L’AFFAIRE ILSA KOCH

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MONTLAUR Erika

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Broché / 122 pages


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Résumé

Le folklore nazi émoustille bien des pervers mais, après tout, le fétichisme va rarement de pair avec le bon goût.
Il y a tout de même de quoi s’inquiéter quand un homme d’affaires cynique ouvre un parc d’attractions dédié au bonheur national-socialiste. Et lorsque ces vacanciers aux loisirs douteux commencent à faire des raids dans les alentours pour se trouver des prisonniers, il est temps que la police intervienne.
Mais derrière de hauts murs, une walkirie aux formes incendiaires poursuit des expériences commencées sous le Troisième Reich. Elle prétend avoir plus de 90 ans, connaître le secret de la jeunesse éternelle et redonner vie au Führer ! Cette fois, seules les jolies Détectives du Bizarre ont des chances de résoudre l’énigme ! En infiltrant ce camp de la folie organisée, Catherine et Sophie vont aller de surprises en surprises. Ici, on ne joue pas au maître et à l’esclave. On ne joue pas du tout. Car ils manquent tellement d’humour, ceux qui se croient supérieurs, que c’en est une tare !

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Minuit. La pleine lune, blafarde, jetait ses reflets brillants sur les frondaisons de la forêt du Rouvray. Au cœur de cette nature, même les animaux nocturnes se tenaient aux aguets. Les chouettes immobiles faisaient relâche. Pas un ululement, pas un craquement, pas même le souffle léger d’une brise pour faire bruisser les buissons. Tout se murait dans un silence obstiné, sous l’œil cyclopéen du ciel étoilé.

L’instant était magique, effrayant. Les éléments, dans leur oppressante fixité, invitaient au surnaturel. Quand la nature s’en mêle, les croyances ancestrales se matérialisent. Les grands arbres centenaires, abritant le jour les serments romantiques des amoureux, jouaient soudain aux acteurs menaçants d’un sabbat démoniaque. Pour l’attente déraisonnable du loup-garou, peut-être ?

Le campement gitan réfugié dans la clairière, près du lac, conjurait le sort avec les accords stridents de leurs violons. En cette belle nuit de juin, l’orage était improbable, mais la nervosité transpirait sur les visages. Le doyen, Paco, promenait sur son groupe un regard anxieux, scrutant de temps à autre l’astre blanc qui illuminait les carrioles avec la puissance aveuglante d’un projecteur de cinéma. L’ombre du feu de camp, déformée et gigantesque, courait sur les feuillages. Maria, la vieille cartomancienne, tremblait en soulevant chacune des cartes de son tarot.

— La Dame de Pique arrive sur un char… la Dame de Pique !

Mais qui voulait entendre la Bohémienne ! La musique couvrait ses murmures.

Au centre de la clairière dansait Cartacalha, « reine des Gitans ». La fierté du groupe, la plus belle des filles, à peine vingt ans, sensuelle brune aux yeux de braise. Elle ensorcelait tous les romis pour mieux les voler. Cette gypsy d’Europe centrale avait le sang bouillonnant d’un père ukrainien et d’une mère hongroise. Élevée à la dure sur les routes, la nomade respirait une liberté insolente et un courage prodigieux. Ce soir-là, pour braver la nuit funeste, elle dansait sur un rythme endiablé, déployant sa longue chevelure noire et ses bras nus. Tous ses frères de fortune observaient les soubresauts de son corps capiteux et les mouvements rapides de ses pieds nus sur la terre. Les plus jeunes remontaient le long des jambes et des cuisses cuivrées, cherchant à saisir l’intimité de la danseuse. Ils savaient tous qu’elle se livrait dans ses moments d’abandon aux débordements les plus érotiques, qu’il lui arrivait même, parfois, de choisir un beau mâle pour s’empaler sur sa verge, à quelques mètres du feu crépitant, sous le regard bestial de son ours enchaîné.

