L’Esclave de Monsieur Solal

12345
Loading...

ESPARBEC

La MusardineLittérature


tabou


264 pages


Papier 16€00 Ebook 9€99

Acheter

Disponible sous 48 heures
16€00 Acheter

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
9€99 Télécharger

Résumé

Esparbec nous entraîne dans ce livre à la Petite Sicile, quartier pauvre de Tunis à proximité du port, où il passa une partie de sa jeunesse auprès de sa mère, sa tante, sa sœur et ses cousines. C’est là, entouré de femmes jeunes et moins jeunes, ingénues ou perverses, que le garçon vit ses premiers émois sexuels, tantôt voyeur des jeux lubriques de la mère, tantôt complice des scénarios interdits imaginés par les cousines… Une initiation délicieusement transgressive, sur un fil entre l’innocence des découvertes et l’expérimentation du tabou.

 

Ce roman d’Esparbec, majestueusement écrit, plonge le lecteur dans un tourbillon d’odeurs, celle de l’orgeat, des figuiers, de la chaleur tunisienne. Mais aussi, bien sûr, les parfums de sueur, de sexe, des corps en proie à tous les fantasmes de l’auteur.

 

Esparbec est le plus grand auteur de littérature pornographique en France, auteur d’une centaine de romans dans ce registre. Il est considéré par tous, journalistes, auteurs, comme le maître du genre. Ses romans se sont vendus à des milliers d’exemplaires.

Débuter la lecture

CHAPITRE PREMIER – La photo

Je n’étais encore qu’un enfant quand j’ai vu pour la première fois le sexe de ma mère. Rien ne serait arrivé si elle n’avait pas travaillé la nuit et dormi pendant le jour. J’étais entré dans sa chambre sans penser à mal, comme je le faisais souvent, pour faire un peu de rangement ou voler quelques pièces dans son sac. À cause de la chaleur, elle dormait nue, et le drap avait glissé. Elle gisait sur le lit, cuisses écartées ; cette large blessure rose au bas de son ventre, la touffe bestiale des poils, s’imprimèrent en moi à jamais. Aussitôt je me suis dit : « C’est de ce trou que je suis sorti ! » Et je me suis agenouillé pour mieux le voir. Une chaude odeur de cannelle s’exhalait des cuisses moites de la dormeuse. Je l’écoutais respirer paisiblement. Elle était là, devant mes yeux,ouverte.

À partir de ce jour, cela devint une véritable obsession ; je ne pensais plus qu’à son sexe ; chaque après-midi, je me rendais dans sa chambre pour le contempler. Bientôt, cela ne me suffit plus, et j’osai porter une main sacrilège sur le scandaleux objet dont Solal, le patron du casino, était le propriétaire en titre. Le cœur tremblant d’angoisse à l’idée qu’elle pourrait se réveiller et me surprendre, j’ouvrais les lèvres secrètes couleur de pruneau humide… comme tant de fois j’avais ouvert son sac, et je lui volais mon plaisir en cachette, comme tant de fois je lui avais volé son argent.

Ce secret, je l’ai porté en moi pendant des années ; il est temps de m’en délivrer.

Ce printemps-là, il avait été décidé que j’irais vivre à Tunis, chez ma mère. Jusqu’alors, c’était une cousine de mon père qui m’avait élevé à Bizerte. Je l’appelais « mamie ». On m’avait expliqué que Magda, ma vraie mère, ne pouvait s’encombrer de moi à cause de sa « carrière » qui l’obligeait à travailler la nuit. Lorsque j’interrogeais mamie à ce sujet, elle éludait adroitement mes questions. J’avais cru comprendre que ma mère exerçait un métier artistique, danseuse ou chanteuse. Lors des visites qu’elle nous faisait, à Bizerte, j’entendais fréquemment dans sa bouche le mot de casino. J’en avais déduit qu’elle chantait ou dansait dans un établissement de bord de mer et je ne m’étais pas interrogé plus avant.

Cela me flattait d’être le fils d’une artiste et je me souviens d’avoir longtemps gardé une photo que je lui avais volée, où on la voyait affublée d’un insolite tutu pailleté de strass, ses longues jambes charnues gainées de bas sombres transparents qui ne montaient qu’à mi-cuisses, un slip exigu, noir, bordé de dentelles, cachant son sexe. Sur ses cheveux oxygénés, elle portait, crânement incliné, un minuscule canotier de paille pareil à celui de Maurice Chevalier, et son buste généreux était mis en valeur par un caraco noir, lui aussi pailleté, très décolleté, qui lui laissait la poitrine à demi dénudée. On avait dû lui talquer les épaules et les seins avant de la photographier, car leur pâleur crayeuse avait, sur le cliché, un aspect minéral qui les apparentait à la matière d’une statue. Il faut préciser qu’il s’agissait d’une photo « artistique » et que les contrastes en étaient volontairement exagérés.

Toutes les nuits, dans mon lit, j’examinais minutieusement cette photo à la lueur d’une lampe de poche. Il me fallut du temps pour comprendre que l’émotion qu’elle me procurait était due à la blancheur de cette partie des cuisses, tout en haut, que les bas laissaient découverte. Entre la culotte et les bas noirs, cette chair grasse et blanche, d’apparence si vulnérable, attirait invinciblement mes yeux ; beaucoup plus que celle du buste. J’aurais souhaité que tout le bas du corps de ma mère, son ventre, ses fesses, fussent nus comme ses cuisses et rien ne m’enrageait autant que le minuscule slip noir qui m’empêchait de voir son sexe. Pendant de longues minutes, je scrutais l’étroit triangle de satin bordé de dentelles, m’efforçant d’en percer le mystère et, me perdant en conjectures sur l’aspect que pouvait bien avoir l’objet qu’il dissimulait, je sentais durcir mon petit pénis.

Je n’étais pas sot au point d’ignorer ce qu’avait de malsain et d’anormal une telle curiosité à l’égard de ma propre mère ; mais je ne pouvais m’en empêcher. Je dois à cette photo mes premiers émois sexuels.

Je n’étais pas le seul à en nourrir mes plaisirs. Zarb, un camarade de classe, un Maltais, à qui je l’avais montrée, me l’empruntait chaque jour pour l’emporter au cabinet. Il ne m’avait pas caché qu’il s’en servait pour se branler.

« C’est pas ma mère, c’est la tienne ; c’est permis. »

(Je n’ai jamais osé lui avouer que j’en faisais tout autant !)

En été, quand Magda venait à Bizerte passer une semaine ou deux chez nous, il faisait souvent si chaud qu’elle ne portait à la maison, avec l’insouciance qui lui venait de l’habitude de se promener en public en tenue légère, qu’une combinaison ultra courte. Il lui arrivait même de vaquer aux soins du ménage vêtue en tout et pour tout d’une culotte et d’un soutien-gorge quasiment transparents, ce qui lui valait alors les remontrances indignées de mamie, à cause des voisins d’en face qui auraient pu la voir par la fenêtre. Mais ni l’une ni l’autre, apparemment, ne se souciaient de ma propre curiosité.

Or, elle était bien plus dévorante que celle des voisins ! Je me revois, feignant de lire, accoudé à la table ; sous ma main en visière devant mon front, tandis que mes lèvres bougent ainsi que si je répétais ma leçon, mes yeux la suivent sans cesse, cherchant à percer les secrets de sa culotte. Lorsque celle-ci est noire, ma curiosité s’en trouve frustrée, en revanche, quand elle est rose ou blanche et qu’on peut deviner par transparence, au travers, le renflement charnu et le triangle sombre de la région poilue, ma gorge se noue.

En passant près de la table, parfois, ma mère me caresse la nuque ou l’épaule, elle m’embrasse tendrement et je respire avidement l’odeur saine de sa sueur, tandis que le remords me consume à l’idée de ma duplicité.

Lorsqu’il fut décidé que j’irais vivre chez elle, à Tunis, je fis cadeau de sa photo à Zarb.

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *