L’ESCLAVE DE FLORA

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VERNAC Eric

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Broché / 160 pages


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Résumé

Auprès des expertes en techniques savantes, il existe une nouvelle race de dominatrices : des jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, pour qui dominer n’est qu’une façon spontanée de séduire. Terriblement dangereuses, elles jouent de leur beauté et de leur apparente candeur pour mieux ensorceler leurs proies…

Fabien était un professeur heureux, avec une jolie femme et quelques aventures. Une panne sexuelle bouleverse sa vie. Qui dit panne, dit réparation, mais le sexe n’est pas une machine… Devenu l’esclave d’une jeune étudiante qui adore fouetter et être obéie, il se soumet dévotement à sa cruauté, mais il faut qu’elle le livre à d’autres femmes pour qu’il découvre vraiment la servitude, la douleur et l’humiliation.

Déchéance ou passion flamboyante ? Une histoire d’amour intense, violente et singulière.

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I – HÉLOÏSE

— Veux-tu que je te fasse un strip ?

Héloïse est charmante, ce dimanche soir. Fabien peut se féliciter d’avoir une femme ravissante, épanouie, qui vient de dépasser tranquillement la trentaine. Lui, il a douze ans de plus. Professeur d’anglais dans un lycée de la banlieue sud, il n’a pas la sensation d’être un has been, comme il disait de ses parents.

Ils rentrent d’une soirée chez des amis. Héloïse a encore les yeux qui brillent sous l’effet de l’alcool. Dans la voiture déjà, elle était très chatte. Prête à lui ouvrir la braguette pour le sucer dans le parking, comme aux premiers temps de leur mariage. Héloïse n’a jamais cessé d’alterner une stricte réserve et une soudaine lubricité. C’est une « salope pudique », comme il la traite parfois ; en tout cas, une « femme qui aime l’amour ».

Sitôt à la maison, la fatigue de la soirée aidant, Fabien s’est déshabillé et s’est mis au lit. Il a l’habitude de dormir nu. Héloïse a congédié la baby-sitter et vérifié que Mélanie dormait bien. D’ordinaire, elle se déshabille dans la salle de bains, mais ce soir elle a envie de sexe. Sans attendre de réponse de Fabien, elle déboutonne sa robe en se trémoussant langoureusement et se débarrasse de sa petite culotte que, du bout du pied, elle envoie négligemment à Fabien, pour qu’il en respire les effluves – innocent rite conjugal. Elle porte ce soir des dessous de soie noire, avec cette sublime guêpière qui fait pigeonner sa poitrine.

— C’est mon habit d’amour, dit-elle parfois, le matador a bien son habit de lumière !

Héloïse grimpe sur le lit et prend une pose lascive, à genoux, ce qui met en valeur ses jambes gainées dans les bas noirs, qu’elle se caresse avec des mines gourmandes. Sous les draps, Fabien empoigne son sexe. Il éprouve aussitôt une gêne : sa verge est molle, courte et froide.

Tandis qu’Héloïse s’évertue à l’exciter, faisant langoureusement glisser sur ses bras les bretelles de soie, dévoilant un sein, puis l’autre, Fabien tente désespérément de se branler sous le drap, de faire durcir son organe récalcitrant. Vient le moment inévitable où son épouse, n’ayant gardé que ses bas et son porte-jarretelles, arrache les draps et s’approche… D’abord, elle ne remarque pas l’état de flaccidité de son mari. Elle vient, comme elle aime le faire, offrir son sexe à ses baisers. Les genoux calés de chaque côté des épaules de Fabien, elle vient se placer au-dessus de lui, pour que sa vulve effleure la bouche de son mari. Tout de suite, il tire une langue bien déliée, propre à l’usage qu’elle attend de lui. Écartant de ses doigts les poils de la toison brune, il s’y fraie un chemin jusqu’à la vulve chaude et déjà humidifiée d’Héloïse, qu’il commence à lécher avec dévotion – sans autre résultat tangible, hélas, du côté de son propre sexe.

Ce qui doit arriver arrive : sa jeune femme, étonnée, se rend compte de la panne imprévue.

— Oh… Tu es fatigué ?

— Je… Je ne sais pas ce qui m’arrive.

