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Résumé

Florence, jeune Bordelaise, a épousé un homme de vingt ans son aîné. Son mari, très occupé, est souvent absent. Comme elle s’ennuie, il lui trouve une place, chez Charles, un bijoutier de ses amis. Puis il prend l’avion pour Genève. Je ne voudrais pas déflorer votre plaisir, vilains lecteurs, en vous dévoilant comment cette personne d’une moralité irréprochable en viendra à se soumettre aux caprices les plus pervers de son employeur. Si on lui avait dit un jour qu’elle irait travailler sans culotte et sexe épilé, qu’elle subirait, pour la moindre pécadille, les « punitions » les plus humiliantes… elle vous aurait ri au nez. Elle ne rit pas du tout, maintenant. Son despote d’employeur s’amuse avec son corps aux jeux les plus scabreux. Citons en passant certaines boules japonaises. Et n’oublions pas le fouet ; sans lui notre plaisir serait incomplet. Vraiment, Florence, je n’aurais jamais cru ça de vous !

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CHAPITRE PREMIER – Prise au piège

Depuis une semaine, Florence remplaçait le chef du personnel de Rougemont, la grande bijouterie marseillaise. Son mari lui avait demandé de rendre ce service à Charles de Rougemont. Elle n’avait jamais rencontré le joaillier auparavant, mais elle n’ignorait pas les intérêts qui liaient les deux hommes.

Henry et Florence formaient un couple moderne. Lui, quarante-cinq ans, cheveux poivre et sel, allure sportive, yeux très bleus, une expression d’autorité naturelle dans le regard, évoluait dans le monde de la haute finance. Il fréquentait un cercle restreint d’amis d’origines diverses, mais dont le point commun était la réussite sociale. Florence n’avait que vingt-cinq ans. Après un chagrin d’amour, elle avait rencontré Henry au cours d’un voyage aux Seychelles que ses parents lui avaient offert pour la consoler. Riches et austères vignerons bordelais, ces derniers avaient élevé leur fille selon les principes de la plus stricte orthodoxie bourgeoise. A leurs yeux, la culture et la fortune de leur gendre compensaient largement la différence d’âge entre les époux.

Dans l’appartement du couple, rue Paradis, l’une des plus chic de Marseille, Henry demanda à Florence comment s’était passée sa journée de travail. Sans attendre la réponse, il lui renouvela ses recommandations :

— Charles de Rougemont est une relation importante pour moi. Je pars demain à Genève pour une semaine. Je dois signer un contrat avec des clients saoudiens. Et j’ai besoin de l’appui de Charles pour conclure cette affaire, dans laquelle j’ai investi tout mon portefeuille d’actions. Fais preuve d’efficacité et d’audace dans ton travail, montre à Charles tout ce dont tu es capable.

— Il ne regrettera pas son choix, je te le promets. Mais je me sens mal à l’aise face à lui. Il a une façon tellement insistante de me regarder que cela me gêne.

Henry rappela à son épouse que c’était elle qui, s’ennuyant à mourir à la maison, avait souhaité travailler. Elle avait l’occasion de satisfaire son désir et, d’autre part, de rendre service à Charles de Rougemont dont lui, Henry, avait absolument besoin pour ses affaires actuelles.

— Un seul mot de lui et je suis ruiné, n’oublie jamais cela !

Henry et Florence passèrent la soirée dans un des restaurants les plus connus de la capitale phocéenne. Au cours du repas, Henry insista encore sur l’importance du rôle de Rougemont dans le contrat qu’il devait signer à Genève. Le lendemain matin, Henry partit pour l’aéroport, laissant Florence se préparer pour sa journée de travail. Elle opta pour un tailleur Chanel strict, approprié au style de la grande bijouterie marseillaise.

Elle arriva à neuf heures précises ; Edouard, le fils de Rougemont, lui présenta ses hommages. Florence avait en charge la tenue des registres, et devait se tenir prête à faire entendre d’ultimes arguments aux clients hésitants. Les trois vendeuses de la bijouterie étaient jeunes et rivalisaient de séduction et de charme.

La matinée s’achevait quand Charles fit son apparition. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux couleur sable lavé longs dans le cou, aux tempes et au sommet du crâne dégarnis. Il portait une moustache que la fumée de ses cigares cubains avait légèrement jaunie en son milieu. De taille moyenne, il avait des jambes courtes, et un ventre très bedonnant que la chaleur faisait transpirer. Il arriva tenant une serviette spéciale contenant des rubis et des diamants qu’il montra aux quatre jeunes femmes, après un mot de connivence à l’attention de Florence. Il semblait ravi de l’affaire qu’il venait de conclure avec un diamantaire hollandais et riait de l’émerveillement de ses employées.

A l’heure de la fermeture, comme à l’accoutumée, on enferma bagues, montres, colliers, pierres dans le grand coffre. La bijouterie vidée de ses richesses, les trois vendeuses étaient sur le point de quitter la boutique, quand Rougemont rappela Florence.

— Chère Florence, je suis très ennuyé. Il manque un rubis dans les écrins que j’ai ramenés cet après-midi. Je vous charge de demander aux vendeuses de vider leur sac à main. Vous devrez les fouiller si vous ne trouvez rien. Croyez bien que je suis navré.

— Il est vrai que la chose est très délicate. Mais je ne vois pas d’autre solution, à part la police.

— Chère Florence, je ne voudrais pas mêler la police à cette affaire. Mes vendeuses ont des familles qui pourraient être éclaboussées par un scandale.

Florence réunit les vendeuses dans le bureau de Charles. Elle leur demanda de vider leurs poches et leur sac à main sur le bureau. Pas trace du rubis. Charles demanda alors à Florence de fouiller les filles. L’une d’elles fit remarquer :

— Pourquoi Florence ne viderait-elle pas son sac, elle aussi ?

Malgré l’indignation de Rougemont, Florence s’exécuta de bonne grâce.

— C’est tout à fait normal. Les soupçons de mes collègues sont légitimes… Mon Dieu, mais c’est impossible !

Le rubis venait de glisser de son sac. Le bruit qu’il fit en roulant sur le bureau emplit tout l’espace de la pièce. Charles de Rougemont intervint :

— Mesdemoiselles, veuillez nous laisser, je vous prie. Bonne soirée et à demain.

Florence essaya de protester, mais Charles de Rougemont la coupa net :

— Je vous en prie, taisez-vous. Nous allons régler l’affaire rapidement, entre nous.

Les trois vendeuses avaient quitté le bureau.

— Asseyez-vous, Florence. Quelles explications avez-vous à me donner ?

— Je vous assure que ce n’est pas moi.

— Vous êtes prise sur le fait, vous ne pouvez nier, dit posément Rougemont.

Il décrocha le téléphone. Dans la tête de Florence, tout se bousculait. Le monde s’écroulait. Elle se souvenait des recommandations d’Henry, pensait à ses parents, à ses amis. Tout l’accusait. Ses dénégations n’avaient fait que l’enfoncer. Elle sentait bien que son attitude n’était pas celle qui convenait à la situation, mais elle était incapable d’en trouver une autre.

— Attendez.

Rougemont raccrocha le combiné.

— Ce n’est pas moi qui ai volé cette pierre. Vous l’avez récupérée, à présent. Ne peut-on trouver une solution ?

— Pour étouffer l’affaire ? Pourquoi pas. Qu’avez-vous à me proposer ?

Rougemont venait de faire reculer son grand fauteuil de cuir. Une poussée de ses jambes l’avait calé dos au mur. Les mains croisées sur le ventre, il fixait Florence. Son expression avait changé. Florence reçut un violent coup au cœur ; son sang se glaça devant la fragilité de sa situation. Elle était à la merci de son patron : soit le scandale, soit…

— Je vous écoute Florence, quelle solution ? Henry n’a cessé de me vanter votre imagination et votre faculté d’adaptation. Il est temps de les prouver.

Il la déshabillait du regard. Tout sursaut d’orgueil était inutile. Florence le comprenait ; de grosses larmes roulaient sur ses joues. Quand, devant son silence, Rougemont décrocha de nouveau le téléphone pour appeler la police, elle l’interrompit de ses sanglots.

— Mais n’êtes-vous pas l’ami d’Henry ?

— Sachez que mes pulsions perverses sont plus fortes que l’amitié que je porte à votre mari !

Un silence, qui semblait devoir durer une éternité, pesait sur Florence, qui n’osait regarder son patron. Elle attendait on ne sait quel secours. Comme dans son enfance, elle éprouvait une émotion malsaine à être accusée. En un instant, elle se souvint de situations identiques quand, petite fille, elle se faisait corriger par son père ou par ses professeurs, alors même qu’elle n’avait rien fait. Elle n’avait jamais su réagir convenablement pour se soustraire à une punition, comme si, en fait, au fond d’elle-même, elle souhaitait le châtiment.

Son bas-ventre pesait dans son slip ; la honte lui empourprait les joues. L’ordre de Rougemont la fit sursauter.

— Venez ici !

Elle fit les quelques pas qui la séparaient du bureau, comme un automate. Elle se tenait debout à la droite du bijoutier, lui faisant face, la cuisse légèrement appuyée à l’angle du bureau. Les yeux baissés, elle attendait.

— Tournez-vous !

Son mouvement fut stoppé net.

— De l’autre côté !

Elle lui tournait le dos, à présent. Ses jambes l’abandonnaient ; dans son esprit, tout se mélangeait. C’était un cauchemar, elle allait s’éveiller. Henry l’avait prévenue : un seul mot de Rougemont et c’était la ruine !

— Remontez votre jupe et ôtez votre culotte !

Son corps obéit ; son esprit, soulagé par le mouvement, sembla renaître. Elle se souvint des fessées que son père lui administrait après avoir baissé sa culotte ; la même émotion la fit frissonner.

— Courbez-vous et écartez les cuisses ! C’est dans cette position, dorénavant, que vous vous présenterez à moi. Les moindres parties de votre corps, même les plus intimes, devront être parfaitement lisses. Entendez-vous ? J’insiste. Pas un seul poil ne devra apparaître !

Il reprit un ton en dessous :

— Vous achèterez un cahier, dans lequel vous consignerez chaque soir le récit de vos journées. Tous les matins nous vérifierons ensemble si rien n’a été omis. Et, à partir d’aujourd’hui, bannissez toute forme de sous-vêtement, sauf si je vous ordonne le contraire.

Florence n’avait pas bougé, tétanisée par ce qu’elle venait d’entendre, et par l’image d’elle que lui renvoyaient les deux grands miroirs disposés en regard l’un de l’autre dans le bureau. Elle tenait sa jupe relevée au-dessus des reins, dévoilant avec impudeur ses fesses blanches, bien rebondies, entretenues chaque jour grâce une gymnastique appropriée. Son sillon très profond, partant de très bas pour remonter très haut, soulignait la rotondité de son large cul bien cambré. La voix de Charles de Rougemont la fit sortir de sa torpeur.

— Vous avez un très beau cul. J’en étais sûr. Voilà, c’est tout pour ce soir. Je ne vous retiens plus, chère Florence. A demain et soyez à l’heure.

CHAPITRE II – Dans le piège refermé

Dans l’appartement vide, Florence espérait, hébétée, une explication de ce qui venait de lui arriver. Celle-ci, elle le pressentait confusément, ne viendrait jamais. L’injustice dont elle était victime la poussait à se révolter. Mais elle était troublée par les étranges sensations qu’elle avait ressenties, resurgies de son passé. Elle pensa appeler Henry, pour tout lui raconter. Lui saurait trouver une solution. Il la sauverait du déshonneur. Elle avait pesé le pour et le contre ; tout lui paraissait clair ; sa décision était prise. La sonnerie du téléphone retentit. Florence sursauta, décrocha le combiné :

— Allô ?

— Bonjour chérie ; comment s’est passée ta journée ?

— Henry… Justement, j’allais t’appeler…

— Je n’ai que très peu de temps, je viens d’avoir Charles au téléphone. Il m’a appris qu’il y avait des petits problèmes ; je lui ai assuré que tu saurais les régler sans difficulté.

Le sang de Florence se glaça. Henry continua sur le même ton, insistant sur le fait qu’elle devrait se montrer attentive, et suivre les conseils de Charles de Rougemont. Florence essaya de parler, d’expliquer, mais Henry resta sourd à sa détresse.

— Je reste juste une semaine à Genève. Si tu rencontres des difficultés, parles-en à Charles, il saura t’aider et te comprendre. Je t’embrasse. Je te rappelle demain soir, sans faute.

— Allô ? Allô ?

Henry avait raccroché ; Florence fondit en larmes. Rougemont avait tout prévu ; à travers Henry et ses clients saoudiens, c’est Florence qu’il tenait. Elle s’endormit, le corps secoué de sanglots. Quand elle s’éveilla, le réveil indiquait sept heures et le soleil printanier était déjà haut. Son cœur se serra dès que son corps bougea. Elle n’avait pas rêvé ; la réalité l’avait rattrapée. Que faire ? Comme une enfant, elle décida de tout oublier, de faire comme si rien ne lui était arrivé. Elle se doucha, se maquilla, se fit un chignon très strict. Au moment où elle enfilait sa culotte en soie, tout son corps se contracta. Elle fit un effort violent pour ne pas se mettre à pleurer. Elle pensait à voix haute.

Non, ce n’est pas possible… tout ira mieux aujourd’hui. Je suis sûre que c’était un cauchemar. Rougemont aura repris ses esprits.

C’est presque le cœur léger qu’elle quitta son appartement, à dix minutes à pied de la bijouterie. Edouard l’accueillit ; son sourire entendu la glaça sur place. Elle était seule face à lui ; il baissa les yeux, rougit et articula difficilement :

— Mon père vous attend.

Elle sentit ses jambes se dérober. Tout ce qu’elle avait préparé durant le court trajet entre l’appartement et la bijouterie lui semblait dérisoire. Elle fit un effort surhumain pour parcourir les quelques mètres qui la séparaient du bureau de Charles de Rougemont. Elle frappa à la porte.

— Entrez, refermez derrière vous et attendez quelques instants.

Florence se tenait debout, immobile, les yeux fixés sur le bijoutier qui notait ce que son interlocuteur lui disait au téléphone. Au bout de cinq minutes, Rougemont l’interrompit ; il ne semblait pas d’accord avec les propositions de son correspondant.

— Non, mon cher, cela m’est absolument impossible avant la fin de l’après-midi. J’ai besoin de détails beaucoup plus précis, de garanties bien meilleures que celles que les Saoudiens proposent. Oui, mon cher, je sais très bien ce que cela représente pour vous. Oui, je sais les investissements, les risques que vous avez pris. Sachez que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que l’opération réussisse. Ne soyez pas trop inquiet, vous serez rapidement fixé. A bientôt. Je vous rappellerai.

La conversation avait duré près de dix minutes. Pendant ce temps, Florence n’avait pas bougé. Elle avait entendu les vendeuses arriver, l’agitation matinale de la boutique, les premiers clients. Figée, elle avait assisté à la conversation téléphonique où l’identité de l’interlocuteur lui était apparue avec certitude. C’était Henry, à n’en pas douter. L’inquiétude de Florence était à son comble.

— Venez ici et sortez votre cahier !

— Ecoutez…

— Je n’ai rien à écouter, absolument rien. Hier, vous avez eu le choix ; aujourd’hui, vous ne l’avez plus. Venez ici !

Florence vint se placer comme la veille, tremblante, glacée. Le bijoutier s’était reculé ; il était derrière elle ; elle sentait son regard inquisiteur, pervers.

Rougemont lui donna l’ordre de soulever sa jupe. Il fronçait déjà les sourcils en apercevant la culotte, quand la sonnerie du téléphone retentit. Il décrocha ; entendant la voix de son interlocuteur, il lui demanda de patienter quelques instants. Il cacha la partie basse du combiné de la paume de la main, et s’adressa à Florence :

— Vous avez beaucoup de chance, je ne suis pas libre pour une heure au moins. Je vous conseille d’en profiter pour vous présenter devant moi à dix heures trente très précises, et dans la tenue exigée !

Rougemont reprit le combiné et sa conversation, sans plus se soucier de Florence. Elle sortit du bureau, traversa la boutique, sourde au salut de ses camarades, et se retrouva dans la rue, marchant en direction de son appartement. Au pied de l’immeuble, elle prit la décision d’appeler ses parents. L’ascenseur étant occupé, elle monta quatre à quatre les escaliers. Une fois dans le salon, elle se précipita sur le téléphone et composa le numéro.

— Allô papa, bonjour, c’est Florence…

— Bonjour Florence ; c’est étrange, nous venons de t’appeler à la bijouterie.

— A la bijouterie ?

— Oui, nous venons d’avoir Henry au téléphone, il est très inquiet, tu sais, moi aussi, du reste. J’ai une participation financière très importante dans l’affaire que traite ton mari à Genève, et l’appui de Charles de Rougemont est capital. De plus, je connais très bien Charles. Même s’il est quelquefois bizarre, c’est un homme charmant, très agréable…

— Oui, mais, papa, Rougemont…

— Florence, tu as passé l’âge des enfantillages ! Tu as un mari parfait, tu en conviens ; il faut l’aider, voilà tout ! Si tu n’es pas à ton aise dans cette bijouterie, eh bien, tu démissionneras lorsque Henry aura bouclé son affaire.

Florence, là encore, essaya de parler, de s’expliquer, en pure perte.

— Je compte sur toi. Et ta mère, qui nous écoute, t’embrasse, et moi aussi. Nous t’appellerons ce soir.

Son père venait de raccrocher. Florence était effondrée. Elle se déshabilla en pleurant, puis se dirigea nue vers la salle de bains.

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