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Résumé

« Bonjour, madame. Je viens étudier votre comportement sexuel… »

Supposons que vous soyez étudiant, et que vous vouliez écrire une thèse sur « les comportements sexuels déviants ». Au lieu de compulser des tas de livres ennuyeux à la B.N., vous avez idée d’étudier les déviances sexuelles de la bourgeoisie huppée… sur le terrain. Vous vous laissez donc recruter par Martha, une entremetteuse très bien introduite dans les meilleurs milieux. Et grâce à elle, vous allez pouvoir vous« introduire » dans… une succession de dames plus perverses les unes que les autres. Pour que votre thèse soit exhaustive, vous arrivez même à obtenir la collaboration de votre fiancée. À son tour, elle va s’introduire ou se laisser introduire dans et par les pervers et les perverses les plus délirants. Tout cela, bien sûr, dans un but strictement scientifique.

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CHAPITRE PREMIER – Roland rencontre Martha

Le salon de thé se trouvait à deux pas de l’Etoile. Il était un peu plus de dix heures quand Roland Duvier en poussa la porte. La salle était aux trois quarts pleine mais il n’eut aucun mal à repérer celle qu’il cherchait. A la différence des autres clientes agglutinées près de l’entrée, elle se tenait au fond de la salle, à une table isolée. Ses cheveux noirs, rame­nés en chignon sous la nuque, laissaient dégagé son long cou mince. « Un vrai port de reine se dit Roland. »

Elle devait avoir la quarantaine mais ses seins hauts sous le chemisier, son visage ovale sans ride autour des yeux verts lui en faisaient paraître dix de moins.

En tout cas, elle correspondait bien à l’image qu’on lui avait décrite. Entremetteuse, elle recrutait des jeunes gens des deux sexes sans ressources, à la demande de personnes riches en quête de chair fraîche. Elle n’avait pas l’air vulgaire et sournois comme il se l’était imaginé.

Elle aussi l’avait repéré. A son blouson et à son jean trop décontractés pour un endroit huppé, peut-­être aussi à son insistance à la dévisager. Elle le fixait avec un sourire amusé. Il la rejoignit, elle se leva pour l’accueillir.

— C’est vous, Roland Duvier ? Vous êtes pas mal pour un fort en thème.

Roland s’en voulut de rougir. Il retrouvait la voix aux inflexions envoûtantes entendue au téléphone.

— Les forts en thème ont un physique varié, comme tout le monde, madame…

— Appelez-moi Martha.

La serveuse approchait. Roland demanda un verre de lait et un mille-feuille. Martha attaqua dès que la jeune fille se fut éloignée.

— Alors, comme ça, vous êtes étudiant de troi­sième cycle et vous avez besoin d’argent ?

Jamais Roland ne s’était senti aussi gêné. Son interlocutrice fixait son poignet d’où il avait oublié de retirer sa montre Cartier, cadeau de ses parents. Il préféra jouer cartes sur table.

— Non, en fait, j’allais vous le dire, je prépare une thèse sur les pratiques sexuelles déviantes. J’ai besoin d’une documentation.

Martha se mit à rire. Sous son enjouement Roland perçut un net relâchement ; comme si jusque-là elle s’était tenue sur ses gardes.

— J’aime mieux ça ! Mais dites-moi : « pratiques déviantes », c’est plutôt péjoratif, non ?

Roland préféra ne pas engager la discussion ; elle semblait plus forte que lui, à tous points de vue. Elle ajouta, l’air pensif :

— Pourquoi ne pas avoir dit au téléphone que c’était pour une étude ?

— Je pensais que vous refuseriez de me rencon­trer.

Martha admit qu’il n’avait pas tort.

— Passons un marché. J’accepte de vous fournir toutes les informations nécessaires à condition que vous intégriez mon équipe de, n’ayons pas peur des mots, gigolos.

Roland fit la grimace. Les choses ne tournaient pas comme il le prévoyait. Il s’attendait à ce que Martha se montre plus coopérative.

— C’est que… je suis fiancé, avoua-t-il.

— Tant pis ! C’est à prendre ou à laisser, mon cher.

Roland pesa le pour et le contre. L’argent ne l’inté­ressait guère, mais il avait vraiment besoin de rensei­gnements précis. Mais il y avait Solange, son tempé­rament plutôt jaloux. Il croisa le regard ironique de Martha qui semblait lire en lui, baissa vite les yeux. A la fin, il céda, sans trop savoir pourquoi.

— C’est d’accord !

Ils bavardèrent un moment. Martha était très au fait de la vie universitaire. Cela s’expliquait aisément par le nombre d’étudiants désargentés qui avaient recours à ses services. Plus surprenantes étaient son édition littéraire et ses connaissances en psycholo­gie. Dans ce dernier domaine, un de ses points forts pourtant, Roland se trouva plus d’une fois en défaut. Il se sentait nerveux malgré le ton détendu de la conversation. Il avait autant le trac que lors d’un oral de contrôle. Pourtant que lui importait si Martha refusait de le prendre dans son cheptel ? Il n’était pas sans ressources, lui. N’empêche, elle le mettait mal à l’aise. Sous son apparence débonnaire, il la devinait fine et dure comme une lame.

Elle paya les consommations et se leva.

— Allons chez moi ! Ce sera plus discret pour parler.

Roland poussa un soupir de soulagement. La pre­mière épreuve s’était passée à son avantage mais ce n’était pas terminé.

En quittant le salon, Martha lui prit le bras et chu­chota :

— Souriez, que diable! Vous êtes avec une femme du monde. Ne faites pas comme s’il s’agissait d’une corvée.

Confus, Roland rectifia son expression. Martha approuva :

— Oui, c’est mieux ! Allons-y !

Ils quittèrent le salon bras dessus bras dessous. Roland nota que des femmes, jeunes et jolies, leur jetaient des regards noirs.

 

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