L’avilissement absolu et autres textes de domination féminine

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MERODACK Robert

La MusardineLectures amoureuses


BDSMfétichismepremière foisSMvieux et jeune


432 pages


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Résumé

Dans toute son œoeuvre, le très prolifique Robert Mérodack (1947-2001) avait fait sienne cette devise : « Le SM est un jeu érotique ; le bourreau doit faire jouir sa victime. »

Et dans l’’univers de Mérodack, ce sont bien souvent les femmes, icônes cruelles, devant lesquelles les victimes jouissent de s’’agenouiller. Telle Dawn Carter, gouvernante impérieuse qui, dans La Loi du talon, entraîne dans une inexorable spirale de souffrance un veuf et son fils. Telles les éducatrices de l’’étrange « centre de perfectionnement » de la Trilogie du garçonnet qui éduquent le jeune Séverin à l’’obéissance absolue et à l’’adoration des femmes.
Âmes sensibles s’’abstenir ! Travestissements, sodomies, coups de fouets, servitude totale sont au menu de ces romans saisissants, encadrés de deux courts récits jusqu’au-boutistes qui illustrent les plaisirs de l’’urolagnie et de la coprophilie (L’’Avilissement absolu), ainsi que de la podophilie, l’’adoration des pieds chère aux fétichistes (L’’Organiste).

Présentation de Christophe Bier.

Débuter la lecture

C’était une situation insoluble.

Sa femme était morte depuis près de trois mois, et Mark Reynolds éprouvait une difficulté croissante à faire face aux responsabilités que représentait la grande maison géorgienne pleine de coins et de recoins, une maison qui était restée la propriété de sa femme, même après leur mariage, près de vingt ans plus tôt. La demeure, qui occupait un terrain de plus d’un hectare, à une trentaine de kilomètres de la frontière du Connecticut, était entourée de bois épais, avec un torrent bien fourni en truites, et tous les avantages de la vie à la campagne.

Mark était assis dans son bureau à contempler les rangées de livres qui garnissaient les boiseries, du plancher au plafond. Une bûche flambait dans l’âtre, et il se demandait ce qui préoccupait Bud, son fils unique, devenu adolescent.

Dès l’instant où sa mère était morte, le garçon était devenu distant, allant jusqu’à éviter son père, alors qu’ils s’étaient toujours bien entendus. Mark espérait que son fils n’était pas en train de lui échapper. Bud était un jeune homme grand et bien fait, les cheveux sombres, solidement bâti. Par les traits de son visage, il ressemblait à sa mère, et Mark n’était pas du tout étonné que son fils ait si mal supporté ce décès. Sa mère et lui avaient été inséparables, unis par un lien indicible de confiance partagée, qui allait au-delà des frontières normales d’une relation entre une mère et son fils.

Bud se refermait sur lui-même et fuyait tout le monde, son père y compris. Sa voix résonnait sourdement, presque sans vie, en échos qui se répercutaient dans les grandes chambres vides qui semblaient maintenant peuplées de fantômes, et non plus d’êtres vivants.

Mark ne pouvait résoudre par lui-même les problèmes de l’éducation de son fils et de l’entretien d’une maison de quinze pièces. Du vivant de Helen, une femme venait de la ville, mais depuis sa mort dans un accident de voiture par un jour glacial de décembre trois mois auparavant, aucune aide ménagère n’était venue donner un coup de main pour tenir la maison.

La femme de la ville avait dit qu’elle se sentait fatiguée, maintenant que Mme Reynolds était partie. Mark n’avait pas insisté. Il avait lui-même perdu tout entrain. Pourtant, il fallait qu’il réagisse !

Mark Reynolds décida d’engager une gouvernante, une femme capable de s’occuper de la bonne marche de la maison, de la lessive, de la cuisine, etc. Il ne se souciait pas du prix qu’elle demanderait, à condition qu’elle convienne et ramène un peu de vie entre les murs.

« Tout le monde est si foutrement lugubre, se disait-il. Moi inclus. Bon Dieu… je n’ai que trente-huit ans. La mort de Helen, on ne peut rien y faire. C’est arrivé… c’est fini maintenant, et nous ne pouvons rien y changer. »

Il tapa sur la table, presque avec colère, renversant le cendrier, éparpillant les mégots de cigares et de cigarettes sur le tapis d’Orient. Il se maudit d’être aussi maladroit, se pencha, et comme il rassemblait les saletés qu’il avait répandues, il entendit la porte de son bureau s’ouvrir, et son fils l’appeler.

— Papa ? Je peux entrer ? J’aimerais te parler.

Mark regarda par-dessus son épaule.

— Bien sûr, qu’est-ce qu’il y a, fiston ? dit-il avec un grand sourire, en se calant dans son fauteuil, pendant que son fils déambulait dans la pièce.

Il l’observait d’un œil presque critique. Il voyait Helen, la forme de son visage, les mêmes yeux perçants, d’un brun sombre, le même teint. Le garçon prenait de l’épaisseur en grandissant, et il changeait plus vite que Mark pouvait le prévoir. Chaque jour, il paraissait plus grand, il ressemblait davantage à un homme.

Bud finit par s’asseoir sur une chaise près de son père. Il se tordait les doigts contre son ventre, mal à son aise et sous pression.

— Il y a quelque chose dont je voulais justement discuter avec toi, Bud, dit Mark comme son fils demeurait silencieux.

Il alluma une cigarette.

Bud hocha la tête, essaya de sourire. Mais il se sentait abattu, plus malheureux qu’il ne l’avait jamais été ; la présence fantomatique de sa mère, sinistre et presque menaçante, planait sur lui, sur la maison, partout où il allait. Il était incapable de s’empêcher de penser à elle, aux moments qu’ils avaient partagés, à tous ces instants de confiance et de complicité.

— Eh bien, commença Mark en respirant profondément, cette maison est joliment grande, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est-ce pas, fiston ?

— Vrai. Quinze pièces. C’est joliment grand ! dit Bud en hochant la tête.

— Et nous deux, nous ne pouvons pas vraiment la tenir comme il convient… en tout cas pas de la manière que ta mère aurait aimée, avec ses vieux meubles et tout ça. Tu ne trouves pas ?

— Oui, c’est vrai, dit Bud, réticent.

— Eh bien, j’étais justement en train de penser, Bud, que la meilleure solution, à part vendre la maison…

— Vendre la maison ! Tu ne peux pas faire ça, papa. Mère ne l’aurait jamais permis. Elle est née ici.

— Maman est morte, Bud. Et puis attends juste une minute, et ne me prends pas à la gorge. Je n’ai jamais pensé sérieusement vendre la maison. Je veux seulement engager quelqu’un… quelqu’un à temps complet pour tenir la maison, faire la cuisine, la lessive, tout garder impeccable… de la manière que ta mère aurait appréciée.

— Une gouvernante ? demanda Bud en plissant le nez avec une grimace de dégoût. Et avoir quelqu’un qui ferait irruption dans notre vie, qui nous dirait quoi faire ? Pourquoi ? On peut se débrouiller par nous-mêmes. Je sais faire la cuisine… un peu. Et je sais me servir de la machine à laver dans la cave. Nous n’avons besoin de personne d’autre ici !

— Toi, peut-être pas, mais moi, si. Je ne peux supporter la manière dont tu tournes en rond tristement, la queue entre les jambes. Où est donc cette joie de vivre des Reynolds dont nous parlions, Bud ? Penses-tu que ta mère serait heureuse de connaître ta façon de te comporter ? De refuser de vivre, de continuer, de faire ta vie ?

C’était un sermon préparé depuis longtemps. Mark passa le bras autour des épaules de son fils, et le serra contre lui en souriant affectueusement. Bud se contentait de hocher la tête. Des pleurs perlaient sous ses paupières.

« Sensible aussi, tout comme sa mère, pensait Mark en se demandant pourquoi Bud n’avait pas commencé à sortir avec les filles du collège qu’il fréquentait en ville ; il avait toujours fait des pieds et des mains pour quitter la maison, surtout quand sa mère était encore en vie. Maintenant, la dernière chose au monde que Mark désirait était de voir son fils s’éloigner. Il ne pouvait supporter l’idée de vivre seul, entouré des souvenirs de Helen.

— Alors, c’est arrangé, n’est-ce pas ? dit-il enfin.

— Quoi ? demanda Bud d’une voix blanche.

