MAMA MASO BOBO !

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DESPAIR Léon

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Broché / 116 pages


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Résumé

Vincent cherchait une compagne qui ne se moque pas de lui, de sa timidité, de sa vie de comptable sans histoire. Et surtout qui ne se moque pas de sa très petite taille.
Par l’étrange attirance des contrastes, il tombe sous le charme de Karine, grande pulpeuse, déterminée, riche, … Il ne sait pas encore qu’elle est de ces femmes qui pensent que les hommes restent toujours des enfants ! !

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« La trentaine, situation stable, 1m 40, barbu plein d’esprit, cherche jeune femme, physique indifférent, pour sorties et + si affinités. Téléphonez au… »

Depuis dix bonnes minutes, je relisais les termes de mon annonce. Pour parvenir à cet intitulé, j’avais décortiqué toutes celles que publiait Sex-contacts, magazine érotique que je m’étais convaincu d’acheter. Le sourire narquois de la kiosquière lorsque je lui tendais la monnaie, me poursuivait encore. Cette garce aurait fait mon bonheur si elle n’avait osé se moquer si ouvertement de moi. Mais n’avais-je pas, une fois de plus, interprété de travers ? Depuis mon adolescence, durant laquelle j’avais naïvement espéré une dernière crise de croissance, je nourrissais un complexe d’infériorité indécrottable, fort préjudiciable à mes aventures sexuelles. Je souffrais atrocement de ma petite taille. J’avais beau me consoler en égrenant le nom des vedettes de cinéma qui jouaient sur des talonnettes, comme le mythique Alan Ladd, j’étais un piètre séducteur, croulant sous des années de frustrations.

L’existence n’offre pas les facilités du cinéma : je ne pouvais pas me balader avec des Bottins téléphoniques sous le bras pour embrasser mes conquêtes ! La vie n’était pas un plateau de film permettant des cadrages habiles et trompeurs. Pas l’ombre d’un chef opérateur pour me magnifier et me grandir. Je déclenchais l’hilarité ou pire, la compassion. L’indifférence, n’en parlons point…

Pourtant laid comme un pou, Scarron était, paraît-il, un séducteur imbattable. Comme Landru pour lequel toutes les femmes esseulées de Paris brûlaient… de passion. Malgré ces glorieux modèles, je n’ai jamais su m’y prendre avec la gent féminine. Elles m’impressionnaient toutes. Dès ma majorité, je laissais pousser ma barbe. Je croyais naïvement qu’elle me donnerait de l’assurance et cette virilité à laquelle j’aspirais tant. J’enfouissais derrière ce masque mes fantasmes les plus secrets. Cette barbe ostentatoire prouvait, à mes yeux, que j’étais un homme d’une grande puissance sexuelle, mais je ne parvenais que péniblement à trouver des filles. La mode était aux visages glabres et aux cheveux longs. Ma vilaine barbe me vieillissait et m’éloignait encore davantage des jeunes filles de mon âge, mais elle me protégeait de ma timidité.

Devant les échecs constants, le comptable que j’étais devenu s’était réfugié dans la pornographie. De sex-shops en vidéo-cassettes, de revues X en peep-shows, j’alimentais une sexualité solitaire et masturbatoire. Je faisais l’amour avec toutes les hardeuses possibles, sur l’écran magique de ma grande télévision. Les vagins s’écartaient spontanément devant mes yeux abîmés par l’envie. La production porno courante consommait du bellâtre à outrance. Les marteaux-pilons honorant ces dames avaient tous des corps musclés et des bites phénoménales. Je le sais bien, celles-ci étaient le plus souvent filmées en gros plan, parfois avec un objectif déformant, il n’empêche qu’elles dépassaient généralement de plusieurs longueurs mon pauvre membre rabougri par l’abstinence. Je voyais avec effarement des phallus éléphantesques déchirer les chairs rouges de vulves béantes et rasées ou forcer l’entrée moite d’anus très accueillants. Au lieu d’apaiser mes complexes et de me libérer, les maîtres-queues bien membrés du X m’agressaient physiquement, me confortaient dans mon sentiment d’infériorité.

Un petit mètre quarante, peu musclé, plutôt rachitique, je m’identifiais difficilement à ces chibres énormes pistonnant des croupes de rêve dorées au soleil californien. Espérant un jour satisfaire mon ego en trouvant plus petit que moi, j’achetais Little But Irresistible, interprété par un dénommé Napoléon, hardeur nain de renommée internationale. Las ! Je fus effaré par la taille appréciable de son engin qui ramonait les plus belles chattes. D’un extrême à l’autre, je découvris d’obscurs produits bizarres exploitant les cas particuliers : difformités et gérontophilie alimentèrent mes nouvelles nuits pendant quelque temps. Le résultat fut le même, accroissant toujours ma frustration. Des vieillards cacochymes se faisaient sucer par des jeunes salopes dans un plus pur style « vidéo amateur ». Et moi, alors ? Confusément, il me semblait que j’étais à la fois trop laid et pas assez. Curieuse découverte qui me précipita dans un désespoir total.

Il me fallait agir au plus vite avant de sombrer dans un irrémédiable suicide sexuel. Les agences matrimoniales furent sans secours. Mon obsession de sexe en effraya même certaines. J’avais donc décidé, il y a un mois, de passer une annonce coquine dans ce magazine pour adultes. Dernière chance… une bouteille jetée à la mer des fantasmes érotiques. Un mètre quarante… Bah oui, il avait bien fallu en informer les lectrices éventuelles. Je n’avais jamais su mentir ! J’aurais pu écrire que j’étais un beau jeune homme, grand et intelligent, une bête sexuelle, et après ? J’aurais certainement reçu une gifle magistrale dès la première rencontre ! Tromperie sur la marchandise, vilain petit barbu rachitique ! Là au moins, l’annonce me paraissait honnête. C’était peut-être son atout, dans cet amas de bluff et de perfection. Une femme touchée par ma modestie allait m’appeler. Qui sait ?…

Serait-elle aussi délicieuse que cette affriolante fille nue qui s’étalait sur plusieurs pages dans la revue ? Je me prenais à rêver, à remonter la pente du désespoir en suivant les courbes du modèle. Son sourire était aussi avenant que sa vulve qu’elle écartait devant l’objectif cru du photographe. La page suivante me la révélait de dos, le cul énorme et l’anus dilaté. Sex-Contactsne faisait pas dans la dentelle. Je rougissais comme un collégien et sentais mon pauvre sexe sevré gonfler de plaisir. La dernière femme que j’avais pu toucher remontait bien à… Oh ! si longtemps déjà… Je bandais dur dans mon slip. Il fallait immédiatement libérer le sexe avant de tout salir.

Cette fille, que le magazine avait prénommée « Christa », aimait, si l’on en croyait les légendes, « les bonnes fellations bien juteuses entre deux révisions pour ses examens de droit ». Je tournai la page et la découvris la bouche pleine, les joues luisantes de sperme et le regard complice tourné vers le lecteur. Vers moi ! La salope ! Je n’en demandais pas tant. Je cherchais juste une fille sympa pour m’épanouir, prête à sucer bien sûr, mais pas complaisante au point de subir en même temps une double pénétration comme cette charmante Christa. Je la voulais pour moi tout seul, d’ailleurs. Combien gagnait-elle pour ces cochonneries ? Et eux, les hommes-bites au corps musclé dont on ne voyait jamais les visages, les payait-on aussi pour baiser, enculer et se faire tailler la plume ? Je sombrai dans une certaine aigreur, une jalousie violente, tandis que je me branlais en songeant à Christa. En général, il me fallait à peine une minute pour éjaculer mon venin sur le visage en papier glacé de Christa et ses consœurs. Ce jour-là, je restai bloqué sur la page où elle s’offrait à ces trois bites, concentré sur mes mouvements de poignet, attentif à la montée de mon orgasme.

Driiiinggg ! ! !

Hanhan ! Ah ! Je n’en pouvais plus, j’allais jouir et ce téléphone qui sonnait ! J’aurais dû brancher le répondeur.

Driiiinggg ! ! !

Ça devait être ma sœur. Elle seule me témoignait encore un peu d’amitié. Ma main droite libre s’empara du combiné. La gauche se crispa sur mon sexe en érection.

— Allô, barbu plein d’esprit ?

C’était une voix féminine, jeune et mélodieuse. Je crus un instant qu’il s’agissait de « Christa », l’incarnation de tous mes fantasmes entrant de plain-pied dans ma vie, au moment même où je me livrais au plaisir honteux. Le bon génie sortant de la lampe d’Aladin, réveillé par mes spasmes. Je restai sans voix, incrédule. Silence. La voix reprit, toujours charmante et sensuelle.

— J’ai lu attentivement votre annonce. J’aimerais vous rencontrer, Monsieur. Si vous êtes disponible, nous pourrions nous voir au Café des Argonautes, rue des Francs-Bourgeois ? Monsieur ! ! ! Etes-vous timide ?

— Oui… euh, non ! Non, je… D’accord pour demain, je…

Je balbutiais comme au premier rendez-vous. Aussitôt publiée, cette annonce peu attractive me valait un appel. J’en étais abasourdi. Et encore plus par la dernière remarque de ma correspondante anonyme.

— Vous faites bien un mètre quarante ? J’ai horreur des hommes plus grands ! C’est très important pour moi.

— Un mètre quarante, oui, madame !

— Alors, à demain, petit monsieur.

Crac ! Bip, bip, bip.

Je restais immobile, l’air stupide, le combiné du téléphone collé à l’oreille, écoutant la tonalité comme une merveilleuse mélodie maritime sortant d’un coquillage. « Un mètre quarante… C’est très important pour moi… » Mon handicap devenait un atout ! Ou bien avais-je affaire à une foldingue ? L’invitation paraissait si sérieuse… Cette voix sensuelle ; j’imaginais un corps voluptueux, vibrant à mes caresses expertes, tressautant sous mes coups de reins, frémissant sous ma langue.

Aaah !

Laquelle, de « Christa » ou de cette inconnue, provoqua ce flot de sperme qui tacha mon magazine, je ne peux le dire. En tout cas, j’avais joui si fort que cette grandiose giclée me fit sortir de ma torpeur soudaine. Le foutre glissait sur la page glacée, recouvrant le visage de « Christa ». Toujours souiller la femme désirée et inaccessible… règle d’or des pervers ! Pour une fois, mon cœur battait à cent à l’heure, prêt à soulever tous les obstacles et à terrasser tous les apollons qui se présenteraient sur ma route. J’avais l’exquise sensation que mes complexes tombaient en poussière et je regardais ma revue avec dédain. J’espérais trouver au Café des Argonautes la femme de ma vie, celle qui m’aimerait pour mon physique peu engageant. Je contemplai non sans fierté mon gland couvert de foutre en pensant qu’il trouverait bientôt une bouche accueillante. Je me sentis prêt pour une deuxième masturbation.

Il me faudrait être à la hauteur.

Je ris intérieurement de cette plaisanterie de langage qui, en d’autres temps, m’aurait irrité.

 

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