Le fruit défendu

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ESPARBEC

La MusardineLectures amoureuses


exhibitionMILFtabouvieux et jeune


448 pages


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Résumé

C’’est l’’été, dans le midi ; il fait chaud et Bérengère, femme sensuelle et vicieuse, est souvent en tenue légère. Elle s’’ennuie, boit de la vodka et se prélasse à demi nue au bord de la piscine. Max, depuis sa chambre où il s’’est enfermé pour réviser ses examens, l’’observe. Dans ce huis clos infernal, va se trouver réalisé le tabou absolu.

 

OeŒuvre transgressive, Le Fruit défendu nous conduit au cœoeur d’un mystère sexuel qu’’Esparbec ne cesse d’’explorer dans toute son œoeuvre : la sexualité masculine est conditionnée par le rapport à la mère. OeŒuvre de pure fiction, Esparbec se joue pourtant des clichés psychanalytiques et nous sature de fantasmes comme autant de soleils noirs dans la chaleur étouffante du midi.

 

Mais c’’est qui, au juste, cet Esparbec ? Dans Le Journal du Dimanche, Bernard Pivot se posait la question après avoir lu les pages élogieuses que lui avait consacrées Jean-Jacques Pauvert, dans le Dictionnaire des Sexualités (Robert Laffont).
« Qui est cet Esparbec, écrivain pornocrate dont Jean-Jacques Pauvert célèbre le talent avec une outrance qui sent le canular ? »
Alors, qui a raison, Pauvert ou Pivot ? Écrivain ou canular ? À vous de le dire.

« Le plus emblématique des pornographes contemporains. », Le Monde
« Le porno réclame d’’être décoré, bien fourni en préliminaires. Et c’’est en raccrochant ses livres à cet art du superflu qu’’Esparbec livre des romans pornographiques très divertissants. », Les Inrockuptibles
« De longues et minutieuses descriptions, une insistance obsessionnelle dans celles des sexes de femmes, des actes sexuels divers décrits avec une grande véracité physiologique et le refus systématique de toute exagération métaphorique. », Brain Magazine

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Chapitre premier : Maman se baigne toute nue !

Le quinze juillet, à Grimaud, le cruel été du Var avait sorti ses griffes. On était au début de l’après-midi, au moment où le soleil tape le plus fort. Le coquet village provençal gisait à flanc de colline, comme une bête repue qui digère, accablée par la chaleur. Les radios et les télés s’étaient tues ; on n’entendait plus que le bruit de friture des cigales qui montait des jardins, et le halètement poussif de l’antique fourgonnette de la voirie qui remontait péniblement les rues en pente, suivie de trois ou quatre balayeurs qui ramassaient les débris de la fête, papiers gras, confettis, canettes vides, boîtes de Coca et de Schweppes. Les boutiques qui vendent de la camelote pour touristes, poterie provençale, confitures de la région, écharpes aux couleurs criardes, avaient replié leurs éventaires. Même les cafés étaient déserts.

Sous les ruines du château, à flanc de coteau, les villas fleuries qui surplombent la placette et d’où l’on découvre la baie entière, jusqu’à Saint-Tropez, avaient tiré leurs persiennes. Leurs habitants dormaient ou somnolaient sur les draps humides de sueur, dans la moiteur des chambres ; maris et femmes, bras en croix, affalés comme des morts, le plus loin possible l’un de l’autre… Pas question de faire l’amour par une pareille canicule ! Dans les jardins, les piscines étaient désertes ; seules les libellules s’y miraient.

Toutes les piscines, sauf une, au bord de laquelle, tout en haut de la colline, Bérengère Van de Walle, entièrement nue, mollement étendue dans une chaise longue sous son parasol, les yeux protégés par des lunettes noires, se laissait dissoudre avec veulerie dans la torpeur de l’ivresse. À portée de sa main, sur la table de métal, dans un pichet de grès, les glaçons achevaient de fondre dans une orangeade lourdement arrosée de vodka. La chaleur, l’alcool agissaient sur elle à la fois comme un narcotique et un aphrodisiaque. Elle se vautrait dans sa nudité moite, cuisses écartées, face à la piscine, dont elle fixait, hébétée, l’immobile miroir scintillant ; son maillot rouge qu’elle avait retiré pendait au dossier d’une chaise de jardin, près d’elle, et elle avait accroché une serviette à l’accoudoir de sa chaise longue, afin de pouvoir voiler ses seins et son sexe au cas où son fils, Max, qui était censé potasser dans sa chambre, serait pris de l’envie peu probable de venir piquer une tête dans l’eau tiédasse.

De temps en temps, d’une main alanguie, Bérengère portait à ses lèvres le verre couvert de buée où tintaient des glaçons, et elle s’envoyait une gorgée du liquide glacé. Le bien-être qui emplissait son corps l’accablait de remords.

« Je suis en train de devenir alcoolique, se disait-elle, et elle pouffait toute seule, stupidement, en essuyant avec sa serviette la sueur qui coulait entre ses seins jusqu’à son nombril, où elle formait une mare en miniature. Je ne devrais pas mettre autant de vodka dans mon orangeade. Aujourd’hui, j’ai vraiment forcé la dose ! Il faut que je fasse attention à ne pas m’endormir toute nue au soleil… »

Ces pensées se déroulaient lentement, paresseusement, dans sa tête.

« Toute nue au soleil… si quelqu’un me voyait… »

Mais personne ne pouvait la voir ; la piscine était protégée du voisinage par une haie de cyprès. Et son fils était dans sa chambre… Quant à son vieux mari, « Le Commandant », il faisait sa sieste.

« Il n’y a que le soleil qui s’intéresse à moi… »

Et elle écartait les cuisses pour le laisser pénétrer au plus profond de l’entaille sexuelle. Elle était brûlante, à cet endroit, brûlante et mouillée, un peu visqueuse. La vodka, la chaleur la rendaient épouvantablement lascive. Elle but une autre gorgée et soupira. Elle n’avait pas besoin de baisser les yeux sur sa poitrine pour savoir que les bouts de ses seins s’étaient érigés. Elle avait toujours eu un peu honte de ses seins, qu’elle trouvait trop gros, et particulièrement de leurs larges aréoles, des aréoles de négresse blanche, qui avaient à ses yeux quelque chose d’obscène.

Sous ses fesses nues, dans la raie légèrement velue, autour de l’anus, la sueur la picotait. Elle s’écarta un peu plus, mendiant la brûlure du soleil au plus profond de ses chairs. Elle luttait contre l’envie de se branler. L’été, quand régnait la canicule et qu’elle ne sortait pas, elle reprenait ses habitudes de collégienne. Surtout quand elle avait bu. Elle se masturbait longuement, délicieusement, en laissant les rêveries les plus perverses vagabonder dans sa tête. Elle se faisait jouir parfois jusqu’à cinq ou six fois dans l’après-midi, se masturbant avec une vicieuse lenteur, attentive aux moindres sensations de sa chair, tout en guettant, comme une petite fille qui se touche en cachette de ses parents, le moindre craquement du gravier annonciateur de l’arrivée d’un intrus.

Elle se procurait ainsi à bon compte beaucoup plus de plaisir que ne lui en donnait son mari, les rares fois où il lui montait encore dessus, dans le lit conjugal.

Épisodiquement, un sentiment de honte venait empoisonner son plaisir.

« Si Max savait ça… Et Lorraine… »

C’étaient ses enfants. Max, le garçon, venait d’avoir seize ans, et son père l’avait bouclé pour l’été, pour qu’il potasse ses maths, vu qu’il allait redoubler sa terminale après avoir raté son bac. Quant à Lorraine, qui en avait dix-huit, elle était en vacances en Corse, avec une copine.

« Elle doit commencer à s’envoyer en l’air avec ses copains, songeait Bérengère Van de Walle. À son âge, moi… »

En se remémorant ce qu’elle faisait à l’âge de Lorraine, elle laissa descendre sa main au bas de son ventre et, avec un soupir résigné, cédant aux exigences de sa chair, elle commença à fouiller rêveusement sa vulve. Son clitoris s’érigea immédiatement et elle évita soigneusement de s’attarder dessus. Elle ne voulait pas jouir trop vite ; l’après-midi commençait à peine…

« Et Max ? »

Elle venait de penser subitement à son fils, seul dans sa chambre. Il devait faire la gueule, comme d’habitude. Est-ce qu’il se masturbait, lui aussi ? C’était probable ; à cet âge, les garçons n’arrêtent pas. Elle se souvenait de son frère Henri, et de ses copains, quand elle était ado. De ce qu’ils l’obligeaient à faire. Obligeaient ? Façon de parler ; cela ne faisait-il pas partie du plaisir, qu’elle eût l’impression qu’ils lui forçaient la main ?

Sans arrêt, ils venaient se faire branler ou sucer par elle. Tout lui revenait : la raideur chaude des verges juvéniles entre ses doigts, ce fruste mouvement de friction, le sperme qui giclait, les mouchoirs englués, les rires étouffés, cette abjecte mollesse qui lui coupait les jambes, quand ils lui retiraient sa culotte pour la branler à son tour. Et plus tard, quand Henri avait obtenu qu’elle les suce, cette lueur sale qu’ils avaient dans les yeux, en se déboutonnant, alors qu’elle s’agenouillait devant eux, et qu’elle se fourrait dans la bouche la queue du premier, pendant qu’un autre, derrière, glissait sa main sous ses fesses, et lui touchait la fente. Leurs commentaires, leurs moqueries…

« Elle mouille, ta sœur mouille, Henri ! »

« Oh, vraiment ? C’est vrai, ça, Bérengère ? Tu mouilles ? Attends que je te mette le doigt, pour voir… Mais oui, oh, la cochonne ! Eh bien, il va falloir lui donner une bonne fessée, non ? Qu’est-ce que vous en dites, les gars ; cette sale vicieuse la mérite, non ? Une bonne fessée sur son cul nu ! Nous allons lui apprendre à mouiller en suçant des garçons ! »

« Oh oui, Henri, oh oui, c’est une idée sensationnelle ! Et après, on pourrait l’enculer, non ? Qu’est-ce que t’en dis ? »

« L’enculer ? Tous les quatre ? Ma foi, pourquoi pas ? Est-ce que quelqu’un de vous a pensé à apporter de la vaseline ? »

Jamais Bérengère n’était parvenue à oublier ces premières émotions sexuelles, jamais, par la suite, avec aucun de ses amants, même en Algérie, quand elle était infirmière et qu’elle s’envoyait tous les officiers, elle n’avait éprouvé la même délicieuse impression de salissure, ce sentiment de clandestinité, de faire des choses défendues, un peu dégoûtantes. À tour de rôle, après l’avoir fessée, les copains de son frère venaient enfiler dans son anus leur verge encore humide de salive ! Quelle impression de profanation elle ressentait quand ils s’enfonçaient en elle par là pour la souiller. Jamais elle n’avait pu retrouver ça. Quand elle se masturbait, au bord de la piscine, par les jours de grande chaleur, c’est toujours aux souvenirs de ces turpitudes d’ado qu’elle avait recours pour s’exciter.

 

Oui, Max devait certainement « jouer avec lui-même » comme disent pudiquement les Anglais ; bouclé dans sa chambre, comme il l’était, que pouvait-il faire d’autre pour tromper son ennui ? Interdiction absolue de sortir, son vélomoteur était cadenassé dans le garage, il ne pouvait donc pas aller rencontrer ses copines sur une des plages de la région. Cela la troublait particulièrement de penser qu’en ce moment même, alors qu’elle était en train de se toucher, de jouer avec l’imminence du plaisir, son fils faisait peut-être la même chose, dans sa chambre. Elle l’imaginait, nu sur son lit, le visage crispé, agrippant son sexe érigé. Il était beau comme un chérubin. Aussi beau que son frère Henri, quand tout avait commencé ! Par moments leur ressemblance était si gênante que Bérengère rougissait en regardant son fils. Si seulement il lui avait un peu moins ressemblé…

« Et si seulement j’avais le courage de remettre mon maillot et d’aller me tremper dans la piscine, ça me changerait peut-être les idées ! »

Elle bâilla, s’étira. L’effort à fournir pour enfiler son maillot l’accablait par avance. Et puis, elle se sentait si bien toute nue.

« Je pourrais aussi bien y aller comme ça, Max doit certainement dormir… et d’ailleurs, il ne passe pas sa vie à la fenêtre. »

Elle jeta un coup d’œil, derrière elle, par-dessus le dossier de sa chaise longue. À l’étage, la fenêtre de la chambre de son fils était fermée ; les stores vénitiens descendus. C’était la seule pièce de la maison d’où l’on surplombait la piscine tout entière. Heureusement, Bérengère lui tournait le dos ; si jamais il regardait dans cette direction, son fils n’aurait pu voir que le dos de sa chaise longue d’où dépassait sa chevelure, peut-être ses jambes, mais rien d’autre. En revanche, si elle se levait, le temps d’aller jusqu’à l’eau, elle lui montrerait ses fesses. Après tout, se dit-elle, quel mal y aurait-il à ça ?

«  Il vaudrait quand même mieux que je mette mon maillot… »

Pour le prendre, elle étendit une main molle vers la chaise, mais à mi-course, son bras retomba, inerte. Sans réfléchir, elle se dressa sur ses jambes et fit les quatre ou cinq pas qui la séparaient du bassin. Les dalles étaient brûlantes. Elle piqua une tête et se mit à nager dans l’eau tiède, en restant le plus près possible du bord, pour qu’on ne puisse pas la voir de la chambre de son fils.

Elle fit une dizaine de longueurs, avec une lenteur somnambulique. La tiédeur de l’eau l’endormait. Elle pensa à son mari qui devait ronfler, dans la vaste chambre du rez-de-chaussée. Puis ses pensées revinrent à son fils.

« Idiote… comment vais-je faire pour sortir ? Si Max est derrière sa fenêtre… il va me voir de face ! Comment ai-je pu ne pas y réfléchir ? »

Debout dans le bassin, le menton posé sur le rebord, elle hésitait.

« Je n’aurais qu’à faire vite… D’ailleurs, il doit probablement faire la sieste… pour quelle raison serait-il derrière son store ? »

Elle grimpa l’échelle et, repliant pudiquement un bras devant ses seins, courut sur les dalles brûlantes jusqu’à sa chaise longue et s’y laissa retomber. La tête lui tournait.

Il ne fallut au soleil que quelques secondes pour faire disparaître l’humidité qui la vernissait, et pour la remplacer par une autre, celle qui sortait de son corps, par tous ses pores…

« Pourvu que Max ne m’ait pas vue. »

Elle voulut prendre la serviette pour s’en voiler le corps, mais, encore une fois, découragée à l’avance par l’effort à fournir, sa main retomba à mi-chemin, et Bérengère s’endormit d’un coup, assommée par l’alcool et par la chaleur. Au moment même où elle allait perdre conscience, une pensée la traversa ; la première fois où il l’avait obligée à se mettre toute nue devant des copains qu’il avait fait monter dans sa chambre, son frère Henri venait juste d’avoir seize ans…

Comme Max, cet été-là.

 

*

*   *

 

« Ma parole, elle est à poil ! »

Max siffla entre ses dents. Ce n’était pas la première fois qu’il entrevoyait la nudité de sa mère, mais cela lui fit quand même un choc. Au moment où elle avait subitement surgi de sa chaise longue, il se tenait derrière le store, et il était en train de se branler, debout, en regardant une photo de cul qu’un copain de classe lui avait échangée contre un album de BD. Il se branlait souvent en s’excitant sur cette photo, il ne savait pas bien pourquoi elle lui faisait une impression aussi forte. Et pourtant, il avait eu en main d’autres photos bien plus dégueulasses, mais celle-là, tout de suite, dès qu’il l’avait vue, elle l’avait fait bander.

Elle représentait une fille accroupie qui retroussait sa jupe comme pour pisser en écartant les cuisses face à l’objectif ; la fille était déguisée en collégienne (blouse noire, collerette blanche), mais ne devait en réalité pas avoir loin de trente ans ; ce qui rendait la photo particulièrement obscène, c’était cette chair déjà fatiguée dans cet accoutrement de petite fille, chaussettes, souliers plats, et qu’elle eût le sexe épilé, et qu’on vît nettement sur la photo que c’était un sexe de femme adulte, et qu’il avait déjà beaucoup servi. La bouche stupidement ouverte, toute ronde, la fausse collégienne singeait l’expression ahurie et vicieuse d’une gamine qui se touche en faisant son pipi, et d’un doigt replié fouillait sa fente glabre.

Chaque fois qu’il se branlait en regardant cette photo, Max pensait à sa sœur Lorraine, et il bâtissait tout un scénario dans sa tête. Il se souvenait des fois où ils avaient joué au docteur, tout petits. Il inventait qu’elle cédait à nouveau à ses désirs et qu’il… C’était justement à bâtir un de ces scénarios qu’il s’évertuait quand un mouvement, là-bas, au-delà des lamelles du store, lui avait fait lever un instant les yeux du cliché. Et il avait vu, en surimpression sur le souvenir rétinien de la fausse fillette, s’imprimer, bien réelles, elles, les fesses blanches de sa mère, se détachant sur le bronzage de son corps, alors qu’elle sautillait sur les dalles de stuc pour ne pas se brûler les pieds.

« Merde… elle va se baigner à poil ! »

Cela lui avait donné un coup.

Et maintenant, il attendait qu’elle sorte de l’eau. Il ne pouvait pas la voir nager, car elle restait trop près du bord, mais il faudrait bien qu’elle ressorte. Elle était trop flemmarde pour nager longtemps. Et bientôt, en effet, il aperçut sa tête qui dépassait du rebord, avec ses cheveux blonds plaqués comme un casque sur le crâne. Elle avait gardé ses lunettes de soleil pour nager. Mais il vit bien qu’elle regardait dans la direction de sa fenêtre et qu’elle hésitait.

Le souffle court, il se tripotait le gland pour entretenir son excitation. Il la regarda empoigner les montants de l’échelle. Les gros seins pâles, encore très beaux, se balancèrent entre les bras bronzés, avec leurs larges aréoles qui évoquaient des yeux étonnés, puis il y eut le ventre étroit, à peine bombé, et la touffe des poils, presque noirs, car sa mère n’était pas une vraie blonde.

Il crispa la main sur sa queue et tira très fort sur la peau. Sa mère replia un bras devant ses seins, comme pour les soutenir, et, sans se soucier de cacher sa touffe, courut jusqu’à la chaise longue où elle se laissa tomber.

Il n’y eut plus alors que son crâne qui fumait au soleil, et les bouts de ses pieds aux ongles vernis de rouge. Le sperme fusa avec violence et aspergea le store vénitien. Ce fut une surprise si brûlante quand ça sortit de lui, si intense, qu’elle lui arracha un cri rauque. Il en eut presque mal dans les couilles tant ce fut fort. Les spasmes le secouèrent à plusieurs reprises, et chaque fois son sperme giclait, fouettant les lamelles du store.

« Putain… oh putain !  »

Il alla jusqu’à son lit et s’y affala, inerte. Vidé. Les yeux au plafond, il revoyait, imprimé dans sa tête, le triangle des poils sombres, au bas du ventre de sa mère. Il essayait de penser à autre chose, mais rien à faire ; la tache sombre revenait ; est-ce qu’il avait vu la fente ? Il n’en était pas sûr. Elle avait couru si vite. Son cœur battait contre ses côtes. Il reprit son souffle, se leva, alla nettoyer le store avec un kleenex. Levant les yeux, il vit le bras de sa mère se soulever paresseusement dans la direction de la serviette, puis retomber mollement avant de l’atteindre. Ce geste avorté lui apprit qu’elle venait de s’endormir.

Indécis, le kleenex gluant de sperme à la main, il garda l’immobilité d’une statue, les yeux fixés sur les cheveux qui dépassaient, là-bas, au-dessus de la chaise longue. Il attendit plusieurs minutes. Sa mère ne bougeait pas. Son maillot rouge pendait sur le dossier de la chaise de métal, près d’elle.

« Elle s’est endormie toute nue… Si papa savait ça… »

Le commandant Van de Walle avait horreur de tout étalage de chair nue. Il leur interdisait d’aller à Pampelonne, sur la plage naturiste, où les touristes se baignent carrément à poil, sans même un string. Et quand, sur les autres plages où on était moins coulant, et qu’ils fréquentaient de préférence, les femmes retiraient ou abaissaient le haut de leur maillot pour faire bronzer leurs seins, Van de Walle père fulminait contre la décadence des mœurs.

« Et si j’allais me baigner ? Après tout, j’ai bien le droit d’aller dans la piscine, moi aussi… Avec cette chaleur. C’est pas parce que je dois potasser que j’ai pas le droit de nager…

En sifflotant entre ses dents, il enfila son slip de bain et, ses lunettes de piscine à la main, sortit dans le couloir. Les ronflements de son père emplissaient la cage d’escalier. Le Commandant, habitude qu’il avait ramenée des colonies, faisait toujours la sieste, en été. Il ne se levait jamais avant cinq heures, quand le soleil commence à faiblir. Or, il n’était que deux heures…

Sans faire de bruit, Max descendit l’escalier.

 

 

 

 

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