— La gouvernante. Je vais mettre une annonce dans les journaux de New York, pour voir si je peux faire venir une femme ici dès la semaine prochaine. Tu verras, Bud. Tout ira mieux ainsi, je te le promets.

Ce que Bud n’avait pas dit à son père, c’est qu’il avait peur. Peur que quelqu’un découvrît la vérité à son propos, à propos de sa vie secrète, des fantaisies qui l’envahissaient jour après jour. Seule sa mère savait. Mark n’avait jamais rien su. Cela avait été leur secret, toujours, depuis qu’il était petit garçon, lorsque sa mère lui avait fait promettre de ne jamais parler à personne des choses qu’ils faisaient quand ils étaient seuls, et que le père de Bud était à son bureau, à New York.

Bizarre n’était peut-être pas le mot exact pour décrire l’étrange relation de symbiose quasi incestueuse que le garçon avait connue avec sa mère. Mais Helen Reynolds vivait une existence double, et sous son extérieur serein, d’apparence normale, elle cachait une autre personne, une femme au sang bouillant, avec des goûts étranges et des désirs interdits.

Mark n’en avait jamais rien su. Helen gardait une partie d’elle-même dans l’ombre, ne permettant pas à son mari de découvrir sa vraie nature, les passions qui se mêlaient en elle ; passions qui l’avaient conduite à transformer son fils, pour assouvir ses propres besoins sexuels irréguliers. Car ce ne fut qu’après avoir entraîné Bud à devenir un domestique consciencieux, un subordonné, un serviteur, une femme de chambre bien plus que son propre fils, que Helen avait pu être véritablement satisfaite de son existence retirée.

Sept années avaient été nécessaires, sept ans durant lesquels Bud avait appris de première main ce que signifie la suprématie féminine, ce que veut dire l’obéissance, au-delà de tout ce qu’une mère peut être en droit d’attendre de son fils.

Et il avait appris à aimer ses manières, à attendre avec impatience que son père soit parti pour que lui et sa mère puissent mettre en œuvre leurs fantaisies. Même la femme qui venait faire le ménage n’avait jamais imaginé ce qui se passait dans la chambre à coucher de Helen.

Bud était désormais livré à lui-même. Son père lui avait confié son intention d’engager une gouvernante, aussi, plus tard dans la nuit, le garçon s’assit sur son lit et sanglota, pleurant sur lui-même autant que sur sa mère. Il repensait à la manière dont sa mère le traitait, comment elle s’habillait pour lui de robes d’intérieur étourdissantes et de guêpières du plus beau cuir.

Immédiatement après sa mort, il les avait sorties discrètement des tiroirs afin que le souvenir de sa mère ne pût jamais être terni, et afin d’éviter que son père découvrît les étranges parures fétichistes qui pendaient dans la garde-robe de sa femme.

Bud s’essuya les yeux et s’arracha du lit. Il ouvrit la porte de son propre placard et en sortit avec difficulté un grand carton placé dans le fond. Il le tira jusqu’au bord du lit et l’ouvrit ; le souffle court, il leva la parure du dessus, un corset de cuir noir et verni, garni de baleines, avec des lacets en cuir brut qui s’entrecroisaient.

Ce corset avait été l’un de ceux qu’il préférait, et bien des fois, il s’était servi de sa langue pour polir le cuir jusqu’à ce qu’il brillât dans la lumière. Maintenant, ses doigts tremblaient, tandis qu’il pressait le corset contre son visage ; il pouvait encore inhaler l’odeur fugace et musquée de sa mère, cet arôme qui avait toujours imprégné son corps, aussi loin qu’il pût se souvenir.

— Lace-le pour moi, mon petit.

Elle avait l’habitude de rire, debout, là, près de sa coiffeuse, les jambes gainées par des bas de soie noire et des bottes de cuir à talon aiguille qu’il avait lacées lui-même quelques minutes auparavant.

— Oui, mère, oui, tout ce que vous voudrez, murmurait-il, tremblant, les yeux fixés sur les globes gonflés et capiteux de sa poitrine.

Les nichons se dressaient à hauteur de ses yeux, le touchaient presque lorsque les mamelons durcis se tendaient de désir.

— Voilà un gentil petit garçon !

Elle riait, bombait le buste pour le forcer à ouvrir la bouche, à saisir entre ses lèvres l’un des gros tétins cramoisis. Il songeait à cela maintenant, et l’eau lui venait à la bouche. Le goût du corps de sa mère était encore là, persistant comme la chaude odeur musquée qui imprégnait les parures de cuir.

Il retourna s’asseoir sur le lit, en emportant la guêpière. Il essayait d’imaginer, de ramener sa mère à la vie par l’intensité de ses souvenirs. Si elle avait été là, il aurait lacé soigneusement la parure, entrecroisé les lanières de cuir fauve, les tirant fort pour que ses hanches s’épanouissent voluptueusement, et elle aurait grogné entre ses dents, sa poitrine jaillissant au sommet du fourreau baleiné.

— Maintenant, agenouille-toi et montre-moi comme tu vénères ta mère, mon garçon, disait-elle en le bousculant de la main.

Avide de plaire, avide de lui prouver que personne d’autre au monde ne savait l’adorer et la respecter aussi bien que lui, Bud tombait à genoux, tendait le cou vers elle, et elle riait de ce rire de gorge étouffé, rauque, ce rire familier que Bud entendait toujours, comme une mouche bourdonnant avec insistance près de son oreille.

Il la regardait, dévorait des yeux sa nudité, le buisson épais et poilu visible entre ses jambes, dénudé devant son regard enfantin qui ne faiblissait ni ne clignait. Cette sombre plantation de boucles noires, cette fourrure de la chatte le provoquait, comme tout ce qui concernait sa mère.

Il aurait voulu l’orner avec des fleurs, la vénérer comme une déesse, une idole de poils et de viande charnue, succulente et très chaude. Il aurait pu contempler la motte sombre, palpitante, de sa mère pendant des heures, sans jamais se lasser de cette vision.

— Alors ? claquait-elle soudain en le toisant d’un regard rempli de joie sauvage, de colère et d’agressivité.

Sa main fendait l’air, et avant même qu’il ait une chance de faire un pas de côté, Bud sentait la gifle qui s’abattait, la claque coléreuse et cuisante qui incendiait sa joue.

— Ça t’apprendra, petit roquet impertinent ! Maintenant, montre à ta mère ce que la dévotion veut dire, petit porc, et que ça saute !

— Oui, oui, mère, murmurait-il en s’avançant vers elle, et ses mains se posaient sur les bords supérieurs de ses bottes de cuir noir verni, celles-là même qu’il astiquait pour elle, tous les jours sans exception.

Et puis, il aurait fait ce qu’il se languissait de faire, ce à quoi il pensait encore, assis tout seul dans sa chambre. L’image était frappante, suspendue devant lui comme un calice débordant de vin. Seulement, le calice dans lequel il buvait à petites gorgées n’était rien d’autre que la chatte brûlante et juteuse de sa mère, sa craque dégoulinant d’un grand flot de sève, de jus huileux, musqué, qu’il léchait férocement de sa langue étirée, pénétrante. Il revoyait tout cela, clair comme le cristal.

« Oui, se disait Bud Reynolds, plus abattu et déprimé que jamais. Je le veux encore… encore ! Oh, mère, pourquoi ? Pourquoi deviez-vous me quitter ? J’étais gentil avec vous, n’est-ce pas… n’est-ce pas ? Et maintenant personne ne comprendra jamais ce qui est arrivé, personne ! Jamais… »

Il réprima un gémissement de désespoir et se jeta sur le lit en se rappelant comment il s’appuyait contre elle, comment il frottait son visage sur les boucles pubiennes emmêlées, humides et grasses, lorsqu’elle se penchait pour l’attirer et l’engloutir contre son fourreau succulent, surchauffé, insatiable.

— Bois-le, mange-moi ! sifflait-elle entre ses dents serrées. Elle maintenait son visage enfantin et avide bien en place entre ses cuisses douces et le pressait encore tandis qu’il s’arrachait la langue pour lui plaire et la servir.

Bud s’acharnait dans le manchon rose et béant, cette fissure presque obscurcie par la toison poilue et luxuriante. Il sentait la façon dont elle tremblait en se trémoussant contre lui quand il la suçait, la broutait dans une frénésie de désir affolé et fiévreux.

Ses doigts s’enfonçaient dans les bouclettes de poils noirs, et il écartait les lèvres jumelles et charnues du conin. Il les retournait, les ouvrait au maximum pour lécher l’intérieur rose et incandescent des replis vaginaux.

Sa mère commençait alors le rituel, grognant, suppliant en silence qu’il introduise sa langue plus profond. Sa salive se répandait et coulait sur son menton, pendant que la langue de son fils trouvait son plus délicieux, son plus sensible petit morceau de chair.

Le bouton de sa mère était épais et bien planté, vibrant sur sa tige et gorgé de sang. Le garçon le pinçait gentiment du bout des incisives, et elle écartait plus largement les cuisses, gémissante et assoiffée d’excès, assoiffée de sa langue, de chaque partie du jeune corps ferme et musclé.

— Plus fort ! Bois-le, mange-moi, petit bougre ! s’écriait-elle d’une voix aiguë, en lui écrasant le visage, pour le contraindre à demeurer en place.

Il faisait tourner sa langue longue et pénétrante autour du bouton, il le mâchonnait et faisait soupirer sa mère dans une extase douloureuse.

Et il s’enfonçait aussi durement que possible, au-delà de la bordure intérieure des replis qui entouraient le bouton, il s’enfonçait dans la chambre moite et chaude qu’il aurait voulu explorer avec chaque partie de son corps. Il éperonnait, pistonnait, dedans, dehors, et il sentait les parois de la chatte de sa mère qui ondulaient avec délice, palpitaient autour de sa langue, comme pour essayer de la retenir prisonnière à l’intérieur.

— Oui, oui, ça va y être, plus fort, mange-moi, dégoûtant petit bâtard !

Elle tempêtait, le frappait avec ses poings, exigeait qu’il la serve.

Bud ne s’arrêtait à aucun prix, malgré la douleur, malgré les insultes et la honte constante qu’elle lui imposait. Elle exigeait de lui des choses qu’il jugeait inhumaines, ou impossibles à satisfaire. Mais il finissait toujours par faire ce qu’elle avait demandé, en essayant de la contenter de son mieux. Même si elle le battait avec ses poings, même si elle lui plantait dans le dos ses ongles acérés, vernis, d’un rouge chatoyant comme du sang fraîchement répandu, même s’il souffrait, il s’acharnait à grands coups de langue, déglutissant comme un maniaque affolé, affamé de sexe.

Rien désormais n’aurait de sens pour lui. Seule sa mère avait de l’importance, et la servir semblait à Bud la seule chose digne d’intérêt.

Et les meilleurs moments, bien sûr, c’est quand elle jouissait, quand il réussissait à satisfaire ses violents désirs sexuels. Il était là, agenouillé. Il la vénérait. Sa langue coulissait plus vite maintenant qu’il sentait qu’elle était de plus en plus excitée, bouleversée par les coups de langue qui palpitaient, pistonnaient, longs et brûlants.

Plus fort, plus vite, il entrait, sortait, mâchonnait le pubis, fouinait entre les lèvres épaisses et boursouflées, pendantes ; leurs contours déchiquetés ravissaient à la fois ses yeux et sa bouche. Il suçait et lapait, sa langue tombait comme la foudre, plongeait, s’enfuyait jusqu’à ce que sa mère commence à se tordre en tout sens.

— Oui, maintenant, ici… Voilà !

Il croyait entendre encore le hurlement de Helen à ses oreilles, il croyait voir ses seins lourds qui oscillaient au sommet du corset de cuir étroitement serré.

— Bois-le. Imprègne-t’en le visage, porcelet ! Étron ! Fils de pédale !

Elle interrompait soudain sa litanie en plaquant ses mains sur sa bouche, effrayée à l’idée que la femme, en bas, puisse entendre l’intensité de ses cris. Elle tremblait longuement tandis que la jouissance la consumait et la rendait incapable de se contrôler.

Bud travaillait furieusement, conscient de ce qui se passait, et il suçait avec avidité sa mère en train de déborder. Elle continuait à vibrer, tout son corps tremblait contre lui et la giclée brûlante jaillissait comme de l’huile bouillante, barbouillait ses lèvres et sa langue toujours pointée.

— Bois ! Bois ! criait-elle en lui frappant le visage, et Bud descendait la main contre la grosse boule qui déformait le devant de son jean.