On l’appelait « la fille à l’ours ». La jeune lolita dansait devant sa bête de prédilection qu’elle exhibait aux badauds des villes dans un numéro de dressage étonnant, frôlant la bestialité, et qui provoquait souvent les foudres des ligues vertueuses.

Le fouet, dans sa main, claquait en rythme sur le pelage de l’animal tandis que l’accordéon de Luigi et les violons tziganes égrenaient des accords fiévreux. Le corps de Cartacalha se déhanchait de plus en plus violemment. Cette énergie érotique, elle ne l’offrait qu’à ses pairs, excitée par un exhibitionnisme assumé et une absence totale de complexes. Libre, sensuelle, provocante… et dangereuse !

Seule la tireuse de cartes restait figée devant les symboles alarmants de son jeu, insensible au spectacle sensuel de sa cadette, dans une attente inquiète.

L’ours grogna fort, écumant, balançant ses pattes griffues devant le corps convoité de sa dresseuse. Les pattes arrière ferrées dans une courte chaîne reliée à un pieu, il ne pouvait se mouvoir que dans un faible périmètre dans lequel la périlleuse Cartacalha s’aventurait.

Elle riait des efforts maladroits de l’ours et se moquait de son excitation grandissante, le maintenant à distance à l’aide de son fouet. Les archets parcouraient les cordes des violons avec une fureur accrue, participant à l’exaspération sexuelle de la bête.

La vicieuse manouche imprima à son bassin des ondulations obscènes tout en fixant des yeux l’animal entravé. Plus ses chaînes cliquetaient, plus le bassin de la belle gigotait avec frénésie. Cartacalha se coucha sur le dos, à quelques mètres sa bête, et écarta ses cuisses. D’un geste, elle arracha l’étoffe de tissu qui recouvrait son entrejambe, dévoilant à l’ours la fente poilue et déjà luisante de son con.

L’animal resta un instant en arrêt, obnubilé par la vision de cette chair impudique. Un violent coup de fouet lui fit pousser un cri rauque. Cartacalha se délectait maintenant du désir qu’elle provoquait chez lui. Sa lanière s’insinuait dans sa fourrure épaisse, aux endroits les plus délicats. Son père était un as du lancer de couteaux ; elle, c’était le fouet ! Elle riait de son adresse diabolique. La voici qui se masturbait désormais le clitoris, roucoulant sous le plaisir.

Redressant la tête, elle fixa ses yeux brûlants sur le sexe poilu de la bête. Le gland violacé tressautait, la verge se dressait, horizontale et tendue. Cartacalha partit dans un rire monstrueux, projeta sa main droite en arrière et déploya le fouet avec une agilité incroyable. En une seconde, la lanière cingla l’air et vint s’enrouler à la base de la bite et des testicules de l’ours. Elle tira un coup sec pour resserrer la pression du cuir autour des organes.

L’ours grommela une plainte lugubre, tiraillé par ses fers et par le fouet que la belle Gitane continuait à raidir. Il était pathétique dans son désir exacerbé.

Excitée par son ours, Cartacalha, toujours allongée près du feu, hurla d’une voix rauque le prénom d’un manouche, l’élu de la soirée qui avait le privilège insigne de satisfaire les sens chavirés de la fille.

Les musiciens encouragèrent Justinio, l’amant d’une nuit, avec une montée harmonieuse des violons. Sortant du cercle des spectateurs, le jeune garçon s’approcha du feu, absorbé par la violence de l’appel. Ses habits jonchèrent le sol ; il se dressait nu, la queue érigée devant l’impérieuse gitane. En ombre chinoise, sur les feuillages épais de la clairière, son phallus projeté prit des dimensions gigantesques.

Maîtresse de son désir, la belle coucha le garçon sur le dos et s’empala sur son bâton de chair, s’appuyant énergiquement contre son torse et balançant violemment ses reins sur lui, en un va-et-vient torride. On eût dit qu’elle le pénétrait, tel un homme. Lui, en revanche, insensible aux cailloux qui écorchaient son dos, succombait passivement. Elle lui extirpait des cris d’extase qui exaspéraient l’ours. Le jeune garçon avait des accents presque féminins ; ses soupirs aigus montaient jusqu’aux cimes.

