LES BELLES ANALPHABETES

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MASSEY Martin

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Broché / 122 pages


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Résumé

Presque jumelles, à vingt ans, elles semblent en avoir treize. Intelligentes à leur manière, elles raffolent de jeux vicieux, sales et violents. Sensibles, elles débordent d’amour. D’un intense amour réciproque, mais aussi d’un amour excessif pour Marthe, la femme qui les comprend et leur impose la discipline inexorable dont elles ont besoin. Tant d’amour séduit et inquiète. Déjà, les bonnes sœurs ont préférwé se débarrasser d’elles. Maintenant, dans l’étrange pension pour lesbiennes cruelles que dirige leur protectrice, elles excitent les bourgeoises dépravées. Et elles rêvent de découvrir le monde. Qui pourrait mieux les y aider qu’Agnès, la jeune amputée, esclave frustrée d’une vieille femme trop sentimentale ? Il reste un détail à régler : comment quitter ces femmes qui les aiment tant, en leur causant le moins de chagrin possible ? Les explications ou les mots blessants ne servent à rien. Pour rompre avec celles qu’elles aiment, il suffit de les tuer. Mais avec beaucoup d’amour et de délicatesse.

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Pour Delphine et Daphné, c’est l’heure de se coucher. Elles regagnent leur chambre, petite mais proprette, au dernier étage. Les lieux sont égayés d’un désordre charmant qui évoque une joyeuse insouciance. Elles sont vêtues comme des fillettes : chaussures basses, chaussettes hautes, blanches, robe plissée bleu marine aux genoux et chemisette blanche à manches courtes. Pour autant, elles ne paraissent ni déguisées ni accoutrées, tant cette tenue convient à leur allure en dépit de leur haute taille. Elles se déshabillent, plient avec soin leurs vêtements qu’elles posent sur le dossier d’une chaise. Elles pouffent, se fourrent sous le nez l’entrejambes de leur culotte de coton côtelé qu’elles déposent ensuite dans la panière à linge sale. Les chaussures basses en verni noir sont rangées comme à la parade, mais, avec des éclats de rire, les chaussettes volent à travers la pièce.

Nues, elles frissonnent, se contemplent. Deux grandes filles de vingt ans, longues, blanches, pourvues d’une chevelure rousse et bouclée, qui leur descend aux reins, au visage plein, innocent et sensuel, de bébé boudeur, mais prompt au sourire. Les yeux sont d’un vert intense sous des paupières bombées, surmontées d’un soupçon de sourcils à peine discernable. Un sourire lumineux découvre leurs jolies dents blanches, les deux grandes incisives enfantines qui semblent toutes neuves, juste poussées et toujours brillantes d’une salive limpide. Avec cela, un corps immature, dont les lignes esquissées n’en finissent pas de renoncer à l’enfance. Des hanches peu marquées, des jambes longues et minces au galbe encore imprécis, et une poitrine presque inexistante, poinçonnée de tétins infimes, à peine saillants au centre d’aréoles d’un rose si pâle qu’elles se confondent presque avec l’épiderme. Des aisselles de lait, un pubis dont la peau imberbe ne doit rien au rasoir ou à une quelconque épilation : jamais le moindre poil n’a voulu pousser là !

On pourrait les croire jumelles tant elles sont les sosies l’une de l’autre. Néanmoins, Daphné est l’aînée. D’un an. Cette faible avance lui permet de se montrer plus posée, plus réfléchie. Orphelines et analphabètes, protégées de Marthe de Være qui est pour elles autant une mère d’adoption attentive qu’une maîtresse sévère, Delphine et Daphné hésitent entre l’enfance et l’âge adulte, heureuses à l’abri des murs de la pension des Bouleaux, loin des dangers d’un monde qu’elles ne connaissent qu’à travers la télévision ou les photos des magazines. Et encore n’y distinguent-elles pas ce qui relève de la fiction de ce qui se réfère à la réalité.

Elles examinent avec des rires, des petits cris ravis, des exclamations admiratives les meurtrissures qui couvrent leurs seins, leurs fesses, leur ventre. Les plus anciennes s’estompent, remplacées par de nouvelles. Les punitions de Marthe, la directrice, les divertissements cruels des pensionnaires, ne laissent jamais leur chair indemne. Elles ne s’en plaignent pas. Au contraire : leur sensualité brute, immédiate, exige ces sensations fortes pour exulter. Toutefois, elles ne sont en aucune manière à la disposition des caprices érotiques des unes ou des autres, et peuvent refuser tout jeu qui leur déplairait.

Les deux jeunes filles occupent à la villa des Bouleaux des fonctions multiples et indéfinies. Maladroites, étourdies, et surtout très paresseuses, quoique pleines d’une bonne volonté permanente acquise chez les religieuses, Marthe ne leur confie que de menues tâches dont elles s’acquittent, par ailleurs, avec un sérieux attendrissant.

Les seins à peine renflés de Daphné sont couverts de minuscules tavelures violettes concentrées dans un cercle où la peau est plus rouge : ils ont subi la torture de l’aspiration. De nombreux petits vaisseaux ont cédé tandis que les mamelles montaient dans les larges embouts de verre. La dépression était augmentée toutes les dix minutes. Jusqu’à ce que la jeune fille, en proie à un plaisir démesuré, s’évanouisse de douleur. Delphine éprouve les marques d’un index prudent.

— Encore un peu, et tes dounes explosaient ! On te les avait jamais pompées aussi haut. On aurait dit que t’en avais comme les vraies filles. N’empêche, tu es belle comme ça.

— Oui. Je sais pas si je suis tombée dans les pommes à cause du plaisir ou du mal !

— Les deux, non ?

— Probable.

C’est le moment de la rituelle toilette du soir : tour à tour, elles s’allongent sur la petite table de bois blanc, écartent les cuisses et ramènent les genoux vers leurs épaules, tandis que l’autre, d’une langue agile, lave la fente rose d’une vulve glabre, rince de salive dans son entier la raie ouverte, l’anus déplissé par la posture.

Il faut ensuite faire pipi avant d’aller se coucher. Chacune sert de pot de chambre à l’autre. Les vessies se vident dans les bouches grandes ouvertes. Le jet doré est bu à longs traits continus. Une habitude qu’elles ont prise depuis longtemps. Autant par goût du jeu que pour s’éviter de gagner les W.-C. à l’autre bout du couloir obscur qui leur fait peur. Elles se couchent enfin, les yeux brillants, les joues rosies de plaisir, les lèvres encore humides d’urine.

Elles n’éteignent pas tout de suite la petite lampe de chevet, car Marthe, comme chaque soir, doit venir les battre, avant de les border, de leur souhaiter bonne nuit et de les embrasser. Elles se regardent, extasiées de leur ressemblance.

— Tu crois qu’on est belles ?

— Peut-être. Je sais pas. On est pas comme les autres, ça c’est sûr.

— Marthe dit que nous sommes très belles !…

Elles rient.

Face à l’étroit lit de fer où, enlacées, nues, elles confondent leur chaleur sous les couvertures, l’affiche occupe la moitié de la cloison. Une mer turquoise, une plage de sable blanc, des cocotiers qui élancent leur silhouette dans un ciel d’azur intense. La publicité annonce :

Un ensemble de signes incompréhensibles pour les deux sœurs. D’une lente ondulation, Delphine moule son corps à celui de Daphné, lui chuchote à l’oreille :

— Qu’est-ce que c’est beau. T’imagines ça, toi, voir la mer ? C’est le paradis là-bas. Faut qu’on y aille, Daphné ! Imagine : on vivrait toutes nues toute l’année, on aurait rien d’autre à faire que des cochonneries, et des trucs !

Des « trucs ». C’est ainsi qu’elles désignent les sévices qui embrasent leurs sens, décuplent leur plaisir. Daphné secoue la tête avec une expression sceptique.

— On irait pas loin ! Faut savoir lire et écrire pour voyager. Rappelle-toi l’année dernière, quand on est allées à la ville. On s’est perdues. S’il y avait pas eu cette femme pour nous ramener dans sa camionnette, on serait encore en train de tourner dans ces bon sang de rues !

Delphine hausse son épaule libre.

— On s’est perdues parce qu’on voulait rentrer ici.

Elle désigne d’un coup de menton le décor de rêve.

— Si on va droit devant jusqu’à ce qu’on arrive là-bas, on peut pas se perdre, vu qu’on sait même pas où c’est ! Et tant qu’on est toute les deux ensemble, on risque rien.

— J’avais pas réfléchi à ça ! Il faudrait tout de même qu’on soit aidées. Puis il y a Marthe. Elle voudra jamais nous laisser partir. Elle aurait trop peur qu’il nous arrive du mal.

— C’est vrai, qu’elle est déjà dans tous ses états quand on va juste chercher des œufs à la ferme, c’est dire ! Il vaudrait mieux la tuer, pour qu’elle souffre pas.

— Tu crois ?

— C’est le mieux pour lui éviter le chagrin et l’inquiétude. Daphné hoche la tête.

— Peut-être. Ça sera pas facile. On a jamais tué personne.

— On pourrait en parler avec Agnès. Elle en a assez de Victoire.

— Elle veut la quitter ? Pourtant, elle est amoureuse, vu qu’elle coule comme une fontaine.

Delphine secoue la tête avec une petite grimace.

— Je sais pas. Ça fait plusieurs fois qu’elle m’en parle. J’ai pas bien compris. Je crois que Victoire veut rien d’autre que les signes qui prouvent. Comme quand tu me fais lécher tes pieds sales ou que je fais caca sur tes yeux. Agnès, ça lui suffit pas. Il lui faut davantage.

Daphné lève les sourcils, une moue admirative. sur ses lèvres pleines et charnues.

— Je peux comprendre Victoire… On ferait quoi d’Agnès ? Estropiée comme elle est, elle serait pas moins empotée que nous, dehors ! L’objection n’entame pas l’enthousiasme de Delphine.

— Elle sait lire. Écrire aussi. Ça nous aiderait bien. Il y aurait qu’à la pousser dans son fauteuil. On prendrait bien soin d’elle. On pourrait même la battre et lui faire les trucs que Victoire veut pas lui faire. Daphné s’apprête à répondre, quand un hurlement effroyable déchire le silence. Soudain attentives, elles prêtent l’oreille pour tenter d’en entendre davantage. En vain. Les murs semblent vibrer encore de ce cri unique, atroce et bref. Delphine regarde sa sœur.

— À coup sûr, c’est les deux filles du premier. La brune a dû enfoncer son poing dans le derrière de l’autre ! J’ai entendu parler de ça, cet après-midi, au salon. Elles avaient l’air décidées.

Elle ajoute, d’une voix rêveuse :

— Elle a des grandes mains…

— Elle a dû lui mettre d’un seul coup la moitié du bras pour qu’elle crie comme ça !… Elle doit jouir très fort en ce moment. T’imagines le caca et le sang ? Ça m’énerve ! Fais-moi des trucs au derrière !

Daphné étreint sa sœur, insinue une main entre les cuisses qui se disjoignent. Elle masse la vulve avec force et tendresse, puis elle pousse jusqu’entre les fesses, éprouve l’anus qui frémit, gonfle. Elle chuchote à l’oreille rose sous les mèches cuivrées.

— Attends que Marthe arrive. Quand elle aura fini de nous battre, je lui demanderai la permission de t’enfoncer des gros trucs. Elle ne va plus tarder, maintenant.

— Tu me feras les aiguilles, aussi ?

— Oui. Écarte-toi plus.

La jeune fille s’ouvre. Daphné commence à pousser ses doigts réunis en faisceau dans l’anneau élastique qui s’évase, cède avec mollesse sous la pression.

— Tu crois qu’un jour, Marthe nous rentrera des choses dans la zette ? Je veux dire des vraies choses qui nous déchirent bien comme au derrière.

— Peut-être ! En tout cas, vu les précautions qu’elle prend juste pour nous glisser un doigt, c’est pas pour demain ! Pour le moment, elle veut nous garder avec la zette fermée, c’est sûr !

— Dommage !… Ça doit être super. Tu as vu comme les filles ont du plaisir, par-là ?… Ça commence à faire mal ! Force !

— Oui. Et toi, pousse comme pour faire caca. Ça aide à ouvrir.

Delphine fait les efforts demandés. C’est à ce moment que la directrice des Bouleaux pénètre dans la chambre. Elle sourit à la vue des deux têtes rapprochées qui dépassent des couvertures dans un emmêlement de mèches d’or rouge, referme la porte derrière elle. Les deux sœurs l’accueillent d’une même voix.

— Bonsoir, maman Marthe.

— Bonsoir, mes chéries.

Elle est maigre et sèche, vêtue de noir. Impossible de donner un âge à son visage osseux, sans fard, dans lequel la bouche très rouge fait comme une blessure. Les cheveux noirs sont tirés en arrière pour former un chignon petit, dense et pointu. En dépit de ces allures sévères, le regard exprime une grande bonté.

Elle se penche pour baiser leur grand front blanc et bombé. La main de Daphné, à demi engagée dans l’anus de Delphine, s’en évade avec discrétion. Le mouvement, toutefois, se remarque sous la couverture. Une ondulation infime mais révélatrice, et qui n’échappe pas à l’attention de la directrice. Elle secoue un index menaçant, et gronde avec une tendresse amusée :

— Vous êtes deux polissonnes !

Les jeunes filles pouffent.

— Vous avez mis une alèse, au moins ?

— Non, maman Marthe, on a oublié.

La directrice secoue la tête avec un sourire indulgent.

— Et les taches de caca sur les draps ? Vous êtes deux alouettes écervelées !

Elle s’adresse à Daphné.

— Montre ta main, petit agneau !

Sous les cils baissés, le regard de la jeune fille est sale de lueurs troubles. Elle sort son bras blanc et rond, tend sa main. Marthe s’assoit au bord du lit, saisit le poignet potelé, marqué d’un pli enfantin, et baise avec ferveur les phalanges souillées de quelques traces brunes, avant de les lécher avec des petits coups de langue gourmands. Puis elle suce avec soin le bout des doigts, car la matière onctueuse s’est accumulée au pourtour des ongles roses. Elle s’adresse à Delphine.

— Tu n’as pas fait ta grosse commission, ce soir, mon petit lapin ? La jeune fille admet :

— C’est vrai, oui. Mais j’avais pas envie. Daphné non plus. On a mangé trop de chocolat, ça nous bouche le derrière !

Elles se regardent, rient. Daphné explique à son tour :

— J’avais déjà tous les doigts dedans et elle commençait à avoir mal. C’est là que le caca est descendu. Je l’ai senti arriver.

Delphine, elle, évoque d’un ton où se décèle un peu de nostalgie :

— Tu sais, maman Marthe, au couvent, quand on était surprises à se fouiller le derrière, Mère Blandine-du-Premier-Chœur nous emmenait aux cuisines. Là, elle demandait à une sœur de nous enfoncer un écouvillon à bouteille et de remuer très fort et longtemps. Quand ça se mettait à saigner, la sœur devait arrêter l’écouvillon et nous remplir le derrière avec une pâte terrible. De la purée d’ail mélangée avec du piment.

Elle se tait, pensive, Daphné poursuit à sa place.

— C’est vrai. Ça brûlait si fort dedans, que des fois on faisait caca sans pouvoir se retenir ! On devait tout nettoyer, puis la sœur recommençait avec l’écouvillon et la pâte ! Pendant ce temps, Mère Blandine se retroussait pour se toucher la zette ! Elle aimait bien quand on avait mal. Ensuite, on lui faisait la toilette. Elle coulait tant qu’on en avait plein la bouche.

— Elle coulait plus que moi ?

— C’est difficile à dire, mais ça faisait des bonnes gorgées. Puis c’était pas pareil. Toi, ton jus, il est clair comme de l’eau. Celui de Mère Blandine était plus épais, avec plein de blanc. Ça avait pas le même goût, non plus, mais c’était bon.

Marthe explique sur un ton plein d’indulgence :

— Ce sont des pertes blanches ! Vous en aurez peut-être, plus tard. Il n’y a pas assez longtemps que vous avez vos règles, mes tourterelles. Vous aimiez ça ?

Delphine pouffe.

— Sûr ! C’est bien toi qui dis que tout ce qui sort des femmes, c’est bon, non ?

— Oui, mon agneau. Vous regrettez le couvent ? Elles secouent la tête avec énergie.

— Non, maman Marthe ! On est mieux ici, avec toi. Tu nous aimes plus que les sœurs ! Elles nous punissaient bien, mais elles se fichaient de savoir si on avait du plaisir. Et elles nous battaient pas tous les soirs, comme toi. Mais on a quand même des bons souvenirs de là-bas !

La directrice se penche, couvre leur visage de baisers. Delphine et Daphné ouvrent grand la bouche. Marthe crache plusieurs fois dans les cavités roses. La bave épaisse s’étoile sur les langues, colle aux dents, aux gencives. Elles avalent avec un regard de gratitude, puis Delphine désigne l’affiche paradisiaque.

— Tu sais, maman Marthe, on t’aime, mais Delphine et moi, on a décidé de partir là-bas.

Attendrie, la directrice incline la tête sur le côté.

— Expliquez-moi ça, mes chatons.

Delphine prend la parole.

— Mon idée, c’est de marcher tout droit jusqu’à ce qu’on arrive. On pourra pas se perdre, comme ça !

Le regard de Marthe s’embue, un sourire triste joue sur ses lèvres écarlates.

— Mes pauvres petit anges !… Mes agneaux !

La jeune fille se redresse, enlace la directrice avec fougue.

— Il ne faut pas que tu sois malheureuse, maman Marthe. On te tuera avant de partir, pour que t’aies pas de peine.

Un air sérieux se peint sur le visage enfantin de Delphine.

— On sait pas encore avec quoi, mais on trouvera. Te noyer ou peut-être avec la hache pour casser le bois.

— Oui, mes bébés, oui. Vous me tuerez.

La jeune fille frappe des mains.

— Alors, tu es d’accord, maman Marthe ?

— Nous en reparlerons, mon agneau. Il faut tout bien mettre au point.

— Bien sûr, maman Marthe.

La directrice lui caresse la joue. Elle a retrouvé sa gaieté.

— Je vais vous battre, maintenant, mes chéries. Il ne faut pas que vous vous endormiez trop tard. Sinon demain vous serez fatiguées et grognons toute la journée. Levez-vous vite, mes chatons, J’ai hâte de voir la douleur embellir vos visages et des larmes dans vos yeux.

Delphine et Daphné, semblables à des fillettes géantes, se lèvent et, main dans la main, se tiennent face à la directrice. Marthe leur caresse la joue.

— Vous ne souffrirez jamais assez, mes petits lapins. Plus vous aurez mal, et plus vos ventres de vierges doivent ruisseler.

— Oui, maman Marthe. On t’aime fort, tu sais.

Leurs belles voix claires n’en font plus qu’une dans cette même affirmation. Delphine palpe son bas-ventre d’une main précautionneuse.

— J’ai encore un peu mal, d’hier, maman Marthe. Ça marchera tout de suite. D’autant que j’ai commencé à couler un peu avec la main de Daphné dans le derrière.

— C’est bien, mon poussin.

Elle demande à Daphné si son- abdomen la fait souffrir comme celui de sa sœur.

— Non, maman Marthe. Juste un peu ce matin au réveil, puis c’est passé.

— Alors, je te frapperai un peu plus fort, mon agneau. Il faut que votre ventre soit toujours bien sensible. C’est important pour votre plaisir.

— Oui, maman Marthe.

— Allez, mes agneaux, éloignez-vous un peu l’une de l’autre et mettez les mains dans votre dos.

Elles ne manifestent aucune appréhension, se placent selon les indications de la directrice. Cette dernière prend alors, dans un tiroir de la jolie commode blanche à filets dorés – un cadeau qu’elles ont eu pour leur anniversaire car elles sont nées à un an d’intervalle jour pour jour, – une batte de base-ball en aluminium. C’est Delphine qui sera la première atteinte. Marthe se place sur le côté, assure sa prise à deux mains pour frapper à l’horizontale.

L’extrémité renflée de l’instrument percute le bas-ventre avec un bruit mat et creux. Les yeux de la jeune fille s’écarquillent de façon démesurée, aussitôt vitreux de larmes, tandis que, le souffle coupé, sa bouche s’ouvre pour un cri qui ne sort pas. Elle tombe à genoux avec lenteur, comme dans un film au ralenti. C’est alors, qu’un cri de détresse douloureuse passe ses lèvres. Marthe lâche la batte, se précipite, étreint la jeune fille.

— Mon ange !… Ma tourterelle !… Comme tu dois avoir mal !

Des gémissements misérables, entrecoupés de mots inarticulés, lui répondent. La directrice baise le visage sur lequel la douleur plaque un masque tragique et stupide à la fois. De la bave coule sur le menton, rejointe par les larmes qui sillonnent les joues. Delphine retrouve peu à peu l’usage de la parole.

— Oh, maman Marthe !… Maman Marthe !…

— Oui, mon ange, je sais… Là… Là…

Les sanglots s’apaisent, le corps de la jeune fille s’alanguit contre celui de la femme, elle enfouit son visage au creux de son épaule. Ses tremblements deviennent frémissements. Une houle lente anime son bassin d’un roulis involontaire. Marthe l’enlace avec plus de force encore. Les soubresauts de Delphine augmentent d’intensité jusqu’à ce qu’un orgasme prolongé, interminable, l’ébranle de violentes secousses. Une sève limpide dégoutte de sa vulve en long filets gluants qui balancent, se collent aux faces internes des cuisses frémissantes. Un dernier spasme la raidit, puis elle mollit dans les bras de Marthe. Elle s’adresse à Daphné qui a suivi la scène avec fascination.

— Viens, ma petite chérie. Il faut allonger ta sœur.

Elles disposent Delphine sur le lit. Le grand corps blanc est languide. Le visage, noyé dans les boucles rousses est apaisé, comme éclairé d’une lumière intérieure. Daphné, caresse le ventre de sa sœur, où le coup n’a laissé qu’une rougeur, se redresse.

— Elle est belle. Plus belle que moi !

— Ne dis pas de sottises, mon ange, vous êtes si pareilles toutes les deux, que l’on pourrait vous confondre. Si elle est belle, tu es belle, mon agneau.

Daphné hoche la tête avec une expression sérieuse.

— Oui, ça je sais. Mais moi, je ne me vois pas.

— Et dans un miroir, mon lapin ?

La jeune fille a un petit haussement d’épaule, s’entête :

— C’est pas comme en vrai ! On est à l’envers.

— Pas du tout, mon petit chat. Si le miroir renvoyait ton reflet inversé, tu te verrais aussi avec la tête en bas et les pieds en l’air.

Daphné éclate de rire.

— Ça serait drôle ! Mais tu as raison, maman Marthe. Je n’avais jamais réfléchi à ça. Dans le miroir, ma main droite est à droite, ma main gauche à gauche, tout comme ma tête est en haut et mes pieds en bas ! Je suis belle pour de vrai, alors.

— Tout à fait, ma tourterelle. Mets-toi en place, maintenant. L’impact de la batte, comme l’avait promis Marthe est plus violent qu’il ne l’a été pour Delphine. Les poumons de la jeune fille se vident dans un souffle bref. Suffoquée, sa bouche happe l’air en vain. Elle aussi tombe à genoux avant qu’elle puisse aspirer assez d’air pour émettre un hurlement prolongé de bête blessée. Comme elle l’a fait pour sa sœur, Marthe accompagne de sa tendresse la souffrance de la jeune fille jusqu’aux confins du plaisir.

 

 

*

 

 

Un peu plus tard, Delphine et Daphné ont retrouvé leur entrain. Sous le regard attendri de Marthe, elles se lèchent pour laver leur vulve engluée, jouissent encore sous les coups de langues, doivent se lécher à nouveau. Un cycle que la directrice interrompt presque à contrecœur.

— Allons, mes petits lapins, il se fait tard. Je ne me lasserais pas de vous contempler, mais je dois encore vous gifler et vous donner la fessée.

— C’est vrai, Maman Marthe. On y pensait plus.

Elles s’assoient au bord du lit, attendent, les mains dans le dos, le visage tendu.

— N’avez-vous rien oublié ?

Elles se regardent, ouvrent de grands yeux innocents.

— Non, maman Marthe.

— Quels petits moineaux insouciants vous faites !

Elle va prendre deux serviettes dans la commode, revient.

— Pour mettre sous vos derrières ? Vous allez encore couler, et il ne faudrait pas que vous tachiez le couvre-lit. Il est revenu du nettoyage il y a deux jours.

— On y avait pas pensé, maman Marthe.

Elles étalent le tissu éponge sous leur croupe. Marthe approuve.

— C’est bien. Avancez vos figures, mes tourterelles.

Elle se met à les gifler à tour de rôle. Des allers et retours qui font ballotter leur tête, rosissent leurs joues. De temps à autre, elle cesse pour les embrasser avec des paroles affectueuses. Elle en profite pour palper leur vulve gonflée, épanouie, qui, comme elle l’avait prévu, laisse échapper un suc abondant. Les claques tombent avec régularité. Des larmes embuent bientôt les yeux verts, chavirés de lueurs troubles. Marthe cesse, baise leurs figures brûlantes.

— Mes petites chéries, comme je vous aime !

Elle les masturbe jusqu’à obtenir deux orgasmes simultanés. Puis, c’est le moment de la fessée. Daphné d’abord, Delphine ensuite, se couchent en travers des genoux de Marthe. Il ne faut pas longtemps pour que les fesses blanches comme du lait deviennent cramoisies. Cette chaleur intense qui embrase leur croupe doit se communiquer à leur vulve proche, car les lèvres roses gonflent, palpitent, s’entrouvrent et coulent encore. La punition terminée, Marthe les allonge sur le dos, ouvre leurs longues cuisses tremblantes de plaisir et, d’une langue agile, nettoie leur sexe, recueille jusqu’à la dernière trace du plaisir que les deux sœurs ont éprouvé. Puis elle les couche, les borde et, après un dernier baiser à leur bouche fraîche, elle leur souhaite bonne nuit, éteint la lumière. Elle est sur le pas de la porte quand les voix des deux sœurs s’élèvent dans l’obscurité derrière elle.

— Tu sais, maman Marthe, on prendra plutôt la hache. C’est ce qui te fera le plus mal, si on y va par petits morceaux.

— Oui, mes petits anges, la hache ça sera très bien. Dormez, maintenant. Il est tard.

 

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