Acheter

Disponible sous 48 heures
7€50 Acheter

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
4€49 Télécharger

Résumé

Alonzo Carbone est un masseur très consciencieux. Surtout quand la dame est jolie,  qu’elle s’abandonne bien à ses mains… et à ses yeux. Voyeur, tripoteur, ce kinési exerce un métier rêvé pour assouvir tous ses fantasmes. Ce qu’il aime le plus : dépraver une oie blanche. Et voilà qu’on lui envoie des photos compromettantes d’une de ses jeunes patientes.  Devinez un peu à quels chantages crapuleux il va se livrer sur la belle ! Exercices aux espaliers ou sur cyclorameurs vont devenir (dans le plus simple appareil) prétextes à mille jeux sexuels plus scabreux les uns que les autres… Mais ces photos, qui les a envoyées ? Et pourquoi ? Ah, c’est là que l’histoire se corse…

Débuter la lecture

CHAPITRE PREMIER

Chantage pour un cuissage

Assis derrière son bureau, deux dossiers ouverts sur son sous-main, Alonzo Carbone, masseur-kinésithérapeute, se grattait le menton. L’horloge murale indiquait 18:07. Sa secrétaire venait de partir. Il n’y avait plus de clients dans sa salle d’attente.

Le fringant quadragénaire guettait avec impatience l’arrivée d’une nouvelle patiente. Il sentait sa verge gonfler dans son pantalon. Vénézuélien d’origine, il se flattait d’avoir le sang chaud. Dans son cabinet, il laissait toujours sa blouse blanche ouverte sur ses vêtements de ville, à tout hasard…

Il relisait la fiche de renseignements d’Annie Drumont, la jeune patiente en question. Fille unique d’un couple bourgeois, Annie avait presque dix-huit ans et habitait chez ses parents, rue du Chêne, dans une maison de maître du centre-ville. Elle se trouvait en terminale et préparait un bac F7.

Carbone vérifiait la note de son confrère, le docteur Brachus. La jeune fille souffrait des lombaires. Brachus recommandait une douzaine de séances de kiné : massages, exercices, thalasso… Rien d’alarmant.

Le second dossier, bien moins ordinaire, fit remonter l’adrénaline du kiné. Le document avait été déposé dans sa boîte à lettres personnelle, sous enveloppe kraft, sans timbre, avec son nom et la mention : « A n’ouvrir que par l’intéressé ». A l’intérieur, Alonzo avait découvert une douzaine de photos : des agrandissements au format A4. On y voyait une adolescente blonde, aux cheveux longs, au visage angélique, qui ne semblait pas avoir plus de seize ans. Les photos avaient été prises dans une maison où se déroulait une fête entre jeunes. La jeune fille buvait de la bière, fumait des cigarettes et des joints. Sur les trois derniers clichés, elle se trouvait dans une chambre à coucher, entre deux garçons de son âge. Elle se laissait tripoter sous son chemisier. Elle paraissait ivre et riait comme une folle.

Sur le coup, Carbone avait pensé à la blague d’un ami ou du docteur Brachus lui-même. Beaucoup connaissaient son goût pour les femmes aux allures de gamines, et sa collection d’objets sexuels faisait des envieux. Le texte glissé dans l’enveloppe l’avait intrigué davantage que les photos. Il reprit la feuille, sans en-tête ni signature, qu’il parcourut pour la énième fois :

« Vous ne connaissez pas encore cette jeune fille. Elle s’appelle Annie et viendra sous peu vous voir pour des problèmes de dos. Vous venez de recevoir des doubles de photos prises le 17 septembre dernier, pendant une fête entre lycéens. Annie y a bu, y a fumé du cannabis et a eu des relations sexuelles avec deux garçons. Je dispose de photos encore plus compromettantes, mais vous ne les aurez que si cela se révèle nécessaire pour faire plier notre amie. Sachez que les parents d’Annie ignorent tout de sa conduite. Notre jeune fille aurait de graves ennuis s’ils l’apprenaient. Je pense que vous êtes la personne la plus qualifiée pour exploiter ces documents dans le sens que vous imaginez. En attendant d’autres instructions (si, toutefois, vous êtes d’accord pour déniaiser la petite gourde), vous pouvez lui mettre carrément le marché en main. Je suis sûr que vous saurez vous faire comprendre – et vous faire obéir. Je vous recontacterai. »

Le premier réflexe de Carbone avait été de tout remettre dans l’enveloppe et de la jeter à la poubelle. Et puis, pendant ses heures de travail, l’histoire avait commencé à l’obséder. Il avait échafaudé mille hypothèses sur l’origine de la lettre. Peut-être, venait-elle du docteur Brachus qui désirait prendre un ascendant sur la jeune fille. Carbone avait appelé son confrère, qui avait réellement eu l’air surpris. Brachus avait affirmé n’être au courant de rien et avait même plaisanté son collègue sur ses fantasmes.

Peut-être alors, s’agissait-il d’un piège, tendu par la police. Un patient, ou un voisin, ayant eu vent des écarts sexuels du kiné, l’aurait dénoncé aux Mœurs, qui avaient trouvé ce moyen pour le démasquer. Peut-être encore, fallait-il envisager la farce d’un ami, qui voulait savoir jusqu’où Carbone serait capable d’aller. Dans ce cas, la jeune fille serait complice… Peut-être même, Annie en personne avait-elle monté toute l’opération. Par ce moyen, elle s’offrirait la réalisation d’un fantasme. Dans ce cas, le kiné ne serait qu’un pion qu’elle utiliserait pour assouvir son caprice.

Carbone avait longuement réfléchi ; aucune des hypothèses ne tenait la route. Une chose était certaine : son correspondant anonyme désirait qu’il soumette sexuellement la jeune fille. L’auteur de la lettre devait le connaître de réputation, puisqu’il l’estimait « la personne la plus qualifiée » pour exercer un chantage sexuel sur une mineure. Il y avait des termes qui ne trompaient pas : « déniaiser », « obéir », « gourde »…

Carbone avait décidé de tenter sa chance… si la fille lui plaisait.

Le carillon de la porte d’entrée retentit. Les battements de cœur du masseur s’accéléraient. D’une main fébrile, il appuya sur le bouton qui commandait l’ouverture automatique de l’entrée de l’immeuble. Puis, il se leva et ferma les yeux en respirant à fond pour se calmer. Il adressa un coup d’œil à la grande glace qui couvrait l’intérieur de la porte de son bureau. Même s’il accusait la quarantaine, il avait encore du charme. Homme à femmes, adepte de la musculation et de la natation, il soignait jalousement son corps.

Il se rendit dans l’entrée qui servait d’accueil. Il occupait tout le troisième étage de l’immeuble cossu. Les deux grands appartements du palier n’en faisaient qu’un. Un tiers pour sa vie privée (salon, chambre à coucher, cuisine, salle d’eau), le reste pour ses activités, professionnelles ou non. Des dalles de moquette recouvraient la zone réservée à son métier, sauf la salle du bassin des patients.

Quand il pénétra dans l’entrée, la jeune fille achevait de refermer la porte. Immédiatement, il sentit sa verge durcir. La nouvelle patiente était encore plus jolie que sur les photos : visage ovale, yeux bleus candides, petit nez retroussé, bouche bien dessinée, le tout associé à un teint de porcelaine maquillé avec discrétion. La classe. Une petite déception, toutefois : Annie n’était pas une vraie blonde. Le kiné avait repéré les racines brunes, à peine visibles, des cheveux. De fins sourcils sombres trahissaient aussi l’innocente supercherie.

Carbone se dirigeait vers la jeune fille, sourire carnassier aux lèvres. Elle paraissait intimidée, ce qui augurait bien de la suite. Le masseur détestait les gamines arrogantes, ou vulgaires. Il préférait le genre timide, bien éduqué. Annie, presque majeure, issue d’un milieu bourgeois, paraissait n’avoir que quinze ou seize ans. Ses longs cheveux raides lui descendaient au milieu du dos. Il lui tendait la main ; elle lui offrit la sienne, fine, délicate, aux ongles bien taillés, sans vernis.

— Tu es Annie, la fille de madame Drumont, pas vrai ?

Elle avait la poigne molle, le regard fuyant. Une grande inhibée. Sauf quand elle se soûlait dans les fiestas entre copains !

— Oui, monsieur… enfin, je veux dire, docteur.

Une voix cristalline, légère. Presque un murmure. Une rougeur diffuse colorait ses joues. Il venait de la déstabiliser en la tutoyant et en lui parlant de sa mère, comme si elle n’était qu’une enfant dont les parents décidaient de tout. Il l’avait détaillée de bas en haut. Plutôt grande, fine, elle portait des chaussures à talons plats, un pantalon noir et une épaisse veste beige au col de fourrure très seyant. Dans son sac de sport flambant neuf, elle avait dû ranger ses affaires pour les exercices.

— Bien, reprit Carbone. J’ai étudié ton dossier et vu tes radios. C’est pas très brillant, mais on va bien s’occuper de toi. Je t’ai prévu douze séances d’une heure trente, mais il t’en faudra peut-être plus. Tu as pensé à prendre un maillot de bain ?

Elle hocha la tête, gênée par le regard insistant. Elle regardait autour d’elle, l’air étonné de se trouver seule dans le cabinet. Carbone se garda d’expliquer pourquoi il la prenait si tard, après le départ du dernier patient et de la secrétaire. Il l’entraîna dans l’immense salle d’exercices. Deux pans de mur avaient été démolis pour accueillir les nombreuses machines de rééducation physique ou motrice. Une large ouverture donnait sur une seconde salle, plus petite. Outre les tapis de sol bleus et les espaliers aux barres murales rondes, la jeune fille découvrait un rameur, des bancs de musculation, des ballons de toutes tailles, des machines à inhalation, un cheval d’arçons, des roulettes pour les pieds, des haltères, des mécanismes divers dont l’utilisation était difficile à deviner…

Le kiné désigna une petite porte jaune au fond de la salle.

— Tu peux te changer là. Il faut rester pieds nus. Mets-toi à l’aise pour les exercices. On va commencer en douceur. Ensuite, une demi-heure de bassin et on finit par des infrarouges et un massage. D’accord ?

Un oui à peine audible, précéda le départ de la jeune fille vers le minuscule vestiaire. Carbone se grattait le bout du nez. La fille lui plaisait. Il attendait de pouvoir observer les proportions de son corps. Mais il envisageait déjà de la recevoir dans son bureau pour lui parler de la fiesta du 17 septembre et des photos compromettantes. Il rangeait des objets qui traînaient. Son sexe gonflé le gênait. Il était fier de la taille et de l’épaisseur de son pénis ; rien ne le ravissait davantage que l’expression de stupeur des femmes qui le découvraient.

Annie reparut, vêtue d’un ample tee-shirt blanc et d’un bas de jogging bleu. Le masseur plissait le regard en la détaillant. Elle semblait posséder de petits seins, pointus et plutôt écartés. Il eut un sourire torve. Il n’avait jamais été un fanatique des gros nichons de bimbo. Ses goûts pour les fruits verts le portaient à rechercher la juvénilité des formes. Le corps d’Annie, élancé, gracile, ressemblait à celui d’un mannequin. Les fesses étaient hautes et bien rondes.

— Parfait, fit le masseur.

Il lut une pointe d’inquiétude dans le regard ingénu de la patiente.

— Va t’installer sur cette chaise. Tu vas commencer par cinq minutes de roulettes.

Silencieuse, Annie s’assit sur la chaise noire. Devant elle, sur la moquette, le mécanisme en bois ressemblait vaguement à un boulier. Mal à l’aise, la jeune fille attendait les conseils. Carbone la laissait mijoter, histoire d’installer d’emblée une ambiance trouble.

— Pose tes pieds sur les roulettes. Fais-les avancer et reculer comme si tu glissais.

Le masseur reconnaissait des pieds de jeune fille, tout blancs, délicats, aux ongles bien coupés et sans vernis. Des orteils minuscules qu’on avait envie de caresser. Il resta un moment à contempler les petits pieds nus rouler d’avant en arrière, les plantes massées par les roulettes orientales : une technique très connue dans les cabinets de kiné. Deux ou trois fois, il chercha à croiser le regard bleu de sa patiente, mais celle-ci détournait les yeux, sans doute impressionnée par l’âge du kiné, sa stature d’athlète, sa blouse blanche.

Carbone la quitta pour replacer son sexe dans son caleçon, de manière à favoriser l’érection. Les gamines timides lui faisaient souvent cet effet. A la pensée qu’il allait peut-être pouvoir en profiter réellement, il sentait qu’il risquait l’éjaculation prématurée.

— Bien. Tu peux arrêter. A chaque séance, tu commenceras par cinq minutes de roulettes.

Devant le regard sceptique d’Annie, il ajouta :

— Les voûtes plantaires sont une partie très importante du corps. On arrive à soigner des migraines rien qu’en massant les pieds.

— Je ne savais pas.

Elle s’était remise debout. Elle avait presque la même taille que lui, mais trente kilos de moins. Sa voix fluette accentuait son côté adolescente à peine sortie de la puberté. Il devait garder son sang-froid. Ne pas manœuvrer avec brusquerie. Prendre son temps pour ne pas l’effrayer. Il ferma les yeux. Son sexe s’était mis à la verticale. La jeune fille l’avait-elle remarqué ? Il ne décelait rien sur son visage.

— On va passer à des exercices pour faire travailler ton dos en douceur.

Il l’entraîna au fond de l’immense salle. La jeune fille regardait autour d’elle. Elle posa une question anxieuse :

— Il n’y a pas d’autre… enfin, je veux dire, il n’y a personne d’autre ?

Carbone s’arrêta devant les barres murales vissées sur de grands miroirs au mur. Trois tapis de sol étaient disposés au bas des miroirs. Il dévisagea la jeune fille. Elle n’était pas stupide. Bien sûr qu’il prenait souvent jusqu’à six patients en même temps. Un dans le bassin, un aux massages, un aux stimulations électriques ou aux infrarouges, les trois derniers aux exercices.

— Non… c’est normal. La première fois, je préfère suivre mon patient du début à la fin. C’est pour ça que je reste si tard.

Elle opina, apparemment convaincue par l’explication fumeuse.

— Tu vas commencer par ce qu’on appelle la « prière ». Mets-toi à genoux sur le tapis. Pose tes mains par terre, bien à plat, comme un musulman. Essaye de toucher le bout du tapis en gardant tes fesses bien hautes. Reviens en arrière lentement. Je crois que tu as compris. Trois séries de dix. D’accord ?

Annie acquiesça. Carbone restait debout près d’elle, les bras croisés, à admirer le spectacle du jeune corps effectuant l’exercice. Le tee-shirt glissait sur le dos, révélant la peau nue. Une peau pâle, très douce… Il observait les fesses haut perchées, toutes rondes, que la position rendait indécentes. Le tissu du jogging se tendait à l’extrême sur les rondeurs charnues ; elle portait un slip couvrant. Pas de string de coupe brésilienne, plutôt une culotte en coton ou en polyamide, très sage.

La patiente exécutait l’exercice avec application. Bien gentille, bien obéissante. Le sexe du masseur palpitait ; ses testicules remontaient dans les bourses. Il devait se calmer s’il ne voulait pas courir le risque de céder à ses pulsions – et violer incontinent la gamine sur le tapis de sol.

Annie en terminait avec ses « prières », elle se redressa. Le masseur ferma les yeux. Au prix d’un grand effort, il parvint à se ressaisir. Il montra d’autres exercices de base sur l’un des espaliers : extensions, mouvements de souplesse destinés à renforcer le bas du dos, équerres sur une jambe, ponts à partir des barres les plus basses, étirements sur la pointe des pieds… Chaque fois, Carbone avait le flash d’Annie effectuant nue la série de mouvements. Jamais encore, de toute sa carrière, il n’avait fantasmé à ce point sur une patiente. Il en avait eu quelques-unes de particulièrement excitantes, mais là, avec cette histoire de photos et de lettre anonyme, il perdait la tête.

Oui, il allait lui mettre le marché en main. Oui, il allait abuser de la situation. Oui, il allait se la taper, la grande gamine aux immenses yeux bleus innocents !

Le dernier exercice achevé, la patiente poussa un soupir et attendit la suite. Des mèches de cheveux blonds se collaient à son front. Deux auréoles sombres souillaient les dessous de bras du tee-shirt. Elle avait transpiré, la jeune fille. Le parfum piquant – mais pas désagréable – de sa sueur titillait les narines de Carbone.

Il avait eu dans l’idée de poursuivre avec le rameur mais, s’il voulait avoir une conversation avec elle en fin de séance, il lui fallait ménager un temps mort. Exit le rameur, pour cette fois. Avant le bassin, encore quelques exercices avec le grand ballon.

Annie eut l’air amusé de le voir tirer d’un filet de retenue un énorme ballon orange, mal gonflé, d’un mètre de diamètre. Le masseur expliqua qu’il fallait se coller dos au ballon et effectuer des mouvements à la manière d’un chat qui se frotte. Il parvint à faire sourire la demoiselle. Il eut droit à l’éclat de ses dents très blanches. Sans doute ne fumait-elle pas. Une fille saine, encore dans les jupes de sa maman, inconsciente de son pouvoir sur les mâles.

Elle essaya timidement de coller le bas de son dos au grand ballon et faillit perdre l’équilibre. Un rire nerveux la prit. Carbone serrait les dents. Que lui arrivait-il, à lui, vieux briscard revenu de tout ? Pourquoi désirait-il tant cette fille ? Pourquoi un simple rire limpide faisait-il battre son cœur ? Il n’allait quand même pas tomber amoureux de cette gamine ? Pas lui.

Annie réessaya, avec plus de succès, ayant compris qu’elle devait se laisser aller comme si elle s’installait dans un fauteuil mou. Le masseur la regardait faire. La fille s’amusait à se vautrer sur l’énorme ballon flasque. Elle effectuait des mouvements de bassin suggestifs. Les avancées lascives de son bas-ventre obligeaient le kiné à regarder ailleurs. Il dut mettre un terme à l’exercice avant d’éjaculer, mais se promit de faire payer sa frustration au centuple.

— Il est temps d’aller au bassin, déclara-t-il d’une voix qui tremblait. Viens, je vais te montrer.

Elle le suivit dans le long couloir étroit qui menait à la salle du bassin, carrelée de blanc et de bleu pâle. Au centre, s’ouvrait une piscine ovale, surélevée, où quatre personnes pouvaient s’allonger sans se gêner. Il régnait une chaleur étouffante. Carbone mena la fille à une minuscule cabine, qui jouxtait une douche.

— Change-toi là-dedans. Le bassin va te reposer, après les exercices.

Gênée, elle pénétra dans la petite cabine, referma le battant. Il entendit la targette coulisser. Il mourait d’envie de la voir en maillot de bain. Un deux-pièces, espérait-il, assez sexy pour révéler les formes. L’attente lui parut longue. Interminable. Quelle déception quand la lycéenne reparut, rougissante, en maillot bleu marine une-pièce, très couvrant. Un costume de bain de grand-mère. Pire : de bonne sœur. Il cachait intégralement les fesses et les seins, qu’il écrasait sans rien laisser deviner des tétons. Lâche dans le bas, il ne permettait pas non plus la pré-vision de la fente sous le tissu.

Dépité, il la laissa se doucher comme l’exigeaient les règles d’hygiène. Il l’aida à gravir les trois marches recouvertes de bois traité, puis à se plonger dans les eaux chaudes et claires du bassin. La main délicate de la donzelle tremblait légèrement dans la sienne. Elle n’avait plus dit un mot. Elle n’osait pas le regarder franchement. Sur les conseils du kiné, elle s’installa près des ergots qui injectaient de l’air sous forme de bulles. Un véritable massage des cuisses et du dos pouvait être obtenu ainsi. Une mini thalassothérapie. Il lui expliqua quelques exercices de jambes à faire dans l’eau, puis la laissa les effectuer seule. Elle en avait pour vingt minutes.

Il se rendit dans son bureau préparer l’entretien qu’il aurait en fin de séance avec elle. Il examina encore une fois les clichés agrandis (aucun doute possible, il s’agissait bien d’Annie Drumont), qu’il plaça dans une grande enveloppe blanche sans mention. Il garda la lettre dans son emballage d’origine, cachée dans le dernier tiroir du bureau.

Quand il retourna dans la salle du bassin, Annie, déjà sortie et douchée, se rhabillait dans la cabine d’un mètre carré. Il la retrouva en baskets, bas de jogging et ample tee-shirt.

— Alors, c’était agréable ?

Haussant les épaules, elle répondit d’une petite voix :

— Oui, c’était pas mal…

Carbone lui décocha un mince sourire de sympathie. Il se rendait compte qu’elle l’observait de biais, d’une drôle de manière. Avait-elle eu des pensées sales pendant sa séance de bassin ? S’était-elle amusée à placer son sexe au-dessus d’un ergot pour que les bulles lui chatouillent le clitoris, comme il avait souvent surpris des patientes à le faire ?

Elle le suivit sans rien dire jusqu’à l’une des trois salles de massage toute proches. Deux comportaient du matériel pour les infrarouges, la troisième des appareils de stimulations électriques, peu appréciés des patients. Dans la petite pièce, une table de massage aux montants en inox et au rembourrage de skaï occupait une bonne part de l’espace. Au-dessus, la barbare machine des rayonnements infrarouges faisait ressembler l’ensemble à une couveuse sans vitre.

Deux armoires vitrées contenaient des flacons et du matériel médical, quelques ouvrages et même de l’encens. L’éclairage n’était pas aussi violent qu’au bassin. Il pouvait même sembler intime, ce qui ne parut pas rassurer la jeune fille.

— Allonge-toi à plat ventre, dit Carbone en tirant une longueur de papier blanc protecteur. Dix petites minutes d’I.R. te feront du bien.

Les yeux inquiets, Annie obtempéra après avoir hésité à se débarrasser de ses baskets. Elle frissonna quand le masseur remonta le tee-shirt en haut du dos et abaissa légèrement le bas de jogging et la culotte blanche. En découvrant l’élastique du slip, le kiné déglutit. Il réprimait une furieuse envie de découvrir le cul visiblement généreux de sa jeune patiente. Son érection revenait en force.

— Ça ne va pas faire mal ? demanda l’ingénue d’une voix mal assurée, essayant le ton de la plaisanterie.

Carbone devait se ressaisir.

— Mais non. Ne t’inquiète pas. Ça va juste chauffer le bas du dos et le haut des fesses.

Il s’était efforcé avec succès de prononcer le dernier mot comme il aurait dit courge ou mobylette. Il abaissa la machine qui comportait cinq ampoules rouges, la mit en marche et régla la minuterie sur 8. La première ampoule s’alluma. Annie posa sa tête sur ses bras repliés. Elle ne paraissait pas se rendre compte à quel point elle l’excitait, offerte sur la table de massage, le haut du cul et le creux des reins à l’air.

Les ampoules s’allumaient et s’éteignaient avec des cliquetis vaguement menaçants. En attendant la fin, Carbone préparait le massage. Une huile essentielle de qualité, qu’il dénicha au sommet d’une armoire, ferait l’affaire.

— Ça va toujours ? demanda-t-il, pendant que le rythme du clignotement des ampoules s’accélérait.

— Oui. Ça chauffe, mais c’est agréable.

Cette voix enfantine aux intonations niaises ! Cette bouche en cœur aux lèvres trop charnues et aux dents éclatantes ! Il lui fallait sourire avec la bienveillance du bon médecin pour qui seul compte le bien-être du patient.

— Je te l’avais dit. Tu n’es pas ici pour avoir mal. Je ne vais te faire que du bien…

Elle lui rendit son sourire forcé. La machine stoppa. Le masseur avait son flacon d’huile à la main. Il en versa une quantité appréciable sur la chute de reins encore brûlante. Aucune réaction de l’adolescente. Il frotta ses mains l’une contre l’autre pour les échauffer, puis les appliqua au bas du dos. La douceur exquise de la peau le surprit. Il étalait l’huile en mouvements concentriques. Il y allait avec douceur, tendresse presque. Une pareille peau de bébé, ça s’appréciait comme un grand vin.

Le massage commençait. Annie poussait des soupirs de bien-être. Il ne voyait plus son visage. Avait-elle fermé les yeux ? C’était probable. A mesure qu’il malaxait les chairs souples, ses pouces s’attardaient sur le haut des fesses. Il ne parvenait pas à détacher les yeux de l’amorce de la raie, le reste disparaissant sous les étoffes de la culotte et du jogging. A en juger par le renflement, elle devait posséder des fesses plus que joufflues. Rondes, fermes, faites pour être fessées, claquées, fouettées même !

Une bouffée de chaleur le prit. Il pétrissait le haut du cul. Annie ne réagissait pas. Il avait l’eau à la bouche. Et envie de se pencher, d’embrasser la croupe, de la goûter de la langue, au fond ! Un poids lui comprimait la poitrine.Surtout, garder son sang-froid. Ne pas céder à l’appel de la bestialité !

— Tu es en quelle classe ? demanda-t-il pour essayer de penser à autre chose.

— En terminale. Je prépare un bac F7.

Elle parlait d’une voix somnolente. Son corps était bien détendu. Elle ne se méfiait plus. Il pouvait se permettre une tentative.

— Tu veux entrer en médecine ?

Se faisant légers, ses doigts s’attardaient au plus creux des reins.

— Non. Je me verrais plutôt en pharmacie. Je ne sais pas encore.

Cette voix dolente aux accents traînants… cette peau lisse sous les doigts… Le masseur était sur les charbons ardents. Aurait-il eu les mêmes réactions sans la lettre et les clichés ? Sans doute que non. Ses doigts glissaient de plus en plus bas entre les fesses moelleuses.

— Et tu vas dans quel établissement ? Jeanne d’Arc ?

— Non, Molière. C’est le seul à avoir des salles équipées pour la chimie et la bio.

Elle répondait simplement, sans chercher à faire son intéressante. Juste de la timidité ? D’un geste naturel, Carbone repoussa le slip et le jogging. La raie profonde se perdait dans les ombres ; sa verge palpitait avec furie ; son cœur pompait avec violence. Il se voyait écartant rageusement les barrages de tissu, découvrant le cul sublime, sortant sa queue, y allant en levrette…

Une coulée de sueur froide lui descendait sur la nuque. Il haletait ; il avait failli éjaculer sans se toucher. Ses doigts reprirent le chemin des dernières vertèbres de la fille, plus haut.

— Au lycée Molière ? répéta-t-il.

Il s’obligeait à ne plus regarder la croupe trop cambrée qui le narguait. Il ne pouvait plus continuer dans ces conditions. Aussi stoppa-t-il son massage. Elle précisa :

— Mon père m’a appris que c’était le lycée de la région qui comptait le plus de professeurs agrégés.

Et mon père à moi m’a appris que les petites salopes dans ton genre étaient faites pour être baisées sans délai ! Carbone toussota, puis remonta délicatement le jogging sur les fesses.

— C’est fini pour aujourd’hui, Annie.

La jeune fille se redressa et rabaissa son tee-shirt. Dessous, Carbone eut le temps d’apercevoir un soutien-gorge blanc trop sage, en lycra. Elle sauta à terre, s’installa sur une chaise pour enfiler ses chaussures. Il reprit :

— Je connais aussi les parents d’une fille qui prépare un bac F7 à Molière. Les Chi Seng. Attends voir… leur fille s’appelle…

Il s’essuyait les mains avec une serviette spéciale qui éliminant l’huile.

— Sophia ! Elle est dans ma classe ! C’est une bonne copine !

Annie venait de lui jeter un regard oblique. Avait-elle remarqué la bosse qui déformait le devant de son pantalon ?

— Oui, Sophia ! C’est bien ça ! Nous avons au moins une connaissance commune !

Elle lui souriait avec naïveté. Intérieurement, il se félicitait d’avoir pu gagner sa confiance. Restait le plus difficile. Il toussota de nouveau, mal à l’aise.

— Avant que tu partes, j’aimerais voir quelque chose avec toi, dans mon bureau. Ensuite, je te donnerai un rendez-vous.

Ils se rendirent dans le bureau. Il faillit refermer la porte, mais jugea plus prudent de la laisser grande ouverte. Après tout, il n’y avait personne. Une deuxième porte, verrouillée, donnait sur ses appartements privés. Il lui fit signe de s’asseoir sur l’une des deux chaises. Lui-même s’installa dans son fauteuil, l’air aussi dégagé que possible.

Elle le fixait de ses superbes prunelles bleues. Elle eut un geste pour dégager une mèche blonde de son petit nez. Le kiné examinait le dossier médical ouvert sous ses yeux. L’autre se trouvait juste dessous. Il avait rarement été aussi nerveux. En face, la jeune fille s’impatientait : soupirs contrits, yeux furetant dans le bureau, mains papillonnant sur les genoux croisés… La phrase sortit de la bouche de Carbone :

— Il reste un détail à régler. Disons, un problème…

Le dernier mot capta l’attention de la donzelle.

— Un problème, docteur ? répéta-t-elle. Quel problème ?

Cette fois, on y était. Soit il allait sortir victorieux de la confrontation, et la gamine allait déguster, soit elle allait hausser la voix, prendre un air scandalisé et aller porter plainte chez sa mère et la police. La main tremblante, il mit le dossier médical de côté et ouvrit le battant de la chemise des clichés.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle avec anxiété.

Il lui passa les photos. Le visage de la fille se décomposait à mesure qu’elle découvrait les agrandissements. Il comprit qu’elle n’avait pas vu les originaux. Elle tombait des nues.

— Où vous avez eu ça ? parvint-elle à articuler d’une voix rauque.

Le masseur poussa un soupir de soulagement. Pas de crise de larmes, pas de menaces, pas de gifle. Il venait de gagner le premier engagement.

— On me les a remis, laissa-t-il tomber, laconique.

Annie arrivait aux trois dernières photos scannées, les plus éloquentes. Sa pâleur se muait en rougeur. Ses yeux ne quittaient plus les images.

— Qui a fait ça ?

C’était à peine un murmure. Un murmure affolé de biche prise au piège. Le kiné se laissa aller contre le dossier de son fauteuil président.

— Aucune importance pour le moment.

Lui-même n’en savait rien. Autant rester aussi mystérieux que possible. Son correspondant l’avait jouée fine. En restant dans l’ombre, il ne prenait aucun risque et devenait une menace imprévisible pour la jeune fille comme pour le praticien. Le visage décomposé, Annie tâchait de remettre de l’ordre dans ses idées. Il l’avait vue paniquer. Maintenant, elle cherchait qui pouvait être l’auteur des clichés. Sans doute repassait-elle mentalement la liste des invités à la boum.

— Pourquoi vous me… montrez ces… enfin, ces photos ?

Leurs regards se croisèrent. Carbone lut de la détresse dans les prunelles océanes de la patiente. Parfait.

— Pour que tu saches que je sais tout, et que j’ai les preuves. La suite de ton aventure avec tes copains a aussi été photographiée. Mais là, on tomberait dans le porno.

La rougeur des joues de la fille s’accrut. Elle piquait un fard. Il y avait donc bien eu une suite sexuelle aux préliminaires.

— Un ami m’a remis ces agrandissements en se demandant si tes parents étaient au courant !

Elle l’écoutait sans parvenir à refermer sa bouche en cœur.

— Il a même suggéré que je les envoie directement chez toi et à la direction de ton établissement.

Annie demeurait figée, comme assommée. Elle avait des difficultés à respirer. Carbone comprit qu’il devait attaquer tout de suite.

— Qu’en penses-tu, Annie ? Dois-je envoyer ces clichés à tes parents et au proviseur de Molière ?

Elle déglutit ; une expression de panique passait dans ses yeux. Comme au sortir d’un songe, elle secoua la tête, hébétée.

— Tu ne dis rien ? insista Carbone. Comme tu voudras ! Je vais envoyer un double de ces clichés à tes parents et…

— Non ! s’écria Annie en s’avançant. Non !

La violence de son cri surprit le masseur. Son correspondant connaissait bien la jeune fille. De toute évidence, elle craignait la réaction de ses parents. Un père fouettard ? Une mère autoritaire ? Une menace planant sur sa tête : enfermement dans une pension à l’étranger ou chez de lointains parents ?

— Non ?

Carbone croisa les doigts sur le sous-main où la chemise attendait, vide, le retour des photos. Un sourire carnassier lui montait aux lèvres.

— Je pense qu’ils ont le droit de savoir à quoi s’amuse leur fille quand ils ne sont pas là. Tout comme le proviseur du lycée a le droit de savoir à quel genre des lèvres, pardon, d’élève, il permet l’entrée de son établissement. Tu ne crois pas ?

Elle le fixait avec effarement, le front marbré de rouge.

— Je vous en prie, non ! implora-t-elle d’un timbre cassé.

De grosses larmes roulaient sur ses joues écarlates. Sa bouche tremblotait.

— C’est pas ma faute ! J’avais un peu bu…

— Et un peu fumé de hasch.

Il lui avait cloué le bec. Elle cherchait dans son regard à savoir s’il bluffait. Puis sa tête retomba dans ses paumes ouvertes, et elle se mit à sangloter comme une petite fille. Il se réjouissait de la voir craquer. La partie était presque gagnée. Il la tenait en son pouvoir. Il se dit qu’il pouvait encore attendre. Il ne doutait pas qu’en insistant, la petite gourde se déshabillerait, prendrait une pose de chienne sur la moquette, et qu’il pourrait abuser d’elle de toutes les manières. Mais il trouvait plus délicieux encore de la faire mariner dans son jus avant de la dévorer. La crise de larmes se calmait. Annie reniflait, mais gardait le visage dans ses mains.

— C’est du joli, jeune fille de bonne famille ! ironisait le kiné. Alcool, drogue, sexe… A te voir, on te donnerait le bon Dieu sans confession.

— Je ne savais plus ce que je faisais, tenta-t-elle de se justifier, le visage dans les mains.

Elle avait des doigts fins, racés, aux ongles courts. Carbone se dit qu’il serait agréable de se faire branler par cette ravissante idiote. Il les sentaient presque, les mains fraîches montant et descendant le long de sa queue brûlante, tripotant ses lourdes couilles sensibles !

— C’est ce qu’elles disent toutes ! ricana-t-il. On verra ce que ta pauvre mère en pensera !

Il ne lui avait laissé entrevoir aucun espoir. Un nouveau sanglot la prit ; il dut attendre avant de pouvoir proposer le marché :

— Bien sûr, je pourrais faire un effort… fermer les yeux sur ces preuves… je pourrais aller jusqu’à oublier leur existence.