Cartacalha le crapahutait en hurlant des insanités. Elle l’incendiait de qualificatifs féminins tandis qu’elle sentait l’orgasme monter en lui. Au plus fort de l’extase, elle n’oubliait pas de tirer sur la lanière du fouet qu’elle tenait toujours dans sa main droite, et puis serrait à l’extrême les organes génitaux de son ours. La furie s’enflammait du désir incontrôlé de ses partenaires, sans oublier la vingtaine d’yeux braqués sur son corps.

— La Dame de Pique !

La vieille Bohémienne hurla, pétrifiée devant ses cartes, glaçant ses amis par la frayeur de sa voix. Quand elle lisait les cartes, elle se trompait rarement !

Tandis que le jeune manouche gémissait encore sous Cartacalha, se remettant difficilement de l’orgasme qui irradiait désormais le bas-ventre de la danseuse, une rumeur assourdissante bouleversa la clairière.

Deux camions militaires envahirent le campement, bloquant la seule issue possible.

— Schweine ! Sie sind gefangen ! Schnell !

L’ordre venait d’être éructé par un officier nazi de la pire espèce. Il était descendu d’un véhicule, le pistolet pointé sur Cartacalha. La pleine lune faisait miroiter la croix gammée qui ornait sa casquette de général. Il dirigeait un escadron mixte qui venait de sortir des camions. Sanglés dans leurs costumes SS, ils ne plaisantaient pas, menaçant du bout de leur canon tout le campement. Une quinzaine de militaires armés jusqu’aux dents, visiblement irrités par les mélodies tziganes.

Dans un geste de révolte insensé, le doyen Paco brandit son couteau.

Le général allemand pointa son flingue et tira. Abattu en pleine tête, le vieux s’écroula sur la surface lisse du lac.

Ce fut l’assaut. Les Gitans se défendaient. Mais les nazis avaient déjà fondu sur eux. Affaiblis par l’excitation sexuelle qui les animait, ils ne purent affronter l’attaque-surprise des soldats. À coups de gourdins, ceux-ci assommaient leurs ennemis et les attachaient sévèrement. Passés maîtres dans l’art de la guerre-éclair, les nazis montraient une connaissance insoupçonnée dans celui, plus subtil, des liens et bâillons. Tous les manouches furent ficelés avec la précision d’un Houdini, dans des nœuds savants les privant du moindre mouvement. Les corps gisaient les uns sur les autres, comme de vulgaires larves humaines.

Cartacalha se montra plus tempétueuse que ses amis. Le vagin encore humide de sperme, elle s’arracha de son amant pour fouetter le général. Mais celui-ci aussi possédait un fouet, pendu à son ceinturon. Et lui aussi le maniait avec une dextérité prodigieuse. La flagellation était son fort. Jamais la Gitane n’avait autant été malmenée par un homme, jamais elle n’avait goûté aussi cruellement aux baisers du cuir. Chaque cinglade la remplissait d’une rage encore plus véhémente. L’homme esquivait ses coups, mais atteignait sa chair nue sans défaillir. Il s’en amusait même, donnant l’impression énervante qu’il choisissait jusqu’à l’endroit de la peau qu’il voulait fustiger. Un artiste flagellant, en quelque sorte, qui marquait le corps de la jeune fille d’une suite de zébrures profondes et sanglantes. Fesses, cuisses, hanches, seins, rien n’était épargné : elle souffrait désormais au son de la danse de fouet. Les gouttelettes de sang voltigeaient dans l’air. Couverte de plaies, Cartacalha s’effondra, haletante, à quelques mètres de son ours qui se débattait dans ses fers pour la sauver. En vain.

Le nazi s’approcha du corps pantelant de la belle, écrasa l’un des seins sous sa botte, le déforma, s’amusant de la douleur de sa victime.

Les soldats avaient saccagé tout le campement. Ils emmenaient leurs prisonniers à l’arrière des camions. Des violons, il ne restait plus que du bois brisé. Les carrioles dévastées sentaient l’essence.

Une belle Mercedes noire roula, silencieuse, au milieu de la clairière. Le chauffeur SS descendit. C’était un nain difforme, d’une grande laideur et pourvu d’un étrange collier clouté, semblable à celui d’un chien. Il ouvrit la portière arrière dans un geste cérémonieux rendu grotesque par l’équilibre incertain de ses membres atrophiés.

Sur le marchepied, le talon vertigineux d’une botte en cuir noir vint se poser délicatement. Le nain s’y précipita, lustrant avec sa langue le bout arrondi du cuir. Mais la semelle repoussa méchamment le lécheur. La propriétaire de ces extravagantes bottes n’avait pas l’esprit aux chatouilles, ce soir-là.

Le général, soudain servile, claqua ses talons, au garde-à-vous, tendant le bras en avant.

— Heil, Hitler !

Il attendit, docile, l’ordre qui pouvait émaner de ces talons hauts. Devant lui, une femme imposante par sa beauté et sa cruauté dominait le chauffeur nain. Toute l’horreur nazie dressée sur quinze centimètres de talons aiguilles… Un corps étrangement provocant dans sa féminité, sanglé dans les attributs de la barbarie la plus abjecte. Un pantalon de vinyle noir épousait les longues jambes et les cuisses fermes de cette femme. Son fessier semblait d’autant plus énorme qu’une large ceinture cloutée étranglait une taille de guêpe. Le cul s’épanouissait comme celui de certaines Africaines. La poitrine lourde montrait la même ferme arrogance et pointait dangereusement sous la veste noire de l’uniforme. La voluptueuse créature ne pouvait pas boutonner son col et arborait un décolleté volumineux. Entre ses deux sphères de chairs, la gretchen portait autour du cou un petit pendentif doré représentant le svastika. Ce même symbole religieux, récupéré par l’idéologie hitlérienne, pendait aussi à ses oreilles, sous forme de ravissantes boucles d’oreille. Un brassard rouge avec une autre croix gammée rehaussait la manche gauche de sa veste.

Les traits anguleux de son visage étaient encadrés par une chevelure blonde coupée au carré, la casquette de cuir rivée sur le crâne. Des lèvres minces comme une estafilade, figées dans un rictus de mépris aristocratique, la mâchoire dure, des yeux bleus impassibles, la walkyrie avait bien trente ans. Elle n’avait pas un visage gracieux à proprement parler, mais un tel sentiment de supériorité se dégageait d’elle qu’elle en devenait troublante. Une femme de tête, altière et lubrique à la fois, la beauté glaciale de la « Race Supérieure » dans un corps plantureux.

Elle tourna son visage vers l’officier et, d’un haussement de menton, l’invita à faire son rapport.

— Opération réussie, meine Meisterin ! Un gitan tué, une quinzaine d’autres prisonniers. J’ai dû fouetter celle-ci. C’est une battante… elle fera une excellente esclave !

Cartacalha, toujours maintenue à terre, trouva la force de cracher sur l’officier. Il brandit le fouet. Mais la blonde nazie l’interrompit, les prunelles brillantes.

— Laissez, Hermann. Vous la punirez plus tard ! Elle est vive et pleine de fougue. Pleine de jeunesse ! Intéressante… Emmenez-la avec les autres !

Le général Hermann conduisit la rebelle au camion. La « Meisterin » goûta seule son triomphe, inspirant l’air de la nuit, suivie par la silhouette tordue de son chauffeur. Elle dévisagea l’ours immobilisé par ses fers. Il écumait de rage. Elle resta songeuse devant le membre turgescent de l’animal.

— Te voilà orphelin, désormais !

Il chercha à la griffer, mais elle se tenait à une trop grande distance. Le nain grimaçait devant lui et il le taquina à la pique. La patte griffue fit valdinguer le nabot sur le sol, déchirant sa veste miniature.

— Merde, mon beau costume ! Meisterin, mon costume !

La blonde hurla de rire en regardant son chauffeur gigoter en tous sens, le haut du dos à nu. C’était son bouffon attitré.

— Alors, Gozzo, ça t’apprendra à être méchant avec les animaux !

Elle promena encore un air de satisfaction sur les carrioles imbibées d’essence et sortit de son étui d’argent une cigarette qu’elle ficha au bout de son fume-cigarette.

— Ilsa Koch ! ! !

Le cri strident aurait pu sortir de la gueule d’un animal blessé. C’était celui de Maria, la cartomancienne, prosternée devant le lac rougi du sang de Paco. Elle s’était retournée et semblait avoir reconnu le diable en personne.

— Toi, la « chienne du Campement 13 » ! Toi ! Toi ! ! ! La Dame de Pique ! ! !

La vieille sombrait dans l’hystérie. Le bourreau qu’elle avait reconnu lui inspirait une peur mystique.

Les yeux fiers illuminés d’une joie sadique, Ilsa dévisagea la femme avec un détachement ironique, puis elle déboutonna son chemisier. Deux obus de chair en jaillirent aussitôt, qu’elle palpa de ses doigts experts.

— Jetez cette vieille peau dans une carriole. Je veux sentir l’odeur particulière des chairs carbonisées. Ce parfum me fait jouir.

Deux soldats s’emparèrent de Maria et la crucifièrent aux piliers encadrant la porte d’une roulotte. Les clous perforèrent sa chair sans lui soutirer le moindre cri. La terreur qui l’habitait était si intense qu’elle semblait privée de toute autre émotion.

Ilsa donna un ordre bref à Gozzo. Le gnome se précipita avec des glapissements sadiques vers la femme et lui arracha ses vêtements. La vieille Gitane subissait les derniers outrages. Gozzo se moqua des mamelles pantelantes et décharnées de son buste, tirant dessus comme un dément. Il l’aspergea d’essence et enfonça une longue corde dans le sexe.

Ilsa sortit alors son briquet pour allumer sa cigarette, tira une grande bouffée et tendit le feu à son chauffeur.

L’avorton fit danser la flamme devant les yeux noirs de la femme crucifiée puis alluma le bout de la mèche qui s’embrasa. Le feu envahit les entrailles de la Gitane qui devint brusquement écarlate, et gagna l’ensemble du campement.

Brûlée vive, Maria dardait un regard de haine et d’incompréhension sur Ilsa, comme si elle était insensible à la douleur !

La poitrine à l’air, la tueuse faisait rouler ses mamelons durcis entre ses doigts, étudiant la progression du feu dévastateur et la mort de sa victime. Si celle-là ne réagissait pas, Ilsa montrait de l’entrain pour deux.

Les traits tourmentés par le plaisir, elle tira une dernière bouffée et écrasa son fume-cigarette sur la bosse nue du nabot, précisément sur la cicatrice qu’avait laissée la griffe de l’ours. En approchant ainsi sur la plaie rougeoyante le bout incandescent du mégot, ses mamelons durcis par l’excitation heurtèrent le crâne chauve de l’avorton.

Elle le porta dans ses bras comme pour lui faire pardonner sa cruauté. Gozzo embrassa alors l’un des énormes seins. Il était presque plus gros que sa tête d’achondroplase. Le mamelon, comme une grosse tétine de biberon, disparut entre ses lèvres lippues de bébé pervers.

Dix minutes plus tard, le convoi nazi quittait la clairière, emmenant les prisonniers qui avaient assisté impuissants, à l’arrière des camions, au meurtre horrible de la vieille Maria.

Restait l’ours, solitaire dans ses chaînes. Il grognait de façon atroce. On eût dit la lamentation sourde d’un homme.

Les oiseaux nocturnes commencèrent enfin leur chant. La brise souffla. Les feuillages bruissèrent.

La nature retrouva son bruit caractéristique.

Au milieu du lac dérivait le corps d’un lanceur de couteaux.

 

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