Les Chevaliers du Poignard

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DE LA FORCE Sarah

ContraintesMedia 1000


à plusieursBDSMdomination H/FpunitionSM


Broché / 128 pages


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Résumé

Est-ce parce que son amie Oriane a disparu mystérieusement, peut-être pour suivre l’homme dont elle était folle amoureuse, que Bleuenn est entrée dans la police ?

Aujourd’hui, Bleuenn est indépendante, libre d’assumer à travers des étreintes de passage sa quête de l’homme idéal, du grand amour…

À cause de la disparition de plusieurs jeunes filles, la voici propulsée dans les soirées mondaines, clinquantes et prétentieuses, des bourgeois de province.

Qui sont les Chevaliers du Poignard ?

Une confrérie de partouzeurs, ridicules et inoffensifs, avec leurs costumes d’opérette et leurs rites de potaches, ou l’antenne locale d’un réseau international de dangereux pervers, capables d’enlever des filles, de les séquestrer, de les prostituer, de les punir et de les massacrer ?

Pour le savoir, Bleuenn va devoir payer de sa personne. Elle ne risque pas seulement de subir quelques coups de fouet, quelques humiliations… Elle risque de rencontrer l’homme pour lequel elle abandonnerait tout, elle risque surtout de découvrir des goûts de soumission et d’avilissement qu’elle n’a jamais osé s’avouer.

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II

J’avais dîné en solitaire, un peu perdue dans le salon où il n’y avait encore que les deux canapés blancs, la table basse livrée la veille. Des tapis pas déroulés, des cartons que je n’avais pas pris le temps d’ouvrir, une lampe posée sur un tabouret de cuisine accentuaient l’aspect vacant de la pièce au plafond haut, en soulignaient la grandeur un peu froide.

Il avait plu toute la journée, il pleuvait encore, et je me suis approchée d’une des fenêtres pour regarder en face un hôtel particulier semblable à celui où mon père m’avait loué un appartement. Comme pour les autres maisons, les étages s’avançaient sur le rez-de-chaussée et formaient de chaque côté de la rue une galerie où il faisait plus sombre, où les pas résonnaient longtemps. Nous l’ignorions lorsque nous avions traité avec l’agence, mais la rue de l’Escale tenait au quartier aristocratique de La Rochelle, le fief des grandes familles protestantes.

Aussi hautaines que les façades de leurs hôtels… m’avait dit Loulou. Bien obligé d’en ouvrir les portes pour louer un ou deux étages !…

Rêveur, il avait ajouté :

— Dis donc, il doit être pété de thunes, Maître Brézilhac. Parce que ça douille un max, dans le coin !

J’avais souri, gênée de passer pour une fille à papa, mais à quoi bon protester ?

— Eh b’en, moi, avait repris Jean-Loup en sortant un paquet de cigarettes de la poche de son blouson, j’suis pas le fils d’un ténor du barreau. Plutôt celui d’un enfoiré qui se fiche bien de savoir que j’existe…

Il m’avait tendu le paquet, et comme je disais « non », il s’était tourné pour protéger du vent la flamme de son briquet. Nous étions sur le Vieux Port, enveloppés de grisaille et d’embruns. La pluie suspendue un instant semblait accourir du large et nous étions entrés dans un des cafés du quai Duperré.

— Eh, ouais… avait repris le jeune homme, c’est la vie ! Ma mère… Pauv’ femme ! Trois gosses… trois pères et pas un qui en ait quelque chose à cirer !

Quelques jours plus tôt, il avait proposé de profiter du samedi pour me montrer la ville et, malgré la pluie, nous nous étions baladés dans le centre. Occupés à nous faufiler sous les arcades, à éviter les flaques, nous n’avions pas échangé de confidences. Ce n’est que lorsque nous étions passés sous la porte de la Grosse Horloge que j’avais dit que je n’habitais pas loin, et…

Le serveur a apporté nos consommations, et j’ai serré mes mains autour de la théière. Il ne faisait pas froid mais, depuis mon entrée en fonction, il n’avait cessé de pleuvoir et l’humidité qui poissait les vêtements et la peau finissait par donner envie de rester sous sa couette.

À l’entrée du port, les tours de la Chaîne et Saint-Nicolas esquissaient des silhouettes photogéniques et une foule plutôt jeune et élégante emplissait le café d’une énergie joyeuse.

— J’ai l’impression qu’on vit bien à La Rochelle, ai-je murmuré en regardant le quai où les réverbères s’allumaient, avec, à l’arrière-plan, les petits bateaux que le roulis soulevait dans le bassin.

Ouais… a soupiré Loulou. Plus ou moins. Le centre est très chouette, mais pas spécialement bon marché, si tu vois ce que je veux dire.

Pour finir, il avait ramassé les sucres, m’avait offert de dîner avec lui et j’avais refusé car je ne voulais pas mêler le travail et le sexe. Plus tard, appuyée à la vitre où l’eau coulait en rigoles silencieuses j’ai eu envie d’un homme et, comprenant que je ne parviendrai pas à dormir, j’ai enfilé mon ciré.

La pluie tombait toujours, bruyante et raide, et j’ai couru jusqu’à la rue du Palais en regrettant de n’avoir pas acheté un parapluie.

Quai Duperré, les lumières des devantures des restaurants et des cafés serrés les uns contre les autres mettaient des taches de couleur confuses sur l’asphalte, et à peine poussée la porte du premier, j’ai été happée par du bruit, de la chaleur, tout un mouvement humain qui faisait contraste avec le sombre calme de la rue de l’Escale.

— Ça dégringole, hein ? m’a dit le barman en essuyant un coin d’acajou devant moi. On n’avait pas vu ça depuis 1946 ! Qu’est-ce que vous prenez ?

Il devait crier. J’ai crié moi aussi pour commander mon gin- tonic, et les gens étaient si entassés les uns sur les autres qu’on avait l’impression que ceux qui étaient assis ne pourraient plus jamais quitter leurs chaises.

« Un samedi soir sur la terre », ai-je murmuré, et j’ai souri quand un type m’a demandé si j’aimais Francis Cabrel. Il devait avoir le même âge que Loulou – dans les trente ans – et il lui ressemblait un peu. Mêmes épaules larges, mêmes jambes longues visibles en dépit ou à cause du jean. Avec son menton volontaire et mal rasé, son blouson de cuir, il avait une allure virile et un peu rebelle et, après un second verre, je lui ai proposé d’aller chez moi.

Il s’appelait Vincent.

Il a sifflé en pénétrant dans le salon et j’ai cru que, comme Loulou, il allait faire allusion aux prix des loyers dans le quartier, mais il s’est contenté d’enlever son blouson et, s’affalant dans le canapé, de demander ce que j’avais à boire.

Je n’avais aucune envie de bavarder et c’est à peine si je lui ai laissé le temps de prendre quelques gorgées avant de mettre la main sur sa braguette. Il a eu un petit rire satisfait. Pendant que je débouclais sa ceinture, il s’est laissé glisser dans le canapé en creusant les reins.

Il ne parlait plus, et tandis qu’il faisait passer son T-shirt par-dessus sa tête, j’ai frotté mon visage contre son sexe qui devenait dur et gonflait le slip. La verge était presque droite et, comme je la mordillai doucement, elle s’est redressée tout à fait, le gland à moitié décalotté et humide au-dessus de l’élastique du slip. Dans mes mains, je sentais des couilles rondes et fermes. J’ai continué mes caresses, savourant l’instant, car depuis que j’avais quitté mon appartement, je n’avais cessé de souhaiter une bite dans mon ventre et dans ma bouche.

Je me suis reculée pour enlever mon chemisier et mon soutien-gorge, et baissant le slip enfin, dégageant le paquet dur, j’ai frotté mes seins sur le ventre du garçon. Il grognait, la tête renversée, les yeux clos. J’ai glissé mes mains sous ses fesses pour faire glisser son pantalon.

Sur le tabouret, près de nous, il y avait la lampe unique. Dans la lumière dorée, je voyais la touffe de poils bruns et frisés, la verge longue et plutôt fine, les couilles offertes et, entre les fesses écrasées sur le blanc du canapé, l’anus presque noir, visible à peine. J’ai poussé un soupir et, avec un frisson, je me suis penchée à nouveau sur son ventre. Je tenais ses cuisses écartées et je les ai léchées tout en donnant de petits coups de langue sur les couilles. J’aimais les sentir frémir et se crisper, et, comme plus tôt, j’ai reculé l’instant de prendre la verge.

