LE PURGATOIRE DES FEES

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CHOLSTITZ DT

ContraintesMedia 1000


BDSMpunitionSM


Broché / 122 pages


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Résumé

C’était l’après-midi de la finale de la Coupe du Monde. Au milieu des embouteillages et de la foule en liesse, une camionnette vitrée avec de grandes glaces sans tain. Suspendue à l’intérieur, ligotée, nue, une jeune femme était violée par deux hommes qu’elle ne connaissait pas. Ils ont abusé d’elle en toute tranquillité. Longtemps. À fond. Tout autour, on criait, on chantait, dans un vacarme de klaxons. Personne ne se doutait de rien. Le pire, c’est qu’elle y a trouvé du plaisir. Puis son calvaire a continué. Elle s’est retrouvée mise à l’abattage, dressée à la hâte par une maquerelle intraitable, contrainte de satisfaire les clients, d’accepter leurs exigences, leurs étreintes et leurs cruautés. Enfin libérée, elle est entrée dans un commissariat. Ce n’était pas son jour de chance. L’inspecteur de service qui l’a accueillie était un drôle de personnage. Elle s’échappait du Purgatoire, mais la porte qu’elle venait de franchir n’était pas celle du Paradis.

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… J’ai senti la fraîcheur de l’air sur ma peau. Ma bouche était sèche, et mon cœur battait à tout rompre. C’est alors que j’ai saisi l’effroyable réalité, Monsieur l’inspecteur. J’étais nue. Entièrement nue, et suspendue par les poignets au moyen de larges courroies de cuir. Mes chevilles étaient maintenues écartées par une barre de métal chromé d’un mètre de long, et un collier de chien épais d’un bon centimètre entourait mon cou, relié à une entretoise au-dessus de moi par une chaîne si serrée que chaque cahot m’arrachait un haut-le-cœur.

Car on roulait. J’étais dans une voiture, ou un camion, quelque chose qui se déplaçait par à-coups avec des ronflements de moteur. Autour de moi, ça sentait l’essence et le métal. Et mon odeur aussi, comme si des mains invisibles avaient été la chercher dans mes replis les plus intimes et m’en avaient barbouillé le corps. Ma transpiration, mon parfum, plus quelque chose d’âcre, de salé, qui devait être l’odeur de ma peur…

Oh, oui ! c’était cela. Comment est-il possible de sortir de la boutique d’un antiquaire en plein milieu de l’après-midi, Monsieur l’inspecteur, et de se retrouver exposée nue et écartelée, telle une carcasse de boucherie, en pleine rue ? Car j’étais dehors : le bruit, les lumières en mouvement, les voix, tout me le disait.

J’ai d’abord pensé que j’avais eu un malaise et que pour quelque raison étrange, on m’avait attachée ainsi, sur une sorte de brancard. Mais pourquoi m’aurait-on ôté tous mes vêtements ? Pourquoi cette position atroce ? Et qu’est-ce que je faisais là ? Alors la panique m’a submergée. L’affreuse, l’épaisse et gluante panique qui se répand en vous comme une coulée de ciment, bouche vos oreilles, bétonne vos nerfs et vous transforme en une bonde par où s’écoule la conscience.

Je n’avais jamais éprouvé cela, Monsieur l’inspecteur. Jamais éprouvé jusqu’à la nausée ce sentiment de n’être plus qu’un cri bloqué dans la gorge, qu’une supplication avortée : oui, j’étais dans la rue, montrée à toutes et à tous. On m’exhibait boulevard de Strasbourg, au beau milieu de la circulation, où nous avancions au pas, mètre après mètre, au beau milieu des klaxons, des trompettes et des vivats. Dans un camion.

