.

En terrasse, Catherine et Sophie guettaient l’arrivée de la star. C’était devenu un rituel entre elles. Catherine avait horreur de la cohue envahissant les loges et les couloirs. Olinka devait se changer rapidement, mettre la tenue qu’exigeait Catherine et accourir au lieu de rendez-vous avec son précieux cadeau.

— Que lui as-tu offert, ce soir ? demanda Sophie.

— Un modèle très spécial de mors métallique avec une têtière, répondit-elle, le regard rêveur. J’ai envie d’une chevauchée fantastique cette nuit, avec deux petites juments racées, ma chérie.

— Chic ! Et moi aussi, j’aurai un joli mors ! Est-ce que tu as pensé à des godes munis de queues de cheval ?

Le serveur ployait sous trente ans de restauration et affichait un air maussade et blasé. Mais quand il reconnut le décolleté sensuel de Catherine et les cuisses nues de Sophie, il rajusta son nœud papillon. Lui aussi, par bonheur, profitait des rendez-vous des détectives avec la danseuse-étoile. Très intuitive et observatrice, Catherine avait compris dès le premier rendez-vous quel genre d’homme il était. Depuis lors, un rituel s’était instauré, agréable divertissement dans l’attente de la vedette.

Transfiguré, sans rapport avec l’employé grisâtre qu’il était encore quelques secondes avant, il s’approcha de la table, sourit, se dressa dans son impeccable gilet rayé et salua avec déférence les deux jeunes clientes.

Catherine était d’humeur joueuse ce soir, suspendant le temps à sa fantaisie. Le barman se figea stupidement, dans l’attente de… Que serait-ce, aujourd’hui ? Elle n’avait fait durer l’instant que quelques secondes, mais cela suffisait pour le troubler. Catherine observa le rouge apparaître en plaques sur ses joues. Malgré la commande, il restait là, stoïque et confus. Un jour, peut-être, jouerait-elle jusqu’au bout de sa frustration, le privant du plaisir qu’elle et son amie lui accordaient ? Mais elle fit le geste espéré. Sa main heurta le tube du rouge à lèvres qu’elle avait posé à la verticale sur la table. Le tube vacilla pour tomber sur le sol et rouler sous le guéridon, entre les jambes de Sophie.

— Oh, mon rouge à lèvres !

— Ne vous dérangez pas, Madame. Je le vois !

Quand il s’abaissa pour le ramasser, Sophie ouvrit les cuisses, découvrant son sexe privé de culotte. Hypnotisé par la vulve glabre de la jeune femme, le barman avança son museau dans la tiédeur des cuisses. Ses joues frottèrent la peau et Sophie referma les jambes comme son amie l’avait fait avec elle dans la loge. Catherine flatta du pied l’entrejambe de l’homme accroupi. Elle ne se lassait jamais de presser les organes, tendant l’oreille pour un indistinct gémissement, avant de dire, comme d’habitude :

— L’avez-vous retrouvé, ce tube ?

Il ne pouvait plus répondre, trop occupé à lécher le trésor moite de Sophie. Jamais ce subtil jeu d’exhibition n’avait été remarqué par la clientèle. Mais lui s’imaginait déjà tous les regards braqués. Il se releva écarlate, passa sa langue sur les lèvres et partit chercher la commande en jetant des coups d’œil autour de lui.

Puis il revint, chargé des boissons de ces dames.

— Combien vous dois-je, garçon ?

La rousse détective jouissait des subtilités de langage qui lui offraient la possibilité de désigner un homme de cinquante ans d’un sobriquet aussi infantile que « garçon ». Elle ouvrit son sac et en sortit la fine culotte de soie qu’elle y avait enfouie dans la loge, frou-frou rouge et noir que Sophie avait porté pendant deux jours dans l’attente de cette addition. L’homme tendit une main tremblante vers la lingerie intime, négligemment posée sur le ticket de caisse. Le tissu crissa sous les doigts. Il la ramena en boule dans le creux de sa main et la porta à son visage, inspirant profondément. Il s’inclina après avoir enfoui le butin dans sa poche.

— Madame est trop bonne…

Catherine n’était jamais parvenue à comprendre s’il parlait ainsi de sa générosité ou du bouquet de Sophie. L’intermède avait mis les deux amies en appétit. Aller au café se faire donner un coup de langue et payer en lingerie odorante, c’est un luxe qu’elles goûtaient pleinement. Catherine vit enfin Olinka traverser la place de l’Opéra. Elle avait expédié rapidement les servitudes d’une première, prétextant une extrême fatigue, visiblement impatiente de retrouver une maîtresse aussi expérimentée que Catherine, le cœur battant et serrant contre sa poitrine le sac contenant son divin cadeau.

Etait-elle trop heureuse de retrouver les délices voluptueux du fouet de Catherine au point de traverser la place en toute insouciance ? Elle marchait à grandes enjambées, comme si plus rien n’existait autour d’elle.

Inconsciente danseuse-étoile plus à l’aise sur les planches que sur le bitume parisien ! Une voiture fonça à vive allure, surgie de la nuit. Le chauffard ne freina pas et percuta de plein fouet la danseuse. Ses bras, son thorax se détendirent presque comme dans une chorégraphie scénique pour s’abattre contre le pare-brise de la voiture, puis rouler sur le capot et tomber dans un bruit mat.

Tout s’était déroulé en quelques secondes devant le regard impuissant des badauds. La voiture filait sans s’arrêter, laissant derrière elle un corps pantelant qu’une foule en émoi oppressait déjà.

— C’est la jeune danseuse étoile, balbutia le barman qui ignorait toute la responsabilité qu’elle avait dans l’assouvissement de ses plaisirs troubles.

Catherine se précipita au milieu de la chaussée. Elle aurait voulu poursuivre le chauffard. Elle coupa la foule des curieux. Olinka avait les yeux ouverts mais ne pouvait plus bouger. Reconnaissant son amie, elle lui sourit d’un air désolé. Catherine se pencha, recueillit sa confidence qu’elle lui souffla d’une voix faible.

— Ton petit poney a trotté trop vite ! La leçon d’équitation sera pour une prochaine fois, maîtresse chérie.

Oui. Une autre fois. Rien de grave. Quelques égratignures. Les jambes étaient pourtant molles. Un policier venait d’appeler une ambulance. Les badauds commentaient, énervés : La voiture fonçait droit sur elle… Z’avez pas lu la plaque minéralogique ?… Non, j’crois qu’elle est polonaise… La danseuse étoile de l’Opéra, le jour de la première, c’est pas croyable !… Comme je vous le dis !… Tiens, v’là déjà l’ambulance !… Pour une fois qu’y sont à l’heure, ceux-là !… Elle s’en tirera ?…

Catherine vit les infirmiers soulever le corps meurtri d’Olinka et le déposer sur un brancard. Le flic repoussait les curieux. La portière arrière du véhicule se referma brutalement sur Olinka. Désemparée, Catherine agrippa un ambulancier :

— C’est à quel hôpital ?

— Service des urgences de…

La phrase se perdit dans le brouhaha. La voiture démarra en trombe, tout gyrophare dehors, ets’enfuit dans la nuit. Ne restait qu’une légère flaque de sang sur le macadam.

Éberlué, le flic vit surgir de la Chaussée d’Antin une nouvelle ambulance. Son alarme stridente fit retourner les quelques passants encore agglutinés. Les ambulanciers descendirent un brancard.

— Où est la victime ?

 

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