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Résumé

Jouir sans entraves… C?est le seul mot d?ordre politique qui intéresse Marc en ce début des années 70. Ça tombe bien, les ?lles sont prêtes à tout pour montrer qu?elles sont libérées. Triolisme, domination, éducation sexuelle… Tout est prétexte pour ces militants un peu spéciaux. Les tribunaux populaires deviennent vite très roses, et Marc contribuera même à la  » rééducation  » des parents de sa copine. Vive la révolution ! Sylvain Parker est le pseudonyme d?un cadre de la fonction publique qui mêle fantasmes et souvenirs dans ses textes. Il a bien connu la période dont il parle…

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Chapitre premier

Des deux portes qui permettaient d’entrer dans le café, Marc préférait celle de la rue Saint-Séverin. On se retrouvait de plain-pied dans l’arrière-salle, là où ses copains se réunissaient tous les jours. Une bande de barbus et de chevelus qui préparaient le grand soir avec des airs de conspirateurs. Tous avaient dépavé le boulevard Saint-Michel, au mois de mai, deux ans auparavant. Des amis du lycée Chaptal, maintenant en fac en lettres modernes ou bien en socio, espérant y trouver le mode d’emploi de la révolution parfaite.

Marc n’eut aucun mal à les repérer. Ils étaient tous là, c’était leur heure. La nuit commençait à tomber et ils ne bougeraient pas jusqu’à ce que la patronne les mette dehors, aux alentours de minuit. Ils ne consommaient pourtant presque rien, quelques verres de vin chaud et des menthes à l’eau pour les filles. Le groupe était assis autour d’une grande table rustique, vestige des heures de gloire de l’établissement lorsqu’il était une brasserie réputée. La fumée des cigarettes formait un épais nuage opaque et la table était couverte de journaux militants.

On le salua à peine, tant les échanges étaient animés. Il reconnut le thème qui les agitait depuis une semaine : les étudiants devaient-ils se faire embaucher en usine pour prêcher la parole révolutionnaire ? Tous les yeux étaient tournés vers un grand maigre, vêtu d’un bleu de travail, le seul qui avait des cheveux courts. Il racontait avec suffisance comment il s’était « établi » dans les usines Renault à Billancourt, la dureté du travail à la chaîne, et son travail de militant pour convaincre ses « camarades » qu’il ne fallait pas faire confiance aux syndicats qui faisaient le jeu du patronat. La seule solution était la révolution…

Marc s’était assis sans dire un mot. Ce type l’énervait déjà. Il le soupçonnait de jouer son rôle de révolutionnaire de banlieue uniquement pour draguer. Il y avait trois filles à la table qui l’écoutaient religieusement. Une blonde aux gros seins qui avait refusé ses avances au lycée, une féministe maigre comme un clou et puis Françoise. Elle lui sourit.

Françou.

Il était le seul à avoir le droit à l’appeler ainsi, depuis la classe de troisième où elle était devenue sa copine, sa petite amie, des années à se bécoter, et puis depuis quelques mois enfin son amante.

Il aimait ce mot désuet, ça évoquait le sexe interdit. L’été précédent, ils avaient fait l’amour pour la première fois. C’est elle qui avait pris la décision. Maintenant, dès qu’ils étaient ensemble, ils avaient envie l’un de l’autre. Marc bandait déjà. Ils devaient se retrouver après la réunion dans un garni rue de la Huchette. Ça serait la première fois qu’ils le feraient à l’hôtel. Et Marc avait décidé qu’elle devait franchir une nouvelle étape.

— C’est toi qui lis ça ?

Le barbu à côté de lui, c’était Diego. Il jouissait d’un grand prestige car son père était un réfugié de la guerre d’Espagne.

Ça, c’était La Révolution de l’orgasme, un bouquin de Wilhelm Reich que dévorait Marc en ce moment. Ça disait que l’énergie sexuelle était partout dans le monde, dans le ciel, dans les étoiles, l’orgone ça s’appelait, il suffisait de la capter, de se servir de son corps comme d’une pile. Du gros délire, mais il trouvait ça jouissif.

— Ben quoi, t’es contre la révolution sexuelle ?

Diego n’avait aucun sens de l’humour.

— Tu sais bien que ce sont des théories petites-bourgeoises pour aliéner encore plus le peuple et l’éloigner de la révolution. Tu devrais faire plus attention à ce que tu lis.

Son voisin d’en face, un chevelu qui s’était fait la tête de Trotsky avec un bouc et de petites lunettes rondes, renchérit :

— La lutte de classes, c’est sérieux. Si tu veux continuer à venir aux réunions, change de lectures !

Chaque fois qu’on parlait lutte de classes, Marc pensait au tournoi de foot qu’il organisait entre les terminales au lycée. Mais il valait mieux qu’il n’aggrave pas son cas. Françoise croyait à la révolution, et elle le fixait avec un air inquiet.

— Ok les mecs, c’était juste pour rigoler. D’ailleurs, j’ai acheté les œuvres complètes de Lénine d’occase sur les quais, mais j’ai du mal avec le deuxième volume.

« Trotsky » prit un air suffisant.

— C’est normal, faut d’abord que tu assimiles les théories sur l’impérialisme.

My tailor is rich, pensa Marc. En fait, c’était les œuvres de Sade qu’il avait achetées, elles venaient juste d’être autorisées, mais, à part quelques trucs bandants, il avait trouvé ça emmerdant.

Il fallait maintenant trouver un prétexte pour mettre les bouts, et le mieux c’était d’aller acheter des clopes au tabac du coin. Quand il en sortit, Françoise l’attendait sur le trottoir, les cheveux humides du crachin qui tombait sur la capitale. Elle se serra immédiatement contre lui. Il sentit ses seins qui s’arrondissaient contre son thorax, la tiédeur de son corps à travers la mince tunique marocaine. Il la pressa un peu plus contre lui pour qu’elle sente la dureté de sa queue contre son pubis. Il devina qu’elle rougissait. C’est ça qui l’excitait le plus.

— Viens, l’hôtel est à deux rues.

 

*

*    *

 

Ça faisait trois mois qu’il l’avait pénétrée pour la première fois, ou plutôt qu’elle l’avait baisé, au sens propre. Et pourquoi avaient-ils attendu si longtemps ? Cet été-là, Françoise passait les vacances chez un vieil oncle célibataire à Marseille pour faire un stage de plongée. Il avait accepté d’héberger Marc pour quelques jours, sans être dupe de leur relation. Marc n’aimait ni la mer ni le soleil, préférant l’ombre fraîche de la terrasse pour lire des heures entières. Françoise était une vraie sirène et, le cours de plongée terminé, elle passait encore des heures dans l’eau vert sombre au milieu des rochers de l’Estaque. La chaleur était à peine supportable ce jour-là, une journée à rester immobile, ce qu’il avait fait, adoptant l’attitude de l’iguane pour neutraliser la canicule. Puis il s’était écroulé sur le lit défait de sa chambre, assommé par une sieste comateuse. Elle était entrée doucement, il se réveillait à peine. Le soleil de la plage avait, malgré son hâle, rendu sa peau incandescente. Françoise était petite, le corps à la fois menu et musclé par la danse acrobatique. Des cheveux longs, bruns et raides, avec des reflets de cuivre roux, des yeux magnifiques qu’elle agrandissait avec un trait de khôl, c’était la mode, ça allait avec le patchouli qu’elle utilisait généreusement. Elle avait retiré son maillot avant de s’asseoir sur sa couche, il sentait la chaleur solaire qui irradiait de sa peau. Françoise avait descendu le drap, il était nu, et c’est lui qui avait ressenti de la honte. Elle n’avait pas cherché à l’embrasser, d’habitude pourtant elle adorait passer des heures à lui lécher les lèvres, à mêler leurs langues et mélanger leur salive. Aucune caresse, et une main effrontée et brûlante avait saisi sa queue dressée à la base. Il avait remarqué son air extrêmement sérieux, son front qui se plissait, elle examinait sa bite avec une grande attention comme quelque chose dont il fallait qu’elle connaisse tous les aspects. Françoise paraissait à la fois inquiète et fascinée par la taille de sa queue. Marc savait qu’il était mieux loti que la moyenne, les douches du gymnase le lui avaient confirmé. De l’index, elle parcourut le frein raccourci par la circoncision, puis elle bagua le tuyau de chair pour remonter la peau vers le haut. Marc se rendit compte à quel point il était tendu, ça le troublait, il avait peur d’éjaculer d’un coup et de tout gâcher. Elle mouilla ses doigts d’un filet de salive et lubrifia toute la colonne de chair. Un savoir ancestral ? Elle le fixa dans les yeux.

— On va le faire tout de suite. Après ce sera plus intéressant…

Du coup, c’était lui qui avait eu l’air inquiet, paralysé par le trac. Elle l’avait enjambé pour s’accroupir au-dessus de son bassin. Saisissant la bite gonflée à la base, elle en avait dirigé le groin vers ses lèvres entrouvertes. C’était la première fois que Marc voyait sa chatte. Il fut étonné du fouillis de poils noirs comme de la houille qui débordait sur la pliure de l’aine. Elle continuait à le regarder fixement, sans un mot. Elle frotta le gland contre ses petites lèvres pour en accentuer l’ouverture, puis le dirigea un peu plus haut, ce qui fit se déployer les chairs intimes. Marc vit alors ce qu’il n’avait vu qu’en imagination : le bouton du clitoris décalotté, un bourgeon de chair vermillon. Il fut fasciné par le glacis de la muqueuse, comme la vision d’une intimité à laquelle personne n’aurait dû avoir accès. Françoise ferma les yeux et abaissa légèrement le bassin, ce qui fit pénétrer la queue à moitié dans la chatte. Marc gémit. C’était chaud, onctueux, mouillé. Beaucoup mieux que tout ce qu’il avait pu imaginer. On tapa à la porte et sa copine se figea. La voix de l’oncle résonna dans le couloir :

— Roupille pas tout l’après-midi, ta copine va bientôt rentrer.

Un instant de silence et ils entendirent le pas lourd qui s’éloignait.

Françoise fléchit encore les hanches et le gland vint butter contre l’hymen. Marc put en éprouver la finesse élastique, il pensa à une aile de papillon. Il croisa le regard de sa copine, elle ouvrait grand les yeux, et elle abaissa son bassin d’un coup. Elle cria. Marc sentit la tiédeur du filet de sang contre sa cuisse. Françoise gémissait maintenant, il n’y avait plus aucune résonance de douleur dans sa plainte. Elle ondula du bassin, son corps était obscène dans son relâchement. Elle s’agita encore plus, elle ahanait. Il sut que l’orgasme la foudroyait quand elle cria de nouveau. Elle se dévissa de sa queue au moment où en giclait un foutre gras et épais. Des gouttelettes de sueur perlaient entre ses seins à la pâleur étrange sur ce torse cuit par le soleil. Elle le branla à toute vitesse pour extraire les dernières gouttes de sperme. Le foutre lui poissa la main. Il connut pour la première fois la « petite mort », ce sentiment de vide et d’impatience que le désir renaisse. De la paume, elle étala un glacis de sperme sur ses seins, en lui murmurant dans l’oreille :

— A partir de la semaine prochaine, je prends la pilule.

 

*

*    *

 

Ils saisirent toutes les occasions : les rares après-midi où ils pouvaient disposer d’une chambre, en forêt dans des promenades prétextes (Françoise se plaignait quand même que les fougères lui grattaient les fesses), dans les toilettes de la fac… Très vite, ils trouvèrent leur vitesse de croisière, cherchant l’orgasme partagé le plus rapidement possible, ou au contraire se caressant longuement jusqu’à la limite de l’énervement. C’était Françoise qui dirigeait leurs mouvements, comme en cette première après-midi à Marseille.

Maintenant il avait envie de « liqueurs plus fortes », comme disait le Marquis de Sade. Il allait falloir qu’il reprenne la main.

 

*

*    *

 

Le crachin s’était transformé en pluie drue au moment où ils pénétrèrent dans le hall de l’hôtel. Ça ne payait pas de mine, des fauteuils Voltaire dont la couleur grenat était passée semblaient comme échoués dans le petit salon face au comptoir d’accueil. Ça sentait la poussière. Le patron, un homme gras dont le front dégarni était maculé de transpiration, eut un sourire entendu quand il les aperçut.

— Ah, c’est vous qui avez réservé la vingt ? Premier étage, tout au fond. Et puis prenez votre temps, on sait ce que sait…

Le visage de Françoise s’empourpra, l’homme détaillait à travers le tissu de sa tunique la forme de ses seins libres de tout soutien-gorge, féminisme oblige. Marc paraissait au contraire très l’aise et, en s’emparant de la clef munie d’une grosse étoile de laiton, il rendit au loufiat son clin d’œil égrillard. Ils montèrent à l’étage ; on entendait les gémissements d’une femme sourdre d’une chambre.

— Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? Tu m’avais pas dit que ce serait sordide à ce point !

Elle était contrariée mais en même temps perdue, vulnérable, et ce n’était pas pour déplaire à Marc. La chambre minuscule ne valait pas mieux que le hall, avec son papier peint verdâtre décollé par endroits. On voyait à travers les persiennes la lumière intermittente de l’enseigne de l’hôtel. Marc la prit dans ses bras.

— L’important est qu’on soit ensemble, non ? Et puis, toi qui aimes les bouquins de Chandler, on s’y croirait, non ?

Françoise éluda la question. Elle avait déjà envie de lui. Pour la soirée, elle avait choisi parmi ses vêtements ceux qu’il préférait. Sa tunique blanche aux fines broderies sous laquelle elle laissait sa poitrine en liberté, une longue jupe indienne sous laquelle il était facile de glisser les mains, et surtout ses bottes de cuir fauve qui s’arrêtaient juste au-dessous du genou. Il souleva sa jupe jusqu’au creux des reins pour sentir sous ses paumes la peau fraîche de ses fesses. Il voyait dans la glace de l’armoire ses mains qui prenaient possession du cul étroit et rebondi, une pomme charnue dont la vue lui durcissait sa queue.

— Et bien ! Si le vicelard, en bas, avait su qu’en plus tu étais cul nu sous ta jupe, il aurait tout craché dans son pantalon !

C’était la première fois qu’il lui parlait ainsi. Il la sentit se raidir et pensa qu’elle allait lui sortir ses couplets habituels sur le machisme des mecs. Mais elle se serra plus fort contre lui, écrasant son pubis contre la base de sa bite. Il comprit que la situation l’excitait aussi mais qu’elle ne l’aurait jamais avoué. Marc se défit d’elle pour aller chercher dans sa musette de cuir un bouquin de forme inusuelle, tout en longueur. Sur la couverture on voyait un couple nu enlacé photographié en noir et blanc, et un titre en rouge, Les Trente-deux Positions.

— C’est sorti hier et ça s’arrache déjà. Regarde, on n’a pas dû essayer le tiers de tout ça…

Ils s’assirent sur le lit et feuilletèrent ensemble le catalogue des positions. Les plus acrobatiques firent pouffer Françoise et, à un moment, elle s’arrêta sur une page.

— Regarde, elle est mal fichue celle-là, il est placé trop haut !

La posture était en levrette mais l’homme était tendu sur ses genoux. Marc eut un rire vicieux.

— Tu piges rien ma chérie, il est au chaud, mais un peu plus haut.

Les joues de Françoise rosirent.

— D’ailleurs, il va falloir que tu essayes, sinon ça sert à rien de dire que tu es libérée…

Elle grogna mais ne protesta pas. D’habitude, elle acceptait qu’il explore son anus avec le doigt mais elle l’empêchait d’aller plus loin. « C’est tabou ici », lui disait-elle. Marc plongea ses mains dans la soie de ses cheveux et l’attira vers lui pour lui mordre la bouche. Il n’avait jamais senti sa compagne comme ça, passive, comme une poupée de chiffons. Il enfonça sa langue le plus profond qu’il put avec la sensation délicieuse qu’il lui violait la bouche. En même temps, il lui écarta les cuisses pour explorer la chatte offerte. Il trouva des chairs molles, ouvertes. Françoise était tellement mouillée qu’il humidifia avec ses doigts tout le haut des cuisses. C’était ce soir ou jamais. Il sortit un petit magnétophone à bande, il avait prévu leur musique préférée, Electric Ladyland d’Hendrix. Malgré le son aigrelet de l’appareil, la magie de la guitare, dont le musicien tirait de véritables sanglots électriques, opéra. Marc retira le couvre-lit froissé. Il n’y avait pas de draps, mais le matelas constellé de tâches jaunâtres ne laissait aucun doute quant à la fonction de l’hôtel. Cette fois Françoise protesta, mais d’une voix de petite fille…

— Tu ne vas quand même pas m’obliger à faire ça là-dessus…

Marc lui décocha le sourire le plus charmeur dont il était capable.

— Ça fait partie de l’atmosphère, tu vas te faire sauter sur un matelas pourri, et dans toutes les positions.

Il ne lui laissa pas le temps de protester à nouveau et la renversa sur la toile de jute pisseuse. En même temps, il lui releva la jupe jusqu’à la taille. Françoise avait posé ses pieds sur le matelas sans ôter ses bottes et laissa ses cuisses s’ouvrir au maximum. La vulve et le haut des cuisses étaient déjà largement couverts de mouille, c’était obscène. Quand Françoise était excitée, il était difficile de ne pas s’en rendre compte. Il se mit à genoux entre ses jambes et plongea sa tête dans l’entrejambe qui réclamait son dû. Il sentit l’odeur forte, un parfum de varech et de source, il adorait ça. Du gras du pouce, il écarta largement les lèvres baveuses et se régala du spectacle. Il adorait ce fouillis des poils épais, les bourrelets de chair violette qui s’entrouvraient. Il posa ses lèvres sur la fente et se mit à mâchouiller les guenilles de chair. Une plainte sonore que Françoise ne put réprimer provoqua des rires étouffés derrière la cloison mitoyenne. Décidément, ils étaient en bonne compagnie. Il enfouit sa tête dans la mouille de la chatte qui bâillait. Il frotta son visage, son museau pensa-t-il, son groin. Sa compagne ne fut pas en reste, elle grogna de façon bestiale en ondulant du bassin. Cette fois, il n’y eut pas de rires, le couple à côté devait écouter religieusement pour s’exciter. En terrain familier, Marc décalotta le gros bouton du clitoris. Un désir sale s’empara de lui. Ça lui avait fait ça dès qu’il avait découvert cet appendice de chair. Il était vraiment très gros, une petite bite avait-il pensé. Ainsi il y avait plein de femmes, l’air digne, qui se baladaient avec un bourgeon de cette taille-là dans la culotte. Ça avait érotisé encore plus ses balades dans les rues de Paris. Chaque fois qu’il croisait une rombière à l’air pincé, il se demandait si la taille de son bouton ne faisait pas qu’il émergeait dans le pli des grosses lèvres, pointant la tête alors qu’elle se dandinait d’un air digne. Des pensées de gamin pervers, se disait-il, mais il s’en foutait : ça l’excitait.

Françoise lui plaqua le crâne comme pour l’enfoncer dans son intimité. Il aspira le clito gonflé, le mordilla, puis le suça doucement. Des petits coups de la pointe de la langue achevèrent l’ouvrage. Sa compagne eut une ruade, elle devait se mordre les lèvres pour ne pas crier, et il sentit un flot de mouille contre ses lèvres. Peut-être même qu’elle avait laissé échapper un peu de pisse. Marc posa sa joue contre l’intérieur de la cuisse de sa partenaire. La peau était très douce à cet endroit, fragile et vulnérable. Il sentait le sang pulser dans tout le corps de sa compagne, au même rythme que le sien, qui battait dans sa queue douloureuse à force d’être raide.

On entendait maintenant les gémissements de la fille qui se faisait besogner dans la chambre attenante. Il se redressa, s’installant à califourchon sur le buste de sa nana à lui. Il caressa la cascade des cheveux dont le brun était lumineux dans les flashs intermittents de l’enseigne de l’hôtel. En l’obligeant à relever la tête, il plaqua son gland contre sa bouche et il sentit qu’elle résistait un peu. Françoise avait toujours été timide avec ce type de caresse et il était temps de changer la donne. De deux doigts, il lui ouvrit les lèvres et força avec sa queue pour s’engouffrer dans la bouche humide. C’était bon ; il sentit sa salive contre sa chair hypersensible. Il s’enfonça un peu plus et elle se laissa faire. Elle se soumettait.

Peut-être était-ce le cadre sordide de l’hôtel, les couples à côté dont on entendait le moindre gémissement, peut-être avait-elle peur. C’était la première fois qu’il se sentait la dominer, qu’elle abandonnait sa posture de femme affranchie qui prend les devants en matière de sexe. Il lui appuya sur le haut du crâne et Françoise eut un haut-le-cœur comme si elle allait étouffer. Il imprima un mouvement de va-et-vient à son bassin, sans se préoccuper des réactions de sa compagne. Il avait envie de se servir de sa bouche comme d’une chatte. Totalement indolente, Françoise se laissait faire. A un moment, il eut même la sensation qu’il allait buter contre sa glotte. Cette image accéléra son plaisir, sa queue se cabra et Françoise voulut se dégager, mais il maintint fermement le crâne. Il voulait tout cracher dans sa bouche, il ne l’avait jamais fait. Il cria à son tour, la pression du sperme se libéra contre le palais de sa partenaire, et il se dit qu’il la souillait, une sensation délicieuse. Elle se dégagea enfin, l’air hagard, le trait noir du maquillage de ses yeux s’était brouillé. Un peu de sperme sourdait à la commissure de ses lèvres et, machinalement, elle sortit la langue pour le laper. Comme pour s’excuser, il lui prit une main et l’embrassa.

— Ben quoi, c’est une des positions du bouquin, il faut bien qu’on fasse des découvertes.

Les yeux de Françoise s’assombrirent.

— Tu aurais pu être moins brutal, j’ai failli vomir, t’en avais vraiment des litres…

Marc se leva et se déshabilla complètement. C’était la première fois que, devant elle, il se sentait à l’aise dans sa nudité. La chambre était surchauffée, les vitres étaient opaques à cause de la condensation. Il éteignit le plafonnier et alluma la lampe de chevet. Seul un faible halo orangé éclaira la pièce. Il aida Françoise à se déshabiller et, quand elle voulut retirer ses bottes, il l’en empêcha.

— Non, tu es encore plus belle comme ça.

Elle avait une peau très blanche, très fine. Leur taille différait de bien trente centimètres et il aimait ça. Quand elle s’asseyait sur lui pour le baiser, il n’avait aucun mal à la soulever pour qu’elle retombe de tout son poids sur sa queue. Mince, musclée, et en même temps tout en rondeurs… Il n’aurait jamais pensé qu’elle accepte de se mettre nue en gardant ses bottes.

Assise sur le rebord du lit, elle le fixait avec une lueur malicieuse dans les yeux. Il se rendit compte qu’il bandait à nouveau.

— D’habitude, tu repars pas aussi vite !

Eux aussi ne devraient pas tarder à se bouger, la chambre était louée à l’heure. Il la fit s’allonger sur le ventre et la força à se mettre à quatre pattes.

— On a assez de temps pour la position 24…

Il se plaça derrière elle, et lui écarta les fesses. Elle se retourna en protestant.

— Je t’ai déjà dit que là c’est tabou…

Marc fit mine de ne pas entendre. Il savait qu’avec les cloisons minces comme du papier elle n’oserait pas élever la voix. Il lui suffit du pouce et du majeur pour écarter le sillon duveteux du petit cul. Marc vit apparaître l’anneau rosé de l’anus, une petite bague de chair dure et crénelée.

— Tu as tort de faire ta mijaurée, elle est mignonne ton ouverture interdite.

Il flatta l’anus avec le pouce de l’autre main. Françoise se raidit puis ses fessiers se détendirent. Marc mouilla son pouce avec sa salive et, cette fois, il força l’entrée. Sa partenaire avait accepté de se laisser faire, il sentait que la chair de son cul s’était amollie. Le muscle du sphincter continuait à vouloir l’expulser, mais il eut avec son doigt un petit mouvement tournant et ça céda d’un coup. Son pouce rentra tout entier dans le rectum et Françoise laissa échapper une sorte de gémissement veule. Du coup, Marc ressentit une excitation sadique. Il tourna son doigt avec force, le ressortit pour l’entrer à nouveau d’une poussée brutale. Françoise poussa un petit cri mais ne se contracta pas. La bite de Marc vint remplacer le doigt et il n’eut aucun mal à l’enfoncer dans le rectum accueillant. C’était délicieux, les chairs le comprimaient comme une main qui aurait serré sa queue avec force. Il commença à aller et venir, avec la sensation de se mouvoir dans du caoutchouc huilé. Françoise gémissait d’une drôle de façon, il ne l’avait jamais entendue comme ça. Il la pénétra longuement, contrôlant la pression du sperme qui montait. C’était encore mieux que d’habitude, il avait l’impression qu’il l’ouvrait en deux, qu’il la fendait. Le cul de Françoise connaissait un vrai dépucelage qui demandait un effort certain à ses chairs, et elle se retourna vers lui :

— Arrête je t’en prie, j’en peux plus…

Il ne se laissa pas fléchir, continuant à la forer jusqu’à ce qu’il sente la pulsion du sperme dans son membre. Il accéléra le rythme, Françoise ahanait sous le rythme de la cognée. Il se retira d’un coup pour lui cracher son foutre sur le cul et elle s’écroula sur le ventre, hors d’haleine. Un dernier jet vint maculer ses reins et Marc s’allongea à son côté, une main sur le petit cul ferme qui avait bien mérité qu’on le flatte…

Lorsqu’ils redescendirent, il n’y avait personne derrière le comptoir et Marc posa la clef dessus. Dehors la pluie s’était arrêtée et un bleu sombre se dégageait derrière la mine de plomb qui dessinait les nuages. Ils remontèrent le Boul’mich pour prendre le métro à Odéon. Françoise se tenait blottie contre lui comme une petite fille cherchant une protection. Quelque chose avait-il changé dans leur relation? Il en était certain. Il se pencha à son oreille :

— Tu vas raconter à tes copines du MLF que tu t’es fait enculer dans un hôtel de passe ?

Contre toute attente, elle ne protesta et il lui caressa les fesses à travers le tissu indien de sa jupe. En accélérant le pas, ils pourraient être à l’heure pour aller voir La Cantatrice chauve au théâtre de la Huchette.

 

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