— Mon pauvre chéri, ta bite est malade ? Mais je vais te la soigner, moi… Tiens…

Sans changer de position, Héloïse se courbe avec souplesse et sa bouche va à la rencontre du sexe de Fabien. Elle le lèche patiemment, sur toute sa longueur, avant de l’engloutir tout entier pour le soumettre à une succion méthodique. Ses dents mordillent le prépuce, sa langue opère de savantes circonvolutions à la surface du gland, ses lèvres enserrent la hampe, ses doigts jouent avec les couilles. Peine perdue ! Le pénis reste flasque, comme vidé de toute vie.

— Tiens ! Que se passe-t-il ?

— Je ne sais pas. C’est vraiment la première fois que…

— Toi qui es toujours en train de bander pour un oui ou pour un non…

— Je n’y comprends rien.

— Attends, je vais essayer autre chose…

Penchant le buste sur le bas-ventre de son mari, Héloïse laisse pendre ses seins voluptueux pour en caresser ses organes génitaux. Les mamelons bruns effleurent la verge, les tendres globes de chair se pressent contre elles, s’écrasent entre le pli de l’aine et les bourses.

— C’est bon, j’aime beaucoup ça.

— Je te crois, mais ça ne se voit guère. Toujours rien, comme disait sœur Anne.

— Chérie, arrête de te moquer, ce n’est vraiment pas drôle.

— Écoute, ne te braque pas, prends-le en souriant, toi aussi. Ce n’est pas un drame, après tout… Peut-être comme ça, d’habitude tu aimes bien quand je te branle.

Joignant le geste à la parole, Héloïse empoigne la verge assoupie de son mari et se met en devoir de lui imprimer de courtes saccades.

— Héloïse… Je préfère que tu laisses tomber pour ce soir. Excuse-moi, mais viens, si tu veux, je vais te faire jouir avec ma langue.

Cette fois, la jeune femme baisse les bras, abandonne la partie. Elle s’allonge, se forçant à sourire.

— Non, tu sais… Tu es capable de gagner un championnat de cunnilingus, j’en suis convaincue, mais je n’ai pas envie maintenant.

— Et si je te suçais les seins pendant que toi, tu te branles ? suggère Fabien en donnant un coup de langue lascif au mamelon gauche de son épouse…

— Non, je ne veux pas avoir de plaisir si tu n’en as pas.

Le ton est définitif, elle se tourne vers lui, sur le côté, pose la main sur sa poitrine et ferme les yeux.

— Dormons, amour…

Fabien se résigne. L’incident est clos. Pourtant, il met longtemps à s’endormir. D’ordinaire, Héloïse prend sa verge dans sa main, ou bien ses bourses, et c’est souvent ainsi qu’ils sombrent dans le sommeil. Ce soir, cette main tendrement fureteuse ne descend pas au-dessous de sa ceinture. Délicate attention, souci de ne pas l’humilier davantage ou premier mouvement de recul ? Le simple fait de se poser la question est une source d’angoisse. Tandis qu’il cherche en vain le sommeil, ses rêveries érotiques restent sans effet.

Il se remémore ses premiers temps avec Héloïse, quand elle lui présentait sa petite sœur Hermine. Comment elle avait convaincu cette gamine de 17 ans de lui montrer ses seins. Comment il avait pris l’habitude de l’embrasser sur la bouche. Comment il laissait la porte de leur chambre ouverte, quand il faisait l’amour avec Héloïse, en espérant toujours qu’Hermine les surprendrait, et les rejoindrait. Comment, enfin, c’était arrivé. Comme il avait aimé le corps gracile de l’adolescente. Comment Héloïse avait incité sa petite sœur à prendre dans sa bouche la verge de son mari, à lui donner du plaisir avec sa langue naïve, à ne pas retirer ses lèvres quand il avait joui, à garder le sperme entre ses joues et à le remettre, de la bouche à la bouche, à sa grande sœur…

Non, pour cela, Fabien fantasme, enjolive la réalité. Ils n’ont jamais baisé à trois, il n’a jamais baisé Hermine, juste furtivement embrassée et tendrement pelotée à travers le tee-shirt. Et il n’a vu ses mignons seins nus qu’à la plage, ce qui est nettement moins érotique. Entre les souvenirs et l’imaginaire, d’ordinaire, son désir s’affole, il lui faut le satisfaire par une masturbation. Ce soir, toujours rien. Fabien commence à s’inquiéter.

