Acheter

Disponible sous 48 heures
11€80 Acheter

Télécharger Format Epub

Téléchargement immédiat
9€99 Télécharger

Résumé

Ce roman a pour cadre Villeneuve-sur-Lot ; dans cette charmante cité du Lot-et-Garonne où Esparbec a vécu jadis, la bourgeoisie s’’ennuie souvent à mourir. Alors, on invente mille et une façons de jouer à la bête à deux… ou à quatre dos. Manon, la jeune épouse que « Monsieur » a initié à divers jeux « coquins », découvre qu’’elle peut s’’amuser pour son compte personnel avec d’’autres « Messieurs » que son mari. Lorsque celui-ci s’’aperçoit de son infortune, il ne trouve rien de mieux que de se venger sur les fesses de sa bonne, l’’allumeuse Toni. Les lecteurs (et lectrices) partageront les émois et les surprises des protagonistes de ce nouveau « porno haut-de-gamme » que nous a concocté le maître du genre…

« À une époque où tous les auteurs “respectables” se lancent peu ou prou dans le cul et la gaudriole, Esparbec, érotomane de caractère et pornocrate de profession, poursuit son œoeuvre littéraire. C’est un écrivain, un vrai, et il le sait. »
Wiaz, Le Nouvel Observateur

Débuter la lecture

1 – MANON

Quelle heure pouvait-il être ? Trois heures ? Trois heures et demie ? Et j’étais là, moi, Pierre Fournier, éditeur du dimanche et poète à mes heures, à me demander une fois de plus ce que j’allais bien pouvoir faire de ma peau avant d’aller m’occuper de celle de Toni.

Je venais de signer chez mon notaire diverses paperasses concernant mon divorce ; en sortant de chez lui, comme il faisait soleil, j’ai descendu la rue Sainte-Catherine, et l’envie m’a pris de m’attabler avec Le Monde à la terrasse du Café de Paris. A peine y avais-je posé mes fesses que Manon débouchait d’une boutique de la place Lafayette et remontait le trottoir. Vêtue de son ensemble de tweed parme, elle portait des escarpins de lézard à talons aiguille sur lesquelles elle s’avançait d’un long pas conquérant en balançant ses hanches de jument. En toute objectivité, je reconnais que la garce jetait du jus. A en juger par son allure, notre séparation lui réussissait mieux qu’à moi.

En voyant dépasser le goulot d’une bouteille de champagne de la sacoche de cuir qu’elle portait en bandoulière, je sus qu’elle allait à quelque rendez-vous galant. Sans doute au « Piège à Bécasses », pour y fêter notre séparation avec le premier versement de la pension alimentaire que son escroc d’avocat m’avait extorquée.

A son habitude, tout en marchant, elle regardait à droite et à gauche pour juger de l’effet qu’elle produisait. C’est ainsi qu’elle m’aperçut, solitaire à la terrasse ; tout d’abord elle n’en manifesta rien ; après m’avoir survolé sans changer d’expression ses yeux atterrirent sur la vitrine de bagages de luxe d’Anita. Au bout de quelques pas (elle n’est quand même pas si conne), prenant conscience de la mesquinerie d’un tel comportement, elle se retourna pour m’expédier de la main un petit salut désinvolte (auquel je répondis mollement en élevant mon demi), avant de s’engouffrer, en exhibant généreusement ses cuisses, dans la décapotable japonaise de Charly Garnier qui venait de s’arrêter au ras du trottoir.

J’avalai une gorgée de Pelforth, exaspéré de sentir mon estomac se nouer. Bon Dieu, j’étais enfin débarrassé de cette hystérique, pourquoi diable me rendais-je malade chaque fois que je la croisais en ville ? La Subaru cerise de Charly, suivant le sens giratoire, fit le tour de la place (le fumier a toujours aimé étaler ses bonnes fortunes). Renversée sur le siège, Manon, qui possède toute une panoplie d’attitudes destinées à mettre en valeur sa plastique irréprochable, se peignait des deux mains devant le rétro, les coudes bien écartés, les seins braqués devant elle. Quand la décapotable passa devant le Café de Paris, l’ombre d’un sourire effleura les lèvres de Charly et Manon, tournant la tête, m’accorda un coup d’œil distrait.

Longtemps après qu’ils eurent disparu derrière Sainte-Catherine, j’ai ruminé ma bile. Si encore, après m’avoir ridiculisé, la chienne avait eu la décence de retourner à Paris ! Mais non, il a fallu qu’elle s’établisse à Villeneuve, un patelin où tout le monde est au courant de ses frasques et où nous sommes à tout instant amenés à nous retrouver nez à nez.

Je me souvenais de ma dernière engueulade avec Charly, au club :

— C’est une femme qui vit sa sensualité sans entraves, m’avait-il lancé, pas la poupée gonflable d’un attardé sexuel !

Nous avions failli en venir aux mains ; si Hugo ne s’était pas interposé, je lui mettais mon poing dans les gencives. Un attardé sexuel !

Il n’en fallait pas davantage pour me gâcher mon après-midi. J’avais beau me répéter que Charly n’était qu’une canaille sans envergure que Manon plaquerait dès qu’elle aurait trouvé mieux, j’en avais gros sur la patate.

Après avoir bu ma Pelforth, je suis descendu ronger mon frein au bord du Lot. Comme par un fait exprès, tous les bancs étaient réquisitionnés par des amoureux qui se pelotaient (des fillettes de quinze ans se faisaient tripoter les seins par de pâles morveux boutonneux !), aussi j’ai fini par reprendre le chemin de la maison.

Je ne vous cache pas que j’étais d’une humeur exécrable.

Vous avez aimé ce texte, vous aimerez sûrement ...

Donnez nous votre avis !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *