LE CONTRAT

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CORNELIUS

Les Érotiques d'EsparbecMedia 1000


adultère


128 pages


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Résumé

Par les temps qui courent, on est bien obligé de s’adapter aux  » Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication « … même au lit ! Et croyez-moi, dans ce domaine, en province, on n’est pas en retard sur la capitale dès qu’il s’agit de pimenter les ébats conjugaux ou extra-conjugaux… Est-ce un bien ou un mal ? Au lecteur d’en juger. Cornélius, lui, n’en est toujours pas revenu. Ceux d’entre vous qui ont lu le précédent roman de Cornélius (Les Scandaleuses) se retrouveront avec délices en pays connu. Quant aux autres, laissons-les découvrir la verdeur et le style de cet écrivain insolite.

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CHAPITRE I

C’est le printemps à La Rochelle, les voiliers dansent légèrement dans le Vieux-Port, quai Valin. Les mouettes crient, le cliquetis des mâts fait son bruit doux, et je cligne des yeux dans le soleil de cette fin d’après-midi. L’air un peu frais est bleu comme la mer, et on se sent paresseux malgré soi, avec des envies de prendre le large. Mais mon épouse n’étant pas là, je suis cloué à la boutique, même si les clientes sont rares, je ne peux pas bouger. Alors, en attendant l’heure de fermer, je passe le temps comme je peux, flânant à la terrasse, regardant les femmes qui passent, et mon esprit vagabonde…

 

Un monsieur distingué d’une cinquantaine d’années s’arrête, inspectant en connaisseur les modèles et les étoffes. C’est rare qu’un homme s’intéresse de cette façon-là, presque professionnelle, à toutes ces affaires de femme dont nous faisons commerce. Lui-même est parfaitement habillé, genre sportswear, et je le laisse fouiller les cintres à sa guise. Inutile que je lui serve le baratin habituel, il n’a manifestement besoin de personne pour faire son choix.

Malgré tout, au bout d’un moment, je m’approche. Il remet en place un petit haut en soie et se tourne vers moi. Une tranquille assurance se lit dans son regard, et quand il me dit que j’ai de bien belles choses dans la boutique je prends son jugement pour ce qu’il est, celui d’un homme de goût. Je lui montre un amour de petite robe courte au crochet, sur un mannequin, et là tout de suite il me répond, d’un ton doux mais définitif :

— Très joli, mais ce n’est pas possible, croyez que je le regrette… Voyez-vous, été ou hiver, ma femme ne porte strictement rien sous ses robes !

Je n’ai même pas le temps de répliquer : « Voilà une femme intelligente ! », que tout de suite il précise :

— Le fait que ça soit court n’est pas gênant en soi, mais ces grosses mailles, à part dans certains lieux spécialisés…

Malgré tout je le sens intéressé, alors comme ça, au feeling, j’argumente :

— Certes on verra un peu de peau nue, et même beaucoup, mais le maillage est tout de même plus serré sur la poitrine. Derrière, sur les fesses, on pensera qu’elle a un string. Et puis devant, il suffit qu’elle soit épilée, on ne distinguera rien de précis…

À ces mots il lève vivement les yeux vers moi, intrigué :

— Vous pensez ? Je reviendrai avec elle. À bientôt !

Sur ce, il me salue d’un léger signe de tête et tourne les talons.

 

Et moi, je reste aux prises avec mon imagination. De quoi peut-elle avoir l’air, cette épouse qui a le bon esprit d’être cul nu sous ses jupes ? Brune, blonde ? Bien en chair ou fausse maigre ? Si j’en juge par son mari, qui a un petit bedon mais qui porte beau, elle ne doit pas être mal. Sans doute plus jeune que lui, la quarantaine épanouie…

Et puis des clientes arrivent. Je quitte la terrasse, le port, les voiliers et les mouettes pour la boutique et les essayages. D’autres femmes, en chair et en os celles-là, que je m’empresse de servir. Au bout d’un moment, j’ai pratiquement oublié le monsieur distingué et son épouse libérée…

C’est mon épouse, Alix, qui me revient le soir à la maison, quelques jours plus tard, avec un drôle d’air… Voilà, un couple très sympathique est passé en fin d’après-midi à la boutique. Très sympathique, elle insiste, mais franchement elle aurait préféré être au courant ! Parce qu’elle a failli se trouver mal quand la dame est sortie de la cabine d’essayage uniquement vêtue de la fameuse petite robe au crochet sexy qui fait un malheur cette saison ! Comme ça au beau milieu du magasin, pire que nue ! Heureusement qu’il n’y avait pas d’autre cliente, surtout que le mari l’a longuement fait tourner et retourner devant la glace pour vérifier qu’on ne voyait pas trop sa nudité au travers des mailles… En fait on voyait pratiquement tout, d’autant plus que la dame a, paraît-il, de gros seins et de grosses fesses. Petite et très cambrée, la robe lui va à ravir, mais c’est d’une obscénité ! En fait c’est lui qui a trouvé la solution : pour souligner la taille et surtout détourner l’attention, une large ceinture avec les deux bouts pendant entre les jambes, un peu plus bas que la robe, à mi-cuisse, de façon à masquer le pubis épilé. Ce qui fait qu’on le remarque un peu moins, c’est exact, mais alors dès qu’elle marche, les seins qui oscillent et les fesses qui bougent… un vrai scandale ! Enfin ça leur a plu à tous les deux, c’est le principal, ils ont embarqué la robe…

 

Sinon, des gens vraiment charmants. Et finalement bien assortis. Elle avec du caractère, mais écoutant son mari, lui-même très empressé. Diane et Hubert, un couple apparemment très soudé, complice. Ils sont restés un bon moment à la boutique, bavardant avec mon épouse comme de vieux amis. Le monsieur distingué a même dit du bien de moi, me félicitant de mon bon goût, insistant sur le fait que j’avais une bien jolie femme… Bref, toutes sortes d’amabilités qui sont allées droit au cœur de mon épouse. Où j’ai tiqué, par contre, c’est quand j’ai appris qu’ils souhaitaient mieux nous connaître. Ils habitaient à Châtelaillon, et nous inviteraient un soir à la propriété…

Je n’ai pas relevé, j’ai attendu que nous soyons au lit. Alix, je la connais, c’est là que je peux lui tirer les vers du nez. Et je ne devais pas la brusquer si je voulais tout savoir… Car je sentais l’embrouille. À mon avis, ma chère épouse avait quelques petites choses à me confesser.

 

Dans la salle de bains, juste avant de nous coucher, je lui ai donc fait ces agaceries qu’elle aime et qui la font mouiller. Un long baiser langue en bouche, les mains sur la taille et dans les seins, puis sur les fesses, pour finir entre les jambes, au creux de sa fourche : à ce moment-là je sais qu’elle commence à partir. D’elle-même, après avoir fouillé dans sa lingerie, elle est retournée faire un petit stage dans la salle de bain pendant que je m’allongeais sur le lit. Je savais ce qui se préparait. Et en effet, dix minutes après, elle me rejoignait. La taille étranglée dans un adorable serre-taille rose, avec des volants de dentelle qui lui descendaient juste sous le ventre. Des bas blancs. Et au bout de ses longs seins pendant sous son buste, ses tétines retroussées insolemment dardées, dures comme des billes. Dans le mouvement qu’elle fit pour monter sur le lit et se lover contre moi, dans un éclair je vis le double bourrelet tout rose de sa fente bâillant sur sa petite bouche rouge entrouverte. Car Alix, elle aussi, est épilée, pas plus que moi elle ne supporte le moindre poil sur sa féminité !

 

À vrai dire elle démarre au quart de tour : le temps de faire un câlin, nous embrassant et nous caressant doucement, et elle était prête à nos petits jeux habituels. Quant à moi, fermement empoigné dans la chaleur de sa main délicate, j’étais au garde-à-vous depuis longtemps. Comme chaque fois elle vint donc se poser tête-bêche sur moi, abaissant son derrière sur mon visage, collant son entrejambe déjà poisseux sur ma bouche. J’aimais ce moment de pure intimité, me souvenant, au début, de sa timidité. Mais maintenant elle ne faisait plus de manières et s’asseyait carrément sur mes lèvres, attendant que j’entre en action. Alors sans la faire attendre je lui léchais toute la fente, couvrant de salive tous les replis de son sexe, humant avec délices son odeur de femelle, aspirant, mâchouillant son petit bouton, puis lui enfonçant toute ma langue pour vibrionner longuement dans son vagin liquéfié. Laissant mes doigts courir à la lisière de ses bas, passant et repassant du nylon fin à la chair si tendre du haut de la cuisse. Le nez dans le plissé de son anus, comme encastré, niché au creux de ses fesses. Par moments décollant mes lèvres pour voir la corolle de sa vulve maintenant grande ouverte, prête au coït. Mais pendant ce temps-là elle ne chômait pas, faisant sa goulue, les lèvres arrondies sur mon membre prêt à exploser, abaissant et remontant sa jolie tête sur ma chair dure, et je sentais sa chevelure balayer mes cuisses. Tout cela pouvait durer un bon moment, jusqu’à ce qu’elle se mette à frétiller de la croupe, écrasant plus encore ses chairs molles sur mon nez et ma bouche. C’était sa façon à elle de me signifier qu’elle n’en pouvait plus de désir. Alors une chiquenaude sur les fesses lui donnait le signal de l’étape suivante. Et comme dans un ballet bien réglé, me tournant le dos elle s’asseyait sur moi, se pénétrant elle-même d’un seul coup d’un seul, jusqu’à la garde. D’une longue glissade prenant possession de moi, et ensuite c’est elle qui faisait tout le travail, à son rythme montant et descendant sur ma verge. Moi j’avais les mains sur ses hanches, ou je lui caressais la croupe sous le volant de dentelle du serre-taille, sentant peser ses fesses sur mon ventre chaque fois qu’elle s’enfonçait, lentement au début, mais bientôt prise d’une sorte de frénésie dès que montait le plaisir.

 

Nous aimions cette position pour une autre raison : arrêtant ses allées et venues, je lui enfonçais doucement deux puis trois puis quatre doigts au-dessus de ma verge dans le vagin. De cette façon je l’assouplissais, et son orifice s’élargissait progressivement jusqu’à admettre, en plus de mon sexe, toutes mes phalanges et même une partie de ma paume. Et ensuite, chaque fois qu’ayant retiré mes doigts je la laissais reprendre sa course, c’était meilleur ! Mon membre coulissant plus à l’aise, elle pouvait bouger autour de mon sexe, et pour moi la caresse mouillée de ses chairs distendues devenant insoutenable, j’étais obligé de faire des efforts sans nom pour ne pas exploser dans son ventre comme un gamin…

 

C’est au cours de ces exercices, attendant que ses chairs se fassent à l’intrusion de mes doigts, que nous parlions. Comme dans un rêve, elle répondait à mes questions. Et là je voulais savoir où elle en était au juste avec Diane et Hubert, puisque tels étaient les prénoms de nos nouveaux amis… Mais pour être franc, moi aussi j’avais peut-être bien quelques petites idées derrière la tête. Oui, Dieu sait que j’aimais ma femme et que j’appréciais mon bonheur. Pourtant je ne pouvais me mentir à moi-même : depuis quelque temps j’avais un fantasme. Tout était encore confus dans mon esprit, et puis je savais trop que la plupart des fantasmes ne sont pas faits pour être réalisés. Mais ça me trottait par la tête et je n’arrivais pas à m’en défaire. J’avais tout simplement envie de voir ma femme faire l’amour ! Chose banale, me direz-vous. Mais pour moi c’était nouveau. Alors ce corps de danseuse que je connaissais si bien, je l’imaginais dans les mains d’autres hommes. Je voyais sa nuque gracile se ployer pour emboucher et sucer d’autres verges, sa bouche faisant ventouse sur la chair dure, creusant les joues pour aspirer, puis déglutissant à force les saccades de sperme brûlant que ses amants lui lâchaient dans la gorge. Ses longues jambes, elle les nouait comme des lianes pour enserrer des reins puissants acharnés à saccager la tendre corolle de son sexe. Et ses seins si bas accrochés, si mobiles sous son buste, elle les prenait, elle les relevait à pleines mains pour les porter aux lèvres d’hommes brutaux. Ces visions m’assaillaient au moment où je m’y attendais le moins, et chaque fois je bandais comme un malade ! Car c’était bien ça, je voulais la voir crier sous d’énormes verges et jouir sans retenue, je voulais contempler son visage tordu par le plaisir. Quand nous faisions l’amour, souvent je l’observais sous moi au moment où mes coups de boutoir la faisaient hurler, et chaque fois j’avais l’impression d’une étrangère : geignant, suffoquant, comme suppliciée, c’était comme si elle m’échappait, paupières closes et bouche grande ouverte, pour partir loin, si loin, dans une contrée où je n’étais pas, où je ne pouvais pas l’accompagner, et dont elle me revenait le regard vide, les joues rouges, molle comme une poupée de son.

 

Alix et moi étions mariés depuis dix ans. Et j’avais près de quinze ans de plus qu’elle. Mais je ne cherche pas d’excuses, pas même des explications. Seulement je suis bien obligé de m’avouer à moi-même qu’à l’époque cet étrange désir me taraudait, et quand j’y pensais, si j’ose dire, les yeux me sortaient de la tête… J’avais beau me répéter en boucle que les fantasmes ne gagnent pas à être réalisés, pas moyen de me calmer : comme dit Sade quelque part, on ne raisonne pas un homme qui bande !

 

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