NAIVEMENT VICIEUSE

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PARNY Roselyne

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Résumé

Apprendre à jouer avec le sexe des autres, filles ou garçons, voilà ce que la jeune Bérengère ne fait d’’abord qu’’avec timidité. Celui qu’’elle a entre les jambes lui pose déjà tellement de problèmes ! Elle ne sait jamais comment le satisfaire, il en veut toujours plus… Alors, bien sûr, il y a ce charmant cousin, il y a cette coquine amie, il y a cet insolite médecin, il y a… tant de choses à découvrir quand on ne demande qu’’à s’’instruire. Et plus on s’’instruit, plus on a envie de s’’instruire. Pas vrai, Bérengère ? Pour le sexe aussi l’’appétit vient en mangeant… Et c’’est un excellent exercice amaigrissant, vu que plus on en consomme, et plus on dépense de calories !

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Chapitre premier

— Vous avez rendez-vous ?

La secrétaire ne cache pas son étonnement. Elle jette un coup d’œil sur le registre.

— Mademoiselle Bernardi ? Vous savez que le docteur Veillon s’occupe exclusivement de diététique. C’est un nutritionniste qui…

— Oui, je sais. J’ai rendez-vous à trois heures…

Poliment, la secrétaire l’invite à patienter quelques instants dans ce qui ressemble plus à un salon chic qu’à une salle d’attente. Bérangère s’assoit dans un fauteuil Empire inconfortable. Son amie Noémie lui a parlé du docteur Veillon en affirmant qu’il faisait des miracles.

Et il va falloir qu’il en fasse avec elle, car elle est la seule à se trouver trop grosse. Elle est loin d’être obèse, pas même vraiment grasse, à peine dodue, mais depuis des années, de régime en régime, elle est arrivée à se convaincre qu’elle était trop grosse comparée à toutes ces filles des magazines, ces lianes minces et élancées, qui ont l’air si heureuses.

— Je vous en prie, mademoiselle…

Elle n’a pas entendu la porte. Le docteur Veillon est tiré à quatre épingles avec une veste rayée gris sur gris et un nœud papillon à pois. Un homme d’une quarantaine d’années aux cheveux blonds, grisonnant sur les tempes et coupés court.

Elle l’observe à la dérobée pendant qu’il lui pose les questions habituelles : nom, prénom, âge, etc. Des yeux gris-bleus, froids mais vifs, un visage maigre taillé à coups de serpe et des mains longues et fines. Pour son âge, plutôt bel homme dans le genre aventurier.

— Et vous avez déjà suivi des régimes ?

Il l’écoute avec bienveillance énumérer ses précédentes tentatives en griffonnant de temps en temps sur un bloc.

— Bien, je vais vous examiner… non, vous pouvez garder votre slip…

Bérangère n’aime pas le contact des doigts sur son corps car elle est chatouilleuse et elle craint de paraître enfantine en le montrant. Toutefois, elle effectue tous les mouvements que le médecin lui commande avec une docilité mécanique.

— Hormis ce petit problème de surcharge pondérale, vous n’avez aucun ennui de santé ?

— Non.

Parfois, les doigts qui s’enfoncent dans son ventre ou dans sa poitrine lui font un peu mal.

— Je ne vois pas très bien…

Elle comprend tout de suite. Lui non plus ne la trouve pas trop grosse. En tout cas, pas assez pour justifier un traitement.

Elle ne peut pourtant pas lui dire la vérité : elle voudrait que tous les garçons la désirent sans arrêt. Qu’ils lui disent qu’elle est belle et qu’elle leur plaît. Parfois, elle voudrait qu’ils soient brutaux, d’autres fois elle les préférerait plus câlins. Elle ne sait pas trop. Mais qu’ils la remarquent. Sa copine Noémie ne passe pas une semaine sans lui raconter le mal qu’elle a eu pour se débarrasser d’un dragueur insistant ou d’un copain trop tendre. Elle, ça ne lui arrive jamais. Comme si elle n’attirait pas le regard des hommes. Si on excepte Loïc, mais il ne compte pas, c’est son cousin.

— Voyez-vous Bérangère… vous permettez que je vous appelle Bérangère, notre corps est construit sur des données génétiques que nous ne contrôlons pas. Nous pouvons tout juste en modifier certains aspects secondaires…

Elle ne comprend pas très bien ce que dit le docteur mais déjà elle pressent le verdict.

— … autrefois, on aurait dit que vous étiez une gaillarde un peu gironde et…

Elle ouvre de grands yeux étonnés.

— … vous êtes née en 85, vous avez donc 18 ans et je sais bien que la mode actuelle n’est pas à ce type de femmes… oui, allez-y, vous pouvez vous rhabiller… ce type de femmes un peu amples, un peu potelées, mais dites-vous bien qu’à l’époque de Rubens, ou plus près de nous à l’époque de Renoir…

En boutonnant son corsage, Bérangère se laisse gagner par la musique des mots. Le docteur Veillon possède une voix mélodieuse et il parle sur un rythme curieux qui n’est pas déplaisant. Elle se rassoit en face de lui.

— … bref, vous êtes une jeune femme très attirante et je crois que vous n’êtes pas consciente de votre charme…

En sortant, la secrétaire lui demande si elle doit fixer un nouveau rendez-vous.

— Non, non… je ne reviens pas…

— Je me disais aussi… vous êtes beaucoup trop ravissante pour avoir besoin des services du docteur…

La jeune fille lui adresse un sourire engageant en la saluant, ignorante du fait que Bérangère a rendez-vous avec le docteur le soir même.

Elle est encore toute surprise d’avoir si facilement accepté. Ils n’ont même pas reparlé d’un régime éventuel, encore moins d’un traitement. Elle lui a dit qu’il l’embrouillait avec ses « Renoir » et ses autres mots qu’elle ne connaît pas. Il a continué jusqu’à ce qu’elle lui avoue qu’il parlait trop bien et qu’il devait être un de ces médecins qui soigne grâce à la parole.

Elle a pris son air le plus mutin pour dire : « Je ne résiste jamais à un beau parleur ». La réflexion l’a fait rire comme un petit garçon qui vient de réussir une espièglerie.

Pour conclure, elle a accepté d’aller au restaurant avec lui. Mais il ne faut pas qu’elle le dise à ses parents. Son père n’aimerait pas qu’elle sorte avec un homme de cet âge.

En descendant l’escalier, elle pense déjà à ce qu’elle va mettre ce soir et au mensonge pour expliquer sa sortie imprévue. Une fois de plus, Noémie lui servira d’alibi.

Par chance, son père doit rentrer tard. Bérangère prépare ses affaires et se fait couler un bain. Elle n’est jamais sortie avec un homme de 40 ans. Sans doute doit-il savoir s’y prendre, elle n’aura qu’à se laisser guider. Elle ne pense à rien de particulier mais son esprit vagabonde.

Le frôlement de ses bras sur ses seins fait frissonner ses mamelons qui deviennent sensibles. C’est bizarre. Quand le docteur les a touchés tout à l’heure, elle n’a rien ressenti du tout. Maintenant, elle imagine qu’il va les caresser et ça l’excite. Elle ferme les yeux en effleurant ses tétons. Sa main glisse sur son ventre, passe sur sa toison qu’elle vient de tailler et d’épiler, évite l’ouverture de sa fente pour se blottir à l’intérieur de ses cuisses.

Elle aime. Une lourdeur enfle dans le bas de son ventre.

Si elle continue, ça fera comme toutes les autres fois, elle ne pourra pas résister. La dernière fois, c’était quand ? Hier ou avant-hier en s’endormant. Ce serait peut-être mieux si elle évitait de le faire tout de suite. Si elle se gardait pour ce soir. Non, il ne lui demandera sans doute rien. Pas le premier soir, comme ça ! Elle serre les cuisses pour sentir la présence de sa main. Mais si ! Un homme de 40 ans qui invite une jeune femme de 18 ans, c’est pour la séduire et faire l’amour. Rien d’autre !

Oui, mais si une fois de plus elle prenait ses désirs pour des réalité ? Sa main entre ses cuisses lui paraît ridicule. La secrétaire a été gentille de lui dire qu’elle était ravissante mais ça fait partie de son métier. Elle ne le pensait pas. D’ailleurs elle n’est pas jolie, elle est grosse.

Avec un geste faussement brutal, Bérangère fait ballotter ses seins de droite à gauche, ce qui ne fait qu’accroître son excitation.

Alors un médecin en plus ! Il doit en avoir des occasions ! Et avec des femmes plus mignonnes qu’elle. N’empêche qu’il avait l’air vraiment content quand elle a accepté d’aller au restaurant avec lui.

Et cette chaleur entre ses cuisses qui ne finit pas de s’étendre. Ça la tiraille doucement. Elle connaît bien ce besoin qui la picote et elle sait déjà qu’elle va lui céder. C’est uniquement par bonté et parce qu’il a vu sa déception qu’il l’a invitée. Il avait une soirée solitaire à meubler.

L’index de Bérangère passe lentement le long de ses grandes lèvres. Elle soupire en s’étendant plus confortablement dans la baignoire. Il ne va rien lui demander, alors, autant en profiter, elle est toute chaude et en pleine forme. L’eau du bain ne facilite pas les caresses subtiles et légères, celles qu’elle affectionne par-dessus tout. Elle décide de s’offrir une branlette rapide.

Son doigt trouve immédiatement la position exacte, il va et vient le long de son clitoris, sur le côté droit, très régulièrement. Une vague de chaleur grossit en elle : Bérangère étire ses jambes quand elle atteint le point de non-retour, effleure à peine le petit bouton hyper sensible, se mord les lèvres et jouit en gardant une immobilité parfaite.

 

Elle hésite longtemps et finalement elle choisit un moyen terme. Le slip et le soutif noirs qu’elle n’a pas encore portés et les vêtements qu’elle avait cet après-midi. Elle se maquille avec soin et cherche sur un plan la rue Saint-Sabin. Pour une fois qu’elle a l’occasion de prendre la Saxo que son père lui a offerte…

 

Le docteur l’avait prévenue mais il a tout de même une demi-heure de retard.

— Excusez-moi, une urgence au dernier moment…

Il l’entraîne dans un bar cubain où on leur sert des punchs énormes dans des verres très hauts. Elle n’est pas habituée à l’alcool et elle se demande s’il veut la saouler. Ce serait facile mais il a plutôt l’air préoccupé et distrait.

Bérangère pense qu’elle va lui faire le coup de la fille complexée. Noémie lui a dit que ça marchait avec les hommes mûrs. A côté d’eux, un groupe de blacks parle fort et rit beaucoup.

— Je ne sais jamais quoi dire avec les gens que je ne connais pas…

— C’est normal. Et puis ici, la musique joue trop fort pour qu’on puisse parler tranquillement…

— Pourtant je ne suis pas timide mais j’ai peur de dire des bêtises. Papa répète toujours que je n’ai aucune conversation…

— Ah ! Mais il ne faut pas croire ce que disent les papas…

Ils dînent dans un minuscule restaurant asiatique où ils sont seuls. Le mutisme de Régis, c’est le prénom du docteur Veillon, est si gênant qu’il s’en excuse en prétextant l’état de santé de son dernier malade, celui qui l’a mis en retard. Bérangère répond qu’elle comprend.

En réalité, elle s’en moque. La soirée se traîne et elle s’ennuie. Mais quelle idée a-t-elle eue d’accepter cette invitation ? Elle sera bien toujours la même gourde, prête à s’enflammer à la moindre marque de sympathie venant d’un homme qui fait mine de lui prêter un peu d’attention. Elle cherche désespérément quelque chose à dire.

— Mais vous savez ce qu’il y a aussi ? Il y a que je ne suis pas intéressante…

— Ne dites pas de bêtises !

— Non, non, je le sais bien. Prenez mon amie Noémie, par exemple, elle fait des trucs qui la passionnent et elle peut en parler pendant des heures. Elle fait de l’équitation deux fois par semaine et c’est dingue les choses qu’elle raconte…

— Je n’aime pas les chevaux.

Bérangère est décontenancée. C’est la première fois qu’elle rencontre quelqu’un qui n’aime pas les chevaux. A force d’entendre sa copine, elle croyait que tout le monde les aimait. Elle, elle en a peur mais elle n’ose pas l’avouer.

Plus tard, Régis lui pose quelques questions sur ses occupations, ses goûts, ce qu’elle envisage de faire dans la vie. Mais il écoute tellement peu ses réponses qu’elle laisse neuf fois sur dix ses phrases inachevées. Dire qu’elle avait imaginé… bof ! c’est même plus la peine d’y penser.

— J’ai promis à mes parents de rentrer de bonne heure…

Il lui propose de la raccompagner mais elle a sa voiture. Elle est contente d’avoir ce prétexte pour le quitter plus rapidement. Curieusement, l’annonce de leur séparation toute proche semble le réveiller mais à cet instant, son portable sonne.

— Oui… oui, Juliette… ah ! Très bien ! Non, non je ne pense pas… je m’étais trompé… oui, on en reparlera demain mais sincèrement je ne crois pas… ce serait trop risqué et sans intérêt…

Régis range l’appareil dans son étui en expliquant que son assistante vient de lui donner des nouvelles de son dernier patient. Il paraît tout à coup en bien meilleure forme.

Tandis qu’ils attendent l’addition, il recommence à lui parler comme dans son cabinet. Mais il reste trop peu de temps pour que le charme qui avait agi dans l’après-midi retrouve toute sa force.

Pourtant, au moment de sortir du restaurant, il prend ses deux mains dans les siennes.

— Il faut me pardonner. Je n’ai pas été très gai ni très agréable. Vous avez dû vous ennuyer mais vous savez ce que c’est… une décision à prendre quand on n’est pas sûr de faire ce qu’il faut… on craint de se tromper…

A certaines intonations, une musique de la voix et un sourire un peu désabusé, un peu triste, Bérangère retrouve celui qui l’avait invitée. Sa déception pour cette soirée ratée s’estompe devant les yeux qui la fixent avec une sorte de bonté empruntée.

— En plus, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais je suis timide. Cet après-midi, dans mon cabinet, ça ne se voyait pas parce que j’étais dans mon environnement, dans un cadre familier, mais en me retrouvant tout seul avec vous… enfin, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop et je suis sûr que ça sera plus réussi la prochaine fois…

 

Dans son lit, Bérangère ne sait toujours pas ce qu’elle doit penser. Evidemment, il n’avait jamais eu l’intention de faire l’amour avec elle, mais ça, elle s’en doutait déjà. Elle l’avait espéré sans trop y croire.

Par contre, elle ne s’attendait pas du tout à ce qu’il soit si morne et si soucieux. C’était bien possible, après tout, l’histoire de son malade. Ça doit pas être marrant tous les jours d’être médecin. Il lui a parlé d’une prochaine fois. C’est pas sûr qu’elle accepte de le revoir. De toute façon, ils n’ont rien décidé de précis et ce n’est pas elle qui va le relancer. Elle va attendre bien sagement qu’il se manifeste. Surtout pas qu’il s’imagine qu’elle lui court après.

Tout de même, ça l’étonne qu’il n’ait pas tenté un geste un peu tendre. Bon d’accord, il lui a pris les mains avant de partir mais c’était à peu près aussi palpitant que la fois où elle a participé avec sa tante à une réunion des témoins de Jéhovah. Là aussi ils s’étaient tous tenus par les mains mais on ne peut pas dire que c’était le prélude à quelque chose de sexuel.

Non, elle doit se rendre à l’évidence, le docteur Veillon n’a aucune visée sur elle. A moins qu’il soit vraiment timide comme il l’a dit. Mais timide à ce point-là ! Surtout de la part d’un homme de son âge, Bérangère n’y croit pas beaucoup.

Petit à petit, elle se laisse glisser dans le sommeil…

 

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