Le souffle d’Héloïse endormie chatouille la peau de son torse. Il cherche à trouver le sommeil mais n’y parvient pas. Il se dit qu’il est en train de vieillir et une angoisse tenace le submerge. Déjà, il voit tout en noir. Plus jamais, il ne bandera. Plus jamais, il ne baisera celle qui dort contre lui, ni une autre. Héloïse connaîtra une frustration croissante et, lasse de n’être plus comblée par lui, finira par le quitter. Ou bien, par égard pour tout ce qui les unit, elle restera près de lui, comme une sœur. Bientôt, par délicatesse, elle prendra garde à ne plus déshabiller devant lui. Elle fermera la porte de la salle de bains. Et pour ne pas se dessécher prématurément, elle prendra un amant, un jeune type style maître-nageur.

Au réveil, le lundi matin, l’humeur sombre de Fabien n’échappe pas à la sagacité de son épouse.

— Tu y penses encore ?

Il tente de rester évasif, de jouer la désinvolture, mais cela ne lui convient pas. Il avoue très vite à Héloïse qu’il a mal dormi. Il n’ose pas ajouter qu’au petit jour, il a attendu en vain l’érection matinale qu’il espérait. Un signal qu’il n’eût pas même remarqué en temps habituel, mais qui a pris une résonance inattendue.

— L’essentiel, conclut joyeusement son épouse, c’est de ne plus y penser ! Inutile de te mettre martel en tête. Ça passera…

Elle a, en disant ces mots, un mouvement du buste qui dévoile à demi son sein gauche sous le liséré de la chemise de nuit flottante.

« Facile à dire, » pense Fabien, enfilant sa veste, tandis qu’Héloïse le gratifie de deux baisers sur la joue, garants de la paix et de la quiétude du foyer conjugal.

 

Il est huit heures trente. Sur la route de son travail, au volant de sa R5, Fabien Lory est soucieux. Tandis que défile la banlieue morne, il songe une fois de plus à la soirée de la veille. Héloïse a été compatissante… Trop compatissante !

Peut-être aurait-il préféré qu’elle monte sur ses grands chevaux, qu’elle l’accuse, voire qu’elle le suspecte de le tromper ou d’être amoureux d’une autre… – motifs qui eussent donné une explication raisonnable à sa défaillance. Au lieu de cela, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même et, ce matin, Héloïse a été exemplaire, comme d’habitude. À aucun moment, elle n’a dramatisé l’anicroche. Maintenant, à tort ou à raison, cette discrétion lui semble singulièrement pesante.

Fabien gare sa Renault devant le lycée Jacques Prévert. Parmi les adolescents qui s’attroupent déjà, quelques-uns de ses élèves de troisième et de seconde.

Parmi les filles, Dieu sait s’il y en a de belles, et qui s’habillent sexy. Les minijupes illuminent ses classes de quelques paires de cuisses parfois nues, parfois gainées de collants colorés. Mais les yeux de Monsieur Lory ne vagabondent pas pendant les versions et les exercices de prononciation. Il se connaît, il a pris le parti une fois pour toutes de ne pas considérer ses élèves-filles comme des femmes. Trop dangereux…

Pourtant elles sont tentantes, les petites bougresses !

Alors, il se choisit chaque année un dérivatif, parmi ses collègues ou le personnel de l’établissement. Une femme sur qui il pourra cristalliser toute l’année scolaire s’il le faut, quitte à faire sa cour, voire à conclure, mais cet aboutissement n’est pas indispensable. La plus longue liaison qu’il ait eue ainsi, ce fut avec une prof de maths, et cela dura de Noël aux grandes vacances.

Cette année, cela fait deux mois qu’il concentre son attention sur Marie-Line, qui a 20 ou 21 ans et qui gagne ici comme pionne de quoi poursuivre ses études. Il aime ses yeux rieurs, sa façon de le tutoyer d’emblée, et ses jolis seins ronds qu’elle porte bien haut sous un pull moulant.

Le lundi, il termine son service à la même heure qu’elle et, presque chaque semaine, il la raccompagne et la dépose dans Paris – ce qui évite à Marie-Line les transports en commun.

Ce midi, à la cantine, il l’a dévorée des yeux pendant tout le repas. Un discret maquillage rehausse l’éclat de son visage, elle porte un pull d’angora bleu pâle qui lui va à ravir, mettant plus que jamais en valeur une poitrine qui doit faire bien des envieuses, à en juger par les réflexions peu amènes, en salle des profs, des collègues féminines de Fabien à l’égard de « la petite pionne », « cette dévergondée ».

Aujourd’hui, en se levant de table, il s’est arrangé pour sortir avec elle :

— Je te raccompagne, ce soir ?

