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Résumé

Ah, ça, pour être perverse, elle l’est, notre étudiante. Non contente de s’amuser avec sa bonne (qui lui est toute soumise), elle s’avise de donner des cours particuliers à deux jouvenceaux (le frère et la soeur) qui ne demandent qu’à s’instruire. Je vous garantis qu’avec une répétitrice pareille ils seront armés pour la vie (sexuellement parlant, en tout cas). Mais ils ont aussi, ces jouvenceaux, une maman charmante… Notre jeune ogresse n’en fera qu’une bouchée. Cela étant, si elle veut passer sa maîtrise, il faut que, de son côté, elle soit très docile avec son directeur de thèse. Lequel, figurez-vous, a une jeune femme qui… que… Houlà, mais c’est une vraie saga, ma parole ! Il ne reste plus aux lecteurs (et aux lectrices) qu’à se joindre au sabbat. Au prix où est vendu ce livre, avouez que c’est donné !

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Chapitre premier – La leçon

Bientôt, la rentrée scolaire. Pour une fois, je n’en suis pas mécontente. Les vacances n’ont pas été terribles, si ce n’est l’épisode de l’élection de Miss Saint-Jean-de-Monts. Je n’ai été que finaliste, mais j’ai bien ri. Si je n’ai pas gagné, c’est parce que je n’étais pas du coin. Ils ont choisi la vedette locale. Pourtant, j’étais cent pieds au-dessus de cette pauvre fille. Il est vrai qu’elle n’avait que dix-huit ans, et moi vingt-trois. Mais j’insiste, j’étais bien mieux faite que cette blondasse avec ses quatre melons greffés sur le corps. Mes seins et mes fesses sont d’une autre élégance ! Je supporte mal l’injustice, surtout quand elle me touche de près, et sur un sujet aussi sensible que mon pouvoir d’attraction sur les autres.

Il est vrai que j’ai d’autres centres d’intérêt dans la vie que les concours de beauté. L’année dernière, j’ai eu mon DEA avec mention. J’entame cette année ma thèse de lettres classiques. J’en ai pour cinq ans. Je me demande si j’arriverai à leur pondre cinq cents pages. Certes, depuis longtemps déjà, je tiens ce journal. En ce moment, particulièrement, où je ne fais que tourner en rond.

Ma mère est chez son amant, mon père à Tokyo. Il sait que sa femme le trompe, mais s’en fout : il passe la moitié de sa vie en voyages d’affaires avec sa secrétaire. Mon frère aîné, interne en chirurgie, est débordé par le travail – et par sa femme quand il lui reste des nuits libres. Résultat : je passe mon temps seule dans ce grand appartement, à deux pas du parc Monceau.

A vrai dire, je ne suis pas complètement seule. Il y a Dolorès, la femme de ménage, qui vient tous les jours de seize à vingt-deux heures. C’est une jeune Portugaise de dix-neuf ans, une petite brune potelée, dont je fais ce que je veux. J’aime les filles bien en chair – pour les manipuler à ma guise. Avec moi, elles ont intérêt à se laisser faire. On dit que je suis froide, autoritaire… c’est sans doute vrai. Je ne me pose pas la question. Je recherche mon plaisir, c’est tout. Et comme pour bien jouir, j’ai besoin des autres, je les utilise. Aussi simple que ça.

On dit aussi que je suis horripilante. Qu’est-ce que ça peut me faire ? Et qui oserait me punir ? Je ne vois personne.

 

J’aime traîner au parc Monceau. Derrière les apparences chic, se déroulent parfois de drôles de scénarios. Les jeunes femmes qui y conduisent leurs enfants sont intéressantes à observer. Je m’excite à les regarder. Elles sont très sensibles à l’opinion qu’on peut avoir d’elles. Elle s’arrangent le mieux possible, croisent les jambes en montrant un peu leurs cuisses, tournent la tête de tous côtés pour voir si elles ont fait de l’effet sur quelqu’un. Leur regard tombe sur moi. Elles se sentent gênées par la présence intéressée d’une femme. Les unes écartent davantage les jambes, les autres les referment.

Hier matin, j’ai reçu un coup de téléphone d’une femme à la voix jeune, Mme Tilby, qui recherchait un prof de latin pour ses deux enfants. Un garçon de seize ans et une fille de quinze. Ils entrent l’un et l’autre en première. Lui redouble. Il doit avoir dans la tête d’autres sujets de préoccupation que le latin. Rendez-vous a été pris pour quatorze heures.

*

Il est treize heures trente. J’ai faim. Je sors du frigidaire un reste de poulet, j’épluche un demi-concombre. Il y a toujours des concombres dans le tiroir à légumes… Un coup de beaujolais et je me sens mieux. Je vais dans ma chambre me changer.

Je choisis une jupe courte un peu serrée, vert pomme, un sweat-shirt blanc XXL, beaucoup trop grand pour moi, qui bâille sur la poitrine et arrive à dix centimètres au-dessus de l’ourlet de la jupe. Les jambes, c’est ce que j’ai de plus joli. Je finis de coiffer mes longs cheveux blonds en chignon au moment où on sonne. J’enfonce les dernières épingles, je cours ouvrir.

Je demeure figée : la fille est d’une incroyable beauté. Le visage ovale, encadré de cheveux noirs, raides, coupés court, est étrange. Il fait penser à un mélange espagnol-indien. De taille moyenne, elle porte des vêtements simples : une salopette, un blouson jean. Le garçon, lui, est en short. Il est grand et mince avec des yeux noirs, des cheveux bouclés châtains. Tous deux sont bronzés ; ils forment un couple étonnant. On regrette qu’ils soient frère et sœur, tant ils sont bien assortis. Je m’ennuyais un peu, je ne m’ennuie plus…

Revenue de ma surprise, je les invite à entrer, me présente :

— Charlotte.

C’est la sœur qui répond :

— Moi, c’est Emeline… mon frère, Gaspard.

— Allons dans ma chambre.

Une penderie aux portes coulissantes en miroir occupe tout un mur de mon antre. Dans l’angle, une alcôve qui contient mon lit ; à côté, une petite salle de bains. Devant la fenêtre, se trouve mon bureau Louis-Philippe. Il est si lourd que je n’ai jamais réussi à le déplacer seule.

J’ai débarrassé la masse de papiers qui l’encombre en permanence. Le banc où nous prenons place est aussi long que le bureau. Il a été acheté un jour dans une vente. Usé par des générations de fesses, il est poli comme un miroir. Quand je porte une jupe, plutôt que de me lever, je glisse d’un bout à l’autre.

Je me suis placée entre les deux ados, avec Emeline à ma droite.

— On va commencer par un petit bout de Cicéron pas trop difficile.

Le livre est dans la bibliothèque. Je passe une jambe au-dessus du banc. Emeline suit mes mouvements. Son regard s’arrête au creux de mes cuisses. Je passe l’autre jambe en continuant à l’observer. Son regard ne m’a pas quittée. En levant les yeux sur moi, elle s’aperçoit que je la dévisage ; elle rougit. Le livre à la main, je reviens m’asseoir. Les yeux d’Emeline, braqués sur moi, sont comme des aimants.

Le livre est ouvert devant moi.

— Quousque tandem Catilina abutere patientia nostra ! Est-ce que vous pouvez traduire ?

— Quousque, ça veut dire « jusqu’à quand ? », fait Gaspard en tendant le cou vers le livre.

— Oui.

Je les prends tous deux par les épaules.

— Vous y voyez mal. Allons, n’ayez pas peur ! Venez plus près !

Emeline se rapproche jusqu’à coller sa cuisse contre la mienne. Je ne bronche pas. La fille évite mon regard, mais ses pommettes sont cramoisies. Gaspard, lui, garde ses distances. Emeline, en réfléchissant, se gratte le genou. La petite hypocrite en profite pour me frôler la cuisse sans avoir l’air d’y toucher. Je ne puis m’en formaliser puisque je viens de lui donner l’ordre de s’approcher. A un moment, pour féliciter Gaspard, je lui donne une tape sur la jambe. Ça le fait rougir.

Il est seize heures passées. Je donne le signal de la fin du cours, me prépare à quitter le banc.

— Pardon, Emeline, laisse-moi passer…

Malgré ma demande polie, elle ne se recule pas. Je suis obligée de lui effleurer la poitrine du genou pour enjamber le banc. C’est ce qu’elle attendait, on dirait… Au passage, elle lorgne mes jambes. Son frère s’aperçoit du manège de sa sœur, mais n’a pas l’air surpris.

Quand la porte d’entrée se referme sur le frère et la sœur, je presse ma main sur mon cœur : il bat fort. Je suis en manque en ce moment, voilà pourquoi. Mais mon autorité et ma froideur sont en danger. Je dois me montrer capable de les manipuler, ces deux-là, elle surtout. Pas question que quiconque me fasse la loi, sous prétexte qu’il ou elle me fait perdre la tête.

Dolorès est dans la cuisine en train de déballer les courses.

— J’ai acheté du poisson. Je vais préparer une sauce hollandaise.

La séance de latin m’a mise dans un bel état ! Je mouille, j’ai la bouche sèche comme une jeune fille après son premier rendez-vous. Je regarde Dolorès avec insistance.

— Qu’est-ce que tu fais ce soir, Dolor ?

Elle range ses courses sans faire attention à moi, mais son visage a pris un air mutin.

— Rien de spécial, Mademoiselle. Je rentre chez moi.

— Si tu veux, on peut se faire un film au magnétoscope, toutes les deux.

Dolorès a compris, mais attend quelques instants avant de répondre :

— Comme vous voulez, Mademoiselle. Moi, je veux bien !

— Je fais un saut au vidéo-club.

 

 

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