LE MAITRE MALGRE LUI

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CENDRIEUX Nicolas

ContraintesMedia 1000


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Broché / 124 pages


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Résumé

Christophe n’est pas un monstre, mais il n’est pas de bois non plus. Ses voyages d’affaires lui offrent parfois des occasions et des plaisirs qu’il aurait bien tort de rater. Par exemple, si la pulpeuse Samantha aime être avilie par des filles de couleur et violée par des hommes qu’elle ne connaît pas, pourquoi hésiterait-il à la satisfaire ?à Jusqu’au jour où il rencontre Virginie, une fille de vingt ans, d’une beauté stupéfiante, qui se comporte comme une véritable esclave à chaque seconde de sa vie. Elle respire l’innocence et la bonne éducation. Pourquoi ne se révolte-t-elle pas ? Par quel secret immonde accepte- t-elle de se soumettre ainsi et d’être offerte comme une marchandise, un pot-de-vin dans une tractation commerciale ? Lorsque Christophe veut la libérer de ses chaînes, elle refuse son aide ! Ignore-t-il donc que l’enfer est pavé de bonnes intentions? Christophe n’est pas un monstre, mais au contact de Virginie, il risque fort de le devenir.

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La première fois qu’une femme affirma à Christophe Duchesne qu’il pouvait exiger d’elle tout ce dont il avait envie, y compris la battre, l’insulter, la violer, sa surprise fit rapidement place à une grande excitation. Il tira de cette aventure un plaisir d’une intensité qu’il n’avait jamais connue auparavant. Un an plus tard, une opportunité presque similaire, avec une autre femme, lui fit douter de tout ce qu’il croyait savoir.

Avant de rencontrer Samantha, Christophe n’ignorait pas qu’il existe des personnes qui aiment à se ligoter et à se fouetter comme d’autres jouent au bridge ou font de la planche à voile. À plusieurs reprises, dans quelques soirées branchées, il avait croisé des garçons et des filles bardés de cuir et de chaînes — parfois fixées dans leur chair par des anneaux — et qui interprétaient pour la galerie des rôles de maîtres et d’esclaves. Il se doutait que certains poursuivaient ces jeux dans leur vie quotidienne mais, outre qu’il supposait qu’ils n’étaient pas si nombreux à jouer ainsi “pour de vrai”, il n’imaginait pas qu’il en rencontrerait sans le vouloir, au détour d’un couloir d’hôtel…

Cela se passait il y a deux ans, à Saumur. Il venait de dîner avec Marcel Gillois, directeur d’une entreprise agro-alimentaire d’importance moyenne, dont l’expérience lui était précieuse. Ils se connaissaient depuis 1994 et avaient sympathisé alors que Christophe était encore responsable commercial chez Mondograin pour la région Ouest. À la faillite de Mondograin, en 1996, il avait fondé sa propre société avec un collègue, David Forestier, afin de diffuser Graminorex, un engrais hi-tech pour les arbres fruitiers dont ils avaient acquis l’exclusivité au moment opportun.

Marcel Gillois lui prodiguait toujours des conseils judicieux et l’aidait aussi à convaincre d’autres exploitants d’utiliser leur produit. À trente ans, célibataire, Christophe Duchesne n’avait plus beaucoup de rapports avec sa famille et, au fil des années, Marcel Gillois était devenu un ami, voire un confident.

Ce soir-là, il avait retenu une chambre dans un Numero Uno, situé hors de la ville, comme c’est l’habitude, à l’embranchement de la Nationale. Nuit après nuit, ces hôtels dans lesquels tout est automatique sont assez déprimants, mais Christophe et David veillaient à limiter au maximum leurs frais généraux.

Il s’apprêtait à rentrer dans sa chambre lorsqu’un bruit inhabituel, comme un reniflement, lui fit tourner la tête. À l’autre extrémité du couloir, il aperçut la silhouette d’une jeune femme assise en boule contre le mur, les bras noués autour de ses jambes repliées. Elle l’avait nécessairement entendu monter l’escalier et, comme elle conservait son visage enfoui entre ses genoux, Christophe en déduisit qu’elle pleurait et ne tenait pas à ce qu’un inconnu vienne ajouter à son chagrin la honte d’être surprise ainsi.

Résolu à rester discret, il détourna la tête et sortit de son portefeuille le ticket sur lequel était inscrit le numéro du digicode de sa chambre, rallongé à loisir pour rassurer le client. La fille assise dans le couloir avait-elle oublié son code, ou bien boudait-elle après une dispute avec son petit ami ? Christophe regarda à nouveau dans sa direction. Ses yeux avaient eu le temps de s’habituer à la lumière tamisée et il s’aperçut alors que la fille était nue. Ses bras cachaient sa poitrine, mais il distinguait nettement le flanc d’un sein écrasé par sa position et, de l’aisselle au bas de sa cuisse, il n’y avait aucune bretelle, aucune ceinture !

La curiosité l’emporta vite sur la discrétion. Quelle que fût la raison de sa présence ici, il devait lui demander si elle n’avait pas besoin d’aide !

Elle ne releva pas la tête lorsqu’il s’approcha.

— Mademoiselle… Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?…

Le désordre de ses cheveux roux, mi-longs, suggérait une coiffure soignée qui venait d’être saccagée. Elle avait dû pleurer abondamment car des gouttelettes scintillantes coulaient encore sur ses mollets. Comme elle ne répondait pas et semblait ne pas voir Christophe, celui-ci s’accroupit en continuant à lui parler doucement.

— Est-ce que ça va ?… Il ne fait pas froid ici, mais vous seriez mieux dans votre chambre, vous ne croyez pas ?…

Enfin, elle réagit, s’ouvrit comme une grande fleur de chair pulpeuse.

Indifférente à sa nudité, elle dénoua les bras, releva la tête et se redressa, écartant un peu ses jambes toujours pliées. Ses petits seins ronds avaient rougi d’être pressés contre ses genoux, mais leurs mamelons pointaient, durs et gonflés. Christophe ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil en direction de son ventre. Elle était rasée avec soin et le sommet de sa fente lisse formait un pli charnu, presque enfantin.

Ses paupières gonflées ne suffisaient pas à enlaidir un visage de poupée joufflue. Elle observa d’un regard vide, sans un mot, le jeune homme penché au-dessus d’elle.

— Je ne veux pas vous importuner, mais je suis toujours surpris quand il y a une femme nue assise dans le couloir…

L’ironie la surprit. Elle esquissa un sourire.

— Laissez-moi deviner… Vous avez perdu votre numéro de code et vous êtes enfermée dehors ?

— Ce sont elles qui m’ont enfermée… dit-elle d’une voix encore lourde de sanglots. D’un mouvement latéral de la tête, elle désigna la porte.

— Elles ?… Qui cela ?

— Elles ! répéta l’inconnue entre ses dents. Elles m’ont mise à la porte !.

Elle parlait sans colère, comme si cette situation était regrettable pour elle, mais normale.

Christophe était de plus en plus perplexe. Qui donc étaient ces femmes qui en chassait une autre, entièrement nue, à une heure du matin dans le couloir d’un hôtel ?

— Écoutez… Quelle que soit la raison pour laquelle vous ne pouvez rentrer dans votre chambre, le plus simple est de frapper et de demander qu’on vous ouvre… Voulez-vous que je le fasse pour vous ?

Cette proposition qu’il jugeait un peu idiote, tellement elle allait de soi, eut au moins pour mérite d’arracher la jeune femme à son désarroi.

— Non, dit-elle sans émotion.

— Si vous ne voulez pas vous expliquer à travers la porte, venez leur téléphoner de ma chambre, là, au bout du couloir. Je vous prêterai une robe de chambre et même, si vous le désirez, j’irai attendre sur le balcon que vous vous soyez mise d’accord avec elles…

Une lueur de panique passa dans ses yeux clairs.

— Non… soupira-t-elle encore. Ça ne leur plairait sûrement pas et elles me puniraient…

Ces mots firent à Christophe une impression bizarre. Cette fille avait une trentaine d’années. Rien ne permettait de supposer qu’elle pût être une débile mentale. Pourtant, elle avançait cette explication digne d’une gamine de dix ans comme s’il s’agissait d’une réalité incontournable. N’était-ce pas qu’une comédie dont il faisait les frais, un pari entre copines : “Chiche que je m’assieds à poil dans le couloir et que je fais un plan au premier mec qui rentre !”

Il allait insister pour en savoir plus quand la porte de la chambre s’ouvrit. Une fille au teint mat apparut, en jeans et maillot de corps blanc, la tête presque rasée. Son regard sombre passa sur Christophe puis toisa la fille nue et lui parla d’une voix cassante.

— Qui c’est, ce type, Samantha ? Tu es encore en train de faire la pute, je parie ?

— Je… je ne le connais pas… je te promets… C’est lui qui est venu me…

— Qu’est-ce qui se passe, encore ?

Une seconde fille, tout aussi brune, surgit à son tour de la chambre.

Christophe s’était déjà remis debout. L’agacement le gagna. L’irruption de ces deux filles renforçait cette idée qu’il était la victime d’une plaisanterie.

— Je ne sais pas à quoi vous jouez, mais vous êtes ici dans un hôtel : il y a des gens qui dorment et l’usage veut qu’on ne laisse pas ses amies toutes nues dans les couloirs !

Les deux brunes le regardèrent un instant sans daigner lui parler, puis elles saisirent la rousse nue chacune par un bras et, la soulevant, l’entraînèrent rapidement dans la chambre, avant de claquer la porte au visage de celui qu’elles considéraient à l’évidence comme un intrus.

Déconcerté, Christophe revint vers sa chambre en se demandant ce qu’il devait faire. Dans ces hôtels mécanisés, il n’y a pas de permanence de nuit ; seul un téléphone d’urgence, à chaque étage, permet de réveiller le responsable. La dénommée Samantha aurait pu l’utiliser, si elle avait vraiment eu besoin d’aide. D’ailleurs, à l’arrivée de Christophe, elle n’avait pas bougé. Il avait dû aller vers elle pour qu’elle commence à se plaindre de son aventure… Quant à la punition évoquée, il avait d’autant plus de mal à croire qu’elle pût être sérieuse que les deux beurettesparaissaient beaucoup plus jeunes que leur victime supposée, même si, curieusement, c’étaient elles qui commandaient : elles semblaient tout au plus âgées de vingt ans !

Cinq minutes plus tard, Christophe prenait une douche quand le téléphone sonna. Sa première idée fut qu’il s’agissait de Marcel Gillois ; son ami avait dû oublier de lui dire quelque chose d’important au dîner.

— Monsieur… C’est Samantha… Nous venons de nous rencontrer il y a quelques instants dans le couloir…

Sa voix était calme, un peu tendue, mais pas davantage que celle d’une fille vaguement piteuse qui va s’excuser de vous avoir fait une mauvaise blague…

— Oui… Eh bien ?

— Je… je voulais vous assurer que tout va bien et que je ne cours aucun danger…

— J’en suis ravi, dit Christophe avec une pointe de persiflage.

— Nous ne voulions pas que vous vous fassiez du souci pour moi…

Cette phrase convenue et, en particulier, ce “nous” si formel produisirent l’inverse de l’effet recherché et ravivèrent l’inquiétude du jeune homme.

— Je me ferais moins de souci si je savais à quoi vous jouez, toutes les trois ! Après tout, vos deux copines peuvent vous avoir contrainte à me donner ce coup de fil…

Comme pour confirmer ses craintes, une autre voix remplaça aussitôt celle de Samantha, prouvant ainsi que la jeune femme ne s’exprimait pas librement.

— Vous avez tout à fait raison, Monsieur… déclara une voix assurée. Alors, pour éviter tout malentendu, venez donc nous rejoindre dans notre chambre. Nous vous dirons ce que vous voulez savoir et tout sera clair ensuite. D’ailleurs, vous êtes peut-être l’homme que nous cherchions…

— L’homme que vous cherchiez !… À nouveau, cela ressemblait à une plaisanterie de filles en goguette. Il se retint pourtant de les envoyer paître. Ses affaires le préoccupaient, mais il n’aurait sûrement pas dormi de la nuit s’il avait manqué cette occasion de satisfaire sa curiosité…

— D’accord, j’arrive ! Et si vous n’avez pas une explication crédible à m’offrir, comptez sur moi pour vous créer les pires ennuis !

Son interlocutrice ignora la menace.

— Nous vous attendons ! lui dit-elle d’un ton chaleureux.

 

*

 

Il n’eut pas besoin de frapper. La porte s’ouvrit dès qu’il approcha dans le couloir et la brune aux cheveux ras s’effaça aussitôt pour le laisser entrer. L’éclairage violent de la chambre — un immense tube néon incorporé verticalement dans la cloisonnette qui sépare le coin toilette — était tamisé par un châle ajouré, ce qui dessinait de petites tâches de lumière tout autour de la pièce et la faisait sembler beaucoup plus grande qu’elle n’était en réalité.

— Asseyez-vous, dit la brune rasée en désignant une des deux chaises visiblement libérée à l’intention de leur invité.

Samantha se tenait assise au milieu du grand lit, adossée au mur. Elle était toujours nue, presque dans la même position que dans le couloir, sinon qu’elle gardait la tête relevée. Les genoux au menton et pris dans ses bras, elle laissait deviner dans la pénombre, entre ses chevilles, la fente rasée de son ventre, longue coupure au milieu de son pubis charnu. Ses yeux encore rougis scintillaient d’un éclat intense.

Outre Samantha et les deux beurettes, Lydiane, la meneuse, et Jasmine, il y avait deux autres filles d’une vingtaine d’années, Nadia, une beurette également, aux longs cheveux frisés et roussis au henné, et une noire, Charlette. Christophe se présenta, riant intérieurement des inquiétudes qui l’avaient saisi quelques minutes plus tôt.

Ces quatre filles n’étaient pas des terreurs et il n’y avait aucun instrument de torture en vue. Avec leurs jeans, leurs maillots, leurs T-shirt leurs brodequins ou leurs chaussures à semelles compensées, elles voulaient se donner des airs affranchis, mais Jasmine et Charlette, en particulier, débordaient d’une féminité sensuelle qui trahissait beaucoup de coquetterie.

— Alors, je vous écoute…

— Nous sommes là pour bizuter Samantha… commença Lydiane. Rien de bien méchant, vous voyez…

Très vite, ses explications dérivèrent. Elle parla de l’école de commerce où elles étaient inscrites, de l’esprit rétrograde des villes de province, de l’interdiction des bizutages qui était en train de se généraliser. Elle gloussa avec malice.

— Alors, maintenant, nous faisons ça hors de l’école, en petits groupes, et c’est encore plus rigolo !

Elle poursuivit en racontant des exemples de brimades anodines qu’elles faisaient subir aux bizutes. Au fur et à mesure qu’elle parlait, Christophe jugea que ses explications manquaient de cohérence. Samantha avait environ dix ans de plus qu’elles et il trouvait curieusement raciste le fait que quatre filles de couleur bizutent une blanche. Il le leur dit tout net.

Lydiane gloussa de nouveau, imitée par ses trois complices.

— C’est justement ça qui est drôle ! Samantha est une femme mariée, une vraie salope ! Elle a fait deux mômes mais maintenant qu’ils se débrouillent tout seuls, elle ne fout plus rien de la journée ! Alors son jules a décidé qu’il fallait qu’elle reprenne ses études et travaille à nouveau… Quant aux questions de couleur, c’est son choix à elle, n’est-ce pas, ma petite truie, que tu préfères les mille-feuilles à la cannelle et au chocolat ?

La jeune femme rousse hocha la tête sans un mot.

— C’est vrai, Samantha ?

— Oui, c’est tout à fait vrai…

Christophe ne fut pas convaincu.

Durant quelques instants, personne ne parla. L’atmosphère de la chambre se chargea d’électricité. Les quatre filles se gardaient d’intervenir, sans doute pour ne pas avoir l’air de dicter ses mots à leur victime.

— J’adore ça… souffla finalement Samantha. Lydiane vous l’a dit. Je suis une salope bisexuelle, et rien ne m’excite plus que de jouer à l’esclave, en particulier avec des filles de couleur !… J’espère que vous n’êtes pas choqué… Et lorsqu’elles sont plus jeunes que moi, c’est encore plus humiliant…

Elle baissa la voix pour finir et un frémissement agita ses épaules, un étrange frisson chargé de gêne et d’émotion sensuelle qui, plus que ses déclarations, prouvait qu’elle disait la vérité.

— Tout à l’heure, dans le couloir, vous aviez peur que vos amies vous punissent… C’est quoi, les punitions ?

Samantha lança à Christophe un regard navré, condescendant, comme si elle avait pitié de son innocence.

— J’aime qu’on m’ordonne de faire des choses, en particulier si elles sont obscènes ou un peu sales… Enfin toutes ces choses si agréables dont on m’a appris qu’elles ne se faisaient pas… Ça m’excite qu’on me force à les faire, mais parfois je suis vraiment réticente et il faut me faire un peu souffrir pour que j’obéisse, c’est tout…

L’idée qu’une femme puisse être l’esclave de qui que ce soit dérangeait Christophe, mais il n’avait aucune raison de douter de la sincérité de Samantha. Si elle aimait subir les brimades que ses cadettes lui infligeaient, il n’avait pas à s’en mêler.

Lydiane dut suivre le fil de ses pensées. Elle se leva et plaça un disque compact dans un gros lecteur aux formes arrondies qui occupait presque toute la surface de la table exiguë. Une mélodie orientale résonna dans la chambre aussi fort que cela était possible sans réveiller les clients de l’hôtel.

— Le moment est venu de montrer tes talents à notre invité, espèce de grosse endive !… Je suis certaine qu’il va apprécier !

— Comme vous voudrez, maîtresse, répondit Samantha.

Elle prononça ces mots avec un naturel qui excita Christophe jusqu’au bout de la queue. Il n’y avait dans sa voix aucune affectation, aucune ironie. D’ailleurs, les autres filles furent impressionnées, elles aussi, car Jasmine et Charlette applaudirent.

— Woah ! fit Nadia.

 

*

 

Les chambres des Numero Uno sont toutes identiques et conçues dans l’esprit des cabines de bateau : un subtil compromis vise à offrir un maximum de confort dans un minimum d’espace. Ainsi, à un mètre soixante du sol, fixée au mur au-dessus d’un grand lit, une couchette permet d’accueillir une troisième personne. En deux minutes, sous la direction de Lydiane, les quatre “anciennes”, selon la hiérarchie de leur école, transformèrent leur chambre standard en une cabine de peep-show plus vraie que nature !

Les matelas des deux lits furent disposés moitié sur le sol, moitié contre le mur, pour former une banquette improvisée sur laquelle Christophe fut invité à s’installer confortablement entre quatre filles délurées. En guise de sommier, le grand lit ne comportait qu’une planche de bois qui devint la scène. L’éclairage fut recomposé pour mieux diriger la lumière et aussitôt, Samantha se mit à danser, avec des ondulations tour à tour langoureuses et violentes, alternant des agitations disco et des contorsions dignes des meilleures strip-teaseuses.

Les yeux écarquillés, Christophe ne tarda pas à bander comme un cerf tandis que cette jeune femme qu’il ne connaissait pas une demi-heure plus tôt s’exhibait à moins d’un mètre de lui avec un art de l’obscénité qui lui coupait le souffle. Au début, elle jouait seulement avec ses seins, les pressant et pinçant les bouts déjà durs, ou bien elle se caressait le ventre ou les fesses tout en virevoltant. Puis elle se fit plus démonstrative, s’avançant au bord de l’estrade improvisée pour offrir, presque à portée de main de son public, sa poitrine ronde ou sa croupe, étroite mais bien découpée.

Lydiane déclara qu’il n’y avait pas assez de lumière et entreprit de démonter le grand miroir placé au-dessus du lavabo. Il était fixé au mur par des boulons spéciaux qui nécessitaient une clef de section particulière. Fouillant dans un grand sac de toile, elle en sortit bientôt l’instrument adéquat. Ces écolières étaient décidément bien organisées !

Entre deux pas de danse, Samantha put alors s’accroupir au-dessus du miroir posé sur le lit et qui renvoyait la lumière violente du néon vers son entrecuisse. À deux mains, elle ouvrit son pubis rasé, tira sur les babines rose pâle de son sexe, ou se tint les fesses à pleines mains pour révéler toute la longueur de sa raie et l’œil plus sombre de son anus.

Assises de part et d’autre de leur invité, les quatre filles observaient le spectacle avec un intérêt fort comparable au sien. Charlette, la noire, frottait tranquillement la couture médiane de son blue-jean, tandis que Nadia se pétrissait la poitrine, les mains glissées sous son T-shirt et croisées, main droite sur le sein gauche, main gauche sur le sein droit…

Bientôt, toutes se mirent à stimuler Samantha par une avalanche d’encouragements qui mêlaient les ordres aux insultes.

— Montre-nous comment tu te branles, ma jolie !…

— Enfonce bien tes doigts dans tes trous qui puent !…

— Frictionne-toi le bouton jusqu’à ce qu’il reluise !…

— T’es rien qu’une salope !…

— Fouille-toi mieux que ça ! Profond ! Avec les deux mains !

Chaque nouvelle exclamation produisait sur la jeune femme nue un effet électrique.

D’abord un peu désemparé, au début de son exhibition, son regard s’était vite chargé de lueurs séductrices ou provocantes. Il devenait trouble, maintenant, comme si chaque mot humiliant l’enfermait un peu plus en elle-même, dans une volupté secrète d’être insultée.

Jasmine rampa ensuite jusqu’au grand sac de toile et en sortit un godemiché de plastique souple, rosâtre, long d’une cinquantaine de centimètres et terminé aux deux extrémités par un gland de la taille d’un bel abricot.

— Tiens, salope ! Tu sais quoi faire avec ça, je suppose…

Samantha n’eut pas un battement de cils. À croire que tout cela était déjà prévu. Elle empoigna l’engin et s’allongea sur la planche de bois de telle sorte que ses fesses se trouvent bien éclairées au bord du miroir. Sa vulve luisait et quelques gouttelettes témoignaient du plaisir qu’elle prenait déjà à s’exhiber. Elle se caressa toute la longueur de la fente avec l’une des extrémités du postiche.

— Dans le cul d’abord ! dit Lydiane.

— Ça ne va jamais rentrer… murmura la jeune femme d’une voix incertaine.

— Il vaudrait mieux que ça rentre dans ton petit cul blanc, ma poulette, parce que le seul lubrifiant qu’on ait, c’est de la moutarde !

Cette menace ne troubla pas Samantha. La mâchoire distendue, elle exécuta sur l’objet un simulacre de fellation au rythme de la musique. Quand le gland fut aussi mouillé que possible, elle prépara l’accès d’un doigt puis de deux doigts habiles.

Christophe comprit qu’elle était habituée à ces jeux. Avec de lentes palpitations, l’anus accueillit la pointe de silicone. Samantha réprima une grimace et pressa davantage. Puis elle effectua des va-et-vient de plus en plus profonds et, bientôt, fut capable de s’introduire une quinzaine de centimètres.

La suite fut plus facile. Courbant la matraque souple, elle s’enfonça dans la vulve l’autre extrémité de l’engin et, agitant le bassin en tout sens, se masturba ainsi, faisant coulisser l’objet avec un mouvement circulaire d’une courte amplitude, mais nerveux, qui le lui enfonçait alternativement dans le sexe et le rectum. Sa respiration prit un rythme saccadé, comme celui que l’on recommande aux femmes sur le point d’accoucher.

Elle n’aurait pas tardé à jouir si Lydiane n’était intervenue : d’un bond, la brune sauta sur l’estrade improvisée et, un grand martinet à la main, fouetta de toutes ses forces les seins de la jeune femme rousse étalée à ses pieds.

Samantha agita la tête en poussant des grognements, mais elle ne cria ni ne protesta. À aucun moment, elle ne releva les mains pour tenter de se protéger. Au contraire, elle se cambra sur les épaules, offrant mieux sa poitrine aux coups. Entre ses jambes, les mouvements du godemiché s’accélérèrent.

Maintenant que s’estompaient les circonstances insolites de cette rencontre, Christophe prenait véritablement plaisir au spectacle. La danse de Samantha puis sa démonstration masturbatoire, l’avaient déjà bien excité, mais la joute qui se déroulait maintenant sous ses yeux accentua encore son érection au point de la rendre inconfortable. En d’autres circonstances, une telle flagellation l’aurait scandalisé, révolté par sa violence et sa perversité, mais il avait sous les yeux la preuve que Samantha appréciait énormément le supplice qu’elle endurait. Elle s’offrait aux coups avec un abandon sensuel et la montée évidente de sa jouissance était contagieuse et gagnait l’assistance.

Les trois voisines de Christophe regardaient la scène avec la même fascination que lui, le souffle court, les mains entre les jambes.

Charlette fut la première à ne plus se contenter du spectacle. Elle se mit debout et, en sautillant sur le matelas pour conserver son équilibre, elle se dépiauta de son jeans et rejoignit Lydiane sur le lit. Avec quelques entrechats pour éviter la trajectoire du fouet, elle disposa ses pieds de part et d’autre de la tête de Samantha, s’agenouilla et, le dos tourné vers elle, s’assit sur son visage.

La jeune femme n’eut aucune réaction. Elle observa sans crainte les fesses rondes et fermes qui descendaient inexorablement vers elle et s’apprêtaient à l’étouffer. Même dans la pénombre, les masses sombres formèrent un contraste violent avec la blancheur de ses joues et de sa gorge.

— Allez, Blanche-neige ! Broute !

Un grognement puis des bruits poisseux, assourdis par les cuisses et la croupe de Charlette, indiquèrent que la rousse obéissait sans hésiter. Pourtant Lydiane tournoyait toujours autour d’elle, lui fouettant la poitrine, les bras, le ventre, et même l’entrecuisse. Samantha se trémoussait au rythme des coups qu’elle ne pouvait plus voir venir, mais qui accroissaient sa volupté au point que, si Lydiane interrompait le mouvement de son bras pour changer de position, la rousse se tendait avec impatience, prenant soin d’écarter ses bras et de projeter sa poitrine et son ventre vers la cinglade qui lui semblait tarder.

Deux ou trois fois, les lanières de cuir lui frappèrent les doigts et ce furent ses seules réactions de douleur véritable : ses jambes se crispèrent, elle interrompit l’agitation du double godemiché pour frictionner ses phalanges meurtries. Les autres tourments qu’elle subissait ne faisaient qu’entretenir et accroître sa jouissance !

Auprès de Christophe, Nadia continuait à se pétrir les seins. Ses grands yeux noirs, légèrement voilés, comme si elle était sur le point de s’évanouir, suivaient mécaniquement les évolutions des trois filles sur le lit mais elle était perdue dans un rêve secret.

Jasmine, par contre, après avoir vibré au spectacle, se serra soudain contre Christophe, infiltra une main nerveuse et décidée dans sa chemise et, brûlante, descendit vers son sexe bandé qui tressauta d’enthousiasme.

Les soupirs de Samantha explosèrent alors. Charlette venait de se relever et avec Lydiane, nue à son tour, toutes deux à genoux, penchées au-dessus de leur victime comme des fauves sur une proie, elles se mirent à la dévorer de baisers autant que de morsures. Samantha cria, se tortilla mais ne protesta pas lorsque leurs dents dessinèrent des cercles rougeâtres au milieu des marques laissées par le fouet.

En quelques instants, l’atmosphère changea. Le rite de bizutage devint une orgie toute simple mais plus jouissive selon les goûts de Christophe.

Nadia sortit de son rêve et prétendit rivaliser avec Jasmine pour lui sucer la queue tandis que Lydiane, Charlette et Samantha roulaient sur la planche dans un entremêlement de jambes, de fesses, de bras et de seins, dorés, blancs ou noirs. Des murmures, des gémissements, des clapotis poisseux emplirent le volume étroit de la chambre, déjà échauffé par les odeurs de sueurs et d’excitation.

Les lèvres et les langues de Jasmine et de Nadia rampèrent avec gourmandise au long du sexe de Christophe. Le garçon sentit qu’il n’allait plus tarder à éjaculer. Pour faire durer un peu son désir, il glissa une main dans le pantalon de Jasmine et lui caressa les fesses tandis que, de l’autre côté, il pressait le sein de Nadia comme il l’avait vue faire elle-même avec tant de conviction.

Soudain, Jasmine s’écarta et, d’une main autoritaire, repoussa le visage de sa rivale.

— Attends ! dit-elle à Christophe, et elle claqua les mains pour attirer l’attention des trois autres.

Aussitôt, Lydiane et Charlette se dégagèrent de leur entremêlement, saisirent chacune Samantha par un bras, la forcèrent à se placer à genoux au bord de l’estrade improvisée. Jasmine prit la main de Christophe pour qu’il se relève et s’approche au-dessus de la jeune femme nue.

— Gicle-lui tout ton foutre au visage ! Et toi, la truie, ouvre la bouche et ne t’avise pas de fermer les yeux !

Samantha n’eut pas un mouvement pour se dérober.

Tandis que Jasmine, d’une main exigeante, agitait la lance à une vingtaine de centimètres de sa tête, elle leva vers Christophe un regard clair qui aurait fait damner un saint. Quelques secondes plus tard, Jasmine dirigeait des rafales de fusées blanches vers le visage offert. Bien que Samantha ouvrît la bouche comme elle en avait reçu l’ordre, Jasmine prit garde de ne pas lui projeter de sperme directement dans la gorge, prouvant ainsi une nouvelle fois que, sous leurs allures audacieuses, ces filles se sentaient responsables et ne voulaient pas faire courir de risque à leur “victime”.

Christophe jugea d’ailleurs que l’effet obtenu était plus humiliant que si Samantha avait dû avaler son sperme : les filets glaireux formèrent bientôt une toile qui s’accrochait à ses cils, ses cheveux, ses oreilles, son nez, ses lèvres, son menton. Une photo polaroïd immortalisa cet avilissement. Samantha poussa le jeu jusqu’à arborer, pour la pose, une mine désolée, mais sa respiration haletante et l’éclat de ses prunelles exprimaient en fait une béatitude proche de l’émoi mystique…

 

*

 

Au cours de l’année qui suivit, Christophe revit Samantha lors de huit ou neuf voyages d’affaires à Saumur. Chaque rencontre prit un tour différent. Selon l’humeur de ces tortionnaires, la jeune femme rousse était ligotée dans des poses obscènes, fouettée avec différents instruments, torturée à l’aide d’épingles à linge, humiliée par l’imposition d’un clystère ou l’obligation de lécher les pieds ou le sexe de ses partenaires… Les points communs de toutes ces rencontres étaient qu’ils se retrouvaient toujours au Numero Uno et que Samantha était “livrée” au moins par deux de ses quatre “maîtresses”.

Même lorsqu’il arriva que Christophe termine la nuit seul avec elle, Samantha se comporta toujours avec une docilité résolue. Le garçon en fut agacé parfois, en particulier quand elle lui demandait de la pincer durement, de la gifler, ou de l’insulter. Mais il savait que cela lui procurait un surcroît de plaisir dont il aurait été ingrat de la priver.

Cette attitude soumise servait aussi à la jeune femme pour protéger sa vie privée. Leurs rapports ne ressemblaient en rien à une liaison : elle n’était qu’une bizute qui devait subir des brimades perverses, ou une “prostituée” chargée de satisfaire servilement un homme presque inconnu, et il ne pouvait être question de véritables sentiments entre eux.

Christophe n’en eut jamais la preuve, mais il en vint à supposer qu’elle n’habitait même pas Saumur et venait d’une ville voisine pour ces soirées spéciales. De plus, il n’était sans doute pas le seul “maître” auquel elle était soi-disant contrainte de se soumettre. Sous prétexte de la bizuter, ses quatre jeunes amies lui servaient à la fois de partenaires sexuelles, d’entremetteuses et de gardes du corps.

En un sens, Christophe n’était que l’un des étalons choisis pour apporter à leur souffre-douleur, en l’occurrence consentante et enthousiaste, les émois frauduleux qui la ravissaient tant !

Ce rôle était loin d’être désagréable ! Il lui suffisait de téléphoner à Lydiane au moins une semaine avant son arrivée pour être assuré de passer une délicieuse nuit d’orgie ! À quelques mots saisis par hasard, Christophe imagina que le mari, émoustillé de partager son épouse avec de jeunes vicieuses, ignorait que Samantha était également offerte à des hommes, et cette idée l’amusa beaucoup.

Il y a environ un an, à l’issue d’une soirée particulièrement excitante — et épuisante — Lydiane déclara à Christophe que Samantha n’était plus une bizute, désormais, et qu’il ne la reverrait plus. Le garçon protesta pour la forme. S’il avait voulu infléchir ces filles si déterminées, il lui aurait fallu argumenter longtemps et il avait alors d’autres soucis.

Trois mois plus tôt, il avait engagé avec Sylvain Grassot, responsable de la plus importante coopérative d’arbres fruitiers de France, de difficiles tractations dont dépendait un développement considérable ou la quasi faillite de son entreprise. Sa présence à Saumur avait justement pour but de prendre conseil auprès de son ami Marcel Gillois à propos de la mise au point du contrat définitif.

La coïncidence entre cette échéance et la fin soudaine de ses relations avec Samantha n’attira pas l’attention de Christophe. Il n’imaginait pas qu’il pût y avoir un rapport quelconque entre ses affaires et quelques parties de plaisir avec une femme qui, à bien des égards, était restée pour lui une inconnue.

En quoi il se trompait.

 

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