Acheter

Disponible sous 48 heures
7€50 Acheter

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
4€49 Télécharger

Résumé

« Il avait décidé d’en faire une vraie vicieuse… »

 Que faire pour tuer le temps quand on est cadre, au chômage, dans une ville de province qui sue l’ennui ? Eh bien, on peut employer ses loisirs forcés à parfaire l’éducation sexuelle d’une jeune personne qui ne demande qu’à s’instruire. On commence par des jeux de culotte, qu’on enlève, qu’on remet, qu’on retire à nouveau… Puis on fait la barbe du minou, histoire de le rajeunir, on fait grossir les avantages mammaires de la gentille élève avec une ingénieuse pompe aspirante, etc. Après l’avoir initiée pour conclure aux plaisirs du bondage, on lui apprend à faire profiter les amis de ses attraits les plus intimes. Une fois bien rodée, Céline accepte de suivre son Pygmalion en vacances. A La Rochelle, tout d’abord. Puis à Paris. Les voyages forment la jeunesse, pas vrai ? Surtout les voyages au bout de la nuit…

Débuter la lecture

Chapitre premier

En province, on s’ennuie. Les distractions sont rares, c’est plutôt la vie de famille. On passe son temps à regarder dans le blanc des yeux les quelques personnes qu’on connaît. C’est lassant…

A mon âge, la quarantaine en forme, une fois épuisées les joies du jogging, des parties de tennis et des sorties au restaurant, avec des gens dont on a fait le tour, dans des endroits sans surprise, si en plus on a déjà vu le seul film potable de la semaine, pas beaucoup de solutions. Que reste-t-il à part la télévision ? Et l’amour ?

Je préfère l’amour. Mais, précisément à mon âge, après quelques lustres d’une vie mouvementée, désordonnée, et à bien des points de vue ratée, l’amour n’est plus la chose simple qui plaît aux jeunes et aux âmes candides. Il y faut un peu d’épices. Peut-être aussi parce que j’ai peur de tomber à nouveau dans le piège de l’Amour majuscule ! Avec un groupe d’amis du club de tennis, nous formons une petite confrérie décidée à jouir des femmes sans se laisser prendre à leur jeu. Et au fil des années, nous nous sommes monté un petit cheptel de filles sans histoires, que nous nous repassons entre nous. On a vite compris que le moyen de nous les attacher était de débrider leur sensualité. De gré ou de force, il faut bien le dire. Certaines reprennent une semi-liberté, mais les habitudes sont prises, à côté tout leur paraît fade, et puis elles ne peuvent plus trop dire non…

Encore un détail : je suis au chômage.

 

Quand on pousse la porte de l’ANPE, c’est le moment déplaisant où l’on prend conscience de son état. Impossible d’échapper aux visages de tous les paumés de cette société. Mais au guichet, ce jour-là, il y a une jeune femme que je ne connais pas. Cheveux mi-longs, châtain clair, profil délicat, manières douces. Avant de passer, j’ai tout le temps de l’observer. Mon instinct de chasseur est éveillé. Ses yeux clairs, un peu tristes, m’ont remarqué. A plusieurs reprises nos yeux se rencontrent.

A mon tour. Je m’assieds, regard direct, voix assurée. Je suis « en tenue de cirque », costume foncé croisé, cravate club, l’image du cadre sup’ qui impressionne en province. Le temps de l’entretien, je m’applique à la regarder dans les yeux, elle soutient mon regard. Quelque chose se passe entre nous. Elle me trouble.

Quand elle me parle, ses yeux sont dans les miens. J’ai du mal à écouter ses analyses, je regarde trop sa bouche, ses joues rondes toutes roses, la façon adorable dont ses longs doigts fins relèvent une mèche folle. Sa voix me berce, elle se rend bien compte de ce qui se passe, de temps à autre nous nous sourions comme des idiots. A la fin je fais glisser la conversation sur elle, j’apprends ce que je veux savoir. Elle vient de Paris, elle arrive juste à l’agence, elle est cadre, elle a fait des études littéraires.

— J’ai fait licence et maîtrise à Nanterre.

— Comme moi. Mais c’était il y a pas mal d’années.

— Mais les études de Lettres, c’était pour le plaisir. Après, j’ai passé le concours de l’Agence.

— Je comprends. Il faut manger.

Je l’observe, ses cheveux qui bougent doucement, ses mains fines sur le bureau, un éclair de malice dans les yeux, elle est à croquer. Apparemment elle porte un tailleur, avec une jupe, j’espère. Je n’aimerais pas être déçu. Allez, à l’instinct, je me jette à l’eau, à la hussarde :

— Que faites-vous ce soir ? Je vous invite à dîner. Ne dites pas non !

Je lis de la surprise dans ses yeux, elle me dévisage, fait une moue, puis accepte d’un signe de tête.

— Rendez-vous à 19h 30, c’est d’accord !

Elle se lève pour me raccompagner. Elle n’est pas très grande, elle porte une jupe droite, les hanches sont bien rondes. Manifestement, c’est une fausse maigre.

Tout est bien. Vivement ce soir !

J’ai choisi une petite pizzeria que je connais bien, un endroit un peu sombre, où l’on se détend sans problème. Elle arrive avec quelques minutes de retard, je l’observe qui se faufile entre les tables vides encore à cette heure-là. Elle a de l’allure, ses longues jambes lui vont bien, et les rondeurs qui tendent la jupe ajustée parlent un langage que je comprends.

Elle me rend mon sourire, s’assied dans un mouvement souple, me regarde dans les yeux.

— Je suis content de vous retrouver. Dans une autre atmosphère que celle de l’Agence…

— Je sais, nous faisons notre possible pour accueillir les clients, mais je me doute que ce n’est pas facile.

Elle est grave, concentrée. Nous parlons doucement, la chandelle éclaire à peine nos visages, dans la semi-pénombre.

Et c’est une bavarde, j’adore ça. Nous échangeons nos goûts littéraires, critiquons les travers de la petite ville et de ses habitants. Nous évoquons aussi mes problèmes professionnels. Elle finit par parler d’elle-même. Elle s’appelle Céline, a 27 ans, et s’est fait nommer dans ce trou perdu à la suite d’une histoire d’amour compliquée, qui a mal tourné.

— La vie n’est pas facile. Pour les femmes comme pour les hommes. Une fois passés les premiers moments de la passion… Après, la vie commune, ça devient vite un purgatoire, on a tellement de mal à supporter l’autre.

— C’est vrai. Avec la meilleure bonne volonté, on s’use dans le train-train de la vie quotidienne.

Nous grignotons nos pizzas. A un moment, la serveuse, que je connais, et qui tourne depuis le début du repas autour de notre table, s’approche pour desservir, se penche complaisamment. Céline et moi avons une vue imprenable sur le sillon de ses gros seins laiteux, pratiquement jusqu’aux aréoles, dans les dentelles blanches du soutien-gorge. Dès qu’elle est partie, nous éclatons de rire. Céline me regarde d’un air complice.

— Cette jeune femme qui montre sa gorge semble vous connaître…

— Lola ? C’est une amie. Ici, vous savez, je connais tout le monde. Je peux même vous avouer qu’il y a quelques années, je la connaissais au sens biblique du terme. Depuis le temps que je suis divorcé, vous comprenez bien… Et Lola est une femme, comment dirais-je, intéressante

— Je n’en doute pas un seul instant.

Je ne lis dans ses yeux aucune peur, elle semble étrangement réfléchie, décidée, j’ai le sentiment qu’elle est prête pour de nouvelles expériences…

On décide d’aller au ciné-club. Vers la fin du film, je passe mon bras autour de ses épaules. Elle blottit sa tête dans mon cou. Un peu plus tard, je pose ma main sur son genou. Un moment après, je la remonte au creux des cuisses satinées, chaudes. Je l’y laisse, sous la jupe retroussée, prise en étau par les chairs veloutées si lisses, je sens tout son corps s’alourdir contre moi. J’ai le nez dans sa chevelure, dans son odeur. Je n’irai pas plus loin. C’est suffisant pour une première soirée.

 

Nous nous retrouvons deux jours plus tard, à la pause de midi. Je l’attends dans le square et, de loin, je la vois qui arrive. J’ai tout loisir d’observer sa démarche, sa façon d’être, distinguée, mélancolique. Elle est parfaite. Et en jupe ample.

Nous déjeunons rapidement. Sans avoir besoin de nous le dire, nous avons envie d’être vraiment ensemble, de faire quelques pas, seul à seule. Elle prend mon bras, nous nous promenons sans but, sans hâte, tout au plaisir d’être deux. Nous avons tellement de choses à nous raconter. J’écoute son babil, mais j’épie aussi son corps à la dérobée. Légèrement entrouvert, son chemisier laisse deviner le sillon d’une gorge ronde et lourde. Je m’arrête pour l’embrasser, elle se donne dans un baiser profond, elle est chaude, alanguie tout contre moi. Un peu étourdis, nous repartons.

Au moment de la raccompagner, je tente ma chance. Nous passons juste derrière le square, désert à cette heure… Je l’arrête, l’embrasse à nouveau. Puis tout se passe très vite, je me penche, remonte les deux mains sous sa jupe, agrippe sa culotte, tire vers le bas, le long des cuisses, en bas des chevilles. Elle est interdite, sans résistance. D’elle-même, le souffle court, elle lève les pieds pour se dégager du chiffon de coton blanc. J’ai sa culotte à la main, la porte rapidement à mes narines, puis la fourre dans ma poche en la regardant droit dans les yeux, elle s’appuie sur moi, hébétée, mais une drôle de lueur dans le regard, je l’embrasse.

Elle va retourner comme ça à l’agence, les fesses nues sous sa jupe. Elle va y penser tout l’après-midi et, de mon côté, elle sait que je ne pourrai pas penser à autre chose. Je la sens excitée, dans un murmure, elle m’invite à dîner ce soir chez elle.

Une étape est franchie.

 

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *