LES FUREURS DE JULIETTE

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MASSEY Martin

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Broché / 123 pages


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Résumé

Son château tombe en ruines, mais Juliette se moque de cette misère car, pour elle, souffrir et faire souffrir est davantage qu’un loisir fin-de-siècle, c’est une vocation, un sacerdoce, dont elle fait profiter sa petite cour de femmes perverses, filles de fermes, servantes ou bourgeoises des environs… Et Camille qui s’est donnée à elle corps et âme, corps amaigri, torturé, âme perdue d’amour. Camille dont l’existence, même au fond d’un cachot, suscite des jalousies malsaines. Et puis il y a ceux qui cherchent à tirer partie de son dénuement, comme les Monestière, qui la chargent de séquestrer et de dresser leur fille Clémence aux pires débauches. Clémence réservée, secrète et égoïste, encore vierge à 18 ans, et qui absorbe violence et dégradation avec volupté, sans jamais rien offrir en échange. Sera-t-elle le rachat de Juliette, ou bien sa damnation ?

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Château de Maucrucis. Décembre. Six heures du matin. Dans l’« atelier », au plus bas niveau de caves, il n’y a ni jour ni nuit. Elles sont deux dans ce sanctuaire consacré à la souffrance du corps et à la déchéance de l’âme : Juliette, jeune femme capricieuse, cruelle et sentimentale, et une jeune fille d’une minceur irréelle, diaphane et légère comme un elfe dans son aube de lin blanc.

L’elfe se déshabille, dispose avec soin son vêtement sur un cintre qu’elle accroche dans le petit vestiaire métallique qui lui est attribué. Sur l’étroite porte de tôle, dont la peinture s’écaille, une étiquette affiche son prénom : Camille. Son corps d’une minceur extrême, ses membres frêles, ont la grâce fragile d’un insecte au sortir de sa chrysalide. Les seins minuscules pendent, émouvants. Juliette observe avec fascination cette nudité débarrassée de toute chair superflue, devenue une épure.

La jeune femme s’arrache à sa contemplation, choisit, parmi trois pichets de boissons agressives, celui qui contient un vinaigre sélectionné pour sa forte acidité. Elle remplit un grand verre qu’elle tend à l’elfe.

— C’est un nouveau vinaigre. Noémie l’a trouvé chez Comberousse. Il est beaucoup plus acide que le nôtre. Mais il est cher ! Trop cher ! Je dépense trop pour toi ! Mais s’il te convient, elle essaiera d’en obtenir quelques litres. Noémie a des arguments. La mère Comberousse ne suce pas et ne se fait pas enculer !…

— C’est vrai qu’elle aime bien avec les hommes !

— Noémie aime tout, mais moi plus que tout ! Elle a ses petites activités dont elle ne me parle pas ! Mais je suis au courant. Elle a des rapports même avec les animaux !

— On ne dirait pas, à la voir ! En tout cas, ce n’est pas pour moi qu’elle fait ça ! C’est pour te plaire ! Elle me déteste.

Une expression peinée assombrit les traits de la jeune femme.

— Pourquoi dis-tu ça, mon amour ?

— Je le sens ! Elle te veut pour elle seule. Elle est prête à tout pour me chasser de Maucrucis, pour m’éloigner de toi, mon adorée !

— Mais non, tu te fais des idées ! Elle essaie de gérer au mieux notre budget, c’est tout. Et elle n’a pas approuvé l’achat du fauteuil d’examen gynéco.

— Je suis désolée de te coûter autant d’argent ! Tu pourrais rogner davantage sur ma nourriture.

Juliette hausse les épaules.

— Ce n’est pas ce que tu manges qui revient cher. C’est surtout que j’aie toujours besoin de nouveaux matériels pour te torturer. Sans compter les accessoires, les produits !

Juliette incline la tête sur le côté, observe l’elfe avec compassion.

— Ça va être dur pour toi, ce matin, mon amour. Le programme est chargé. Il y en a pour deux heures avec une pause d’un quart d’heure. Tu vas saigner dès la première partie.

— Ne te soucie pas de moi ! La seule chose qui compte, est que tu sois heureuse.

— Je te branlerai aussi souvent que possible pour t’aider à tenir.

— Je t’aime !…

— Je t’aime aussi.

Juliette consulte sa montre.

— C’est le moment.

L’elfe lève son verre plein de vinaigre.

— Je suis prête. À ta bonne et belle santé, mon adorée.

— À ta totale déchéance, mon amour.

Elles échangent un long regard, chargé d’intensité.

— À tout à l’heure, Millou.

— À tout à l’heure, Cléo.

Sans transition, l’attitude de Juliette change du tout au tout. Son visage se durcit, des lueurs cruelles embrasent ses prunelles vertes.

— Avale ça, salope !

Camille boit à grosses gorgées qu’elle garde un bref instant dans la bouche avant d’avaler d’un trait. Des frissons brusques, des tressaillements la secouent.

— Il est… Il est très fort !… C’est… C’est bien, Frappe… Frappe-moi, sale pute, sinon, je ne vais pas y arriver.

Juliette s’empare d’une cravache, cingle l’estomac creusé qui, révolté par le breuvage corrosif, s’anime de spasmes violents sous le torse gracile. Tremblante, la jeune fille repose le verre vide. Elle attend, les bras le long du corps. Juliette la gifle. Le coup laisse une marque rouge sur la pommette saillante.

— En position, conasse ! Tarée !

Nue, prosternée, le visage dans ses bras repliés, l’elfe offre ses fesses pâles et menues. La raie, peu profonde, est presque effacée par la posture. Dans le large vide entre les cuisses élancées, filiformes, la vulve d’un bistre soutenu qui tranche sur la blancheur de l’épiderme, semble énorme. De gros anneaux d’acier la traversent et étirent les chairs. Un large cerne d’un brun rougeâtre s’étend autour de l’anus sombre, gonflé, évasé en entonnoir. Juliette l’éprouve du bout du doigt. L’orifice palpite, semble fondre sous la pression, s’entrouvre.

— Tu es de moins en moins nerveuse, par là !

— Tant mieux ! Je voudrais vivre avec un gode dans le cul en permanence. Il faudrait que tu le retires pour m’enculer ! Ça serait plutôt drôle, non ?

— Oui ! Paradoxal et intéressant ! Tu es dilatée à combien ?

— Sept centimètres et demi. Je crois que c’est la taille que tu m’as mis la dernière fois.

— Tu n’en es pas sûre ?

— Non.

La cravache s’abat, laisse une longue marque livide qui vire aussitôt au rouge sombre quand le sang reflue. Aucun gémissement n’échappe à Camille qui cambre un peu plus les reins. Juliette la frappe encore sans obtenir d’autre réaction qu’une palpitation de la vulve qui s’entrouvre pour libérer une coulée de sève incolore, filante. Juliette s’emporte.

— Je vais te rafraîchir la mémoire !

La jeune fille rit, lance :

— Parle à mon cul, roulure, ma tête est malade ! Je suis sûre qu’il s’en souvient !

— Tais-toi, tas de merde !

— Mon cul !… Mon cul !… Mon cul !…

Juliette cingle les fesses pointues. Puis, elle pose la schlague sur le dos de Camille, va choisir parmi une panoplie de godemichés rangés par taille, l’instrument à la bonne dimension. Elle revient près de la jeune fille qui frémit lorsque l’extrémité du membre de caoutchouc durci, couvert de minuscules rugosités, se pose sur son orifice. Juliette pèse sur l’objet. La raie s’enfonce sous la pression, entraîne la vulve proche comme si elle allait disparaître par là. De son côté, Camille fait des efforts inverses pour aller à la rencontre du tronçon dur. Des râles obscènes lui échappent. Le sphincter rompu à des pénétrations importantes se relâche. Avec une saccade, la tête oblongue s’engage. L’anus, étiré à l’extrême, n’est plus qu’une mince bague livide autour du rondin. Un halètement rauque soulève les flancs de la jeune fille. Elle donne des coups de reins pour hâter la pénétration que les aspérités rendent d’autant plus difficile.

— Mets… Mets-le… Le reste… Tout ! Tout ! Tu n’en mettras jamais assez dans mon cul !… Déchire-moi, espèce de garce ! Dans mon cul !… Dans mon cul !…

Elle s’exalte à évoquer cette partie de son corps. Par à-coups successifs, la jeune femme introduit la totalité du phallus. Une vingtaine de centimètres, dont une partie a forcé le fond de l’ampoule rectale pour s’engager dans le côlon. Juliette se redresse.

— Sept centimètres et demi ! Tâche de t’en souvenir, idiote !

— Oui, oui !… Sept centimètres et demi ! Tu m’as défoncée, peau de vache ! Merci !… Merci !…

Elle palpe son ventre creux, encaissé entre les os iliaques, caresse la bosse créée par l’objet qui fait saillie de l’intérieur.