Malgré les soupirs de Vincent, ses coups de reins, je ne faisais que frôler le gland. Je me suis baissée pour mordre ses fesses, revenir encore sur les couilles. Ma chatte était chaude, gonflée, et j’ai serré mes cuisses l’une contre l’autre, troublée par le contact et l’odeur de ma mouille. Au-dessus de moi, Vincent s’agitait et j’ai reçu comme une décharge électrique quand il a crié :

— Suce-moi la queue, merde ! J’en peux plus !

Le cri a résonné jusque dans la nuit mouillée qui se collait aux vitres, ricoché sur les murs de l’appartement, vibré dans l’air immobile. Je me suis penchée et j’ai donné un coup de langue long et appuyé de la base de la verge jusqu’au bout, puis comme Vincent bougeait à nouveau, se poussait vers mes lèvres, j’ai pris le gland et je l’ai tété longtemps en griffant les couilles. Je laissais couler de la salive et j’ai branlé la verge quelques instants avant de l’enfoncer dans ma bouche, fermant les yeux pour mieux sentir le membre gorgé qui tapait contre la luette, cette queue dure qu’il m’avait ordonné de sucer et que j’avais désirée depuis qu’il m’avait parlé dans le bar.

Vincent s’est redressé, il m’a saisie aux cheveux et les mains plaquées des deux côtés de ma tête, il a bougé les reins plus vite, nous faisant vibrer tous deux d’un mouvement accéléré et presque hypnotique. Les bouts de mes seins s’irritaient contre l’étoffe du canapé, et affaissée, les cuisses ouvertes, j’ai frotté ma vulve contre le parquet. Vincent s’est crispé davantage et j’ai senti le plaisir qui montait, faisait frémir les couilles et la bite avant de couler dans ma gorge en saccades. Il m’a lâchée, s’est rejeté sur le canapé avec un cri, et j’ai toussé en avalant le sperme qui avait le même goût salé que la brume de l’après-midi sur le port.

***

T’es drôlement bien foutue, tu sais ! J’avoue que ça m’a laissé sur le cul quand tu m’as proposé de venir chez toi…

— Pourquoi ?

— Sais pas… C’est pas courant que les filles se… Enfin je veux dire qu’en général…

— Ce sont les garçons qui proposent.

— Plus ou moins. En tout cas, c’est rare que les filles belles soient aussi… disponibles.

Vincent avait hésité. Peut-être avait-il été sur le point de dire « chaudes » ou un autre mot plus cru.

Il était allongé sur mon lit, il devait être très tard – trois ou quatre heures du matin – et il fumait pendant que je me démaquillais dans la salle de bains entrouverte. Ce n’était pas la première fois qu’un garçon ramassé dans un bar me faisait ce genre de réflexion et je songeais souvent que je n’étais peut-être pas une fille comme les autres, que j’aurais dû avoir un petit ami, être amoureuse. C’était l’avis de ma mère en tout cas.

Au lieu de ça, j’avais du goût pour les liaisons sans lendemain, les brèves rencontres, les étreintes passagères et presque anonymes. Un jour… J’étais convaincue qu’un jour, je rencontrerai un homme différent, un homme que je pourrais aimer, et en attendant, je vivais mes petits bonheurs au jour le jour et sans état d’âme.

Vincent était un beau garçon, viril et pas égoïste, il m’avait léchée longtemps, fait l’amour deux fois, mais je ne désirais pas qu’il finisse la nuit avec moi, ni le revoir pour baiser à nouveau. J’avais son odeur sur ma peau, le goût de son sperme dans la bouche, mais je l’oubliais déjà en me glissant dans la baignoire et les jeunes filles disparues occupaient ma pensée.

***

La veille, une femme avait insisté pour être reçue par le commissaire Rochefort. Son histoire était banale et les services de police ne s’en occupaient guère. Trois mois plus tôt, sa fille n’était pas rentrée et elle n’en avait plus eu aucune nouvelle. Un avis de recherche dans l’intérêt des familles avait été lancé sans résultat et, tous les quinze jours, la pauvre femme venait au commissariat presser le divisionnaire de « faire quelque chose. ».

Je le vis sortir de son bureau pour la raccompagner, et je savais qu’en l’absence d’éléments indiquant un délit ou une agression, la police n’ouvrirait pas d’enquête.

Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui disparaissent… euh… disons… volontairement, disait le commissaire en s’efforçant d’avoir l’air optimiste. Une fugue… voilà tout. Je suis certain qu’elle va vous contacter bientôt.

Mais la mère en pleurs secouait la tête.

Léa n’a pas fait une fugue. Je connais ma fille. Elle ne serait pas partie comme ça ! Je vous dis qu’il lui est arrivé quelque chose !

Écoutez, Madame Chassaigne…

Je me tournais vers Loulou.

— Qu’est-ce qu’on peut faire pour cette pauvre femme ?

Tu le sais comme moi : rien ! Avec ça qu’on chôme avec l’affaire des fausses cartes de crédit ! C’est curieux, tout de même…

— Quoi ?

— B’en… Y a deux autres filles à peu près du même âge dont on nous a signalé la disparition et…

— Un lien entre elles ?

— Pfff ! Difficile à affirmer. Elles habitaient toutes les trois chez leurs parents, elles ont entre dix-huit et vingt-deux ans, aucune n’a emporté ni affaires, ni argent, ni papiers, ce qui est tout de même assez zarbi quand on veut fuguer.

Et ça donne quoi ?

— Recherche dans l’intérêt des familles.

— Je peux voir les dossiers ?

— Si tu veux mais…

J’avais appris que Léa, la fille de Madame Chassaigne, avait dix-neuf ans, qu’avant sa disparition, elle faisait des études de secrétariat et qu’elle vivait sur le port de La Pallice avec sa mère. Une autre des jeunes filles se nommait Catherine, vingt-deux ans, travaillant rue Gargoulleau, en ville, dans la chemiserie de ses parents. Violette, la troisième et la plus jeune – dix-huit ans – sans profession ni activité, était domiciliée à Nieul à quelques kilomètres de La Rochelle. Le père était conseillé général et il avait menacé le commissaire Rochefort de « faire intervenir des amis bien placés ». Un embryon d’enquête avait été mené et tout ce qui en était sorti, c’est que la jeune fille avait une liaison avec un homme plus âgé qu’elle, « un mec dans les cinquante ans » avait affirmé sa meilleure amie. On avait cherché l’homme, on ne l’avait pas trouvé et le dossier avait été abandonné.

Alors, inspecteur, on rêve ?

La grosse voix du divisionnaire avait tonné. Tout en sachant que je risquais de le mettre en colère, je lui parlais des disparues.

— Allons, bon ! Vous allez me faire le plaisir de remettre ces dossiers à leur place et de vous occuper de ces foutues cartes de crédit. Je croyais que vous deviez interroger un commerçant de la rue du Temple ?

Je n’ai rendez-vous qu’à cinq heures.

Mais il était dit que ce jour ne serait pas comme les autres, car la porte du couloir s’ouvrit et, précédés d’un policier en uniforme qui multipliait les courbettes, deux hommes s’avancèrent vers le commissaire et allèrent lui serrer la main.

— Merde ! chuchota Loulou tandis qu’ils passaient dans le bureau du divisionnaire. Le préfet qui se dérange en personne !

— Et l’autre ?

— Tiens-toi bien ! C’est justement Monsieur Blaess… le conseiller général…

Je dus quitter le bureau pour me rendre rue du Temple mais, à mon retour, le commissaire Rochefort m’appela.

Nous avons reçu l’ordre de rouvrir l’enquête concernant la disparition de Violette Blaess… et c’est vous et l’inspecteur Montlegun qui êtes chargés de l’affaire.

Avec Loulou, nous avions admis que les disparitions des trois filles pouvaient avoir un dénominateur commun et décidé d’aller interroger les familles. J’y songeais en enfilant un peignoir et j’ai sursauté à la voix de Vincent :

Au fait, tu fais quoi dans la vie ? Tu dois avoir un bon job pour te payer un appart’ pareil.

Je suis officier de police.

— Keuf ? Putain, tu rigoles ?

J’étais revenue dans la chambre. La lampe sur le sol l’éclairait tragiquement par en dessous et je pouvais voir qu’il paniquait.

Pas le moins du monde.

— Bordel ! Et moi qui te raconte comment je deale !

— Cool ! Je suis pas en service.

— Ah, putain ! J’ie crois pas !…

Il pleuvait toujours et j’ai souri en entendant résonner sous les arcades obscures le galop affolé de ses santiags.

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