L’Animal de compagnie

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BARTHE Léo

La Musardine


adultèrebourgeoiseMILFpremière foistabou


160 pages


Papier 16€00 Ebook 9€99

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Résumé

Henriette et Jean mènent une vie paisible. Jusqu’au jour où Georgette et Edmond, deux amis, leur confient Buster, chien aussi encombrant qu’affectueux, le temps des vacances. Le quotidien du couple s’en trouve bouleversé, leur sexualité également.

Il y a dans la langue de Léo Barthe, jusque dans les dialogues entre les personnages, quelque chose de parfait, une évidence, qui rend la situation irréelle, en même temps qu’authentique et « banale » ; et ce tour de magie permet tout – tous les tabous.

Léo Barthe a écrit de nombreux textes érotiques : Camille, Zénobie la mystérieuse, ainsi qu’Histoire de la bergère, Histoire de la bonne et Histoire de l’affranchie. Sous le nom de Jacques Abeille, il est l’auteur d’une œuvre conséquente dans le domaine de l’imaginaire, à travers notamment Les Jardins statuaires.

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On dit d’Henriette qu’elle a du caractère. En revenant chez moi ce soir-là, je n’en menais pas large. Comme je poussais la porte de notre appartement, j’ai aperçu la lumière de la salle de séjour, je n’allais pas avoir le temps de m’expliquer. Le cliquetis des griffes sur le carrelage du vestibule aurait averti mon épouse. De fait, avant même de la voir, je l’entendis s’exclamer :

— Qu’est-ce que tu nous ramènes encore !

Puis elle fut là :

— Oh, Jean, vraiment…

Et sans transition :

— Mais c’est Buster !

— C’est bien lui.

— Ses maîtres sont dans l’escalier ?

— Ses maîtres sont en route pour l’aéroport, destination les antipodes.

Je me suis émerveillé de la vitesse avec laquelle, sur le visage de ma femme, se succédaient les expressions les plus contrastées. Un froncement de sourcils avait à peine annoncé la manifestation d’un mécontentement presque grimaçant qu’une surprise effarée venait lisser ses traits pour que surgissent l’embellie d’un radieux sourire, puis l’éclat d’une jubilation presque enfantine. Pour commencer, toutefois, cela prit le ton d’une bienveillante réprimande.

— C’est bien la peine que nous ayons renoncé à avoir des animaux domestiques si c’est pour que tu adoptes ceux des autres.

La charmante petite moue qui accompagnait cette sentence me laissait entendre que j’étais déjà absout.

Nos amis Georgette et Edmond, ainsi que nous le savions dans le petit cercle de nos familiers, avaient depuis des mois le projet de faire ce voyage. Il n’était pas question pour eux d’être accompagnés de leur chien. Il avait été convenu que, moyennant rétribution, il serait mis en pension chez une personne de confiance. Or, à la dernière minute, cette personne s’était rétractée. C’est pourquoi, en fin de journée, j’avais vu surgir dans mon bureau un Edmond affolé, accompagné de Buster dont il ne savait que faire à l’heure où Georgette et lui devaient sauter dans un taxi pour l’aéroport. Pouvais-je refuser ce modeste service à un ami dont j’étais, selon ses propres termes, le dernier espoir ?

— Et puis, ai-je observé à l’adresse d’Henriette, j’ai pensé que pendant quelques jours tu pourrais renouer avec tes souvenirs d’enfance. Combien defois m’as-tu parlé des chiens de ton père, grand chasseur devant l’éternel ?

— Ce temps est bien lointain, a-t-elle murmuré, j’étais une gamine alors et les fantaisies de l’enfance…

— Belle occasion de les retrouver. Et puis nous connaissons Buster. Il est très gentil, ce chien.

— Ah, c’est un bon toutou, ça !

Elle s’était agenouillée et tenait Buster embrassé, le museau au creux de son cou.

Il va de soi que j’ai pris l’engagement de me charger des promenades hygiéniques de l’animal et même, du moins quant aux achats, de pourvoir à sa nourriture. Le séjour de Buster dans notre foyer commençait sous les meilleurs auspices. Dès le lendemain, j’ai pu constater que les responsabilités dont j’avais pris l’engagement me seraient légères. Buster était docile et fort bien dressé. Je dois reconnaître que non seulement il ne me causait aucun désagrément mais qu’il me divertissait. Il avait une façon scrupuleuse et vaguement extatique de flairer l’angle des murs qui me faisait irrésistiblement penser à un amateur d’art visitant un musée et de temps à autre restant en arrêt devant une œuvre qu’il convient de contempler avec componction. Le nez presque collé à la marque laissée par un de ses congénères, il avait tout à fait l’air d’évaluer l’harmonie d’une odeur et la richesse de ses composants. Pourquoi l’odorat ne lui aurait-il pas permis, comme à nous la vue, de pénétrer dans les plus hautes sphères d’une esthétique raffinée ? D’une étape à l’autre, il exprimait par un trot allègre un serein contentement.

