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Résumé

Patrick Saint-Just a la fièvre jaune. Dès son plus jeune âge, la vue d’une simple serveuse de restaurant chinois en jupe fendue suffisait à le mettre en transe. Il en croquait ses baguettes ! Alors imaginez le jour où il a mis les pieds pour la première fois à Manille, une ville en proie aux vices les plus raffinés. Et à Saïgon, où d’anciens G.I. viennent chaque année se remémorer les heures chaudes de l’enfer… en compagnie d’hôtesses vietnamiennes qui leur offrent le repos du guerrier !

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CHAPITRE I

Lorsque j’ai découvert les films de Bruce Lee, et le premier de la série de films des «Emmanuelle», avec Sylvia Kristel, j’ai d’emblée attrapé le virus de l’Asie. C’est grâce à cela que je suis devenu Patrick Saint-Just et que mon penchant pour la gent féminine asiatique s’est développé. C’était la fin des années 80, il n’y avait pas internet ni le téléphone portable, autant dire la préhistoire. Après vingt ans à me morfondre en Bretagne, je suis monté à Paris pour trouver des stages dans le cinéma. Sans relations ni formation particulière, personne ne m’attendait. Par hasard, j’ai trouvé un studio dans le xiiie arrondissement de Paris, le Chinatown de la capitale. Perché dans une des hautes tours près de la porte de Choisy, j’avais l’impression d’être transporté en mer de Chine. Les différentes communautés chinoise, vietnamienne ou cambodgienne se mélangeaient, la multitude de restaurants et d’épiceries exotiques offrait un vrai dépaysement. Sur la dalle au pied de la tour Anvers, en face de la mienne, il y avait même une petite discothèque chinoise. Dès que j’y mis les pieds, je sus qu’il n’y aurait plus de retour en arrière.

Ouverte seulement le week-end, une clientèle de jeunes Chinois friqués s’y retrouvait pour danser et boire du Chivas en frimant comme les gangsters dans le film L’Année du dragon, autre choc à ma passion débridée pour l’Asie. Chaînes en or, cheveux coiffés au gel, costards Armani et Mercedes dans le parking souterrain, je les observais, toujours seul à ma table près du bar. Les Chinoises, minces et maquillées comme des starlettes de Hong Kong, étaient inaccessibles, il y avait toujours un frère ou un cousin pour les empêcher de m’accorder un slow. Je me rattrapais en matant des cassettes de films catégorie III qu’on trouvait dans les vidéoclubs chinois du quartier, importés de la colonie britannique. Des films pornos tournés à la va-vite, fauchés et hard, avec des Chinoises aux gros nichons. De petits boulots en stages non rémunérés, je trouvai enfin un job dans une boîte de production, spécialisée dans le documentaire. Grâce à mon anglais et un C.V. bidon, dans lequel je mentionnais des voyages imaginaires en Asie. Il faut dire que j’étais incollable sur le sujet, après toutes mes lectures et tous les films chinois visionnés.

En parallèle, je faisais des piges pour des fanzines consacrés au cinéma de Hong Kong, John Woo et Tsui Hark étaient alors des réalisateurs à leur apogée à Hong Kong, avant la rétrocession à la Chine de la colonie britannique, en 1997. En 1996, on m’envoya en repérage aux Philippines, que j’affirmais avoir visitées quelques années plus tôt, sac à dos et Guide du routard en poche. Cette fois c’était le grand saut, la concrétisation de tous mes rêves sur pellicule. Ma mission consistait à répertorier tous les sites touristiques de Manille et alentour, en vue d’un documentaire qu’une équipe viendrait tourner quelques semaines plus tard. J’avais huit jours pour ça, tous frais payés, avec appareil photo et caméscope. Muni d’une carte professionnelle, la boîte m’avait aussi dégoté un contact sur place pour me servir à la fois de guide et de traducteur. Je jouais quitte ou double sur ce voyage, le droit à l’erreur n’était pas permis si je ne voulais pas végéter sur les plateaux de téléfilms franchouillards, ce qui avait été mon lot ces derniers temps.

La semaine précédant mon départ, j’achetai toute la documentation possible sur Manille, je trouvai même une carte de cette mégapole dans une librairie spécialisée sur le voyage, dans le Quartier latin. Une fois à Roissy, tout fier de ma veste de reporter bardée de poches, je passai au comptoir d’enregistrement de la Philippine Airlines avec la même allégresse qu’un astronaute sur le pas de tir de Cap Canaveral. Après treize heures de vol sans escale, je débarquai le lendemain matin à Manille.

 

*

*   *

 

D’emblée, l’aéroport Ninoy Aquino me fit une mauvaise impression, avec ses salles d’embarquement vétustes, ses murs sales à la peinture défraîchie et ses policiers gras du bide, à la mine patibulaire. Une fois la douane franchie, des chauffeurs de taxi me tombèrent dessus comme une nuée de criquets, me tirant par la manche ou bien cherchant à s’emparer de mon sac à dos. Avec la clim défaillante dans le hall d’arrivée, je suai déjà à grosses gouttes. Devant le peu de touristes, hormis un groupe d’Allemands en voyage organisé, j’étais la proie idéale des chauffeurs énervés. J’en dégotai un dans la file de taxis à l’extérieur, après avoir joué des coudes pour m’extraire des autres. Il me fallut négocier le prix de la course jusqu’à Ermita, le quartier situé devant la baie de Manille, car bien entendu, le compteur ne marchait pas. Cent pesos plus tard, le taxi me débarquait devant le Malate Pensionne, où la boîte m’avait réservé une chambre par fax.

Une chambre au second étage, avec vue sur la rue, air conditionné, TV et frigo. Malgré les sept heures de décalage horaire, j’étais en pleine forme. Après une douche et un café noir au rez-de-chaussée de l’hôtel, j’étais prêt à arpenter le quartier d’Ermita. En sortant, un panneau attira mon attention sur la porte vitrée du hall : No lady in the room. Interdiction d’avoir de la compagnie féminine, bref pas de filles de bar dans l’hôtel. Sur le moment, je n’y prêtai pas attention. Avec un plan de la ville à jour, pris à la réception, je me lançai dans un premier repérage de la ville. Ma déception ne fit qu’empirer au fil des heures : rues sales et défoncées, pauvreté, gamins des rues qui mendiaient et fouillaient les poubelles, taudis adossés à des immeubles de bureaux, des vigiles armés devant chaque magasin. On aurait dit un coin d’Afrique transplanté en Asie. L’après-midi, j’avalai un adobo, un plat de riz servi avec du poulet, et rentrai pioncer au Malate Pensionne.

Le soir, changement d’atmosphère, une animation différente s’emparait des rues. Les néons tapageurs clignotaient au fronton des bars, tous avec un panneau affiché en grand : « No gun please » ! Armes interdites, comme au temps du Far West. Il y avait même des détecteurs de métaux à l’entrée des grands restaurants fréquentés par les rares touristes et les expatriés. Après une balade sur la baie éclairée par les buildings du front de mer et les cargos en attente au large, je pris une calèche tirée par un cheval pour retourner au centre d’Ermita. Je filmai la course en songeant que cela ferait bien dans le documentaire. Je trouvai un petit bar sur Del Pilar street et entrai pour m’offrir une San Miguel, la bière nationale. Un travelo tenait le comptoir, perruque noire et ongles longs comme des griffes. Sanglé dans une petite jupe en jean, un soutien-gorge rembourré de mousse sous un top sans manches, du rouge à lèvres agrandissait sa bouche. Quand il me tendit la bouteille, ses doigts retinrent mon poignet.

— Tout seul ?

J’acquiesçai, gêné par ce contact prolongé. Avec un clin d’œil, il me libéra :

— Go upstairs!

Un escalier menait à l’étage, plongé dans la pénombre. Il y avait un billard dans le fond de la salle, des caisses de bières empilées sur le carrelage. Méfiant, je pris ma bouteille et grimpai les marches une à une, me demandant ce que j’allais découvrir là-haut. Sur le palier, une fille attendait, en train de feuilleter une revue, accroupie pieds nus. Elle me décocha un sourire incendiaire : belle et fine, pas plus de dix-huit ans, de longs cheveux noirs et une peau bronzée. Ses gros seins ballottèrent sous son T-shirt lorsqu’elle se leva pour me prendre la main.

— Tu viens pour regarder ? C’est cent pesos !

Intrigué, je sortis un billet de ma poche et la suivis sans plus de questions dans le couloir où des cafards cavalaient le long des murs. Des posters défraîchis de starlettes filipinas décoraient le papier peint suintant d’humidité. Elle me conduisit dans une petite chambre sans fenêtre, au plafond couvert de miroirs piqués par des taches de moisissures. Un doigt sur sa bouche charnue, elle me fit signe de garder le silence. Après avoir mis en marche un ventilateur aux pales rouillées et qui brassait l’atmosphère poisseuse, faute du manque d’aération de la pièce, elle m’invita à m’asseoir près d’elle sur un tabouret, face à un mur. Sans bruit, elle ôta le calendrier publicitaire Red Horse Beer et révéla un trou percé dans le plâtre.

— Look, please! chuchota-t-elle.

Méfiant, je collai un œil sur l’ouverture ainsi pratiquée. Dans quelle galère m’étais-je laissé embarquer ? Je compris tout de suite en découvrant un type entre deux âges, assis sur un lit branlant, les jambes écartées, la bite à l’air, en train de se faire sucer par une Philippine nue qui ressemblait trait pour trait à celle qui se tenait près de moi. Avec l’impression de visionner un de ces films catégorie III que je louais dans Chinatown à Paris, je sentis toute la fatigue du voyage et de mes heures à marcher dans Manille s’évanouir. Cette fois les choses sérieuses commençaient. Lovée entre les cuisses du type qui avait gardé son T-shirt, la jeune fille léchait sa queue avec application, de haut en bas, une main sur les couilles poilues. Elle tortillait du cul en rythme, il lui tripotait ses seins pointus, pinçait ses mamelons sombres. Un néon jetait une lumière rouge et crue sur le lit, il y avait des miroirs sur les murs et au plafond. Une vraie chambre de bordel, comme j’en avais rêvé depuis longtemps ! Soudain, le type attrapa la fille par la taille et la fit pivoter de dos, de telle sorte que je la voyais maintenant de face.

La vue de sa chatte aux longs poils hirsutes, d’un noir d’encre, et qui masquaient ses lèvres, déclencha ma première érection à Manille. La fille à mes côtés s’en aperçut car elle tendit la main sur ma braguette, histoire sans doute de vérifier que le spectacle me convenait. Elle ne chercha pas à aller plus loin, ce qui me suffisait pour l’instant. Le mec souleva la Philippine de façon à ce qu’elle puisse s’asseoir sur sa bite. Poupée souple comme une liane, elle gémissait, ses yeux fins mi-clos, la pointe de sa langue rose coincée entre des dents très blanches. Avec ses doigts boudinés, il fourragea dans son pubis touffu et tira sur les lèvres brunes qui s’écartèrent, révélant une fente tirant sur le mauve. La chair luisait sous la forte lumière du néon, preuve que la fille mouillait. Il ne s’agissait pas d’un simple show pour touriste esseulé, mais bien d’un couple en train de s’envoyer en l’air. Se doutaient-ils que quelqu’un les épiait dans la chambre voisine, le front en sueur collé au mur ? La fille devait le savoir, elle, à la façon dont elle s’ouvrait, les cuisses béantes, guidant la queue entre ses lèvres gonflées.

La tenant par les hanches, l’homme l’empala sur sa queue en l’appuyant sur son gland joufflu. Je vis le bas-ventre de la fille se contracter, elle cria en tagalog, sa langue maternelle. La chatte transpercée, elle se retrouva assise sur les cuisses poilues tandis qu’il commençait à s’animer en elle. Du sexe sans fioritures, comme s’il était pressé d’en finir. Les seins de la Philippine sautillaient à chaque coup de reins, leur image démultipliée sur les miroirs ébréchés décuplait mon excitation. Le sommier aux ressorts usés couinait, un radiocassette sur une table de nuit diffusait du Madonna en sourdine. Près de moi, la fille avait replongé le nez dans son magazine, indifférente à mon émoi. Je changeai d’œil, le premier embué par la transpiration. La cavalcade du couple dura encore une minute, puis l’homme retira sa queue de la chatte qu’il avait défoncée. Docile, elle la captura et la pressa à la base du gland, la collant contre son buisson en nage. Il éjacula, un bras écrasé sous les seins aux pointes qui dardaient vers le plafond. Son foutre se répandit sur les longs poils, l’éclaboussa autour du nombril orné d’un tatouage en forme d’étoile.

Une fois qu’il se fut vidé, la fille se dégagea de son étreinte et s’étira, levant les bras en l’air, sous l’œil du type encore en érection. Je la vis prendre une lingette glacée dans le minifrigo et s’essuyer la chatte tout en chantonnant avec Madonna. Comme le rideau d’un théâtre à la fin d’une représentation, le calendrier refit son apparition devant le trou. Fin de la séance. Je me retrouvais tout bête, avec une trique d’enfer et le palpitant qui battait à cent à l’heure. Je vidai ma bière à présent tiède et redescendis au bar, abandonnant la Philippine à sa lecture. Au comptoir, trois jeunes Anglais avec des bouteilles de plongée squattaient le bar. Je me réfugiai près de la caisse derrière laquelle le travelo était en train de se peindre les ongles. Sans attendre ma commande, il poussa une San Miguel glacée devant moi.

— On a des chambres libres, cent trente pesos la nuit !

La mienne se montait à mille pesos. Dans ma tête, cela bouillonnait. Je me rappelai le panneau à l’entrée de mon hôtel : « No lady in the room ». Ma décision fut prise au quart de tour : j’allais m’installer ici pour la semaine, tout en gardant la chambre au Malate Pensionne, payée par la boîte. Cette décision changea ma vie à jamais…

 

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