Juliette saisit la base du godemiché, tire. La raie se soulève. L’anus, retenu par les rugosités, accompagne le retrait dans une succion obscène jusqu’à ce que le phallus sorte. L’orifice libéré bâille, ouvert sur une cavité sombre, aux abords rouge vif, qui plonge dans les profondeurs mystérieuses des entrailles. Un suc incolore, très fluide, s’en échappe, mêlé de fragments brunâtres. L’extrémité du phallus est souillée d’excréments.

— Goûte ta merde, pourriture !

Juliette enfonce l’objet dans la bouche de la jeune fille. Celle-ci suce, lèche jusqu’à ce que toutes traces aient disparu. Le gode disparaît à nouveau dans l’anus encore entrouvert qui l’accueille avec beaucoup plus de facilité. La jeune femme lui imprime un va-et-vient rapide. Après quelques instants, le sphincter se détend tout à fait. L’instrument sort et replonge dans l’orifice avec des bruits mouillés, des chuintements, des gargouillements. Les retraits ramènent au dehors un écoulement de plus en plus abondant, qui se teinte de rouge et se charge de débris excrémentiels. Ce mélange se répand jusque sur la vulve, se mêle à la bave épaisse qui dégorge du vagin, suit les angles naturels pour ruisseler le long des cuisses creuses.

Alors que l’objet est enfoncé jusqu’à la base, Juliette l’arrache avec brusquerie. Surpris, le sphincter demeure béant.

Habituée, la jeune fille envoie les mains derrière elle, saisit ses fesses minuscules, tire pour demeurer ouverte. Après quelques secondes, un étron mince, long et brun, projeté avec violence par les intestins révoltés, jaillit, roule aux pieds de Juliette. Cette expulsion est suivie d’une coulée sanglante qui forme une petite flaque entre les genoux de Camille, avant de se tarir.

La jeune femme éclate de rire.

— Ça suffit pour ton cul, espèce d’ordure ! On y reviendra peut-être tout à l’heure. Debout !

La jeune fille se retourne, se lève. Sous ses paupières alourdies, son regard est encore abêti par le plaisir. Elle sourit.

— Je suis si large ensuite, que j’ai l’impression que tu pourrais m’enfoncer un immeuble dans le cul ! Ç’a été plus facile que la dernière fois ! Tu vas bientôt passer à plus gros, hein, saloperie ?

— Oui. Je vais t’ouvrir encore et encore ! Je ne serai pas satisfaite avant de pouvoir y enfoncer mes deux mains !… Ou un pied ! Ça, j’en rêve.

— Les deux, si tu veux. J’ai hâte !

— Tu seras mutilée des fesses. Tu chieras sur toi.

— Je m’en fiche !

— Tu es tarée ! Tant mieux, ça fait mon affaire.

 

*

 

Camille, maintenue par de solides courroies de cuir, est immobilisée dans le fauteuil d’examen gynécologique, cuisses relevées, talons calés dans les étriers.

Juliette va d’une armoire vitrée à l’autre, en retire des instruments, des produits, qu’elle dispose sur une petite table roulante métallique recouverte d’un linge blanc. Lorsqu’elle revient près de Camille, il se trouve sur la tablette : une grosse aiguille à repriser, une aiguille de matelassier courbe, une autre droite, et une alêne. Du fil à repriser et du fil poisseux de cordonnier. Un cutter et des lames de rasoir. Deux grosses pinces crocodile pourvues d’une chaînette terminée par un crochet, et un assortiment de poids en plomb. Cinq cathéters pleins, de quatre millimètres de diamètre. Une sonde vésicale en caoutchouc longue d’un mètre et pourvue d’une poire énéma. Un gros pinceau et une brosse à ricil. Un bol de saumure et une bouteille d’alcool à brûler.

La jeune fille ne perd pas un geste de Juliette. Ses yeux, immenses dans son visage fin, brillent d’un éclat un peu fou. La jeune femme commence par poser les pinces crocodile aux aréoles. Puis elle suspend des poids aux crochets. Cinq cents grammes à chacun d’eux par ajouts successifs. Les seins minuscules, pendants, s’allongent jusqu’à la base du torse fin, soulevé par une respiration raccourcie. De temps à autre, Juliette surveille sur le visage de la jeune fille la progression de la souffrance. C’est encore peu pour Camille, capable d’en supporter bien davantage.

— Ça va, conasse ?

— Qu’est-ce que ça peut te foutre, fumière ?

— Je m’en fiche ! Je vais te les coudre au torse.

La jeune femme prend la grosse aiguille courbe, enfile dans le chas une longueur de fil poisseux. Elle commence à coudre les seins étirés contre le buste. L’aiguille, épaisse, pénètre mal dans la peau. Elle doit forcer pour traverser l’épiderme qui se soulève, résiste avant de céder. Camille halète. Des grimaces de douleur crispent ses traits délicats à chaque fois que l’acier la perce. Lorsque le fil grossier ressort, il entraîne du sang qui ruisselle, tombe en grosses gouttes sur le ventre plat, animé de palpitations violentes. Juliette fait de gros points, espacés d’environ deux centimètres, qui partent de la naissance des mamelles, aplaties par la tension, vers les bouts mâchurés par les fortes pinces. Juliette ôte ces dernières. Les dents de métal ont laissé de profondes marques imprimées dans la chair grenue et fripée. Les seins cousus à la cage thoracique demeurent distendus. Les deux derniers points passent dans les tétons bruns qu’ils tendent jusque sous les côtes.

Camille respire à petites inspirations prudentes. Juliette prend du recul, incline la tête sur le côté pour admirer le résultat.

— Tu es très belle ainsi ! Je devrais te fixer les seins comme ça, avec une série de petits anneaux ! Nous verrons ça quand nous aurons un peu d’argent à dépenser.

La jeune fille sourit malgré la douleur diffuse qui baigne le haut de son corps.

— Je t’ai déjà proposé de me louer ! Je suis sûre que pas mal d’ordures dans ton genre paieraient pour me supplicier. Tu pourrais demander beaucoup d’argent !

Juliette lui caresse la joue avec tendresse.

— Jamais ! Tu es à moi seule, espèce de pute ! Peut-être te prêterai-je, un jour, pour le plaisir de souffrir comme une damnée si je vois une autre que moi te torturer !…

Camille ferme les yeux, apaisée, murmure :

— Que vas-tu me faire maintenant, charogne ?

— Je me sens une humeur de cousette, ce matin. Mais encore faut-il que j’aie une déchirure à repriser !… Ton périnée est bien tendu, luisant !…

Une lueur d’inquiétude passe dans les prunelles sombres de la jeune fille.

— Tu ne m’as jamais attaquée par là !…

— Il y a un commencement à tout ! Tu as peur, hein ? Dégonflée !

— Oui…

Elle ajoute d’une voix plus basse, rauque, tandis que des gouttes de sueur naissent dans ses aisselles garnies d’un épais buisson noir, coulent le long de ses flancs :

— … et ça me plaît que tu me fasses crever de frousse, espèce de carne !

Juliette avance la tête, hume l’air en direction de la jeune fille.

— Tu pues quand tu as peur !… C’est fort !

Elle lèche les dessous de bras ruisselants d’une âcre rosée.

— Choisis ! Que préfères-tu ?

Elle montre le cutter et une lame de rasoir. L’elfe hésite un instant avant de se décider pour la lame de rasoir. Juliette vérifie les sangles qui maintiennent Camille, en resserre quelques-unes. Puis elle approche une chaise et s’installe face aux cuisses ouvertes. Les gros anneaux étirent les lèvres qui s’affaissent en plis concentriques autour de l’entrée du vagin. En dessous, la plage lisse et bistre du périnée est divisée en son centre par une mince ligne de chair granuleuse qui rejoint l’anus. C’est ce tracé naturel que suit la lame. Un geste précis, net, qui incise depuis la dépression vaginale jusqu’à l’anus. Camille pousse un hurlement atroce, se raidit dans ses attaches de cuir. La coupure est peu profonde, mais saigne avec abondance. Le cri de la jeune fille se mue en râles aigus entrecoupés de halètements frénétiques. Pourtant, à travers ces plaintes affreuses, se discernent les accents d’un plaisir situé au-delà de la raison. Avec des contractions violentes, le vagin expulse de grosses coulées qui engluent l’entaille, se mêlent au sang. Juliette hoche la tête.

— Te voilà bien abîmée !

Camille paraît ne pas l’entendre, secouée par les spasmes d’une jouissance effroyable. La jeune femme attend que la crise orgastique s’apaise.

— Tu as l’air con quand tu viens de jouir. Rentre ta langue et ferme ta bouche, conasse, on dirait une demeurée !

— J’ai… J’ai mal ! Saleté ! Charogne ! Pourriture !

Juliette secoue la tête avec une expression désolée.

— Tu aimes ça à tel point, que ça en devient écœurant !

— Je t’emmerde, pétasse ! Emmène-moi encore plus loin !

Avec un lambeau de serpillière qu’elle trempe dans un seau plein d’une eau sale, qui a servi à laver le sol, la jeune femme lui rince le visage. Le liquide répugnant tombe sur les seins aplatis, festonnés par les points très serrés. Puis elle prend le pinceau et le bol de saumure dont elle badigeonne la plaie. Camille pousse des gémissements lamentables. Pour la première fois depuis le début de la séance, des larmes s’accumulent aux coins de ses paupières, ruissellent sur ses joues creuses. Elle marmonne d’une voix entrecoupée de sanglots :

— Ça me ronge par… Par le milieu !… Oh, que j’aime ça ! Saloperie ! Garce ! Je vais jouir encore ! Je… Je sens que ça vient !… Ajoutes-en !

Juliette mouille le pinceau à nouveau, fouille l’incision béante. Souffrance et volupté se mêlent dans les cris de Camille dont le vagin écarquillé dégorge d’un flux gluant. Juliette, d’un coup de lavette, rince cette bave onctueuse pour qu’elle ne vienne pas adoucir l’effet cuisant de la mixture.

Deux orgasmes consécutifs, d’une intensité qui la mène aux confins du plaisir, dévastent la jeune fille qui demeure prostrée dans ses liens. Juliette observe avec une émotion non dissimulée ce visage délicat, encore creusé de volupté. Elle murmure :

— Comme tu es beau, putain d’elfe de mon cul !…

Elle sort de sa contemplation comme à regret.

— Il y a encore du travail, dégénérée !

Elle saisit la bouteille d’alcool à brûler, la débouche, inonde l’entaille, la frotte du bout des doigts pour la rincer de toute trace de saumure. C’est à peine si Camille geint. Elle a franchi le seuil de la douleur. Lorsque la blessure est propre, Juliette la referme avec des petits points, très serrés et rapprochés, de fil poisseux. Une douzaine en tout.

— Voilà ! La cicatrice se verra à peine.

La voix de Camille est très faible, qui murmure :

— Alors, tu pourras recommencer, sale pute…

Une pause d’un quart d’heure est décidée. Juliette détache la jeune fille du fauteuil d’examen. Elle se lève, fait quelques pas d’une démarche hésitante, remuent ses bras avec gêne.

— Ça fait bizarre. Les points tirent quand je bouge !… Je m’y habituerai !

— Bien sûr, mon amour.

Elles échangent un long baiser. Puis Camille demande une cigarette, et un verre du pichet qui contient l’urine matinale de Juliette.

Tandis que la jeune fille profite de ce moment de détente, fume, boit à petites gorgées la pisse refroidie, très forte, de l’aimée, elles bavardent, font des projets pour des séances à venir. Juliette s’inquiète.

— J’y suis allée très fort, ce matin, mon pauvre amour. Je sais que je devrais arrêter, mais j’ai envie de te continuer. Il faudrait que tu refuses.

Camille vide son gobelet, va se resservir, de sa nouvelle démarche prudente et maladroite, revient près de son amante.

— Il n’est pas question que je refuse ou que tu te prives, Cléo ! Tu sembles oublier que je jouis comme une damnée ! J’en ai autant besoin que toi, tu sais !

Juliette avance les lèvres en une moue dubitative.

— C’est vrai, mais la suite va être très dure ! Tu veux savoir ce que je compte te faire ?

— Non, mon adorée ! Ne me dis rien à l’avance. C’est encore plus terrible quand je ne suis pas prévenue.

— D’accord. Ensuite, quand je t’aurais terminée, il y aura plusieurs heures de contention en écartèlement. Tu es certaine de pouvoir tenir ? Si tu veux dire non, c’est le moment ou jamais ! Tu sais que lorsque je commence, c’est très difficile pour moi de m’arrêter !

— Ça ira ! Ne m’épargne surtout pas. Je t’aime à mourir !

— Comme tu veux, Millou.

Elle regarde sa montre.

— Encore une minute, et il faudra s’y remettre, mon amour, puisque tu… refuses de refuser ! Tu as juste le temps de finir ton verre !

Toutes deux rient, complices, amoureuses.

 

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