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Résumé

Abandonnée par son mari, Arlette débarque un triste soir dans une petite ville de province et propose ses services à un très pervers couple d’hôteliers… C’est quoi, ça, vous demandez-vous, Cosette qui arrive chez les Thénardier ? Un remake des Misérables ? Mais non, voyons, ce n’est pas Victor Hugo, l’auteur, mais Christian Defort. Aussi, vous avez déjà deviné que si Cosette, pardon, Arlette, va se faire « punir » plus souvent qu’à son tour (et très injustement), ma foi, elle en prendra vite son parti. Et même… qu’elle en redemandera ! Pourquoi ça ? Je ne peux vraiment pas vous le raconter sur la couverture. Faut casquer, mes amis, pour enlever l’emballage plastique. Comme pour le jambon !

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CHAPITRE PREMIER

En sortant de la gare, Arlette sentit son cœur se serrer. Elle se fit la réflexion que, depuis quelques temps, la poisse n’arrêtait pas de la poursuivre. Elle avait quitté Paris avec l’espoir de résoudre ses problèmes et, d’emblée, elle était accueillie par un temps maussade. Cela ressemblait à un mauvais présage.

Elle frissonna. Il ne faisait pas vraiment froid, car on n’était que fin septembre. Cependant, un léger crachin noyait la ville. Les gouttes glacées s’infiltraient dans son cou. Perdue au bord de la côte, au fin fond de la Loire atlantique, la ville de M… payait le tribut d’un climat humide. Un vent hargneux s’engouffrait dans les rues. Dans la baie, il soulevait des vagues courtes et rageuses qui venaient battre la vieille jetée de pierre.

La jeune femme frissonna de nouveau. Elle releva le col de son manteau en pressant le pas. La grande valise pesait au bout de son bras. Il n’y avait guère de monde sur l’esplanade devant la gare. On était dimanche après-midi et, vu le temps, les gens préféraient rester chez eux.

Elle traversa la place et rejoignit l’arrêt du bus. Sa tante habitait dans une petite cité résidentielle à l’autre bout de la ville.

Un quart d’heure plus tard, elle se retrouva devant l’immeuble où se trouvait l’appartement d’Odile. La vitre de la porte de l’immeuble était fendue. Dans le hall flottaient des relents de graillon et d’urine. Une poussette repliée était attachée par une chaîne aux premiers barreaux de la rampe. Péniblement, à cause de sa lourde valise, Arlette gravit les marches jusqu’au premier étage. L’appartement d’Odile était à gauche sur le palier. Elle sonna et attendit. Bientôt, il lui fallut se rendre à l’évidence, sa tante n’était pas chez elle.

Désemparée, la jeune femme alla sonner à la porte d’en face. Aussitôt, celle-ci s’entrebâilla ; une femme âgée, aux cheveux grisonnants, au nez chaussé d’énormes lunettes, l’air méfiant, se montra dans l’ouverture.

— Je suis la nièce de votre voisine, expliqua Arlette. Elle n’est pas là. Savez-vous si elle va revenir bientôt ?

Le visage de la vieille femme se fit brusquement hostile. Elle eut une moue pleine de mépris en jetant un coup d’œil sur les cheveux bien coiffés, les yeux fardés et les lèvres peintes de son interlocutrice.

— Ça fait plusieurs jours qu’elle n’est pas là, dit-elle d’une voix glacée. J’ignore où elle est et ce ne sont pas mes oignons. Si c’est vraiment votre tante, il y a pas de quoi être fière. Attendez-moi là.

Elle planta sur le seuil Arlette passablement interloquée, et disparut à l’intérieur. Elle en revint bientôt et tendit à la visiteuse une feuille de papier.

— La première adresse est celle d’un couple de ses amis, la seconde, celle de la propriétaire de l’immeuble où se trouve son magasin. Ces personnes sauront vous renseigner mieux que moi ! Bonsoir !

Elle claqua la porte au nez d’Arlette qui n’eut que le temps de se reculer.

Eberluée par cet accueil, la jeune femme haussa les épaules et redescendit au rez-de-chaussée.

L’arrêt du bus où elle était descendue était exposé à tous les vents. Les adresses mentionnées par la voisine grincheuse correspondaient à des rues situées en pleine ville. Il n’était pas du tout sûr qu’un bus passerait bientôt dans le coin. Malgré la pluie et sa valise, Arlette se résigna à parcourir à pied la distance assez importante qui séparait la cité du centre de M…

Tout en marchant, elle ne pouvait s’empêcher de repenser aux circonstances qui l’avaient obligée à quitter Paris. En fait, elle n’avait plus un sou. Cela parce que son mari, deux mois plus tôt, avait jugé utile de disparaître sans laisser de traces. Il évitait ainsi d’avoir à répondre à certaines questions embarrassantes que la justice allait lui poser sur ses affaires.

Lui et Arlette s’étaient mariés cinq années auparavant. A l’époque, elle n’avait que vingt-cinq ans et lui déjà quarante. Ce n’était certes pas un mariage d’amour mais de modeste secrétaire ; elle était devenue une vraie bourgeoise à la vie luxueuse et facile. Le départ de son mari qui la laissait sans ressources avait tout brisé. Elle était même descendue plus bas qu’avant car, vu le chômage, elle ne pouvait même plus exercer son ancien métier.

Elle s’était donc souvenue de cette tante et avait décidé de venir se réfugier auprès d’elle quelques semaines. Peut-être sa parente pourrait-elle lui prêter un peu d’argent, la guider de ses conseils… ou même la faire travailler dans son commerce…

Par acquit de conscience, la jeune femme fit un détour par l’avenue Legrand, l’artère principale de M… Sur cette voie, le magasin de parfums et de produits de beauté de sa tante occupait une place bien en vue. Juste en face, de l’autre côté de l’avenue, il y avait le square Bontemps et, au-delà, la mairie.

Le rideau de la boutique était baissé. Il ne portait aucune indication. Arlette n’avait plus qu’à se rendre chez les Rebois, à la première adresse que lui avait donnée la vieille… rue Dugout.

La rue Dugout était parallèle à l’avenue Legrand. Elle se perdait dans un lacis de ruelles séparant la voie principale de M… de la place où se dressait l’église Saint-Armand. Dans ces passages étroits et sombres, encore plus humides que le reste de la ville, il faisait déjà presque nuit. Arlette sursauta quand elle faillit se heurter à un passant à l’angle d’une rue. L’homme, cependant, continua son chemin sans lui accorder un regard.

Le magasin Au bon chic était fermé, bien sûr. Les Rebois, d’après la voisine de palier d’Odile, habitaient juste au-dessus. La porte de l’immeuble flanquait la boutique. Elle poussa le lourd battant.

Le hall dallé s’étendait jusqu’à un escalier de bois fraîchement ciré. Au premier étage, une plaque de cuivre mentionnait le nom de Rebois. Elle appuya sur le bouton de la sonnette.

Peu après, le battant pivota. Arlette se retrouva nez à nez avec une jeune femme très maquillée, déguisée en soubrette de théâtre. Elles se dévisagèrent pendant quelques secondes. Arlette était toute décontenancée. La « bonne » répandait autour d’elle des effluves d’un parfum entêtant. De plus, sa robe noire très serrée s’arrêtait à mi-cuisses, sur des bas gris fumés et mouchetés. Et l’on pouvait deviner les taches sombres de ses mamelons à travers son léger corsage…

— Vous désirez ? s’enquit l’étrange soubrette en se cambrant d’une façon provocante.

— Je suis la nièce d’Odile Bort, l’amie de monsieur et madame Rebois.

La soubrette cilla légèrement.

— Je vais leur dire que vous êtes là, fit-elle après une courte hésitation.

Il y eut un murmure de voix à l’intérieur. La soubrette reparut en compagnie d’une femme d’âge mûr, au visage dur.

— Je suis madame Rebois. Ainsi, vous êtes la nièce d’Odile ?

Arlette eut l’impression que l’amie de sa tante la dévisageait d’une façon bizarre, tout comme la soubrette. A son tour, elle examina la femme. Madame Rebois avait conservé une belle allure. Elle était grande, mince encore. Il fallait regarder de très près ses cheveux noirs pour distinguer, au milieu, quelques fils argentés. Elle était maquillée et fardée avec soin. Sa robe rouge, très ajustée, mettait en valeur les rondeurs volumineuses mais arrogantes de sa poitrine.

— Donnez-vous la peine d’entrer.

Arlette déposa sa valise humide dans l’entrée et essuya machinalement ses cheveux roux et bouclés, humides de pluie, avec son mouchoir. La pièce, à gauche de la porte palière, était une salle de séjour au décor banal. Un canapé, quelques fauteuils en similicuir marron entouraient une table basse dont le plateau était carrelé de faïence verte veinée de blanc. Quelques cendriers sur pied étaient disposés autour des sièges. Un meuble bibliothèque, venu tout droit de Conforama ou de la Redoute, occupait presque entièrement un mur. Il abritait quelques livres mais surtout une profusion de bibelots à bon marché. Un poste de télévision allumé, niché dans un angle de la pièce, diffusait un dessin animé.

Un homme était avachi sur le canapé. En voyant entrer Arlette, il se redressa et rajusta la ceinture de son pantalon.

— Mon mari.

Monsieur Rebois ne présentait pas aussi bien que son épouse. Assez petit, chauve et bedonnant, il avait des poches sous les yeux.

— C’est extraordinaire, laissa-t-il échapper, en regardant attentivement Arlette. Vous ressemblez terriblement à votre tante !

L’air agacé, madame Rebois se tourna alors vers la bonne.

— Charlotte, dit-elle d’un ton sec, qu’est-ce que vous attendez pour aller faire du café ?

L’interpellée quitta aussitôt la pièce en balançant son derrière charnu.

En dépit de sa fatigue, Arlette hésitait à s’asseoir, à cause de son manteau trempé. Madame Rebois la débarrassa du vêtement et l’invita à prendre place sur un fauteuil. Elle-même, après avoir suspendu le manteau dans l’entrée, s’installa sur le canapé, à côté de son mari.

— Qu’est-ce qui vous amène chez nous ? demanda-t-elle.

La jeune femme exposa alors rapidement les motifs de sa venue à M… en précisant qu’elle était allée jusqu’à l’appartement de sa tante, cité Chauvert, et qu’elle n’y avait trouvé personne. Après avoir échangé un regard, ses deux interlocuteurs restèrent silencieux pendant quelques secondes.

— C’est ennuyeux, fit enfin madame Rebois. Effectivement, nous connaissons bien votre tante. Elle reviendra bientôt. Vous pouvez en être sûre. Mais nous ne pouvons pas vous dire où elle se trouve en ce moment…

— Mais qu’est-ce que je vais faire en attendant ? gémit Arlette, totalement effondrée. Je comptais sur elle pour m’héberger. Je n’ai plus d’argent ! Pas même de quoi payer un billet de train pour revenir à Paris.

Le couple échangea à nouveau un coup d’œil rapide.

— Il y a peut-être une solution, avança alors madame Rebois, avec un sourire pincé.

— Laquelle ?

— Tout l’immeuble nous appartient. Les pièces des autres étages sont louées mais il nous reste une chambre de bonne de libre. Vous pourriez vous installer là en attendant le retour de votre tante.

La jeune femme hésita. Ces gens, avec leur étrange bonniche, ne lui inspiraient pas confiance. Cependant, il lui fallait bien dormir quelque part et elle n’avait pas de quoi payer une chambre d’hôtel.

— C’est bien aimable à vous, dit-elle, gênée. J’accepte.

— Vous verrez, lui dit madame Rebois. Je suis sûre que nous nous entendrons très bien. Nous sommes des amis intimes de votre tante.

— Ce sera un vrai plaisir pour nous que de vous héberger, ajouta le mari avec un sourire ambigu.

C’est le moment que choisit la soubrette pour reparaître dans la pièce en apportant trois tasses, un sucrier et une cafetière disposés sur un plateau. Comme elle se penchait en avant pour le déposer sur la table basse, sa robe ultracourte remonta sur ses cuisses lourdes sans qu’elle paraisse s’en soucier.

— C’est très bien, lui dit madame Rebois d’un ton doucereux, mais ramassez-moi ces revues qui traînent sur le fauteuil là-bas.

Charlotte s’empressa d’obéir. Elle s’inclina encore davantage pour prendre les illustrés posés sur le siège, dos tourné à Arlette et aux époux Rebois. Dans ce mouvement, elle dévoila alors la quasi-totalité de son cul, montrant son slip minuscule assorti à son porte-jarretelles rouge. Elle se tenait les jambes écartées avec une impudeur totale et l’on pouvait voir nettement son entrecuisse. Des poils noirs débordaient de part et d’autre de la culotte, contrastant avec la couleur platinée des cheveux. Le regard hypnotisé d’Arlette s’arrêta soudain sur un détail : des striures brunes zébraient la peau de l’étrange bonne sur le haut des cuisses et sur les fesses. Cela ressemblait étrangement à des marques de fouet.

— Dites-moi, ma fille, fit tout à coup madame Rebois, où avez-vous appris à faire le café ?

Charlotte se redressa lentement, son paquet de revues à la main.

— Eh bien… bredouilla-t-elle.

Arlette, surprise, s’aperçut que son visage était écarlate.

— Venez donc ici, ordonna sa patronne.

La tête basse, la bonne s’avança.

— Je croyais vous avoir déjà dit de mettre des robes plus longues, fit madame Rebois. A quoi ça ressemble ? Chaque fois que vous vous penchez, vous montrez votre cul à tout le monde.

— Je sais, murmura Charlotte, en rougissant de plus belle.

— En attendant, reprenez-moi tout ça et allez préparer du café d’une façon un peu plus convenable.

Pendant que Charlotte reprenait le plateau, madame Rebois se tourna vers Arlette.

— Je ne sais pas pourquoi je la garde, dit-elle d’un ton désabusé. C’est une sale vicieuse ! L’autre jour, quand je lui ai dit que ses robes étaient trop courtes, elle m’a répondu que ça l’excitait de montrer son cul et qu’elle mouillait sa culotte.

— Ah… ah bon, balbutia Arlette, totalement sidérée.

Avec perplexité, elle suivit des yeux la bonne qui quittait la pièce en remuant les fesses.

Dans la demi-heure qui suivit l’incident, la jeune femme s’efforça de soutenir la conversation avec ses hôtes qui n’arrêtaient pas de lui poser des questions. Cela lui était difficile car elle avait la tête ailleurs. Madame Rebois dut s’en rendre compte.

— Vous devez être fatiguée, dit-elle en se levant. Venez, je vais vous montrer votre chambre.

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