Le ton de sa voix s’était radouci. Annie cessa aussitôt de geindre, pour relever son visage baigné de larmes. Un espoir insensé faisait briller ses yeux bleus. Elle renifla.

— Vous feriez ça ! Merci, docteur ! Je savais que vous n’étiez pas un salaud !

Le masseur fronçait les sourcils, accablé par la débauche de remerciements. C’était bien d’une femme : essayer de l’attendrir, de lui donner des remords, et lui retirer le pain de la bouche. Carbone ne s’était jamais laissé mener par le bout du nez, surtout pas par une femme.

— Minute ! l’interrompit-il en levant les mains. Je n’ai jamais dit que j’allais le faire, mais que je pourrais le faire. Cela suppose qu’il va falloir payer mon silence !

Au tour d’Annie de froncer ses fins sourcils sombres qui contrastaient avec la blondeur de sa chevelure.

— Payer ? s’exclama-t-elle un ton trop haut. Je n’ai pas d’argent ! Je ne travaille pas ! Et…

Le masseur attendait le retour du silence, qui tomba quand la jeune fille fut à bout d’arguments.

— Qui te parle d’argent ? Je suis sûr qu’on peut trouver un compromis !

Annie commençait à deviner. La petite lueur sournoise qui venait de s’allumer dans ses yeux ne laissait guère de place au doute. Son regard durcissait ; sa mère devait avoir le même le dimanche à la messe.

— Quel genre de compromis ?

Le visage sévère, l’air déterminé, la jeune fille abandonnait les larmes de la victime pour jouer les offensées. Carbone ne s’en laissa pas conter.

— Voyons… Tu es jeune et jolie. Moi, je me sens parfois seul. J’ai pensé que tu pourrais venir le soir, après tes cours, faire tes exercices en petite tenue !

Elle rougit violemment.

— Vous n’avez pas le droit de me demander ça ! glapit-elle sans conviction.

Carbone ricanait dans sa tête. C’est ça ! Je vais me gêner ! Attends un peu de sentir ma grosse queue dans ta petite chatte bien serrée ! Je vais te la ramoner jusqu’à ce que tu brailles à casser les vitres ! Il remit les agrandissements dans la chemise et la referma.

— Tu as raison, admit-il. Je n’ai pas le droit de te demander ça. Tu peux t’en aller. J’enverrai un coursier demain matin au bureau de ton père.

— Un coursier ? Pourquoi faire ?

— A ton avis ?

Il laissa passer un temps ; regardant ailleurs, il laissa tomber d’une voix morne :

— Pour lui remettre un dossier qui montre à quel point sa fille chérie n’est qu’une traînée, qui picole, fume du hasch et se fait sauter par plusieurs garçons à la fois.

Annie ne se levait pas. Elle se mordait la lèvre et se tordait les poignets. Elle allait craquer. En bon stratège, le masseur avait évité de hausser le ton. Elle se résignait.

— Ecoutez… Ce n’est peut-être pas la peine d’en arriver là. Vous avez raison. Je peux bien faire ça pour vous. Mais juste ça, pas plus !

Le kiné secoua la tête.

— Que ce soit clair entre nous, jeune fille ! Soit tu acceptes de prendre tes séances en soirée et tu te plies à mes fantaisies… Soit j’envoie ces photos à tes parents et au proviseur. A toi de choisir.

Annie écoutait ; en elle, la colère le disputait au désespoir. Le masseur avait ses yeux braqués sur elle. Elle ne faisait pas le poids. Ses épaules s’affaissèrent ; elle répondit d’une toute petite voix, sans oser le regarder :

— Je… vous… non, je suis d’accord… je le ferai.

— Parfait ! Tant que tu seras gentille et obéissante, tes parents ne sauront rien. Si je suis satisfait, à la fin de ta rééducation, je te rendrai les photos. Reviens jeudi, à 19 heures. Si ta mère pose des questions, dis-lui de m’appeler. Tu peux t’en aller. Je t’ai assez vue.

Annie se mordait la lèvre, au bord d’une nouvelle crise de larmes. Elle se leva, salua le kiné d’un hochement de tête plein de reproche. Leurs yeux se croisèrent avant qu’elle tourne le dos pour offrir le déhanchement involontairement lascif de ses fesses moulées dans le jogging. Carbone attendit que la porte d’entrée se referme pour baisser son pantalon avec des gestes impatients. Son sexe butait contre son nombril. Il l’empoigna d’une main ferme. Quatre ou cinq allers et retours sans penser à rien, et ce fut l’une des plus longues, des plus copieuses éjaculations de sa vie, accompagnée de râles. Son corps entier vibrait de jouissance.

Il pressait ses couilles en s’affalant dans son fauteuil. L’odeur du sperme le prenait aux narines. Il débandait, groggy, avec encore à l’esprit le dernier regard qu’elle lui avait adressé. Le regard d’une fille qui savait ce qu’on allait exiger d’elle… et que l’idée en question troublait au plus haut point !

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *