L’Amour sur le tard

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DESBASTILLES Michel

La MusardineLittérature


vieux et jeune


144 pages


Papier 16€00 Ebook 9€99

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Résumé

Il a 69 ans, elle 67. Voisins, ils s’ignorent jusqu’à ce que le divorce de l’un, l’éloignement du mari de l’autre, poussent le narrateur, Philippe, à aborder cette femme dont il aimait les appas sans leur avoir jamais consacré d’attention.

Ainsi débute leur histoire d’amour. Et son corollaire : le sexe. Car il n’y a pas d’âge, n’est-ce pas, pour aimer « pleinement ».

L’admirable émotion de ce roman réside dans le fait que les arcanes de l’amour ne noient pas les descriptions sexuelles : si celles-ci sont d’une netteté sans détour, d’une précision toute naturelle, elles évitent avec une grande délicatesse les descriptions de corps entamés ou flétris. C’est une grande prouesse que d’avoir su éviter cet écueil tout en ne négligeant aucun des méfaits du temps sur la sexualité et l’engagement des sentiments…

De Michel Desbastilles, nous ne saurons pas grand-chose, hormis qu’il pourrait bien être le narrateur du roman. Sa discrétion absolue accentue encore son talent…

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CHAPITRE 1

Un jour, j’ai rencontré Karin, mais je ne pourrais pas dire le mois, ni même l’année. Mme Klarchoff s’était installée avec son mari à Paris au quatrième étage de l’immeuble rue d’Artois – l’étage au-dessus du nôtre – et nous échangions dans la cage d’escalier des banalités sans lendemain. Ces Allemands parlaient un français assez correct, mais nous gardions nos distances avec eux. Après tout, il n’y a pas si longtemps, les brutes teutonnes défilaient sur les Champs-Élysées au pas de l’oie.

J’avais le sentiment d’une autre distance entre Mme Klarchoff et moi les jours où le hasard nous réunissait dans la cabine de l’ascenseur, où un silence embarrassant se faisait l’écho de la proximité subite de nos corps. J’étais soulagé quand la cabine atteignait sa destination, quand « la dame » me quittait sur un sourire malicieux, plus amusé que moqueur.

Pendant une douzaine d’années, il m’arriva aussi de croiser Mme Klarchoff dans la rue, de faire entrer dans mon champ visuel l’image de cette petite femme, plutôt jolie, au pas décidé, à l’élégance un peu désuète, mais mon regard ne la déshabillait pas davantage, son image ne me suivait pas. Elle faisait partie de ces petits riens de la journée, vaguement appétissants autant que dépourvus de signification.

À l’occasion d’une rentrée d’argent imprévue, mon épouse demanda le divorce et après quelques disputes, nous avons séparé nos vies, gommé trente ans d’histoire à deux. J’ai déchiré ses lettres avec indifférence. Serais-je incapable d’aimer ? Et si je le suis, à quoi bon essayer d’être autrement ? Nos corps, quant à eux, étaient séparés depuis longtemps. Quand elle m’écrivit un jour : « Tu m’as possédée comme nul autre ne l’a fait », je ne saurais jamais à quelle nuit ou quelle saison de notre couple elle faisait allusion.

Je considérais avec circonspection ma liberté toute fraîche. J’appréhendais d’être emporté quelque temps par le choix d’un sentiment ou d’une pulsion, mais surtout, je craignais le seul fait de choisir, de perdre l’effervescente liberté que distille l’irrésolution. Ménageant le pour et le contre, je pensais aussi que s’il me fallait choisir, je devrais garder cette distance avec moi-même que le temps m’avait donnée.

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