— Ah oui, ce soir ça m’arrange super. On se retrouve au bureau de surveillants…

L’après-midi, Fabien Lory n’a guère la tête à la langue de Shakespeare. Toutes ses pensées reviennent à une lancinante question : si sa virilité s’est assoupie, ce n’est certes pas la faute d’Héloïse, plus sensuelle que jamais. Mais peut-être a-t-il besoin de découvrir un corps inconnu, aussi désirable que celui de Marie-Line ? Il y a plus de deux ans qu’il n’a pas fait l’amour avec une autre femme qu’Héloïse, exception faite de régulières escapades chez les professionnelles. Jusqu’à 17 heures, il s’emploie à imaginer les charmes de Marie-Line. Ses épaules, son dos, son ventre et ses seins. Et puis ses jambes, qu’elle cache trop souvent sous une paire de jeans usés, et qu’il a aperçues tout à l’heure : quelle chance, aujourd’hui elle est en jupe ! Il a aimé suivre des yeux ses mollets finement fuselés et, juste sous la limite du tissu, les creux poplités, nom savant de l’arrière des genoux, où il adorerait déposer ses lèvres.

La sonnerie donne enfin le signal. Le porte-documents vite bouclé, la classe congédiée, Monsieur Lory file vers la sortie et, sans repasser par la salle des profs, fait signe à Marie-Line postée sur le seuil du service surveillance. Une grappe de gamins passe devant elle en l’appelant « Madame ».

Bientôt la voilà installée à la droite de Fabien, qui ne s’est pas privé de lorgner ses jambes quand elle a grimpé dans la R5. Sa jupe n’est pas très courte, mais étroite, si bien qu’elle est remontée presque à mi-cuisse. Et tandis que s’engage une conversation routinière (c’est surtout Marie-Line qui parle), les yeux de Fabien hésitent entre la route et ce charmant spectacle.

Très vite, comme si un fluide l’en avait averti, il est convaincu que le moment est venu. Il doit tenter sa chance. Surtout à cause de cette jupe. Dieu sait combien de temps il devrait attendre pour retrouver la jeune fille aussi accessible, à la portée de sa main. C’est décidé, au prochain feu rouge, il pose la main sur son genou, et puis on verra bien…

Non, c’est raté ! Au moment fatidique, elle a pris son sac, s’est mise à fouiller. L’occasion est manquée. Fabien roule le plus lentement possible. Nouveau carrefour. En même temps, un petit silence dans le bavardage de Marie-Line.

— Tu as raison de te mettre en jupe, ça te va très bien. Tu devrais le faire plus souvent.

Ça y est. Il a posé la main sur le genou tentant, esquissant une légère caresse qui a remonté, une fraction de seconde, sur le dessus de la cuisse, pour aller retrouver son volant. Marie-Line ne réagit pas et enchaîne, comme si de rien n’était.

— Tu trouves ? Le jean, c’est tellement pratique, tu sais…

— D’accord, mais comme tu as des jambes pas trop horribles, ce serait sympa de nous les montrer un peu plus…

Embouteillage providentiel ! Ils approchent des périphériques. Fabien peut délaisser son volant. Le rire de Marie-Line l’encourage et, tandis qu’elle lui répond, il recommence à lui caresser le genou, plus longuement cette fois.

— Tu dis ça, je ne suis pas sûre que tout le monde soit d’accord, au bahut. J’en connais quelques-unes qui me regardent déjà d’un sale œil.

— Ne t’occupe pas des jalouses.

La main de Fabien a pris possession du genou gauche de Marie-Line. Celle-ci ne fait rien pour l’en chasser. À mesure que l’embouteillage s’aggrave, la caresse se fait plus longue et… plus précise. Ils sont entrés dans Paris lorsque Fabien ose remonter sur la cuisse nue, dont la chaleur se communique à sa paume.

Bien sûr, rien n’est gagné. Pour cette gamine, ce n’est peut-être qu’un geste amical, voire paternel. Il serre légèrement en déblatérant sur les profs de Jacques-Prévert. C’est alors qu’elle lui donne un signe. Marie-Line pose sa main sur la sienne. Ils cessent de parler. Il remonte légèrement sous la jupe, là où la chair est si douce. Elle caresse la main qui explore doucement.

Frustration ! La circulation reprend. Fabien doit changer de vitesse à tout bout de champ. Cette fois, c’est Marie-Line qui pose la main sur la sienne agrippée au levier, et rompt le silence.

— J’aime bien tes mains, elles sont très belles.

Fabien sourit. Ils sont arrivés. D’ordinaire, il la dépose au bord du trottoir.

— Attends, j’essaie de me garer.

Une place sur un passage piétons. Tant pis, après tout c’est son jour de chance. Fabien se gare. Il se tourne vers elle, lui caresse la joue, se penche pour l’embrasser. Mais la bise habituelle sur les joues dérive vers les lèvres de Marie-Line, qui s’ouvrent aussitôt sous le baiser, tandis que sa main droite s’insinue sous sa nuque. Leurs langues se rencontrent, sa main gauche passe et repasse sur les cuisses toutes chaudes de la jeune fille.

Puis elle pose la tête contre son épaule.

— Tu m’accompagnes ?

— Oui, jusqu’à la porte de ton immeuble, si tu veux.

Il lui tient la main en chemin. Ils entrent. Sous le porche, elle se colle à lui, lui tend sa bouche. Ils s’embrassent à nouveau, plus passionnément cette fois. Écartant sa veste légère, la main de Fabien se pose sur ses seins, qu’il caresse et pétrit avec gourmandise.

C’est Marie-Line qui se dégage.

— Hou là là ! Si quelqu’un passait ? J’ai la réputation à défendre, moi.

— Ça ne t’arrive jamais d’embrasser tes amoureux ici ?

— Mes amoureux ? Je n’en ai pas tant.

— Un seul, alors ?

— Oui, enfin non… Quel curieux !

— Marie-Line, j’ai l’impression très bizarre d’être amoureux de toi.

— Ah bon ? Et c’est agréable ?

Ils s’embrassent à nouveau, elle lui caresse la poitrine à travers la chemise, et lui repart à l’assaut de ses seins.

— Tu veux monter chez moi ?

— Je ne sais pas si je peux.

— Quoi, j’avais l’impression que tu avais envie de moi…

— Bien sûr que j’ai envie de toi.

Malgré tout ce qui vient de se passer, les signes de l’érection se font attendre. Quelle honte, s’il ne pouvait bander devant elle…

— C’est ta femme qui t’attend, c’est ça ?

— Non, pas du tout, je ne dois pas la voir avant 21 heures. Mais tu as vu comme je suis mal garé. Si je m’attarde, je suis bon pour la fourrière.

— Mais non ! Tu n’es pas sérieux, en plus tu m’as donné envie. Allez, pas de discussion, viens.

Elle l’entraîne vers l’ascenseur, et la montée dure le temps d’un long baiser, pendant lequel elle pose gentiment la main sur la braguette de Fabien. Difficile de savoir si elle s’est rendu compte de son incorrigible mollesse.

Aussitôt dans la chambre de bonne, ils s’écroulent sur le lit étroit.

— Maintenant, avoue ! Il y a longtemps que tu avais envie de me sauter ?

— Je pourrais te retourner la question…

— Ah non, tricheur ! D’ailleurs, je le sais bien. Depuis le jour de la rentrée, non ?

— Hum, n’êtes-vous pas un peu prétentieuse, Mademoiselle Rigoud ?

— Attends un peu, mon gaillard.

Elle l’embrasse goulûment et Fabien tressaille quand il sent sa petite main fouineuse se glisser dans son entrejambe, à la recherche de sa verge. Puis elle se redresse dans un éclat de rire :

— On se fout à poil ?

Si Fabien n’apprécie pas l’affectation d’un langage de charretier, comment ne serait-il pas touché par la spontanéité de Marie-Line, qui joint aussitôt le geste à la parole en croisant les bras pour se débarrasser du petit pull d’angora, puis tourne le dos à son invité :

— Tu me dégrafes mon soutif ?

Fabien tâtonne sur la fermeture puis dégage les minces bretelles des épaules et des bras de Marie-Line avant de saisir ses seins, par derrière, à pleines mains.

— Tu les aimes, mes lolos ?

— Ça fait longtemps que j’en rêvais…

— Attends, tu es trop impatient.

Elle se relève vivement pour s’extirper de sa jupe, apparaissant devant Fabien dans la blancheur virginale d’une culotte de satin. Pendant ce temps, le professeur déboutonne sa chemise. Il est torse nu quand Marie-Line s’agenouille devant lui et se met à déboucler son ceinturon. D’ordinaire, il eût baissé d’un coup le pantalon et le caleçon pour être aussitôt d’attaque, mais aujourd’hui… Comment retarder au maximum le moment où sa jeune amie va s’apercevoir qu’il ne bande pas ?

Le pantalon ôté, il l’arrête :

— Toi d’abord !

— Enlève-le moi, si tu en es capable…

La coquine fait mine de lui résister en ne lui accordant pas la chute du petit slip, ultime rempart de sa vertu. Elle fuit, cavalcade sur le lit, mais ne peut aller bien loin. Acculée dans un coin de la chambrette, elle joue l’éplorée :

— Non, pas ça ! Au secours ! Au viol !

— Tu peux parler… Attends que je te…

Il la saisit par la taille, la renverse comme un fétu, fait mine de lui donner la fessée, deux ou trois claques sonores qui se transforment en caresses. Il introduit la main à l’intérieur du slip et explore avidement les contours bombés de la croupe, s’aventurant dans le sillon qui les sépare. Elle gémit.

Quelques instants plus tard, ils sont allongés sur le lit, bouche à bouche, dans le plus simple appareil. Suivant un itinéraire sinueux, la main droite de Fabien va des seins gonflés de Marie-Line jusqu’à son pubis, en passant par ses hanches presque pointues et son ventre plat. Ses doigts se perdent dans la toison intime et trouvent leur chemin jusqu’à la vulve humide qui lui permet de mesurer le degré d’excitation de sa jeune partenaire, dont les gémissements redoublent.

Fabien glisse alors le long du corps juvénile. Au passage, ses lèvres frôlent les seins de Marie-Line, puis son ventre où sa langue pointée taquine le nombril, avant d’aller chercher, au milieu de la douce broussaille, le sexe entrouvert.

La position qu’il a adoptée lui permet de retarder encore le moment fatidique où Marie-Line approchera son pénis : elle est étendue sur le lit, jambes écartées, il est agenouillé sur le parquet, la tête enfouie entre les cuisses qu’elle resserre spasmodiquement à mesure qu’il poursuit le cunnilingus. L’idéal serait qu’elle jouisse dès maintenant, se dit-il.

— Tu n’aimes pas le 69 ?

Mutine et sans complexe, elle attend une réponse que Fabien bredouille tant bien que mal.

— Pas trop, j’ai toujours l’impression qu’il est difficile de se concentrer à la fois sur son plaisir et sur celui qu’on essaie de donner à l’autre. Non ?

— Ça dépend. La position est excitante, quand même. Et ne me dis pas que tu n’aimes pas te faire tailler une pipe…

Sans répondre, il part à l’escalade. Il écarte bien les cuisses douces et vient au-dessus d’elle. Parfois, il lui est arrivé de pénétrer Héloïse alors qu’il n’avait qu’un faible début d’érection, que cette pénétration inopinée a vite renforcée. Il espère qu’il en sera de même aujourd’hui. Peine perdue.

Marie-Line n’est pas décontenancée par cette défaillance. Elle prend un air de désolation comique :

— Tu vois, ça ne sert à rien de vouloir brûler les étapes. Tu ne m’as même pas fait goûter ton sucre d’orge.

D’autorité, elle empoigne la verge pendante et, assise en tailleur, incline le buste afin d’en prendre le bout entre ses lèvres. Avec dextérité, elle tire le prépuce en arrière pour faire jaillir le gland rosé hors de sa cachette, et le plonger aussitôt dans un bain de salive tiède. Ses lèvres arrondies vont et viennent le long de la hampe de Fabien, tandis que sa langue habile lui butine le gland avec gourmandise.

« Plutôt qu’un sucre d’orge, c’est un esquimau que je lui offre », songe-t-il déconfit. Impuissant… Le mot commence à s’installer dans la tête de Fabien. Marie-Line cesse de le sucer et vient se blottir contre son torse.

— Je… je suis désolé.

— Mais non, sois pas con, c’était très sympa. Tu m’as fait du bien, vraiment. Et toi, ça t’a plu quand même ?

— C’était doux, très plaisant, mais enfin je n’ai pas réussi à bander. J’avais pourtant envie de te « posséder » comme on dit.

— Ce n’est que partie remise… partie de jambes en l’air, naturellement ! s’amuse la jeune fille en renfilant son slip. Tu veux boire quelque chose ?

Son naturel dédramatise heureusement la situation. Pour Fabien, l’avenir n’est pas rose. Avant qu’il ose monter à nouveau chez cette jeune personne si bandante, il faudra qu’il soit complètement guéri. Et s’il ne bande pas comme un ours dans cette bouche délicieuse, où bandera-t-il ?

 

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