LE FOU DU RING

12345
Loading...

DORLANDO Tony

ContraintesMedia 1000


BDSMpunitionSM


Broché / 122 pages


Papier 7€25 Ebook 4€49

Acheter

Non disponible
7€25

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
4€49 Télécharger

Résumé

Kevlar, une jeune zonarde, crâne rasé et crête iroquoise, curieux mélange de droiture et de violence, de mauvais genre et de courage. Hélène, la fille choyée d’un milliardaire grec, encore vierge, qui ne connaît rien de la vie. Leurs différences les attirent l’une vers l’autre. Un instant de richesse douillette contre le frisson scélérat… Mais leur idylle furtive tourne vite au cauchemar. A peine le temps d’échanger quelques mignardises et les voici kidnappées, séquestrées, contraintes de subir les outrages de sbires odieux. Suffira-t-il d’une rançon pour les libérer ? Elles se retrouvent sur un ring, les mains lies dans le dos, nues ê l’exception d’un ridicule bonnet de lapin. Et devant elles, un monsieur qui se prétend historien du noble art, s’apprête à les utiliser comme des punching-balls vivants ! Hélène ne comprend rien de ce qui lui arrive et même Kevlar, rescapée de bien des coups tordus, commence à flipper. La cloche retentit. Premier round !

Débuter la lecture

Il est deux heures du matin. Autant dire que la soirée ne fait que commencer à l’Épicerie, la boîte branchée, nichée sur les hauteurs qui dominent Cannes, en direction de Valbonne.

Kevlar vide d’un trait les dernières gorgées de la vodka-orange qu’un type qu’elle ne connaît pas vient de lui offrir. Il ne lui a pas demandé son avis. Il ajuste dit : « Attends-moi, je reviens tout de suite. »

Quoique atténué par le jus de fruit, l’alcool laisse dans sa bouche une impression chaleureuse. Elle aurait tout de même préféré une bière. Sa boisson favorite. Elle hausse imperceptiblement les épaules. Qu’est-ce qu’il fout ce connard ? C’était le branque idéal ! Merde, faut que je trouve du blé, sinon, c’est la cata !… Hier matin, La Ferraille, le mec qui tient le squat où elle réside, un Angel de deux mètres de haut pour cent cinquante kilos, lui a réclamé son pognon, méchant.

Un pli soucieux abaisse ses lèvres peintes en noir. Elle garde son verre à la main, appréciant la fraîcheur des glaçons à travers la paroi. Une mince crête de cheveux rouges et raides comme des crins sépare en deux son crâne rasé.

Son petit visage triangulaire, aux traits aigus, exprime un profond scepticisme. Un hématome s’estompe en virgule verdâtre sous son œil gauche.

C’est une de ces punkettes paumées, que les portiers laissent entrer au compte-gouttes pour le folklore. Pas vraiment des putes, mais prêtes à n’importe quoi pour un biffeton de cinq cents balles. Pas un beau tout neuf et encore craquant, mais presque toujours un chiffon de papier ramolli, froissé et tiédasse d’avoir mariné en vrac avec d’autres au fond d’une poche. Cette chaleur moite qui imprègne le papier fripé dégoutte plus Kevlar que ce qu’on lui demande de faire en échange !

Pour ces fameux cinq cents balles donnés avec désinvolture, Kevlar a déjà sucé des ânes, baisé avec des chiens, été enculée par des singes. Ça, c’est presque la routine, comme les pipes au chiottes ou la petite langue à madame, dans la voiture, pendant que monsieur regarde, assis sur la banquette avant. Il existe des plans plus craignos ! Comme cette fois où elle s’est retrouvée dans une fête, chez un chanteur célèbre. On l’a balancée dans une piscine où marinaient deux crocodiles. Elle a eu la trouille de sa vie. Des groupies rigolardes suivaient ses déplacements frénétiques et la repoussaient du pied à chaque fois qu’elle était sur le point de se hisser sur le bord. On l’a laissé remonter quand les animaux sont sortis de leur somnolence pour aller aux nouvelles.

Dans le genre glauque, il y a eu également ce couple, un type d’une soixantaine d’année avec une gueule en lame de couteau surmontée d’une couronne de tifs blancs, et une fille qui avait au moins quarante ans de moins que lui. Lorsqu’il a payé au moment de quitter l’Épicerie, Kevlar a jeté un coup d’œil machinal sur le chèque. Elle a oublié le nom, mais elle se souvient d’avoir lu :psychanalyste. Ils l’ont emmenée dans la suite qu’ils occupaient au Martinez. Là, elle a dû s’allonger sur un divan, et l’homme lui a mis des baffes jusqu’à ce qu’un voile rouge lui brouille la vue. Ce qui l’avait le plus impressionnée, c’était son expression concentrée, pénétrée, comme s’il était en train de faire une expérience. Pendant ce temps, la fille, installée dans un fauteuil,. fumait clope sur clope tout en se branlant avec indifférence, une jambe posée sur un accoudoir. C’est elle qui lui a donné les cinq cents balles, un billet plié en longueur avec un soin géométrique.

Et aussi la fois où, enfermée dans une pièce obscure, la tête protégée par une sorte de heaume en cuir, elle a servi de cible à une douzaine de mecs rigolards, armés de fléchettes. Ils ont fini par l’oublier, pour s’intéresser à autre chose. Le lendemain matin, l’un d’eux est venu la libérer. Il l’a foutu dehors sans rien lui donner. Ce genre de coups pourris arrive parfois.

Son meilleur souvenir, c’était un gars qui avait payé d’avance pour qu’elle lui mette un coup de pied dans les couilles. Ils étaient descendus au dernier niveau d’un parking. Le mec s’est adossé à un pilier en béton, et a écarté les jambes. Il avait dit : « Vas-y ! ». Et elle y était allée ! De bon cœur. Les yeux exorbités, il avait glissé lentement par terre. Elle était déjà assez loin quand il avait pu aspirer assez d’air pour se mettre à hurler.

Ces nénettes teigneuses, déjantées, avec leurs fringues bizarres et leurs idées tordues, découragent les maques qui préfèrent ignorer leur petit business. Ils sont plus à l’aise dans le classique : rouge Baiser, porte-jarretelles et talons aiguilles. Il n’y a que les portiers de l’Épiceriequi prélèvent leur dîme. Ils ne sont pas trop gourmands. Ça peut aller.

D’un œil désenchanté, Kevlar observe le fond de son verre. L’odeur douceâtre de la boisson lui déplaît. Elle échange un vague regard avec le barman. Un long type très pâle, blond décoloré, avec une gueule de chèvre neurasthénique. Il est vêtu d’un maillot de corps sans manche et d’un jean qui lui moule la boutique. Accablant ! Elle se détourne pour observer la salle.

Le beat lourd de la musique disco remplit l’espace, martelé par les énormes enceintes de 500 watts. Sur la piste, en partie à ciel ouvert et assez grande pour y garer deux douzaines de semi-remorques australiens, les danseurs se démènent. Décérébrés. Les tympans fracassés par la sono. Des filles, jeunes et moins jeunes, agitent leur corps bronzé dans des robes microscopiques qui ne semblent faites que d’échancrures. Habituée, Kevlar reconnaît du monde. Têtes plus ou moins couronnées, acteurs plus ou moins célèbres, plus les quelques inévitables guignols plus ou moins médiatiques de la haute couture. Tout ce beau monde au coude à coude avec la progéniture dorée de maffiosi notoires. Il y a aussi pas mal de putes de luxe que rien ne différencie des autres. Des serveuses montées sur des rollers zigzaguent entre les tables. Un boléro minuscule découvre le bas de leurs seins jusqu’au cerne plus sombre des aréoles.

Après la piste, au-delà des dernières tables, de fausses colonnes grecques se dressent dans la nuit étoilée. Sous la lumière de la lune, les grands pins parasol prennent des reflets argentés. Au pied de ce décor grandiose, des gogo-girls se relayent sur trois podium étroits. Des clones !

Grandes, blondes, cheveux coupés au carré et maquillage agressif, un mini-short de vinyle noir moule à demi leurs fesses arrogantes. Elles secouent en rythme de gros nichons étranglés à leur naissance par une bande de métal. Gonflés à péter comme des ballons rouges, ils en ont aussi la couleur. Une idée du patron, Jo LaMinghia, dit “l’Americano”. La portion de chatte épilée qui est visible par l’entrejambe, commence à faire bâiller d’ennui sa clientèle blasée.

