L’Atelier de la discipline

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DE LA FORCE Sarah

ContraintesMedia 1000


BDSMdomination F/HpolarprostitutionSM


Broché / 160 pages


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Résumé

Pire que Jack l’Éventreur ! Un tueur mystérieux massacre une à une les dominatrices de Paris, avec une cruauté à bouleverser les âmes les plus aguerries ! Même si elles se sentent en sécurité dans leurs donjons, entourées de fouets et de chevalets, même si elles sont capables de faire plier les clients les plus récalcitrants, toutes ces dames sont en émoi. Qui sera la suivante ? Ne serait-ce pas le moment d’oublier les jalousies et de s’unir pour attraper, juger et punir cet assassin, en lui infligeant les mêmes supplices atroces qu’il a imposés à ses victimes ? Pour Diana, rien ne sert d’avoir peur. La vie continue, et les hommes se prosternent à ses pieds. Mais que fera-t-elle en découvrant que ce client bien élevé est sans doute le monstre ? Un roman à clés qui restera longtemps dans les mémoires…

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I

Son excitation battait dans sa gorge comme un cœur affolé de jouissance. Et c’était une jouissance que de voir Olga, attachée sur la croix. Il respirait à longs traits, s’emplissait les yeux du spectacle, et chaque détail se logeait comme une balle dans son cerveau.

Il avait réuni tous les spots de la pièce et les avait installés avec soin. Sculptée par la lumière, Olga ressemblait à une de ces martyres torturées devant lesquelles il s’était parfois attardé dans les musées. Et d’une certaine façon, telle qu’elle se présentait à lui maintenant, Olga était une œuvre d’art. Son œuvre !

Sans la quitter des yeux, il marcha jusqu’à la chaîne hi-fi et farfouilla dans le range-disque pour trouver la Troisième Leçon de l’Office des Ténèbres de Charpentier sur laquelle il aimait qu’elle le domine.

Dans la mallette qu’il avait apportée, il prit une coupe, la bouteille de Laurent Périer et, le cœur toujours palpitant au rythme de ses gestes, il s’assit face à Olga pour la contempler une dernière fois.

Le temps lui était compté. Dans quinze minutes au plus, le prochain client allait sonner et s’étonner qu’Olga ne vienne pas ouvrir. Il n’avait aucune envie de le croiser.

Il ricana sans bruit à l’évocation de la scène, lorsqu’on découvrirait Olga, la célèbre dominatrice, la cage thoracique défoncée, sa mini-robe de latex maculée de sang, un beau sang vermeil qui fonçait en séchant, la tête penchée sur l’épaule comme un Christ à l’agonie, ses longs cheveux roux cachant son visage.

Il eut un nouveau ricanement silencieux en imaginant l’horreur que susciterait ce visage quand on écarterait les cheveux. Ce visage, cette bouillie de visage, car il s’était acharné à l’asperger de vitriol, jusqu’à n’en rien laisser d’intact, de vivant, d’humain.

Une sueur légère mouilla sa lèvre supérieure, et son cœur s’accéléra encore. Il but une gorgée de champagne et la peur qui commençait à raidir ses membres reflua. Il avait fait du beau travail. Quel dommage qu’il n’ait pas pensé à amener un appareil photo ! Quel merveilleux souvenir d’Olga il aurait emporté !

À part le torse démoli qui lui donnait l’aspect d’une poupée de son crevée, elle était toujours aussi belle, aussi imposante.

Il aurait voulu passer une dernière fois ses mains sur ses jambes lacérées de coups de cravache, sur ses seins qu’il avait dénudés jusqu’à l’os, mais un froid de plus en plus pénétrant, et cette raideur qui gagnait dans son corps, l’en empêchaient.

L’excitation avait été trop forte, son organisme marquait le contrecoup. Il regarda sa montre. Encore dix minutes. Malgré un début de nausée, il ne se résignait pas à quitter les lieux. Il s’emplissait les yeux du décor qu’il ne reverrait plus. Les canapés recouverts de lamé noir et or, les doubles rideaux qui ne s’ouvraient jamais, la flamme blonde des bougies sur les hauts candélabres, les crochets d’acier auxquels pendait la collection de fouets dont Olga était si fière, tout ce domaine sombre et clos, voué à la souffrance, au mystère et au plaisir.

Les répons scandés par la cantatrice emplissaient la pièce d’une façon presque palpable, et soudain un spasme de son estomac le força à se mettre debout. Il n’eut que le temps de courir dans la salle de bains et il vomit, avec de grands hoquets douloureux.

– Non, non, pas contre le mur. Il faut laisser le passage pour une personne.

Les manutentionnaires chargés de livrer la table d’élongation dans le donjon de Diana la regardaient avec stupéfaction, mais elle n’y prêtait pas attention, occupée à déterminer l’emplacement de cette table qu’elle s’offrait pour son trentième anniversaire et qui lui était enfin livrée, avec trois semaines de retard.

À l’évidence, c’était la première fois que les deux hommes pénétraient chez une dominatrice professionnelle et ils ne pouvaient s’empêcher d’ouvrir des yeux ronds.

L’un d’eux, que l’autre appela Olivier, était un assez beau mec, d’environ vingt-cinq ans, les épaules larges, avec des jambes solides et de belles fesses, mises en valeur par le jean. Au contraire de son collègue, un petit homme au visage en lame de couteau, qui transpirait le mépris et la réprobation, il avait l’air excité par ce qu’il voyait.

Suspendue par des bracelets de cuir et des chaînes à une poutre, nue en dehors d’un serre-taille de cuir rouge, une très jeune femme au corps androgyne, aux petits seins à peine marqués, attendait sans broncher que Diana veuille à nouveau s’occuper d’elle. Son corps était couvert de longues zébrures violettes, et les lèvres de son sexe allongées par les anneaux qui les traversaient. Elle tenait la tête penchée, les yeux obstinément tournés vers un homme assis dans un fauteuil, un verre à la main.

Le contraste était saisissant entre cet homme à la cinquantaine bronzée, habillé d’un costume élégant, renversé dans son fauteuil comme s’il se trouvait dans un salon, et les deux femmes, l’esclave et la dominatrice. Comme tout le monde, Olivier avait entendu parler de sadomasochisme, il avait vu des photos dans des magazines. Mais ce qui l’entourait était à la fois plus banal et plus extraordinaire que tout ce qu’il imaginait.

En dépit de son bustier de cuir, de sa minijupe et de ses cuissardes, Diana se comportait comme n’importe quelle femme à qui on livre un meuble attendu. En suivant ses indications pour installer la table, Olivier la regardait du coin de l’œil, appréciant le corps mince mais bien galbé, le visage à la bouche pulpeuse, encadré par les cheveux noirs.

– Ce doit être un ancien mannequin ou une ex-danseuse, chuchota-t-il à son partenaire qui, en guise de réponse, fit un index sur sa tempe. À ses yeux, ils étaient chez des dingues.

Diana se recula pour juger de l’effet produit par la table, puis elle eut un furtif sourire de satisfaction. J’ai le plus beau donjon de Paris, pensa-t-elle, j’y suis arrivée !

Deux cents mètres carrés, divisés en cinq pièces, cinq salles plutôt, le tout formant l‘Atelier de la Discipline, le donjon le plus prisé de Paris.

La première pièce, tapissée de faille violette, faisait office de salon de réception. C’est là, sous un jeu savant d’éclairages, que Diana faisait évoluer ses sujets travestis, là que ceux qu’elle appelait « les amateurs », recevaient de légers sévices.

Un chevalet rappelait à ces mêmes amateurs, des hommes plus intéressés par un jeu érotique que par la véritable soumission, qu’ils n’étaient pas dans le dernier salon où l’on cause. La jeune femme appréciait peu ces sujets et, s’ils persistaient dans une attitude provocatrice, elle les congédiait définitivement. Ils rappelaient parfois, suppliant d’être repris, n’en croyant pas leurs oreilles qu’elle refuse, d’autant plus enragés à revenir qu’ils découvraient soudain sa véritable autorité.

Dans un coin de cette pièce que Diana appelait le « salon », un bar et quelques guéridons créaient une manière de cabaret. Des lampes à abat-jour rouges et, au plafond, une boule en miroir complétaient l’illusion.

La deuxième salle, dite de « Grande Discipline », était pourvue de tous les meubles et accessoires dont peut rêver une dominatrice, choisis et agencés avec un goût sûr. Le long des murs étaient successivement disposés un banc de fouettage, des espaliers de gymnase, une croix de chêne massif venant d’une église andalouse, un confessionnal du même bois et de la même origine, et une cage, une véritable cage pour animaux, dont l’acier glacial s’allumait de reflets bleus à la lueur des cierges.

C’est là que les deux livreurs avaient été introduits, en pleine séance, et ils n’en revenaient pas. Olivier se tourna vers l’esclave suspendue. Elle était moins belle, moins impressionnante que Diana qui, avec ses talons, mesurait un mètre quatre-vingt, mais, peut-être parce qu’elle semblait plus accessible, il se dit que, s’il avait eu le choix, c’est avec cette esclave qu’il aurait aimé faire l’amour.

Dans un coin, que Diana appelait son « établi », était disposé de quoi faire réfléchir les soumis introduits en Grande Discipline : fouets, cravaches, cordes, menottes à l’éclat péremptoire, pinces à seins, poids, ciseaux, poucettes, godes, étaient rangés dans un ordre tel que, bien que chaque séance fut différente, Diana les trouvait immédiatement à sa main.

Alors qu’elle saisissait un de ses fouets favoris, au moment où elle ouvrait la bouche pour congédier les deux hommes, elle surprit le regard d’Olivier et comprit qu’elle avait bien fait de recevoir les manutentionnaires en pleine séance.

Elle connaissait assez Gauthier Montmoreau pour savoir qu’il apprécierait l’intermède. Il lui amenait Nathalie, sa jeune femme, deux fois par mois. Le début du rituel était invariable. Lui et Nathalie s’installaient au Salon comme des visiteurs et Diana leur offrait un verre. Gauthier s’opposait alors à ce que Nathalie boive quelque chose.

– Elle est punie, disait-il, en la lorgnant d’un air mécontent. D’ailleurs, je vous l’ai amenée pour que vous la corrigiez comme elle le mérite. Ça la dissuadera peut-être de recommencer.

– Qu’a-t-elle fait ? demandait Diana en se tournant vers la jeune femme.

– Toujours la même chose.

Depuis près d’un an qu’ils venaient, Diana n’avait pu savoir ce qu’était cette « chose », toujours la même. Il semblait important pour Gauthier que cela reste un secret, et il arrivait à Diana de fantasmer sur cette faute mystérieuse, tandis qu’elle corrigeait la jeune femme. Diana ne savait pas non plus quelle était la part de soumission réelle de Nathalie et la part de contrainte qui lui était faite. Elle devait avoir entre vingt et vingt-deux ans et, malgré un joli visage couverts de taches de rousseurs, un corps élancé et délicat, elle donnait l’impression d’une enfant malingre et mal dans sa peau. Où Gauthier l’avait-il rencontrée ? Il n’en parlait jamais. C’était sa troisième femme, et elle semblait subjuguée par cet homme à l’autorité résolue. L’aimait-elle ? C’était encore un mystère. Elle ne parlait pas en présence de Diana, sauf pour gémir, pleurer quand elle avait trop mal, ou répondre par « oui » ou « non » à une question.

Lorsque Diana se levait, prenant Nathalie par le coude et la poussant vers la Grande Discipline, Gauthier chuchotait invariablement :

– Le fouet… très durement.

Et il y avait un tel frisson dans sa voix, un tel éclat dans ses yeux, que Diana se sentait gagnée par son excitation. En quelques gestes rapides, elle attachait Nathalie et la fouettait par séquences de vingt coups, espacées par un répit de quelques minutes pendant lequel elle caressait la jeune femme, un peu comme une lionne joue avec ses petits. Elle tirait sur les anneaux qui traversaient ses tétons, enfonçait un doigt à l’ongle pointu dans sa chatte. Quand Nathalie était très excitée, Diana lui mettait deux doigts dans sa bouche et lui faisait lécher sa mouille. Assis dans un fauteuil, le verre à la main, Gauthier suivait la scène sans un mot. Il ne parlait jamais, ne se permettant pas d’intervenir dans la domination de Diana ; son excitation ne se manifestait que par un souffle un peu plus bruyant, un peu plus rapide.

La deuxième partie de la séance variait, selon l’humeur et les possibilités de Diana. Gauthier lui laissait carte blanche. Il arrivait que Nathalie soit contrainte de lécher une autre soumise, qu’elle soit prise par tel ou tel esclave mâle convoqué pour la circonstance, ou contrainte de s’empaler sur un gode énorme, en présence d’une assistance choisie.

Mais ces épisodes avaient toujours eu lieu en présence de personnes complices, déjà familiarisées avec la domination. Quand les manutentionnaires avaient sonné, Diana avait tout de suite compris le parti qu’elle pouvait tirer de leur visite. Elle savait que Gauthier aimerait voir sa femme livrée à la curiosité d’inconnus. Un coup d’œil lui confirma qu’elle avait eu raison, et elle décida de profiter mieux encore de ces circonstances imprévues. Elle fit un léger signe de tête à Montmoreau et quitta la pièce en entraînant les deux hommes.

Dans le Salon, elle sortit d’un coffret un billet de cent francs et le tendit au petit homme au visage en lame de couteau. Elle retint l’autre par la manche de sa chemise, l’attira plus loin et chuchota :

– Je vous offre mille francs pour une demi-heure de votre temps, ça vous intéresse ?

Olivier parut stupéfait et ne répondit pas, ni pour accepter ou refuser, ni pour demander ce qu’elle attendait de lui.

– Dîtes à votre copain que vous le retrouvez dans trente minutes et venez me rejoindre dans l’autre salle.

Quand Olivier reparut, excité et timide, Diana levait son fouet, une grosse lanière tressée. Elle était en train de fouailler Nathalie.

– Approchez, dit-elle à Olivier. Mon bras se fatigue, c’est vous qui allez corriger cette petite salope.

Elle mettait de la tendresse dans le mot « salope » et Olivier comprit qu’il ne devait pas trop se fier aux apparences : la réalité des rôles était plus subtile qu’il ne semblait.

Il prit le fouet d’une main assurée, mais il lui fallut quelques secondes pour se décider à porter le premier coup. Diana éclata de rire, tellement ça ressemblait à un simulacre.

– Allons, dit-elle, plus fort ! Frappe pour de vrai, laisse-toi aller ! Tu en meurs d’envie et la petite chienne adore ça…

C’est vrai qu’il en avait envie et ce désir, nouveau, inquiétant, lui serrait la gorge.

En frappant, il évita de regarder Nathalie qui gémissait de plus en plus fort et ce fut finalement Diana qui dut lui dire de s’arrêter. Le corps de la jeune femme était marqué du cou aux genoux. À certains endroits plus sensibles, les seins, le ventre, l’intérieur des cuisses, la peau égratignée saignait. Olivier, interdit, faillit lâcher le fouet et quitter la pièce en courant. Collée derrière lui, Diana le poussa contre Nathalie.

– Caresse-la, murmurait-elle. Elle l’a bien mérité. Regarde comme elle est mignonne. Tu n’as pas envie de la prendre ? Et toi, petite chienne, ajouta-t-elle, en flattant la jeune femme comme une bête, tu n’as pas envie d’un beau garçon ?

Nathalie, l’air terrorisé, fit « non » de la tête, aussi vigoureusement qu’elle le pouvait, implorant son mari du regard.

Diana se tourna vers Montmoreau.

– Qu’en pensez-vous, Gauthier ? N’est-ce pas le bon moment pour faire saillir cette petite chienne ?

Pour seule réponse, il approuva d’un signe, et Diana sut qu’elle avait bien joué : sous son bronzage, il était cramoisi.

– Détache-la, ordonna-t-elle à Olivier.

Elle ne l’aida pas, en dépit, ou à cause de sa maladresse, qui faisait monter la tension. Quand Nathalie fut libre, Diana la saisit par la nuque et l’agenouilla brutalement devant Olivier, prenant soin de les placer tous deux de façon à ce que Gauthier ne perde aucun détail.

– Ouvre sa braguette et suce-le.

Le silence était tel qu’on entendait le grattement des ongles de Nathalie qui avait du mal à déboucler la ceinture et à ouvrir les boutons du jean. On entendait aussi les souffles de Gauthier et d’Olivier, et celui, saccadé, haletant, de Nathalie. Seule Diana gardait un parfait contrôle d’elle-même, mais elle appréciait la situation et songea avec un sourire intérieur, qu’elle ferait appel à ces images, tout à l’heure, quand elle se caresserait.

Nathalie avait enfin ouvert la braguette et baissé suffisamment le slip d’Olivier pour sortir la bite et les couilles. Il avait une belle verge, bien droite, solide, planté parmi des poils blond foncé, épais et bouclés. Il était assez excité pour que son gland soit décalotté. Un peu de liquide sortait du méat.

– Lèche, suce, bouffe, cracha Diana, ponctuant chacun de ses mots d’une claque sur la nuque de Nathalie.

La jeune femme avait le visage enfoncé dans les couilles d’Olivier, mais elle ne réagissait pas. Alors, il prit sa bite et l’enfonça d’un coup dans la bouche de Nathalie. Il était malade d’excitation. Quel homme n’a pas envie d’avoir une femme à ses pieds, une femme dont il puisse user à sa guise, sans bla-bla ni tendresse, uniquement comme d’une bête à plaisir ?

– Regarde-moi, exigea-t-il à l’adresse de l’esclave.

Il était surpris par le son de sa voix, et plus surpris encore de voir Nathalie obéir. Les rares fois où Rose, sa copine, acceptait de le sucer, il n’était pas question qu’il lui impose en plus la manière de le faire.

Nathalie levait vers lui un visage pathétique, le coin des lèvres étiré par la queue qu’elle s’efforçait d’avaler et qu’elle rejetait malgré elle, avec un spasme, quand le gland touchait la luette. Olivier sentit qu’il allait jouir trop vite et se retira. Sans bien se rendre compte de ce qu’il faisait, il attrapa Nathalie par les cheveux et la fit mettre à quatre pattes. Il haletait.

– Chienne, je te baise, je te bourre !

Il avait oublié Diana et l’homme immobile dans le fauteuil. Il regardait la chatte ouverte de Nathalie, une chatte de petite fille, presque sans poils, les lèvres roses, mais c’est contre son anus qu’il appuya le bout de sa queue. Il poussa, d’une façon brutale, bestiale, sans même chercher à se faire un chemin avec les doigts. Pourquoi l’aurait-il fait ? Que lui importait qu’elle souffre ? Elle n’était là que pour son plaisir.

Nathalie rua une première fois quand le gland passa l’anneau, une seconde quand la verge alla plus loin, et une troisième quand elle fut pénétrée tout entière. Mais Olivier la tenait d’une main ferme, prêt à lui arracher les cheveux plutôt que de lâcher prise. Il vit vaguement la grande silhouette de Diana qui venait vers eux et il jouit avec un grognement au moment où la lanière du fouet s’abattait sur le dos de Nathalie.

La troisième salle, plus petite, appelée le « Cabinet » pour suggérer des idées de chirurgie, était suivie d’une salle de bains carrelée de céramique blanche et éclairée du plafond par un orbe de spots, qui évoquait un bloc opératoire, ou une morgue.

À côté de la salle de bains, une porte étroite, percée d’un œilleton, ouvrait sur une cellule capitonnée comme celles dans lesquelles on enferme les fous violents.

La dernière pièce, la « Loge », était à la fois loge de théâtre et vestiaire. Diana s’y maquillait pour les séances et s’y recueillait avant de devenir Maîtresse. Elle avait conservé de son passé de danseuse de revue le goût du costume et du maquillage qui dissimulent et protègent. Sur une longue tablette en bois clair, un matériel sophistiqué était rangé dans un ordre aussi parfait que les instruments de torture dans la Grande Discipline. Des fards de toutes les couleurs, dans de petits godets, des fonds de teints, des boîtes de poudre, une quinzaine de tubes de rouge à lèvres, des éponges, des houppettes en velours. Dans de petits vases en opaline, il y avait des crayons, des pinceaux de toutes les tailles, des stylos à mascara. Le lait démaquillant, les lotions pour les yeux et le visage, avaient été transvasés dans des flacons en cristal taillé, à bouchons d’argent. Des brosses en soie, des barrettes en écaille véritable, et un flacon original de Shalimar, donnaient à l’endroit une impression rétro et terriblement féminine. Diana aimait le raffinement des années trente et, depuis qu’elle en avait les moyens, elle s’était fait le plaisir d’aménager sa Loge dans l’esprit des boudoirs bourgeois qui l’avait fait rêver quand, avec sa mère, elle regardait de vieux films à la télé.

Mais les ampoules qui entouraient la glace fixée au mur n’avaient rien de désuet ni d’ancien. C’étaient celles de toutes les loges d’artistes, produisant une lumière sans concession.

Sur des portants, rangés le long des murs simplement blanchis à la chaux, se trouvaient une cinquantaine de tenues différentes, combinaisons de cuir, de latex, bodys, bustiers, jupes longues ou courtes, robes de ville, tailleurs, robes du soir. Les corsets, les serre-taille, les slips, les soutiens-gorge et les guêpières, étaient dans un placard à porte coulissante, avec les escarpins, les bottines et les cuissardes. Les bijoux et les accessoires étaient alignés sur des étagères, avec des têtes à perruques et des chapeaux. Un portant plus petit supportait les vêtements que Diana faisaient endosser à ses travestis.

En entrant dans la pièce, tout de suite après avoir reconduit Montmoreau et sa femme, Diana se laissa aller sur le fauteuil qui lui servait pour se maquiller, avec un soupir de bien-être. Les cuisses ouvertes, appuyées sur les accoudoirs, elle se caressa quelques minutes en se regardant dans le miroir. Elle aimait son image de guerrière, barbare en cuir, amazone ressurgie d’un royaume disparu. Mais à l’évocation de ce qui venait de se passer, elle sentit venir le plaisir, et se laissa aller en fermant les yeux.

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