Lorsque sa mère achevait son plaisir, il se sentait tout prêt, prêt à exploser dans un éclatement de crème chaude, de foutre qui se déversait de son engin. Mais il savait que se retenir lui apporterait davantage. S’il contenait ses désirs naturels, sa mère pourrait bien le récompenser par un traitement beaucoup plus agréable que celui d’éjaculer simplement dans son pantalon. Aussi ramenait-il sa main et redoublait-il d’ardeur sur la chatte enflammée, jusqu’à ce que les ultimes traces de mouille aient été balayées d’une langue agile.

Alors, et seulement à ce moment-là, il se levait lentement, s’appuyait contre le rebord du lit de sa mère et reprenait son souffle. Elle se tournait vers lui, les yeux plissés, curieuse, brusquement rude, plutôt cassante.

— Pas mal, petit homme, pas mal du tout.

Elle riait, se rapprochait, contemplait la boursouflure palpitante de la braguette de son jean.

Il était toujours désarmé par son regard insistant, mais il avait appris à rester silencieux ; il inspirait profondément pendant que le jus continuait de s’écouler goutte à goutte de la chatte de sa mère, lui dégoulinant à l’intérieur des cuisses.

Helen prenait toujours son temps, elle se moquait de lui et l’agaçait d’une manière incroyable. Mais Bud était plus que patient. Il était prêt à tout pour qu’elle le satisfasse. Il aurait vénéré le sol où elle marchait… Il conservait toujours un souvenir intense de cette expérience, et il s’en faisait une fête longtemps après que l’acte eut été accompli.

Le seul fait de la regarder s’avancer vers lui le faisait trembler : sa peau se hérissait, l’anticipation lui donnait la chair de poule.

— Aimerais-tu que ta mère s’occupe de toi, mon garçon ?

Helen minaudait, sortait l’extrémité de la langue et se léchait les lèvres, s’amusant de lui, l’excitant toujours davantage.

Jusqu’à sa mort, sa mère avait répété cette scène un nombre incalculable de fois, en le tourmentant, en prétendant qu’elle n’avait nulle envie de le faire, en se moquant de son émoi. Mais cela finissait toujours par arriver, inexorablement.

D’une manière prompte et presque démoniaque, Helen bondissait vers lui, lui ordonnait de baisser son pantalon jusqu’au sol. Les doigts tremblants, les paumes brûlantes et poisseuses, Bud se dépêchait de faire ce qu’elle demandait.

Il se relevait, débouclait sa ceinture, débraguettait son pantalon et le descendait, mû par un désir impatient. Helen faisait claquer sa langue, ses yeux lançaient des éclairs et se fixaient avec une intense admiration sur l’entrejambe de son fils : les organes pendants, peu poilus, si vulnérables…

Bud baissait son pantalon d’un seul coup : il avait appris à ne pas porter de slip. Et quand son jean tombait de ses hanches minces sur ses chevilles, son membre se redressait contre son ventre, palpitait en l’air en perdant des gouttelettes incolores qui s’écoulaient comme des larmes le long de la dure barre vibrante de la pine.

Helen ne disait jamais rien, comme si son silence constituait une nouvelle menace, une accusation, la preuve que Bud était moins un homme que n’importe qui d’autre sur terre. Mais ce n’était pas vrai. Sa pine frémissante se dressait sur une bonne vingtaine de centimètres, et elle grandissait et s’épaississait encore. Juste avant l’accident qui coûta la vie à sa mère, il exhibait une matraque de cinq centimètres de circonférence, près de vingt-quatre centimètres de long, presque l’exact duplicata du pénis épais de son père.

Bud essayait de revivre une multitude d’événements, de souvenirs, qui l’affligeaient encore et l’obsédaient. Il se représentait la manière dont sa mère se déplaçait vers lui quand il se tenait là, nu en dessous de la ceinture, avec sa trique dressée, humide, qui se languissait d’être touchée, secouée, soulagée de sa charge laiteuse de semence barattée.

— Dis-moi combien tu souffres à force d’avoir envie que je touche ton zizi…

Helen ricanait nerveusement, et l’observait avec un frisson en attendant qu’il lui réponde.

— S’il vous plaît… (Il balbutiait, joignait les mains dans un geste qui était à la fois une bénédiction, une supplication et l’expression d’un respect insensé)… S’il vous plaît, faites-le, mère. J’ai été sage. Je vous aime et je veux vous servir… vous servir toujours !

Helen ne disait mot, tergiversait, puis plongeait en avant pour s’agenouiller et lancer ses lèvres écartées à l’assaut de la tête brûlante de la verge du garçon. Bud poussait des gémissements aigus, il se pressait contre elle, incapable de se contrôler, tandis qu’elle se penchait, et d’une seule goulée fiévreuse avalait l’engin sur toute sa longueur.

Alors sa langue se détendait, se déroulait, léchait férocement, montait et descendait le long du pénis. Ses mains s’agrippaient aux bourses serrées qu’elle balançait de droite et de gauche, tandis que ses lèvres et sa langue dévoraient l’érection.

— Oui, oohh, c’est bon, c’est si agréable, mère… grognait Bud en s’agitant contre elle au fur et à mesure qu’il sentait sa jouissance approcher.

Le plaisir montait en lui, s’intensifiait pendant que sa mère le suçait à fond, glougloutait chaudement, bavait sur sa lardoire jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il était incapable de se retenir plus longtemps. Le plaisir qu’elle lui donnait le faisait trembler violemment ; il donnait des coups de reins en avant pendant qu’elle enroulait sa langue étroitement autour de la tige et suçait avec une rapidité efficace.

Il n’y avait pas d’échappatoire. Avec un soupir convulsif, il se jetait contre elle, et il l’entendait ingurgiter, avaler sa semence ; il entendait aussi les chaudes giclées vivantes, le foutre qui lui rinçait la bouche, lui collait aux lèvres, à la langue, au palais.

Il continuait à cracher de vibrantes rasades de foutre brûlant, alors que sa mère prenait son dû, son instant de revanche, sa rétribution punitive : elle lui ratissait la poitrine et les cuisses avec ses ongles, elle le déchirait et l’écorchait sans ménagement. Elle crispait durement ses doigts autour de ses couilles, les écorchait tout aussi bien, ou arrachait les poils du pubis, par poignées douloureuses qu’elle jetait sur le sol.

Pourtant, en dépit de sa souffrance, Bud se rappelait toujours le plaisir de cet acte, la manière dont il gémissait et mendiait davantage, comment il sentait la langue de sa mère qui lui tirait le foutre de son trou à pisse, comment elle le trayait jusqu’à ce que ses couilles frissonnent et se paralysent, vidées de leur chaude décharge.

Alors, et seulement alors, elle s’arrêtait, et il l’aidait à se relever. Il remontait son pantalon en sachant qu’elle n’en aurait jamais vraiment terminé avec lui, qu’il y aurait encore bien d’autres tourments à venir. Par exemple, elle le forçait à mettre des vêtements de fille, ou le maquillait avec un rouge à lèvres corail scintillant, puis elle riait et l’insultait.

— Oh, qu’elle est mignonne, Buddy ! Le petit garçon à sa maman, la mignonne tapette !

Et il tremblait de peur en se demandant si elle disait la vérité.

 

*

*   *

 

Trois mois avaient passé depuis la mort de sa mère ; Bud n’était sûr ni de lui-même ni de tout ce que cela voulait dire. Il serra contre lui le corset de cuir noir, l’enlaçant étroitement, l’agitant d’avant en arrière sur le lit comme quelqu’un qui aurait été mutilé à la guerre.

Mais les batailles dans lesquelles il avait combattu avaient été mentales aussi bien que physiques. Sa mère lui avait enseigné tout ce qu’elle savait, en l’avilissant, en l’humiliant. À présent, Bud en venait à croire que cela appartenait au passé et qu’il n’avait pas d’autre raison de vivre ; il ne voyait aucun but qui valût la peine de rester en vie.

Au rez-de-chaussée, Mark Reynolds était assis seul dans son bureau, suçant discrètement sa pipe et cherchant à comprendre les réactions de son fils. Il ignorait tout sur la façon dont Helen avait traité Bud. Assis devant les flammes qui dansaient dans l’âtre, il espérait seulement qu’une gouvernante redonnerait de la vie dans la maison et réussirait peut-être à faire sourire à nouveau son fiston.

 

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