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Résumé

Pour quelques rares initiés, le coeur de Bordeaux palpite parfois au rythme des nuits de cuir. Des jeunes femmes menées par leurs amants ou leurs maris, sanglées dans des harnais diaboliques ou contraintes par d’émouvants corsets, s’abandonnent à des fêtes baroques. Et quand Pascale, par la volonté d’un ami, se trouve entraînée dans ces nuits, elle n’a d’autre choix que de se soumettre. De fil en aiguille, elle sera conduite dans des chasses privées, où, sanglée de cuir, elle servira de gibier à d’étranges battues n’ayant pour but que le plaisir. Jean-Charles Rhamov nous prouve ici que la capitale girondine n’est pas la belle endormie qu’on veut bien laisser croire, et si son héroïne se perd dans le labyrinthe des émotions ce n’est que pour mieux laisser son corps exprimer la jouissance.

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CHAPITRE PREMIER

Pascale était quasiment nue dans la nuit de la ville, et elle offrait son corps à la brise du soir. Adossée à la porte cochère, sous l’abri du porche, le Burberry aux hanches et la robe largement ouverte, elle s’abandonnait aux caresses de Charles. Dans un reste de lucidité, les yeux grand ouverts, elle surveillait les façades et le bout de la rue. Parfois, sous l’émotion d’une caresse plus précise, elle se laissait aller à fermer les yeux et prolongeait ainsi la vague qui naissait dans ses reins.

Ce soir-là, la rue du Couvent n’avait pas l’air très catholique. L’éclairage public brillait par son absence et, sauf à profiter de la pleine lune, il aurait semblé hasardeux de s’y aventurer. Charles avait profité de la chose pour entraîner son amie dans l’enfoncement d’un porche et labourait à pleine main le sexe féminin. Vaincue par la volonté masculine, la jeune femme n’écoutait plus sa raison et se laissait aller enfin vers le plaisir quand un bruit de pas la tira de sa fièvre. Elle eut du mal à distinguer la silhouette qui s’approchait et, quand enfin elle réalisa, il était trop tard. Son ventre éclata de mille feux pour répandre dans ses reins la violence de l’orgasme.

— Vous pouvez pas aller faire ça ailleurs ?

Charles sursauta. Il n’avait rien vu venir. Derrière lui se tenait un vieil homme au regard sombre et à l’allure antipathique. Cheveux ras, la soixantaine et une raideur toute militaire. Il y eut un instant où chacun jaugea l’autre et, sans plus de cérémonie, l’inconnu haussa les épaules, marmonna quelques phrases incompréhensibles, histoire d’affirmer sa désapprobation, et tourna les talons pour disparaître dans la nuit.

C’est alors que le jeune homme prit conscience de la situation. Il était là, en pleine rue, collé à une Pascale offerte à tous les vents, ses doigts toujours plongés dans les muqueuses brûlantes. Leurs regards se croisèrent… et dans un même élan ils éclatèrent de rire. En quelques gestes précis il rattacha la robe, releva le trench jusqu’aux épaules, donna un peu plus d’allure à sa mise et, comme s’il voulait suivre l’importun, il entraîna sa compagne dans la même direction.

 

On était fin mars et le changement d’heure n’avait pas encore eu lieu. A neuf heures, il faisait déjà nuit. Le couple pressa le pas dans la douceur ambiante. A grandes enjambées, ils gagnèrent la façade éclairée du cinéma. Sous les néons blafards, Charles put apprécier les jambes largement dévoilées de sa compagne. Pascale avait passé une robe maintenue sur le devant par deux simples boutons au niveau du bassin. Elle avait choisi ce vêtement pour sa hardiesse. Manière de se rassurer, elle avait complété sa tenue de son imper Burberry. Elégance oblige. Et pour plaire à Charles, elle s’était fendue d’une coiffure originale, qui lui couvrait une partie du visage et qui coulait, en vagues blondes, jusque dans le cou. Son seul défaut, c’était son manque de poitrine. Non qu’elle ait une poitrine totalement absente – ce n’était pas le cas – mais la nature l’avait dotée d’une paire de seins de très moyenne dimension.

C’est ainsi que, dès le début de son adolescence, elle joua de tous les artifices que la corseterie mettait à son service. Elle ne porta plus que des Wonderbra ou des push-up. A vrai dire, elle préférait ces derniers pour leur aspect plus sexy. Le Wonderbra ne donnait que du volume, le push-up, outre l’effet volume, resserrait la poitrine pour en marquer le sillon central. Et cette fonction, pour anodine qu’elle paraisse, avait eut l’heur de plaire à Pascale qui avait vite remarqué l’intérêt que portaient les hommes à ce petit détail.

Mais ce soir-là, l’audace de la robe ne lui permettait pas de soutien-gorge. Elle avait fait le compromis de la nudité. Deux fines bretelles plaquaient le tissu sur les seins pour les mouler adroitement et, dans le dos, la robe s’évasait jusqu’au creux de ses reins. C’était un vêtement qu’elle ne portait que rarement, parfois au restaurant, mais le plus souvent au cinéma. Charles aimait qu’elle affiche sa peau nue aux yeux des autres, d’autant que si l’ourlet descendait au-dessous du genou, l’attache centrale dévoilait ses jambes dans un fendu presque indécent. Il s’agissait d’une robe difficile à porter et Pascale se faisait parfois violence pour le plaisir à Charles.

La caissière du cinéma fit la moue à l’approche du couple. Certes, ce n’était pas le principal cinéma de la ville et la population qui fréquentait ce lieu ne présentait pas les signes rassurants de la petite bourgeoisie de province, mais la tenue de la jeune femme ne manqua pas de la surprendre. « Elle aurait tout aussi bien fait d’être nue », pensa-t-elle. Toutefois elle se garda d’en faire état et tendit les deux billets.

Dax n’est pas vraiment une ville qui peut se vanter de la chaleur torride de ses nuits. Quelques années auparavant, un sex-shop avait tenté sa chance, très vite contraint de baisser rideau devant la levée de bouclier des âmes bien-pensantes. Ici, sauf à sacrifier aux religions locales, rugby et tauromachie, il n’y avait point de salut. Mais, contre vents et marées, un lieu résistait encore. Il s’agissait du Rex, un simple cinéma, façade antédiluvienne, vaguement art déco, et programmation pour le moins réductrice. Au fil du temps s’y était créée une clientèle d’habitués et si celle du soir avait des accents glauques, il n’y avait jamais eu de réels problèmes avec le voisinage. L’avènement de la vidéo, puis l’arrivée du DVD, avait failli fermer ce cinéma de quartier, mais sans trop savoir pourquoi, il était resté une population d’irréductibles, en majorité masculine, qui avait contribué bien involontairement à la sauvegarde du lieu.

A l’occasion, en fin de semaine, souvent le vendredi, discrétion oblige, des couples en mal de sensations venaient gonfler le nombre de spectateurs. C’était le cas de Charles et de Pascale qui recherchaient la sourde excitation de se mêler au monde trouble de l’érotisme provincial.

A peine entré, Charles embrassa la salle du regard. Peu de monde ce soir. Une bande de jeunes squattait les rangées du milieu, tout en bas quelques solitaires disséminés et, vers le haut, outre des hommes seuls, il remarqua deux couples. Il prit le parti de s’approcher d’eux et entraîna Pascale d’un bras décidé. Isolés au centre de leur rangée, ils se laissèrent aller à quelques gestes d’intimité. Elle quitta son trench, il étendit ses jambes et il se fendit d’un court baiser sur ses lèvres. Enfin, quand elle plaça négligemment sa main sur le haut de la cuisse masculine, il se dit que la séance débutait sous les meilleurs auspices. Quant au film, il ne présentait pas d’intérêt. Le but du jeune couple n’était que dans ce qu’ils allaient vivre. Ils se promettaient des caresses, comme au meilleur temps de leur adolescence, et peut-être plus, si leurs voisins de salle leur en laissaient la liberté.

Les appliques baissèrent d’intensité et l’écran de publicité disparut dans les cintres. Il y eut encore deux ou trois spectateurs qui filèrent hâtivement jusqu’à trouver une place, découpant leurs silhouettes sur le générique qui débutait. Dans un premier temps, Charles entreprit Pascale de manière précise. Un regard sur la salle pour estimer l’intérêt des spectateurs, un autre par-dessus l’épaule pour s’assurer de la tranquillité des autres couples, et le jeune homme glissa une main dans le corsage pour prendre possession d’un sein. De l’autre main, la gauche, il entoura les épaules. Elle se laissa faire et tendit même la poitrine pour apprécier pleinement la caresse. Aussitôt l’extrémité du sein s’érigea comme une pointe dure. Le téton martyrisé afficha son plaisir d’être traité ainsi, la peau douce se fit plus granuleuse, plus chaude aussi, et Pascale se mit à ronronner sur l’épaule de Charles.

Très vite le jeune homme défit la robe en deux pans latéraux. Comme précédemment dans la rue, Pascale se trouva nue. Mue par un réflexe naturel, elle écarta les jambes, d’abord insensiblement, puis en grand. La main masculine se fit plus précise. Sans trop savoir pourquoi leurs lèvres se cherchèrent et ils se fondirent dans le plus fougueux des baisers.

Dès cet instant, indifférents à ce qui se passait autour d’eux, liés par la fièvre naissante, ils se soudèrent dans un discret remue-ménage. Leurs mains cherchèrent leurs corps, leurs doigts fouillèrent leur chair et si Pascale eut droit à un nouvel orgasme, Charles ne fut pas en reste, qui se soumit aux caresses habiles de la jeune femme. Il y eut ensuite une période de calme, pendant laquelle elle resta quasiment nue, regardant Charles se débrouiller de quelques éclaboussures malencontreuses. Puis Charles désira une petite gâterie buccale, et le fit comprendre en silence. Aussitôt, et sans aucune hésitation, la jeune blonde se glissa sur le sol, parvint à se couler entre les jambes du jeune homme et défit la ceinture. En quelques secondes, et par des gestes maladroits compte tenu du peu d’espace entre les deux rangées de sièges, elle extirpa du pantalon un sexe masculin aux dimensions déjà fort honorables. En femme experte, elle joua de la raideur du membre pour le faire pivoter plusieurs fois violemment vers le bas, jusqu’à ce que, satisfaite de la résistance masculine, elle relâche sa prise. L’objet se relevait alors, tel un ressort tendu, pour venir frapper le bas-ventre masculin dans un bruit mat.

Elle savait que Charles aimait ça, cette façon originale qu’elle avait de traiter son sexe. Elle joua ainsi de lui de nombreuses fois, avant de dégager enfin les bourses comprimées par la fermeture Eclair. L’homme était désormais tendu par le désir. Il n’aurait fallu que quelques rapides manipulations à la jeune femme pour le conduire à l’éjaculation. Elle en avait conscience mais connaissait aussi le plaisir de l’attente. Toute sa science résidait dans l’art de retarder l’inéluctable. Elle décida de commencer lentement, griffant avec douceur la peau plissée des bourses. Charles laissa quelques instants sa bouche ouverte sur une plainte muette. Mais le jeu n’était pas vraiment désagréable. Elle savait y faire la diablesse, songea-t-il avant de plonger ses doigts dans la chevelure blonde. C’était le signe qu’elle attendait pour approcher ses lèvres du gland déjà apoplectique. Elle déposa un baiser sur la peau granuleuse et ouvrit grand la bouche pour enfourner l’objet. Plus rien ne se passa durant plusieurs secondes. Puis, comme mue par une force venue du fond des âges, Pascale colla sa langue sur l’extrémité de la hampe, assura sa prise au pied de celle-ci, et débuta un très lent va-et-vient rythmé par les mains du jeune homme. Il ne fallut que quelques coups de langue pour atteindre à l’extase. Le sexe masculin se vida en saccades dans la gorge offerte. Pascale avala jusqu’à la dernière goutte, plus par conscience que par plaisir. Le sperme n’était que saveur insipide et légère fadeur, mais ça faisait partie du rituel.

Quand elle releva la tête pour reprendre sa place, elle ne put réprimer un jappement d’effroi. Devant elle, penchées par-dessus les dossiers, deux paires d’yeux suivaient la scène avec un grand intérêt.

 

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