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Résumé

Lygéia nous introduit par ce récit dans un milieu encore très mal connu en dépit de toutes les publications qui se consacrent actuellement au thème du sadomasochisme. Cette femme va découvrir les plaisirs de la honte et de la flagellation et, sous l’’emprise de son « dominateur », elle acceptera les exhibitions publiques les plus obscènes et d’’être offerte en pâture à des inconnus de rencontre. Il s’’agit d’un récit vécu, et rien n’’y est édulcoré, je le déconseille donc fortement aux âmes délicates.

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Chapitre premier

J’attendais depuis un quart d’heure dans ce café, terriblement mal à l’aise. J’avais rendez-vous à onze heures, j’étais arrivée très en avance. J’avais les mains glacées, c’était pourtant un joli matin d’octobre, mais j’avais peur, déjà.

« Homme dominateur cherche JF soumise. Ecrire réf… »

Quelques jours avant, j’étais tombée sur ces deux lignes en feuilletant le journal ; je les avais regardées un bon moment, troublée, puis j’avais eu un geste complètement imprévu qui allait m’entraîner bien plus loin que je ne pouvais l’imaginer, malgré les histoires que j’inventais quand je me masturbais, malgré les livres lus en cachette. J’avais recopié le numéro, j’avais écrit, et c’était bien la première fois de ma vie que j’avouais mon fantasme.

Il m’a téléphoné un soir, m’a donné rendez-vous le surlendemain, au G… un bar-jazz très connu de Montpellier (j’avais précisé dans mon courrier que je sillonnais l’Hérault et le Gard pour mon travail). Il ne lui serait pas difficile de me trouver : le matin, ce café est presque désert, une femme seule un livre à la main me passerait pas inaperçue.

Je me disais que j’avais bien peu de chances de tomber sur un homme tel que je le souhaitais : intelligent, inventif, qui saurait m’amener avec subtilité – où ? je ne savais pas, vraiment je me savais pas. Même le terme « dominateur », je ne connaissais pas son sens précis : pour moi, cela pouvait être simplement quelqu’un qui aimait donner des ordres en faisant l’amour, imaginer des jeux érotiques où je devrais obéir… je n’allais pas plus loin.

Il est arrivé, s’est assis en face de moi sans me serrer la main ; j’avais toutes les peines du monde à le regarder. Quarante-cinq ans environ, brun, un type tout à fait normal, une allure banale de comptable, un peu trop bien habillé peut-être pour un comptable. Je le trouvais presque décevant mais j’avais du mal à soutenir son regard qui me détaillait tranquillement. J’ai pris mon verre pour me donner une contenance, et j’ai vu que je tremblais. Enfin il a parlé.

— Bon, nous avons une heure pour donner, ou pas, une suite à cette entrevue. Tu m’as écrit que tu avais envie d’être soumise, mais que tu étais orgueilleuse. Tant mieux, cela me donnera encore plus envie de t’humilier. Seulement, je veux être sûr que tu n’es pas une velléitaire qui joue à se faire peur, que tu ne vas pas flancher par exemple pour trois coups de martinet sur les fesses.

J’ai senti que je devenais toute rouge. Il avait raison, je n’avais rien imaginé de précis et ce mot, martinet, me semblait terrifiant. Mais en même temps, je sentais, très vive, une morsure familière au creux du ventre et je serrais mes cuisses de toutes mes forces. Puis il m’a posé quelques questions.

Oui, j’avais un appartement, seule, mais je vivais plus ou moins chez un amant, oui, mon métier me laissait pas mal de temps libre, oui – oh oui –, j’irais chez lui quand il le voudrait…

Il m’a fait un plan sur un bout de papier, il a écrit « demain, 13 h » puis il m’a dit d’aller aux toilettes avec mon sac et d’enlever mon slip.

J’ai monté l’escalier, ma tête bourdonnait, je sentais son regard sur moi. Je me suis enfermée en hâte, et j’ai fait ce qu’il m’avait demandé. Ma culotte était toute mouillée ; honteuse, je l’ai essuyée de mon mieux avec du papier, j’avais envie de me masturber là, debout contre la porte, jambes écartées, j’étais si près du plaisir que j’aurais pu me faire jouir en quelques secondes… mais il m’attendait en bas, et confusément, je sentais qu’il voulait que je reste ainsi, avec mon envie.

Je suis revenue m’asseoir devant lui, il a pris mon sac et fait passer discrètement mon slip roulé en boule dams sa pochette. Il s’est levé et m’a dit « à demain ».

— Ne m’en veuilez pas si je suis un peu en retard, je suis parfois retenue plus longtemps que prévu par mon travail.

— Je ne veux pas le savoir, je te conseille d’être à l’heure.

Et il est parti.

Je ne sais pas trop comment j’ai passé le reste de cette journée. J’avais rendez-vous le soir avec mon amant – une liaison qui durait depuis quatre ans, en fait je dormais plus souvent chez lui que chez moi, mais je tenais à garder mon appartement –, et comme je suis bonne comédienne, il ne s’est aperçu de rien. Depuis le matin, j’étais dans tous mes états, je n’en pouvais plus, je lui ai demandé de me faire l’amour très vite, sans caresses. J’avais trop envie de jouir et puis après tout « on » ne m’avait pas donné de consignes à ce sujet. Après, je me suis endormie comme une brute.

Le lendemain matin, j’ai fait tout de travers dans mon travail, il me semblait que je couvais une grippe j’avais chaud et froid, je me sentais bizarre, quand je repensais à ce rendez-vous, c’était comme un grand vertige dans ma poitrine, je me suis même demandé si j’allais pouvoir conduire jusqu’à Montpellier.

À 12 h 59, j’appuyais sur l’interphone. L’ascenseur, le couloir, j’avançais comme un automate.

Si vous n’avez jamais connu cela, vous ne pouvez pas comprendre à quel point c’est bon d’avoir peur, de regarder la porte qui va s’ouvrir. J’ai réalisé à cette seconde, précisément, que si je n’avais pas répondu à l’annonce, je serais passée à côté de cette sensation… Il a ouvert.

— Déshabille-toi complètement, enlève aussi tes bijoux, et mets ce qui est sur la chaise. Vite.

J’étais dans l’entrée de son appartement, il avait refermé sur lui une porte, de chambre sans doute. Sur la chaise il y avait, épinglés ensemble, ma lettre, le slip que je lui avais remis la veille, et un collier de chien avec une laisse. Je n’ai pas compris, pour ce dernier article, et j’ai poussé la porte après avoir remis cette fameuse culotte. Je n’ai rien vu de la pièce, je gardais les yeux baissés sur la moquette bleue. Il a dit « tu n’as pas mis le collier », j’ai balbutié une excuse, réalisant alors seulement. Il est allé le chercher mais au moment où il allait le boucler, j’ai arrêté sa main, suffocant déjà.

— Non, je vous en prie, je ne peux pas supporter d’avoir le cou serré.

Il a ri.

— Tu crois que tu es là pour choisir ce qui te plaît ou ce qui ne te plaît pas ? Tourne-toi vers le mur, vite, les mains derrière la nuque. Ecarte les jambes !

Il a enfoncé sa main entre mes cuisses, brutalement.

— C’est de plaisir que tu gémis, petite salope, tu es trempée, tu n’en peux plus.

Puis il m’a lâchée, et je suis restée ainsi, dans le silence. C’était insupportable, je le sentais derrière moi, je tremblais, mon slip qu’il avait écarté me cisaillait, et tout à coup une brûlure, le claquement d’une lanière ; puis une autre, une autre encore… Je me collais au mur, je me tordais, et dans un éclair je pensais : « Je vais jouir, ça ne fait pas vraiment mal, ça brûle, avec quoi me frappe-t-il ? » Il s’est arrêté et j’ai continué à frotter mon ventre contre la cloison, il s’en est aperçu, m’a fait reculer, les pieds à un mètre de la plinthe, la joue contre le papier peint, j’imaginais le tableau obscène que je devais représenter dans cette posture, il voyait mes fesses, le sillon ouvert, les poils collés parce que c’était vrai que je mouillais terriblement, j’étais sûre qu’il voyait même mon anus, mon endroit le plus secret, et la pièce était inondée de lumière, ce qui augmentait ma honte.

Il s’est collé derrière moi, a glissé ses mains autour de moi et il a pincé, très fort, les pointes de mes seins. J’ai crié. Il les a tordues, lentement, j’avais mal et je crois que je le suppliais d’arrêter, je ne sais plus. Il a fouillé entre mes cuisses, encore, s’est appuyé la main sur mes reins.

— Tu es ruisselante, bonne petite nature, mais si tu crois que je vais te laisser jouir…

Il m’a forcée à me retourner, m’a fourré quelque chose entre les jambes, tout en haut, m’a obligée à les refermer. Il m’a ordonné d’ouvrir les yeux. C’était un martinet que je tenais serré entre mes cuisses. Je voyais son pantalon, la bosse qui tendait la fermeture Eclair. J’étais incapable de regarder plus haut, surtout son visage. Il tenait une cravache à la main, longue et fine, j’ai eu très peur mais il me caressait juste avec la mèche, il taquinait mes seins. Là, dans un spasme, les cuisses serrées sur le manche du martinet, j’ai joui. Il m’a retenue contre le mur, j’étais à moitié inconsciente.

J’ai lentement glissé à terre, il m’a allongée, et il a attendu assis à côté de moi, que j’ouvre les yeux. Je lui ai souri, heureuse, apaisée, je n’avais pas du tout peur de lui à ce moment-là, je me suis étirée, il a vu que j’allais parler et il a posé sa main sur ma bouche pour m’en empêcher.

— Chut… tu m’as eu par surprise, tu sais, je ne te pensais pas douée à ce point. Bon, entracte !

Il s’est levé : « Je vais te chercher quelque chose à boire, allume-toi une cigarette si tu veux. » Il m’a tendu un peignoir en revenant. « Tiens, je sais bien que tu ne tremblais pas de froid tout à l’heure, mais tu es en sueur. »

J’ai enfin regardé la pièce où je me trouvais. Un salon, avec une grande baie vitrée, un canapé, deux fauteuils, une énorme chaîne hi-fi, des plantes… Tout cela était assez luxueux, je savais le quartier cher, élégant. Pierre ne m’avait pas dit quel était son métier mais visiblement il était à l’aise.

Je ne réalisais pas bien encore ce qui m’arrivait, ce que je venais de faire, ou plutôt ce qu’on venait de me faire. Nous avons bavardé quelques minutes, comme si j’avais été en banale visite chez lui, puis soudain, au beau milieu d’une phrase, son regard a changé.

— Enlève ce peignoir, petite garce, va t’asseoir sur ce fauteuil de jardin.

Il a attaché mes chevilles aux pieds de devant, mes bras à ceux de derrière, j’étais face à la baie, je ne m’étais jamais montrée ainsi à un homme, écartelée en pleine lumière. Il était passé sans transition d’une conversation presque amicale à l’atmosphère de mon arrivée.

— Cette fois, je vais passer aux choses sérieuses. Tu m’entends ?

— Oui.

— Oui qui ?

Il m’a frappée, méchamment, avec la pointe de la cravache, sur le ventre. J’ai crié, ça faisait vraiment mal.

— Oui qui ?

Je mettais tout mon orgueil à ne pas répondre. Au quatrième coup, dans un sanglot, j’ai dit tout bas :

— Oui, maître.

Je me sentais avilie et fière à la fois. Je réalisais ce rêve, si secret, si ancien, d’être un objet devant un homme, de ne rien choisir, de recevoir seulement ce qu’il daignerait me donner, le fouet ou son sexe… Il a pris le martinet et il a cinglé mes cuisses, beaucoup plus fort que la première fois, longtemps. Mes secousses pour lui échapper l’amusaient. Il avait bien serré les cordes, et il voulait que je crie. J’aurais donné n’importe quoi pour qu’il s’arrête, il me faisait mal, mais à nouveau j’étais excitée, terriblement. J’étais en sueur, mes fesses glissaient sur la chaise, des cheveux collés sur mon front me gênaient. Il donnait des petits coups secs avec les lanières, je sentais que mon sexe était ouvert, les lèvres bien écartées, poisseuses ; il visait de plus en plus près de mon clitoris, j’ai hurlé quand il l’a atteint, c’était atroce, et il s’est arrêté d’un coup.

Il m’a détachée sans rien dire, je suis tombée à genoux devant lui, haletante, j’ai osé lever les mains jusqu’à sa taille, j’ai débouclé sa ceinture.

Je n’avais qu’une envie, prendre son sexe dans ma bouche, avec humilité. Mes cuisses et ma chatte me brûlaient. Je tenais sa queue avec mes deux mains, bien dure, j’ai passé lentement ma langue sur le filet. J’ai un peu griffé dessous la peau velue, qui sentait fort.

Il a détaché la barrette qui retenait mes cheveux. Ils ont glissé sur mon dos, il les a attrapés à pleines mains pour rythmer mon va-et-vient, enfin il a gémi, adossé à la table. J’étouffais, il enfonçait son sexe jusqu’à ma gorge ; il l’a retiré au dernier moment, tirant ma tête en arrière, et il a joui sur ma figure, sur mes seins que je tendais vers lui.

Je n’ai pas pu me retenir, je me suis enfoncé deux doigts dans la chatte et je l’ai rejoint.

 

 

 

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