C’était un de ces camions dont le caisson est vitré sur les quatre côtés, et même sur le dessus. Vous en avez déjà vu : une chaîne de magasins spécialisés dans les articles de mariage y promène des mannequins revêtus de grotesques robes à froufrous, pompons, traînes et voilettes. Il y a souvent un autre mannequin, un marié au visage de celluloïd, dont le corps est coulé dans un smoking ou un de ces costumes avec des revers luisants comme des ailerons de requins. Mais là, j’étais seule. Le camion était vide. Il n’y avait que moi, nue, écartelée et suspendue face à la rue, côté droit, mes seins et mon sexe bien en évidence. Et montrant au trottoir de gauche, aux automobilistes qui passaient en sens inverse ma croupe évasée, mes cuisses étirées à rompre, mon dos aux muscles tirés… Le véhicule a avancé d’un mètre puis a pilé. J’ai senti la secousse dans mes poignets, le long de mes bras et jusque dans mes reins. Les pointes de mes seins, gorgées de sang, étaient devenues si grosses que j’ai eu l’impression qu’elles allaient se détacher et tomber, comme deux fraises mûres…

On m’avait crucifiée de telle manière que mon corps, au maximum de son élongation, ne puisse rien cacher. Je me suis rendue compte que même mon sexe s’ouvrait, en sentant mes lèvres intimes distendues par la tension qui m’était imposée. Du coup, la honte a submergé la panique, en une vague brûlante qui m’a mis des étincelles au fond des yeux et fait monter le rouge aux joues.

Je me suis souvenue comment mes cousins me forçaient à m’exhiber, quand j’avais douze ans. Et comment, un peu plus tard, ce type m’a contrainte, sous la menace d’un couteau, à retirer mon slip et à m’écarter les fesses avec les mains… Je devais avoir quinze ans, peut-être moins. Il m’a entraînée sous un pont, dans le village où habitait ma tante. J’ai dû me pencher, appuyer mon visage sur la pierre mousseuse. Tout le temps qu’il m’a sondé le rectum avec les doigts, j’ai prié : “Faites que ce ne soit pas vrai, mon dieu ! Faites que je rêve.” Ses doigts me faisaient mal, et en même temps, je sentais avec horreur une humidité bienfaisante ruisseler de moi par-devant.

Ça a duré longtemps. “Pousse !” chuchotait-il. “Pousse !” Il voulait voir ma rosette s’ouvrir. Il a fini par se mettre à genoux derrière moi. Ses doigts entraient et sortaient de plus en plus vite, avec un bruit écœurant. “Pousse !” Il humait mes fesses : “Quel beau petit cul ! Quelles merveilles ! Cambre-toi, mieux que cela ! Mets-toi sur la pointe des pieds, donne bien tout ton cul.”

Il s’est relevé et j’ai entendu le bruit du linge qu’il tirait, de la fermeture éclair qui coulissait. Puis ça a été l’effrayante poussée, l’envahissement, mes chairs distendues qui se moulaient autour du mandrin. Je crois que je n’attendais que cela. Il a joui, très vite, si abondamment que j’ai pensé qu’il pissait, qu’il pissait au fond de mes reins.

 

 

*

 

 

On m’a droguée. Quand, où ? Je n’arrivais pas à m’en souvenir. Je revoyais seulement l’arrière-cour de l’antiquaire, le porche… Il faisait très chaud dans le camion, parce que les grandes parois vitrées concentraient le soleil, et je ruisselais de sueur. Elle descendait en nappes brûlantes de mes seins sur ma cage thoracique, se répandait comme une huile sur mon ventre et mes cuisses tremblantes, et gouttait sous moi, comme si je faisais pipi. Mon anus me démangeait, le collier me faisait mal, et mes mains cyanosées m’élançaient. Mais d’être ainsi exhibée tel un quartier de boucherie, sous les yeux de centaines de passants et d’automobilistes, m’a donné une espèce de courage.

J’ai tiré sur mon collier jusqu’à ce que le lacet de cuir qui m’attachait au toit du camion se relâche et j’ai pu tourner la tête. Nous arrivions au carrefour Saint-Denis. J’ai reconnu les boulevards, le MacDo sur ma gauche et plus loin Gibert, puis le camion a pu se dégager et il a filé sur la voie réservée aux autobus jusqu’à ce qu’il soit de nouveau bloqué. Il est alors repassé à gauche, et de nouveau, nous nous sommes arrêtés au milieu de voitures de supporters qui se rendaient au Stade de France. Du moins je le suppose, car elles étaient pleines de jeunes gens qui agitaient des drapeaux et soufflaient dans les trompettes. C’est là que j’ai commencé à comprendre ce qui m’arrivait : j’étais à deux mètres d’eux, les surplombant de telle manière qu’en se penchant un peu, ils auraient pu voir ma vulve ouverte et mes seins étirés, mais aucun n’y pensait. J’étais invisible. L’évidence m’a sauté aux yeux : on m’avait mise dans une cage de verre, mais de verre sans tain : je pouvais les voir, mais pas eux. Bien loin de m’apaiser, cette constatation m’a tordu le cœur : il suffisait de n’importe quoi, un heurt, un caillou, pour que les parois s’effondrent, me livrant sans défense aux regards…

Je me suis remise à tirer, à m’en disloquer les poignets. Le camion avançait mètre après mètre. Et comme la barre qui m’entravait les chevilles me privait de tout stabilité, chaque fois qu’il s’arrêtait, je perdais l’équilibre. Ma cage thoracique était tellement remontée que je ne respirais qu’avec les plus grandes difficultés, et souvent, je perdais le souffle. Il me fallait regagner ma position verticale centimètre après centimètre, en jouant des hanches, et de nouveau le camion démarrait, puis il s’arrêtait, et tout était à recommencer… Je me suis mise à pleurer. Un autre souvenir d’enfance m’est revenu : une belle sorcière aux seins lourds, à qui on arrachait sa robe pour la fouetter devant la populace…

Je tirais, je tirais sur mes liens, à me disloquer les épaules, avec cette sensation de me dédoubler, d’être à la fois celle que l’on prostitue et celle qui regarde. Et comme dans un cauchemar, chacun de mes gestes semblait fendre un air épais, ou bien des épaisseurs d’eau tiède. Le sang qui rugissait à mes oreilles faisait le même bruit qu’une immense marée se ruant à l’assaut de la côte, et j’étais sûre que j’allais me noyer, m’anéantir, disparaître dans un bouillonnement d’écume…

Mes liens étaient bien serrés. J’ai vite mesuré la vanité de mes efforts. Entre deux sursauts, je tentais de reprendre mon souffle, d’apaiser le tumulte de mon cœur. Depuis combien de temps me promenait-on ainsi, suspendue comme un morceau de viande ? J’ai encore essayé de me décrocher. En vain…

“C’est inutile, cocotte,” a dit une voix près de moi. En tournant la tête, j’ai vu une porte s’ouvrir, et un homme se hisser de la cabine dans le caisson vitré, un, jeune homme au teint basané, très beau, l’air fat. Un de ces Méditerranéens qui détestent les femmes et les traitent comme des objets, et qui les jettent une fois dévaluées, éteintes, fanées. Ça se lisait dans son regard, entre les longs cils qui doivent faire la fierté de sa maman. Ça, et la vanité d’être un homme. Je l’ai détesté instantanément, mais il s’en foutait.

Quand il est arrivé près de moi, j’ai constaté que j’étais plus grande que lui ; je le surplombais d’une bonne tête. Et il était plus jeune aussi, pas plus de vingt-cinq ans. C’est ce qui m’a révoltée le plus, qu’il puisse s’amuser avec moi alors qu’il aurait dû m’appeler « Madame » et me respecter. Mais non, il a passé ses mains sur mon corps de haut en bas, puis de bas en haut, en insistant bien sur les courbes et les creux, et en écrasant ma gorge comme s’il voulait la faire rentrer dans la cage thoracique.

“T’es bien foutue, ma puce…”

Il avait une voix vulgaire de petit voyou, avec un accent pied-noir prononcé et des intonations encore enfantines, vers l’aigu. Il a pris mes seins à pleines mains et les a tirés vers lui, une lueur méchante dans le regard.

“Comme ils sont durs ! On pourrait y accrocher une machine à coudre sans qu’ils piquent du nez…”

C’est le terme “machine à coudre” qui m’a fait penser qu’il était du quartier. Il me connaissait peut-être, ou il connaissait mon mari. Et dans ce cas, il avait une revanche à prendre, parce que Luis les fait travailler au noir, comme des mulets, à trimballer ses ballots de robes et les cintres pleins de chemisiers.

Il m’a demandé : « Comment tu t’appelles ?” Comme je ne répondais pas, il a saisi mon mamelon droit et l’a tordu d’un coup sec. J’ai hurlé.”Comment tu t’appelles ?”

“Liza.”

Je sanglotais. L’air que j’inspirais était brûlant et des phosphènes dansaient devant mes yeux, brouillant tout.

“Liza comment ?”

Ça, jamais. Si je lui donnais mon nom, il n’avait plus qu’à remonter jusqu’à mon adresse. J’ai pris ma respiration : “Liza Absolves.” C’est le nom de ma femme de ménage.

“Je crois que tu mens.”

“Non. Je vous assure. Non.”

Il a approché son visage du mien : “Jure-le !”

“Je le jure.”

Serment contraint ne vaut rien, disait ma sœur Pauline, quand je la chatouillais à mort après qu’elle m’ait juré ne pas avoir fouillé mes affaires. Ou ne pas être sortie avec mon petit ami. Une sacrée menteuse, Pauline. Qu’est-ce qu’elle aurait dit de me voir ainsi suspendue, avec un type qui me tripotait les pointes de seins ?

Le voyou a cligné de l’œil en ouvrant son pantalon : “Eh bien, Liza, tu t’es déjà fait baiser en pleine rue, à quatre heures de l’après-midi ?”

Il a fait glisser la fermeture-éclair de son pantalon et sorti son sexe, un sexe long et épais, presque disproportionné, avec un gland comme une corolle de champignon, sans prépuce. J’ai avalé ma salive.

Des deux mains, il a juste repoussé son jean sur ses cuisses : “Elle est belle, non ? Tu t’es déjà fait ramoner par ce calibre ?” Le souffle coupé, le cœur battant à tout rompre, je le fixais sans pouvoir répondre. Je n’arrivais pas à croire que c’était possible, que ce type puisse me violer en pleine rue, au milieu de milliers de gens, sans que personne n’intervienne. Et pourtant, je savais au plus profond de moi que c’est ce qui allait se passer.

“S’il vous plaît, non…” ai-je seulement balbutié.

“Par-devant ou par-derrière ?” a-t-il demandé. Il a posé ses mains sur mes joues et tiré mon visage vers le bas. Le collier et la chaîne se sont tendus, et j’ai perdu ma respiration. “Non !”

Un voile rouge dansait devant mes yeux.

“Par-devant ou par-derrière ?” a-t-il répété patiemment. “Tu veux te faire prendre par le cul ou le con ?”

Je suis devenue une boule de pure terreur. Cette question, on me l’avait déjà posée, mais c’était un jeu. Là, c’était un meurtre.

“Par pitié…” ai-je balbutié. Les mots sortaient de ma gorge comme des cubes de fer. “Tu t’es déjà faite enculer, non ?” a-t-il insisté, avec toujours cet effroyable sourire d’enfant. “O… oui.”

“À fond ?”

“Oui, mais…”

“Tu aimes ça ?” Nous oscillions au rythme de la marche. Il s’est retenu à mon collier, son membre battant contre ma cuisse : “Tu aimes ça, te faire enculer ?”

J’ai fermé les yeux : “J’aime ça.”

“Quoi ?”

J’ai avalé ma salive : “J’aime… me faire enculer.” “Par ton mari ?”

“Par mon mari.”

“Et par d’autres ? Tu t’es déjà faite enculer par d’autres hommes ?” Il me secouait les mâchoires : “Réponds, bordel !” J’ai ouvert les yeux. Son regard a plongé au fond du mien : “Tu te fais enculer par d’autres ?”

J’ai hoché la tête. C’est tout ce que je pouvais faire maintenant.

“Tu m’agaces, Liza !”

Il m’a lâchée et s’est reculé. Il se tenait à une entretoise du plafond tandis que le camion se faufilait entre deux taxis : “Puisque c’est comme ça, on va te prendre par le con et par le cul. Tu comprends ?”

J’ai passé ma langue sur mes lèvres. Je mourrais de soif, et pourtant j’aurais été incapable d’avaler quoi que ce soit : “Pitié. Pas ça.”

“Trop tard, Liza.”

Il a frappé du poing sur la porte qui nous séparait de la cabine. Un autre homme est entré et a refermé soigneusement le battant derrière lui. J’ai juste eu le temps de voir la nuque du chauffeur, un Africain aux cheveux crépus.

Son œil blanc a brillé quand il a tourné un peu la tête : “Bourrez-la à fond. Qu’il en ait pour son fric !…”

 

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