LE CERCLE NOIR

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VERNAC Eric

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Broché / 160 pages


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Résumé

Charlotte et Guillaume ont vingt ans et ils s’aiment. Jusqu’à ce qu’une étreinte imprudente les mette à la merci d’une organisation occulte dont le but est de fournir à la haute société locale de la chair fraîche pour leurs orgies. Faux témoignages, preuves fabriquées, même l’amour qui unit les deux tourtereaux devient un moyen de les contraindre aux pratiques les plus avilissantes. Et chaque tentative d’évasion les enfonce un peu plus dans l’asservissement. Les voici nus, utilisés comme esclaves sexuels, fouettés pour qu’ils obéissent, séquestrés pour qu’ils soient toujours disponibles, dressés à ne plus vivre que pour les plaisirs cruels de leurs maîtres et de leurs maîtresses, ces roués qui ne respectent même pas les liens du sang. Au coeur d’une métropole de province, les infortunes de la vertu se perdent dans le secret d’un cercle très vicieux.

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I – LES AMOUREUX NE SONT PAS SEULS AU MONDE

Il est minuit passé. Toute la soirée, une petite pluie fine est tombée sur L., la prestigieuse métropole provinciale, et les rues mouillées sont presque désertes. A la sortie des cinémas, au lieu de former de joyeux attroupements et de prolonger la discussion sur le trottoir ou dans les bistrots voisins, chacun s’est empressé de rentrer chez soi. Pourtant, la température n’est pas rude pour une fin de février. Indifférent aux intempéries, un jeune couple, la main dans la main, grimpe les ruelles sinueuses de la vieille ville. En haut de la colline, se dresse la basilique qui domine la ville. Ce belvédère est le but de leur promenade.

Devant le panorama, le garçon prend la fille par la taille et ils s’embrassent à pleine bouche. Un bruit mat, au bas de l’édifice de pierre, les interrompt. Elle se serre contre lui, elle tremble.

– Qu’est-ce que c’est ? Tu as entendu ?

– Ce n’est rien, sans doute un chat errant. Regarde, la ville dort, nous sommes seuls. Seuls au monde.

Il passe la main par l’échancrure du manteau et se met à lui pétrir les seins à travers le pull-over. Pesants et doux, les deux globes de chair logent bien dans ses paumes, car elle ne porte pas de soutien-gorge. Elle lui plaque la main entre les jambes, serre très fort le sexe en érection. Ils ne se parlent pas. Comme dans un rituel prévu de longue date, elle se retourne et s’accoude à la balustrade. Il soulève le bas du manteau, retrousse la jupe de laine, découvrant les jambes gainées de bas à élastiques. Elle ne porte pas de culotte. Elle frissonne sous une bouffée de vent et il se presse contre elle. Déjà, sa verge est sortie, humectée, prête. Il l’empale lentement et, parcontraste, il a l’impression que son vagin est brûlant. Ils demeurent ainsi quelques instants, contemplant sans un mot les lumières de la ville endormie. De loin, on dirait qu’ils ne forment qu’un seul être, un guetteur solitaire dont silhouette trapue se découpe sur le ciel étoilé. Puis il se met à aller et venir, ce qui la fait gémir, de plus en plus à mesure qu’il accélère.

C’est alors qu’une voix grasseyante les fait sursauter.

– Ça va ? On ne vous dérange pas ?

Deux hommes en gabardine, surgis on ne sait d’où, les apostrophent. L’un d’entre eux saisit brutalement Guillaume par le bras gauche et l’oblige à se retourner, exhibant le membre dressé qu’il n’a pas eu le temps de dissimuler. Aussitôt, cette verge sans défense reçoit un coup sec, qui lui arrache un cri : l’homme est armé d’une courte matraque dont il menace Guillaume pour qu’il se rajuste.

– Tu en veux encore ?

Pendant ce temps, l’autre individu a ceinturé Charlotte et, avec un rire égrillard, la tient troussée bien haut et tripote éhontément ses fesses nues.

– Regarde-moi le cul de cette petite pute !

– Arrête, Bernard, fait le premier. Tu sais bien que le patron n’aime pas ça.

Les deux jeunes gens, pétrifiés de cette soudaine agression, terrassés par la honte d’avoir été surpris dans cette position et en pleine activité, interprètent d’abord ce conseil dans un sens rassurant. Leur soulagement est bien éphémère car la réponse qui fuse est plus inquiétante encore.

– C’est vrai qu’il faut lui réserver la primeur ! concède l’inconnu en rabaissant la robe de Charlotte. Et il lui passe aux poignets une paire de menottes.

Le même traitement est dévolu à Guillaume par son acolyte, qui sort d’une poche un talkie-walkie.

– Deux suspects secteur BK8. Fourgon demandé. Urgence numéro 3.

Alors seulement le jeune couple réalise qu’ils ont affaire à des policiers. Jusque-là, ils s’imaginaient subir l’agression de deux truands, car c’était l’hypothèse la plus crédible. Charlotte fond en larmes et tente de se rapprocher de Guillaume, mais ils sont aussitôt séparés sans ménagement.

Cinq minutes ne se sont pas écoulées qu’un fourgon cellulaire surmonté d’un gyrophare vient se garer à quelques mètres d’eux. Sous la lueur bleue clignotante, quatre hommes en casquette sortent et se ruent sur le couple pour l’entraîner dans ce panier à salade. Quant à ceux qui les ont arrêtés, ils rejoignent une voiture banalisée, et les deux véhicules se mettent en route.

Dans le fourgon, les amoureux sont éloignés l’un de l’autre et, tandis qu’un des policiers tient Guillaume en respect, les autres entourent Charlotte.

– Dis donc, c’est une gamine.

– Alors comme ça, à ton âge, tu fais déjà le tapin ?

La jeune fille éperdue n’a pas la force d’articuler la moindre protestation.

– En tout cas, elle est drôlement gironde. Regardez ça, les mecs !

Celui qui vient de parler écarte les pans de son manteau et soulève le pull de Charlotte.

– Je suis sûr qu’elle a rien dessous ! Là, qu’est-ce que je vous disais…

Il a complètement découvert sa poitrine.

– Ça, c’est du nichon ! s’exclame l’un des hommes en uniforme bleu, tapotant quatre coups sur la cloison qui les sépare de la cabine.

Le fourgon ralentit aussitôt, et Guillaume comprend que ce code est prévu entre ses gardiens. Un seul d’entre eux reste à côté de lui ; les autres se groupent autour de Charlotte, ce qui lui interdit d’en voir davantage.

Aux cris étouffés de la jeune fille, il devine tout : les serviteurs de l’ordre font subir à ses seins un pelotage en règle, tout en la bâillonnant de leurs paumes rugueuses.

– Arrêtez ! crie Guillaume. Vous n’avez pas le droit, c’est illégal.

– De quoi ? fait un malabar en se retournant.

Il s’avance jusqu’au fond du car et décoche au jeune homme la paire de gifles de sa vie.

– Ne répète jamais ça, sinon on porte plainte pour outrage à agents.

Un instant, les autres s’écartent. Guillaume aperçoit Charlotte immobilisée, les bras tordus dans le dos, la poitrine dénudée, offerte sans défense à un moustachu qui s’amuse à en pétrir les mamelons, puis se courbe en sortant une langue obscène.

– Non ! hurle Guillaume, qui reçoit cette fois un coup de poing dans l’estomac et en reste le souffle coupé, hagard.

Cette fois, le véhicule freine pour de bon. On entend grommeler un « Toi, tu ne perds rien pour attendre », mais Guillaume ne comprend pas si la menace s’adresse à lui ou à Charlotte. Celle-ci est prestement rhabillée, non sans commentaire graveleux.

– Allons, faut que tu sois décente pour être présentée au chef.

Le chef ? À ce mot, Guillaume est à moitié rassuré. Cette bande de soudards a donc un supérieur, dont on peut escompter qu’il ne couvre pas les bavures de ces brutaux subalternes. Plus vite ils lui seront « présentés », mieux ce sera.

Il est extirpé sans ménagement du panier à salade, écopant encore au passage d’un coup de pied dans les tibias qui lui fait voir des étincelles. Les deux « en civil » ont rejoint leurs collègues et, d’emblée, font séparer les jeunes suspects. Guillaume jette un dernier regard à une Charlotte affolée avant d’être conduit dans une minuscule cellule aveugle.

Là, Monsieur aura le temps de réfléchir ! fait, railleur, l’un des gardiens de la paix.

La porte se referme, le verrou claque, Guillaume reste seul. L’endroit est sinistre, à peine éclairé d’une ampoule nue de 40 watts. Une planche étroite fait office de siège. Il s’y écroule. Une douleur lancinante lui a envahi la jambe, et il a envie de vomir.

Mais c’est surtout pour Charlotte qu’il s’inquiète. À travers la porte lui parviennent de gros rires. Après ce qui s’est passé dans le car, que va-t-elle encore subir de la part de ces obsédés vicieux et vulgaires ? Pourquoi elle, pourquoi eux ?

Il se souvient de leur première rencontre, trois mois plus tôt…

De toutes les étudiantes de première année, à la faculté des Lettres de L., Charlotte Monteilh est assurément une des plus ravissantes. Dix-neuf ans, de longs cheveux blonds tombant sur ses épaules, les yeux rieurs, la taille élancée, elle était loin de se douter de ce qu’elle allait vivre dans cette ville lorsqu’elle y a débarqué, pleine d’illusions, quelques jours avant la rentrée universitaire.

Belle, attirante avec ses yeux pervenche et ses jambes de danseuse, elle fut le point de mire immédiat des amphithéâtres où elle apparaissait. Et néanmoins d’une sagesse étonnante pour notre époque ! Dieu sait pourtant si, dès les premiers jours, elle se fit draguer… Mais la belle, indifférente aux cœurs qui prétendaient se briser pour elle, ne pensait qu’à son travail, aux examens de fin d’année.

Parfois, elle s’accordait un peu de bon temps, acceptait une sortie au cinéma, se laissait même aller à flirter, mais elle ne donnait que sa bouche. Pour le reste, elle concédait qu’on lui caresse les seins, mais à travers ses vêtements. Et il n’était pas question de lui prendre la main pour la poser négligemment au niveau de votre braguette, histoire de lui faire sentir l’ardeur de votre désir. Elle eût été capable de vous retourner une paire de claques. Quoi qu’il en soit, elle n’a jamais dû en arriver à ces extrémités, sans doute parce que tout, dans son attitude, semblait exclure ce genre de privautés.

Ainsi se déroula sa vie studieuse jusqu’à ce qu’elle rencontre Guillaume, début décembre. Il s’était inscrit comme elle dans un groupe de soirées théâtrales. Après la représentation d’une pièce d’Audiberti, ils se sont retrouvés à cinq ou six, au café, et Charlotte a remarqué ce garçon discret, qui ne cherchait pas à la ramener. Lui, comme tous les autres, était sous le charme, mais n’aurait jamais osé se déclarer si elle ne l’avait encouragé en lui adressant la parole quand ils se dispersèrent. Par chance, ils s’aperçurent qu’ils habitaient à trois rues l’un de l’autre. Guillaume raccompagna donc Charlotte qui se laissa prendre la main et, en chemin, lui accorda quelques baisers.

Il fut étonné de sa sensualité. Sa propre expérience du sexe opposé étant limitée, il s’était mis dans l’idée que cette fille si belle, trop belle, ne pouvait être que froide et guindée. Quand il découvrit la douceur parfumée de sa langue, une onde d’exaltation lui envahit tout le corps.

Au moment de la quitter, devant la porte de l’immeuble où où elle habitait, il l’embrassa encore et hasarda une main par l’échancrure de son blouson. Tandis que leurs langues s’entremêlaient, il la posa contre le sein gauche de Charlotte, qu’il se mit à palper lentement à travers le tee-shirt, sans savoir qu’il il jouissait d’un privilège qu’elle n’accordait que très rarement. Son sexe se raidit. Il ne souhaitait qu’une chose, en cet instant précis : sentir la douce main de Charlotte le lui caresser, et pas à travers l’étoffe rugueuse du jean, mais à nu. Combien de fois s’était-il imaginé ce bonheur-là : sa bite au creux d’une paume féminine, les doigts fins qui se resserrent autour d’elle… Une fois, il a eu recours aux services d’une professionnelle. Dans un sauna spécial, dont il avait trouvé l’adresse dans une publication gratuite qui traînait chez le boulanger, une masseuse en peignoir de bain l’a masturbé. Il a éjaculé au bout de cinq ou six secousses machinales, dont il garde un souvenir mitigé.

– Il faut que je monte, maintenant, a fait Charlotte en se dégageant doucement.

– Je… Je peux monter avec toi ? s’est-il lancé.

– Si tu veux mais… pas longtemps.

La chambre de Charlotte était exiguë, ils se sont vite retrouvés allongés côte à côte sur l’étroit matelas. Elle s’est laissé ôter son tee-shirt, apparaissant en soutien-gorge de satin blanc. Guillaume l’a embrassée dans le cou, autour des épaules, près des seins, sur le ventre. Charlotte a dégrafé elle-même sa jupe, et ils ont achevé précipitamment de se déshabiller. Guillaume l’a pénétrée, et tout de suite il a joui.

Ensuite, ils se sont revus, sont sortis ensemble, au cinéma souvent, au restaurant universitaire chaque jour, bref ils ne se quittaient plus. Ils ont gardé leurs domiciles respectifs, pour le qu’en-dira-t-on familial, mais passaient ensemble cinq ou six nuits par semaine.

Charlotte a manifesté d’emblée, à la surprise de Guillaume, des prédispositions pour l’amour physique. D’un maintien plutôt réservé en public, elle se montre d’une impudeur provocante dès qu’ils sont seul à seule. Elle se prête à toutes les expériences, accepte toutes les positions, les caresses les plus osées, lui abandonnant les territoires les plus intimes de son corps. Ses soupirants précédents en eussent été bien surpris : pour elle, sans doute le sexe et les sentiments sont-ils inséparables. Et Guillaume n’en revient pas d’avoir eu la chance d’être choisi par elle.

 

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