Nous fûmes au jour de repos d’Henriette et, tandis que je partais au travail, avec un air de commisération rieuse elle me promit de prendre soin de notre pensionnaire. Le temps s’annonçant clément, elle comptait même faire avec Buster une longue promenade au parc pour lui dégourdir les jambes. De mon côté, la journée promettait d’être chargée et je ne pouvais rentrer pour le déjeuner. Or, alors qu’après une courte pause j’avais en toute hâte regagné mon bureau pour les y accueillir, deux clients se désistèrent et je me trouvai désœuvré beaucoup plus tôt que prévu. C’est donc au milieu de l’après-midi que j’ai regagné mon domicile. En rentrant chez nous, j’ai pensé d’abord qu’Henriette était sortie avec le chien. Les lieux étaient figés dans le grand silence de l’abandon qui règne sur les environnements familiers délaissés. J’avais soif. J’ai poussé la porte de la salle de séjour pour prendre un jus de fruit dans le petit meuble bar et je suis demeuré pétrifié sur le seuil.

Henriette était là. Profondément engoncée dans le fauteuil Voltaire dont nous étions si fiers, les bras alanguis, elle portait serré sur le buste le cache-cœur qu’elle revêtait les soirs d’hiver pour lire au lit avant de s’endormir. Quant au reste de son corps, autant que j’en pouvais juger, il était nu. Les cuisses étaient rejetées chacune sur un accoudoir, entre elles s’affairait la tête de Buster. La situation a soudain rendu à mon ouïe toute son acuité. La gueule de Buster émettait l’obscène et flasque bruit que font les chiens quand ils procèdent à leur toilette intime. Levant les yeux, Henriette a émis une pathétique et brève exclamation. Son affaire était trop engagée et elle-même trop désarmée par le trouble qu’accroissait ma présence pour qu’il lui fût possible de repousser la bête et de fermer les cuisses. Comme un petit enfant pris en faute, elle se mit les mains sur les yeux tandis que le rouge lui montait au front.

Après tout, peut-être, secrètement, n’était-elle pas trop mécontente de s’être laissé surprendre, n’était-ce que pour s’alléger d’un aveu et accroître du saisissement la honte qui la taraudait. En s’aveuglant de la sorte, elle m’encourageait à approcher pour prendre la mesure de cette effarante situation. Le cou ployé maintenant et le menton appuyé contre le haut du buste, les genoux ramenés en arrière et les reins au bord du siège où elle s’était laissé glisser, elle s’offrait, la vulve écarquillée, au museau de Buster qui de tout son allant la pourléchait à généreux et vifs coups de langue de l’anus au clitoris. Je n’en étais pas encore à imaginer comment Henriette avait incité son partenaire à entrer en action. Tout donnait à penser qu’il avait pris goût aux humeurs féminines ; il n’était plus nécessaire maintenant de l’encourager. Il fourrageait avec délectation dans le sexe ouvert et Henriette commençait à pousser des petits gémissements oppressés qui sont allés crescendo pour s’achever en un long râle mourant. Très vite elle a repris son souffle et a soulevé ses cuisses lasses hors des accoudoirs, puis, d’un même mouvement, elle s’est redressée en les refermant. Buster, décidément la plus tendre des bêtes de compagnie, s’efforçait en se tortillant de se serrer contre elle et lui léchait maintenant le visage en témoignage de gratitude énamourée.

J’ai fait un effort pour m’arracher à la stupeur où je m’enlisais. Me raccrochant à l’intention qui était la mienne au moment où j’étais entré dans la pièce, j’ai fait un pas en arrière, puis deux et me suis tourné vers le meuble où nous rangions les boissons pour y prendre la bouteille de jus de fruit. J’ai entendu Henriette se lever derrière moi et partir d’un pas hâtif vers la salle de bains. Le staccato des griffes de Buster sur le plancher me le laissait deviner folâtrant entre les jambes de ma femme. Il y eut dans le fond de l’appartement un bruit d’eau courante, quelques exclamations indistinctes, sans doute pour éloigner l’animal importun, puis le silence se fit. Je recouvrais mon calme en buvant à petites gorgées. Ma main peu à peu a cessé de trembler.

Quand elle est revenue après ses ablutions, toujours accompagnée de Buster, Henriette montrait dans tous ses gestes une raideur compassée. Son visage était de marbre. Tout à fait comme si elle m’en voulait. J’aurais bien préféré qu’elle exprimât ses griefs, si injustes fussent-ils, plutôt que de la voir ainsi piétinant dans l’indécision sans parvenir à trouver ses mots. Un climat de malaise s’appesantit entre nous qui menaçait d’enfermer chacun dans un infranchissable mutisme.

— Nous pourrions mener Buster au parc. Ça lui dégourdirait les pattes…

— Pourquoi pas ?

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