Kevlar déplace ses fesses pointues, qui s’ankylosent sur le tabouret. Il y a bien un de ces connards qui va lâcher du fric ! Elle cherche du regard un pigeon potentiel, quand s’approche un type vêtu d’un costard sombre et cravaté comme pour un enterrement.

— Bonsoir.

Elle regarde le man in black avec autant d’appétit que s’il sortait d’une cuve d’huile de vidange.

— Vous avez perdu vos lunettes noires ou on vous les a fauchées ?

L’homme sourit avec sa bouche toute seule. Un peu envieuse, Kevlar se demande comment il s’y prend. Il se rapproche pour se faire entendre sans élever la voix. Elle perçoit la senteur d’une lotion à la violette. Il est parfumé comme une tante ! Pourtant, je suis sûre que ce mec égorgerait sa mère en rigolant. Les lèvres de l’homme remuent.

— Mademoiselle Archéochrysos vous invite à sa table.

N’importe, il pourrait aussi bien embaumer le Cinq de Channel ! Kevlar n’en a rien à foutre. Tout ce qu’elle renifle avec un instinct sûr, c’est une odeur de fric et de violence. Le seul cocktail capable de la faire saliver, en dehors de la perspective de vider une caisse de Kro sur fond de vieux enregistrements des Sex Pistols. Elle voue un véritable culte à Sid Vicious. Le jour du vingtième anniversaire de sa mort, elle s’est gravé son nom sur le ventre. Au cutter. Juste au-dessus des poils. Du beau travail qui a formé des chéloïdes rosâtres et réguliers d’une aine à l’autre.

Les lèvres de la violette bougent de nouveau.

— Mademoiselle Archéochrysos est très riche.

Kevlar ne bouge pas d’un centimètre. Les coins de sa bouche s’abaissent pour exprimer un dégoût assez bien imité. Putain, faut pas que je loupe une ouverture pareille ! Il y a sûrement un bon paquet de fric à se faire.

— C’est qui, cette pétasse ?

Il tourne la tête. Kevlar suit son regard. Une fille superbe à la peau mate et veloutée se trémousse en bordure de piste. Elle adresse à Kevlar un sourire amical, et pivote en cadence avec des ondulations suggestives. De longs cheveux noirs lui descendent jusqu’au début de la raie des fesses. L’entaille ombreuse, dévoilée par une robe jaune vif largement décolletée par derrière, se prolonge sur les reins par un léger duvet brun emperlé de sueur. Le tissu épouse si exactement la croupe qu’il révélerait la présence d’une culotte. Si la fille en portait, bien sûr. Kevlar maîtrise une expression satisfaite. Si, en plus, on me prend par les sentiments !…

Question cul, le seul truc qui la branche vraiment, c’est la masturbation. Elle y consacre au moins trois heures tous les matins. Tout y passe, ses minuscules nichons pointus, sa petite chatte rousse, son croupion nerveux dont elle sait tirer des sensations rares. Mais si une partie de jambes en l’air est inévitable, elle n’a aucun préjugé quant au sexe et à l’âge de ses partenaires. Même si elle ne cache pas une nette préférence pour les filles de son âge. Plus spécialement pour leur petit trou de balle qu’elle explore d’une langue pointue ! Au jugé, mademoiselle Archéochrysos ne doit pas avoir dix-huit ans depuis plus d’un an. Les yeux verts de Kevlar seréduisent à deux minces fentes. Elle veut s’envoyer une punk ? Je vais lui en filer du no future, à cette salope ! Elle en aura pour son oseille !

Kevlar saute du tabouret, et rejoint le type qui se dirige vers une partie de la boîte réservée à la crème de l’élite du dessus du panier. Là, tout n’est que calme, luxe et volupté. C’est-à-dire qu’il y est possible discuter sans hurler, et que les tables sont assez espacées pour aller pisser sans être obligé de s’excuser cinquante fois avant de pouvoir foncer vers les gogues. Il lui désigne une place plus ou moins isolée par de la verdure, et s’éloigne.

Kevlar incruste son petit derche dur et nerveux dans le velours moelleux de la longue banquette en demi-cercle. Une bouteille de Dom Pérignon dans un seau à glace et une flûte à demi pleine attendent près d’une énorme bougie orange, encastrée dans un machin en fer forgé. Merde, c’est vraiment le luxe ! Elle contempla le gros lumignon, dont la flamme tremblote dans son bain de cire fondue, et rigole intérieurement. Tu parles d’un calibre ! Celle-là, j’arriverais pas à me la foutre dans le cul ! Elle regarde autour d’elle.

Aux tables voisines, ça rigole avec des voix bon chic bon genre. Pour ce qui est de la tenue, c’est autre chose. Des couples s’emmêlent avec plus ou moins de discrétion. Ici, un nichon déballé, des cuisses entrouvertes, là une main élégante qui flatte une braguette. En face d’elle, une fille blonde, dans une robe de lamé argent, est penchée sur un type. Ses cheveux masquent en partie son visage. Kevlar met quelques secondes pour réaliser que la queue du gars disparaît tout entière dans sa bouche. D’une main, il pèse sur sa nuque. Ils sont pas vrais, ces putains de bourges ! Cette salope trouve le moyen de rester classe avec une bite enfoncée jusque dans l’estomac ! Des amis du couple bavardent tout en observant la performance avec un détachement affecté.

Un instant plus tard, la fille la rejoint. Elle s’appelle Hélène. Elle est grecque mais parle un français impeccable quoique avec un fort accent.

— C’est bien, ici. On rencontre des gens intéressants. Tu as quel âge, toi ?

— Bientôt dix-neuf ! Et toi ?

— Je viens d’avoir dix-huit ans. Nous avons presque le même âge.

Kevlar hoche la tête, un peu déconcertée par cette cliente qui lui fait la conversation. Agacée, elle entre sans attendre dans le vif du sujet.

— Tu cherches quoi exactement ?

— M’amuser entre filles ! Tu aimes ?…

— Des mecs, des nanas, je m’en fous ! Je me tape même des putains de clébards si on veut ! N’importe quoi !

Hélène paraît un instant déconcertée. Elle approuve d’un petit hochement de tête, puis un sourire amical éclaire son visage plein et juvénile. Mais les yeux noirs volettent, se dérobent. Kevlar avance la lèvre inférieure avec une expression sceptique. Cette salope est en train de raconter des craques ! Putain, elle est belle ! Dommage que sa coiffure et ses fringues soient à chier ! Ses yeux verts brillent d’un éclat dur.

— C’est juste pour se bouffer la moule ? Tu te fous de ma gueule ! Pourquoi moi ? C’est pas les salopes qui manquent dans ton milieu ! Tu as un vice ? Jouer au docteur ? La baise crade ? Un plan vache ?

Hélène hésite, caresse la cuisse de sa voisine. Les muscles se tendent sous le jean. Kevlar repousse la main avec un geste brusque.

— Tu touches pas !

La jeune punk se reproche aussitôt sa réaction brutale. Je suis con ou quoi, moi ? Cette nénette est sûrement bourrée de pèze ! Il faut que je sois cool. Hélène, que la rebuffade ne semble pas avoir refroidie, la regarde avec une admiration sincère mêlée de regrets.

— Excuse-moi. Je ne savais pas.

— Calmos ! On va pas en faire une pendule. Tu ne m’as pas répondu. Pourquoi tu m’as branchée ?

— Tu as un look super.

— Sûr qu’à côté de toi, ça en jette plus ! T’as beau avoir une robe ouverte jusqu’au fion, t’as quand même l’air un peu ringarde ! Mais c’est pas pour mes fringues que tu m’as envoyé chercher ?

— Si, un peu. Les filles punks me fascinent. Il y en a quelques-unes ici.

— Tu t’en es déjà envoyé ?

— Non. Elles m’impressionnent trop.

— Pas moi ?

— Je t’ai déjà remarquée les autres soirs. J’ai fini par me décider à t’inviter. Mais j’ai eu peur aller te voir directement. Tu dois être dure, un peu brutale. Ça me fait peur, mais ça m’excite en même temps. J’aime bien ce… ce genre de choses.

— Tu es maso ?

— Ou… Oui. Je crois. J’ai des amies qui aiment beaucoup s’amuser comme ça avec moi. Elles me demandent de faire des cochonneries !…

Elle pousse un petit rire, se tait une seconde. Puis elle déglutit et ajoute :

— Ensuite, elles me punissent parce que je les ai faites !… Je suis sûre qu’avec toi, ça serait bien mieux ! Tu dois connaître des… des choses.

— Ça, j’en connais des choses, comme tu dis. C’est ton jour de chance, pétasse. Et j’aurais pas à me forcer. Les belettes dans ton genre, ça me gave !

Kevlar rigole, et empoigne un sein opulent et ferme à travers la robe, et lui imprime un quart de tour d’une torsion discrète du poignet. Une petite grimace douloureuse crispe les traits d’Hélène, mais son regard vacille sous les paupières soudain alourdies par un trouble sensuel. Putain, elle démarre au quart de tour ! Qu’est-ce que je vais lui mettre ! Elle va payer pour toutes les fois où c’est moi qui trinque. Elle accentue sa torsion. Un souffle plus court soulève la poitrine. Il émane d’elle une odeur chaude de transpiration, qui se mêle au parfum lourd qu’elle utilise. Ces effluves conviennent à sa beauté animale. Des lèvres sensuelles, dont le dessin parfait ne doit rien au pinceau, découvrent une double rangée de dents éclatantes.

— Tu me gifleras ?

Kevlar lâche prise. La mamelle reprend sa forme avec élasticité.

— Si tu me fais chier, oui. Et même si tu me fais pas chier.

— J’ai des godemichés et un martinet… Je te lécherai partout, même les pieds !… Je fais ça très bien.

Elle se tait pour la regarder différemment.

— Il y a quelque chose que j’aimerais…

— Un truc tordu ?

— Non, juste toucher ta tête.

— Quoi ? T’es pas nette comme nana !

Elle doit avoir l’air ahuri, car la fille éclate de rire.

— Tu veux bien ?

Kevlar fait un geste d’assentiment résigné. Les doigts d’Hélène parcourent avec légèreté le crâne rasé, effleurent la crête de cheveux rouges.

— Comment ça tient ?

— Avec un gel spécial.

— C’est super ! On s’embrasse ?

Kevlar accepte sans enthousiasme. Les lèvres charnues de la fille se soudent aux siennes avec voracité. Elle n’aime pas trop ça, mais elle ouvre la bouche, résignée. Goudou cent pour cent avec ça ! Ça se devine rien qu’à sa façon de me rouler un patin. En plus, elle me largue un litre de bave dans la gueule. Je déteste. Faut que je fasse un effort. Avale, et pense au pognon… Putain, c’est pas possible de saliver comme ça ! C’est dégueulasse, merde ! Cette pétasse m’excite quand même. Je lui enfoncerais bien la langue au fond du cul.

Hélène cherche sa main à tâtons, et la fourre entre ses cuisses brûlantes et moites. Kevlar doit fourrager dans une touffe exubérante pour atteindre la chatte. Elle a l’impression que la fente chaude et trempée fond sous ses doigts.

On commence à les regarder avec intérêt. Le mec en face en oublie même de peser sur la nuque de la fille qui se redresse de temps à autre pour respirer avant de se recaler la verge dans l’œsophage. La jeune Grecque s’aperçoit de leur succès et distribue avec humour quelques sourires façon star à ses fans improvisés qui retournent illico à leurs moutons. Puis elle propose :

— Tu veux venir chez moi ? Nous serons plus tranquilles ?

— O.K.

Elles se dirigent vers la sortie. Kevlar comprend qu’elle a ferré un gros poisson lorsque LaViolette, photocopié en six exemplaires, semble surgir du néant pour les encadrer avec discrétion. Cette fois, ils portent leurs Ray Ban. Kevlar hausse les sourcils. Des gardes du corps ! Cette pétasse doit avoir encore plus de pognon que ce que je pensais ! Putain, ils sont pas vrais ! On se croirait dans un film en noir et blanc ! À peine plus bavards que des carpes d’élevage !

Une des photocopies rompt néanmoins ses vœux de silence pour marmonner quelque chose dans un walkie-talkie qui crachote comme un chat en colère. Ils ne les lâchent pas avant qu’elles soient installées dans une Mercedes 600 qui était déjà rangée contre le trottoir lorsqu’elles ont franchi le seuil du night-club.

 

*

 

La voiture file en silence en direction de Saint-Paul. Deux BMW l’accompagnent à une centaine de mètres de distance devant et derrière. C’est à peine si l’on perçoit le bruit du moteur. Dans la pénombre de la voiture flotte une odeur de cuir, de bois verni. Hélène se rapproche de Kevlar et lui passe un bras autour des épaules. Peu habituée aux manifestations de tendresse, cette dernière la repousse d’un coup de coude.

— Lâche-moi, merde ! Si tu as envie de baiser, on baise ! Mais tu n’es pas obligée de t’enrouler comme une pieuvre. C’est pas vrai, ça !

Surprise, Hélène s’écarte.

— Ça n’empêche pas !

— Oh, boucle-la !

Kevlar lui envoie une gifle.

— Fous-toi à poil, connasse !

Hélène frotte sa joue brûlante, les yeux brillants d’un plaisir louche.

— Je savais que ça serait plus fort avec toi !…

— Ça te fait mouiller, les baffes, hein, salope de petite bourge de merde ?

— Ou… Oui.

Énervée, elle fait glisser les épaulettes de sa robe qui s’effondre jusqu’à sa taille. Le buste est intégralement bronzé. Les seins brunis de soleil, lourds mais portés hauts, dardent leurs cocardes brunes. Elle regarde la jeune punk avec insistance, comme pour lui faire comprendre quelque chose qu’elle n’ose pas formuler. Kevlar devine son désir. Un sein tremble sous une première claque qui l’atteint sur le côté, puis, presque simultanément, un second impact cueille l’autre sein.

— C’est ça que tu veux, conasse ?

La jeune Grecque, les yeux fermés, la poitrine tendue, approuve avec des mouvements de tête frénétiques qui traduisent assez son impatience d’être maltraitée. Les douces mamelles s’entrechoquent alors sous une rafale de claques qui alternent de gauche et de droite. La peau fine rosit délicatement sous le hâle. Hélène ne s’appartient plus. Haletante, elle exprime son plaisir par des phrases hachées.

— Oh oui !… Oui… C’est ce que je veux ! Sois très méchante !… Fais-moi mal !…

Merde, mais elle m’excite cette pute !

À l’avant, le chauffeur ne paraît pas s’émouvoir de cette pétarade.

Hélène masse ses seins brûlants, après la dégelée qu’ils viennent de recevoir. Kevlar se glisse un doigt dans la fente et masse son minuscule clitoris, durci et à peine plus gros qu’un petit pois extra-fin. Un orgasme discret la parcourt.

— Tu en veux encore ?

— Pas tout de suite. Il faut leur laisser le temps de rafraîchir !

Avec une ondulation gracieuse, elle achève de quitter sa robe. La touffe luxuriante, d’un noir de jais, se prolonge jusqu’au nombril en une mince ligne de duvet.

— La vache, t’es encore plus poilue à la vue qu’au toucher !

— Tu aimes ?

Kevlar hausse les épaules.

— Ça dépend des filles. Toi, ça te va bien.

— Tu en as beaucoup toi aussi ?

— Non. Trois fois rien. Tu veux voir ?

Sans attendre la réponse, Kevlar se débarrasse de son blouson de cuir clouté, sous lequel son torse est nu, de son jean et de sa culotte blanche sans fioritures. Elle se laisse aller en arrière et sépare largement ses cuisses minces, nerveuses et pâles. Son pubis saillant est surmonté d’une légère flamme claire aux reflets cuivrés, qui ne masque rien de la vulve courte, à la fente rose vif. Les lèvres à peine renflées en sont traversées de petits anneaux d’acier. Hélène s’extasie. Elle tend la main pour effleurer les boucles de métal.

— C’est beau ! Ça fait mal ?

— Non.

Elle s’enhardit jusqu’à caresser la minuscule houppette rousse.

— C’est vrai que tu n’as pas beaucoup de poils. Kevlar lève les bras, montrant des aisselles de lait.

— Et là, j’en ai jamais eu !

— C’est joli.

— Tu trouves ? Moi, j’aimerais avoir une grosse touffe comme toi en bas du ventre, et sous les bras aussi !… Je suis lisse comme une grenouille. C’est dégueulasse !

Putain, mais qu’est-ce qu’il me prend de faire la conversation avec cette petite bourge de merde ! Et on se compare les poils ! La totale ! Kevlar, ma fille, t’es pas nette ! Ça y est ! Elle va demander ce que c’est !

Hélène s’est agenouillée sur le plancher. Penchée entre les cuisses de sa compagne, son regard se pose un court instant sur les cicatrices roses qui barrent le bas-ventre. La demi-obscurité ne lui a peut-être pas permis de déchiffrer le nom du chanteur décédé vingt ans plus tôt. Toujours est-il qu’elle continue son mouvement sans faire la moindre remarque, et pose ses lèvres sur le sexe. D’une reptation, Kevlar se présente commodément à la langue qui force sa fente et se rive au clitoris. Merde, c’est bien la première fois qu’on ne me pose pas des questions à la con !

Elle la laisse faire un moment, puis, d’un mouvement de reins, elle échappe à la caresse humide.

— Te fatigue pas, ça viendra pas !

Hélène relève la tête.

— Pourquoi, tu n’aimes pas ça ?

— Ça m’agace vite de rester sans rien faire !

Hélène reprend place sur la banquette, et l’enlace. Cette fois, elle ne se défend pas. Ses lèvres pulpeuses se moulent aux siennes, plus fines. Elle accueille presque avec plaisir la langue chaude qui franchit le barrage de ses dents, amenant un flot de salive. J’ai jamais connu de fille qui produise autant de bave ! Encore heureux, on dirait de la flotte ! Si j’ai encore soif après ça !…

Elle garde les yeux ouverts, s’abandonne au baiser, mais toujours plus ou moins sur la défensive. À travers les vitres, elle voit défiler le paysage nocturne qui prend des aspects grandioses dans la clarté lunaire. De temps à autre, un éclat de phare lui rappelle la présence rassurante des BMW et des gardes du corps. Elle ne se souvient pas s’être jamais sentie autant à l’abri. Putain, je suis mieux qu’un ministre !

Et il y avait la chair brûlante de cette fille superbe, dans laquelle il lui semble que son petit corps menu et nerveux se fond. Elle saisit les seins lourds et fermes, encore bouillants de la salve de gifles. Un frémissement de plaisir creuse les reins d’Hélène qui regarde la jeune punk avec des yeux brillants.

— Tu veux me donner le martinet maintenant, pour t’exciter ?

— Pourquoi pas ?

 

*

 

Hélène s’agenouille sur la banquette et présente ses fesses bronzées aux lanières qui s’abattent sur elles depuis quelques instants. Les masses brunies se couvrent de stries rouge sombre. Une houle lente anime la croupe sculpturale, tandis que des petits cris de ravissement échappent à la jolie martyre.

Quoique la voiture soit assez spacieuse pour permettre ce genre d’exercice, Kevlar, tout à son plaisir de fustiger la jolie fille, ne prend pas garde à l’importance de ses mouvements. L’ampleur d’un coup happe la casquette du chauffeur qui valse sur la banquette côté passager. Les deux filles furent pris d’un fou rire inextinguible tandis que l’homme, à tâtons, sans quitter la route de vue, récupère l’attribut essentiel de sa fonction. Calmées, elles s’enlacent pour un bouche à bouche prolongé. Cette fois, Kevlar aspire sans répugnance la salive douce et fruitée.

Raide comme la justice, le chauffeur regarde droit devant lui. Il ne s’est même pas permis de profiter de cet incident pour se rincer l’œil dans rétro.

Il aurait mieux fait !

Une arme automatique, munie d’un silencieux, tressaute deux fois. Steump ! Steump ! Le pneu avant droit de la BMW qui ferme le convoi éclate, déchiqueté, alors qu’elle est en pleine négociation avec un tournant retors. Le véhicule fait une embardée, défonce le parapet et plonge dans le ravin. Quand le chauffeur s’aperçoit de la disparition de la lumière des phares, il est trop tard pour tenter quoi que ce soit.

À une centaine de mètres devant lui, la voiture de tête aborde le virage suivant. Elle subit le même sort. Steump ! Steump ! Le véhicule tangue, se met en crabe. Le muret qui longe la route explose sous le choc. La grosse BMW semble un instant planer, tournoyant dans une gerbe de pierrailles au-dessus de la cime des grands pins qui poussent en contrebas. Un spectacle grandiose qui échappe aux deux filles.

Bouches soudées, yeux fermés, elles ne se sont aperçu de rien. La Mercedes ralentit jusqu’à s’immobiliser sur le bas-côté. Intriguée, Hélène décide d’avaler provisoirement sa salive elle-même.

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *