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Résumé

La jeune Marine, modèle nu, est recrutée par Maud, riche galeriste de l’avenue Montaigne. « Vous serez mon assistante, mais j’exige de vous une disponibilité totale… et complète ». Comment cette « disponibilité » va faire de Marine le jouet érotique de la jet set, vous le découvrirez avec autant de surprises qu’elle, dans ce roman sulfureux inspiré d’un fait divers. Devenue une des gloires d’Ibiza, d’orgies en escapades coquines sur des yachts princiers, en compagnie d’Arielle, Maud et quelques autres, Marine, avec son carnet d’adresses bien fourni, se sent prête pour de nouvelles aventures, si possible très « chaudes ». Qui sait, vous les lirez peut-être un jour ?

 

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CHAPITRE I

La lumière inondait la pièce mansardée au plafond incliné, qui servait d’atelier aux élèves peintres. Debout derrière leur chevalet maculé de peinture, cinq étudiants de l’Ecole des beaux-arts étaient en train de peindre la silhouette dénudée d’un modèle féminin. Elle trônait sur une chaise, assise à l’envers, ses gros seins écrasés contre le dossier. Disposés en arc de cercle autour d’elle, les élèves la peignaient de face ou de trois quarts, selon leur position respective. Parfois, l’un deux, toujours un garçon, s’avançait pour regarder une partie de son corps d’un peu plus près. Chaque fois, Marine se redressait alors sur sa chaise, ses seins pointés vers le peintre. Ce dernier en profitait pour jeter un coup d’œil sur son cul cambré, orné d’un petit papillon tatoué sur la fesse gauche.

Vingt-deux ans, la silhouette fine qui accentuait la taille de ses seins et ses cuisses musclées, Marine posait pour éviter les petits boulots dans les fast-foods. Elle-même issue des Beaux-Arts, elle cherchait à travailler dans une galerie, mais les places y étaient rares. Poser nue ne lui posait pas de problème, elle aimait les regards qui l’épiaient derrière les chevalets. Rester des heures immobiles ne la gênait pas non plus. Certaines filles, jalouses de sa plastique et de ses longs cheveux roux, lui lançaient des ordres secs pour lui faire rectifier sa pose. D’autres allaient jusqu’à se plaindre de son gros cul ou de ses seins trop lourds, indignes de l’art moderne. Marine s’en fichait, car elle était l’un des modèles les plus recherchés de Paris.

La porte de l’atelier s’ouvrit sur l’employé qui gérait les sessions de travail des étudiants. Vêtu d’une blouse noir, il avait l’allure d’un vieil instituteur. Après avoir tapé dans ses mains, il s’interposa entre Marine et les étudiants.

— Fin de la séance ! Veuillez ranger votre matériel et nettoyer vos pinceaux !

L’odeur du white-spirit envahit aussitôt la pièce, tandis que Marine demeurait assise, les bras croisés sur le dossier de sa chaise. Le corps relâché, elle aimait la fin des séances : le rideau tombait sur la représentation, comme au théâtre. Les étudiants traînaient un peu pour guetter le moment où Marine se lèverait, mais, inflexible, l’employé faisait écran jusqu’à leur départ. Une fois ceux-ci partis, il se tourna vers elle, s’efforçant d’ignorer les seins qui le fascinaient. Jamais il ne restait avec les autres modèles, trop plates à son goût. Parfois, Marine lui faisait une fleur, passant une jambe par dessus la chaise pour se lever, lui laissant entrevoir un bref instant sa fente masquée par une toison couleur de feu.

— Rhabillez-vous, mon petit !

Fidèle à son habitude, l’homme ne tourna les talons qu’une fois la jeune femme debout. Seule, celle-ci en profita pour étirer ses membres ankylosés. Elle était en train d’écarter ses bras lorsque la porte s’ouvrit. Intriguée, car personne n’était censé être présent à ce moment-là, Marine baissa les bras. Sans songer à masquer sa nudité, elle regarda la personne qui entrait dans l’atelier. Une femme en tailleur gris, aux cheveux blonds noués par un ruban noir, au chemisier blanc échancré qui dévoilait ses seins. Des escarpins rehaussaient sa silhouette déjà grande. Sa figure sans maquillage, à l’exception d’un rouge à lèvres écarlate, affichait une froideur toute nordique. Pour la première fois depuis le début de la séance, Marine sentit la fraîcheur la gagner.

— Vous êtes bien Marine, n’est-ce pas ?

Surprise par l’apparition de l’inconnue, Marine hocha la tête mais ne bougea pas, figée devant la chaise. La démarche souple, la femme traversa l’atelier, la main tendue. Une sourire enjôleur éclaira son visage pâle.

— Maud, de la galerie Montaigne !

Le nom fit tilt dans l’esprit de Marine. Elle y avait rendez-vous après la séance pour un entretien d’embauche. C’était l’une des plus fameuses galeries parisiennes, qui ne vendait que du haut de gamme à des clients huppés, avec des bureaux à New York et Tokyo. Que la responsable de la galerie se soit déplacée en personne surprenait Marine, même si elle avait mentionné dans son CV qu’elle posait ici à l’occasion. Maud l’examina des pieds à la tête. Alors que le regard des peintres ne la dérangeait pas, celui perçant de cette dame troublait Marine. Elle semblait évaluer la courbe de ses hanches et la rondeur de ses seins, les mains dans le dos, comme si elle procédait à une inspection. Elle fit le tour de la chaise, ses talons aiguilles résonnant sur le parquet poussiéreux.

Après un moment qui parut une éternité à Marine, Maud se plaça de nouveau devant elle.

— Vous perdez votre temps à montrer votre cul à ces peintres du dimanche !

Le mot « cul » avait dans sa bouche une connotation étrange. Il semblait même à Marine que ce terme la dégoûtait. Incapable de soutenir les yeux bleus de la femme, Marine baissa les siens.

— Si vous travaillez pour moi, j’exige une disponibilité totale !

Effleurant la joue de Marine de sa main, Maud lui expliqua que ses clients réclamaient le meilleur, et qu’une attention spéciale était portée à ses employées. Maud ne recrutait que des VRP de charme et rien ne devait être laissé au hasard dans le marché de l’art.

— Après quelques ajustements, je ferai de vous une des reines du milieu ! Toute la jet-set ne jurera que par vous pour acheter mes tableaux.

Intriguée par l’exaltation de Maud, Marine n’en croyait pas ses oreilles. Jamais elle n’aurait imaginé passer un entretien d’embauche ainsi, à poil devant sa future patronne, et être malgré tout sélectionnée d’emblée. Elle n’avait pas dit un mot !

— Allez, habillez-vous, une petite séance de relookage ne vous fera pas de mal !

Avec la grâce hautaine d’une danseuse étoile, Maud tira la chaise à elle et s’assit dessus, croisant haut les jambes. La jupe retroussée sur ses cuisses, aussi blanches que ses joues, laissait deviner un slip noir. Tandis que Maud allumait une cigarette au filtre doré, chose interdite dans l’atelier, Marine recula vers ses vêtements, accrochés en désordre sur un chevalet près de la fenêtre. Un instant, elle songea se rhabiller derrière un vieux paravent chinois au fond de l’atelier, mais le regard impassible de Maud l’en dissuada. Prenant sa culotte de coton blanc, elle l’enfila, les yeux posés sur le parquet. A travers les volutes de fumée qui flottait autour de Maud, elle sentait que celle-ci observait le moindre de ses gestes. Lorsqu’elle fit glisser la culotte sur ses fesses, l’élastique claqua sur sa peau.

— Une vraie gamine ! Il faudra me changer ces horreurs !

Du menton, Maud fit aussi allusion au soutien-gorge assorti, un modèle qui enveloppait les seins en entier. Quand Marine passa les mains dans son dos pour l’agrafer, cela les releva. Tirant longuement sur sa cigarette, Maud n’en perdait pas une miette. Les larges aréoles d’un rose clair, cernées par les taches de rousseur, semblaient capter son attention. Les gestes gauches, Marine peinait à se rhabiller. Voyant cela, Maud écrasa sur le parquet sa cigarette avec la pointe de son talon. Lorsqu’elle fut près de Marine, celle-ci resta la main en l’air. Passant dans son dos, Maud prit la bretelle du soutien-gorge et l’agrafa en tirant d’un coup sec dessus, ce qui eut pour effet de comprimer les seins.

— Et voilà ! Allez, dépêchez-vous, j’ai horreur d’attendre !

Perturbée par le bref contact des doigts de Maud sur son dos, Marine acheva de s’habiller avec la même fébrilité. Lorsqu’elle quitta l’atelier à ses côtés, elle pressentit confusément qu’elle n’y remettrait jamais les pieds et qu’une nouvelle vie commençait.

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