Osez 20 histoires d’amour au bureau

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La MusardineOsez 20 histoires


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Résumé

Quand le sexe s’’invite au boulot… L’’amour au bureau : beaucoup rêvent de l’’expérimenter avec leurs confrères et soeurs, mais peu osent passer le cap ! Il est vrai qu’’il faut une sacrée audace, pour aller aborder le collègue sur lequel on fantasme…… Mais de l’’audace, ce n’’est pas ce qui manque aux auteurs des vingt nouvelles de ce nouveau recueil, qui vous fera voyager des tours de la Défense à la salle de classe d’’un collège en passant par une salle de marché, un centre de soins palliatifs ou le plateau de tournage d’’un film. Grâce à Osez 20 histoires d’’amour au bureau, vous ne verrez plus jamais votre lieu de travail et vos collègues de la même manière !

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Buckingham – Nora James

Louise l’appelait « Buckingham ». Louise, ma collègue. Petite, brune, piquante, yeux charbonneux, bagues énormes aux doigts. Tous les matins, c’était le même rituel : on se retrouvait sur le quai du métro, à Concorde, puis petit débrief du matin : qui couche avec qui, à quoi ressemble la nouvelle stagiaire, et est-ce que le type de la cafétéria est mieux sans son bouc. Arrivée à la Défense. On traversait l’esplanade pour rejoindre le grand building en verre. Ouverture automatique des portes. Mes talons produisaient toujours le même son métallique sur le sol en marbre. Et on passait devant lui, tous les matins, avec un sourire malicieux. Et tous les matins, Louise et moi trouvions une phrase pour tenter de le faire réagir.

Lui, le vigile de l’entrée. « Buckingham ». Un grand brun baraqué qui n’avait pas décroché un mot en deux ans. On prenait un malin plaisir à lui dire bonjour avec un grand sourire aguicheur. Lui ne bronchait pas. Il se contentait de répondre par un invariable hochement de tête. Jamais un sourire. Contrôle absolu. Aussi raide que les gardes de Sa Majesté. Alors, c’était devenu notre petit jeu du matin : essayer de le faire craquer, ne serait-ce qu’une fois. Qu’il fléchisse, fasse un petit écart, se trahisse par un sourire au coin des lèvres, une envie au fond de l’iris. On poussait la provocation, on se plaisait à jouer les adolescentes effrontées, à tester ses limites. Moins il réagissait, plus ça nous excitait.

Au bout de quelques mois, Louise me mit au défi de lui montrer la dentelle de mon soutien-gorge. Ce jour-là, je déboutonnai les deux premiers boutons de mon chemisier, m’avançai vers lui, fis mine de venir lui poser une question, avant de laisser tomber mon stylo. Avant qu’il ait le temps de réagir, j’étais déjà à ses pieds, prenant soin d’exhiber sous son nez mon décolleté frondeur et son auréole de dentelle. Il y jeta un rapide coup d’œil, mais détourna tout de suite le regard. Je me relevai très lentement, en frôlant de mon visage son pantalon… sa braguette… son ventre… son torse… Je le regardai droit dans les yeux. Il me lança un regard entre mépris et défiance. J’esquissai un sourire effronté, lançai « bonne journée », avant de faire volte-face et de le planter là. De retour auprès de Louise, je lui commentai ma victoire avec fierté, tout en tentant de dissimuler ma nervosité.

Le soir même, je fis un rêve : j’étais debout, nue, devant l’entrée de la société, à quelques mètres de la porte vitrée automatique. Au moment où je réalisai que j’étais nue, je levai la tête : derrière la vitre, il m’observait tranquillement. Il me regardait d’un œil perçant, vicelard, presque sadique. Puis il prononça une phrase inaudible, éclata de rire, me fit signe de venir vers lui. Je m’approchai de la grande porte vitrée, tentant de cacher mes seins et mon sexe, honteuse de ma nudité. Il répéta ses paroles incompréhensibles. Alors, je me rapprochai encore, contrainte de me coller à la vitre comme une sangsue. Je sentais le froid du verre contre mes seins, mon ventre, mon sexe, en attendant, fébrile, qu’il répète sa phrase. Mais au lieu de parler, il s’avança vers moi, souffla sur la vitre à l’endroit de mon sexe, le cachant momentanément avec la buée de sa respiration. Puis d’un geste de la paume, il effaça le nuage de vapeur d’eau, découvrant à nouveau mon sexe. Il refit cela plusieurs fois, me « déshabillant » au gré de son envie. Je le regardais faire sans bouger, ne songeant pas une fois à m’éloigner de la vitre. Soudain, il colla sa langue au verre avec une impudeur à la limite de la vulgarité. Et, tout comme je m’étais relevée vers lui le jour même pour lui montrer mon soutien-gorge, il remonta jusqu’à mes lèvres, léchant goulûment la vitre comme s’il s’agissait de mon corps, tout en me regardant fixement. Lorsqu’il arriva au niveau de ma bouche, il y fourra sa grosse langue, me prenant par surprise : la vitre s’était soudainement évaporée. Sa langue était chaude et ferme, son baiser passionné. Au même moment, il mit brusquement sa main au niveau de mon sexe, y enfonça deux doigts sans ménagement. Deux gros doigts pulpeux, qui pénétrèrent dans mon intimité. Je poussai un cri étouffé, avant d’avoir le souffle coupé par le plaisir.

C’est à ce moment précis que je me réveillai, en nage, excitée comme jamais. Incapable de me rendormir, je pris ce matin-là le parti de me lever plus tôt et filai sous la douche. Une douche qui dura de très longues minutes : encore sous le choc de mon rêve, je ne pus m’empêcher de prolonger la scène en me caressant. J’avais encore la sensation de ses doigts en moi. Frustrée de ne pas être arrivée au bout du rêve, je tentai de retrouver la sensation par moi-même. Je finis par jouir, debout, la joue contre le carrelage de la douche, mes cheveux collés au visage.

J’arrivai en retard à mon rendez-vous quotidien avec Louise. Je prétextai une mauvaise nuit, sans donner plus de détails. En franchissant la porte vitrée, pour la première fois, je baissai le regard : il était là, à son poste, debout, torse bombé, mains derrière le dos. Il nous regardait arriver. À l’épreuve de son regard, je sentais mes joues rougir, comme s’il pouvait lire en moi le souvenir de mon rêve torride.

 

À partir de ce jour, mon désir ne cessa d’augmenter. Les images de mon rêve me revenaient en tête comme une chanson lancinante. Je ne parvenais plus à me concentrer sur mon travail, ni à penser à qui que ce soit d’autre. Louise continuait à le provoquer ; moi, je me faisais discrète. Un jour, j’eus l’impression qu’il me regardait différemment, comme s’il remarquait mon changement d’habitude, et tentait d’en décoder la cause.

La semaine suivante, Louise attrapa une angine et prit un arrêt maladie. Je tremblais à l’idée de franchir la porte d’entrée sans elle, d’affronter seule le regard de Buckingham. Peut-être allait-il en profiter pour se moquer de moi, me faire remarquer à quel point, désormais seule, j’avais perdu toute audace.

Je franchis la porte, le cœur battant, mais bien décidée à garder une contenance. À la place de Buckingham, j’aperçus un immense Black souriant, qui m’adressa un grand bonjour. Je bredouillai un vague salut, avant de m’engouffrer dans l’ascenseur.

Le lendemain, je passai la porte, espérant que Buckingham serait de retour. En vain : le grand Black m’adressa une nouvelle fois son bonjour mielleux. Louise revint le jour suivant, et ne put que faire le même constat : Buckingham avait disparu. Au déjeuner, nous fîmes le point : avait-il démissionné ? Était-il malade ? Nous finîmes même par nous demander si nous y étions pour quelque chose. Nous nous retrouvions comme deux gamines frustrées, privées de leur plus beau jouet, et ne sachant plus comment s’occuper.

L’après-midi, je repris mon travail non sans difficulté. J’étais penchée sur un dossier ardu lorsque Louise déboula dans mon bureau, un étrange sourire aux lèvres. Elle ferma la porte sans me demander mon avis, posa ses fesses sur mon dossier :

— Il a changé de poste.

— Qui ?

— Buckingham ! Il a pas démissionné, il a juste changé de poste. Je suis allée voir Nathalie aux RH, tu sais la petite blonde ! Elle m’a dit que le type de la surveillance vidéo avait pris sa retraite, et que c’était Buckingham qui le remplaçait.

Je restai silencieuse, sous le choc.

— Tu imagines ! À l’heure qu’il est, si ça se trouve, ce petit vicieux nous mate derrière ses écrans de contrôle ! Viens !

Surexcitée, elle me tira par le bras comme une gamine, et m’emmena dans le petit espace devant la machine à café. Elle se retourna vers une petite caméra de surveillance accrochée dans un coin de la pièce.

— Regarde, il est là, il nous épie.

Elle s’adressa à la caméra d’un air langoureux.

— T’aimes ça, hein, nous mater en cachette ? Ça t’excite de pouvoir nous observer sans qu’on te voie ?

Louise faisait l’idiote devant la caméra, relevant sa jupe jusqu’en haut.

— Arrête ! lui dis-je, affolée. Et si c’était pas lui ?

— Je sais que c’est lui. J’ai demandé à Nath, il est tout seul à surveiller toutes les vidéos du bâtiment.

Elle recommença à faire l’imbécile, prenant des postures provocantes, une voix de gorge :

— Hmm, Buckingham… Regarde comme je suis vilaine…

Elle monta sur une chaise, la jupe relevée, pour s’approcher de la caméra, lécha ses doigts avec vulgarité, le regard fixé sur l’objectif.

— Allez, viens… viens me donner une fessée pour me punir d’être aussi vilaine…

Je ne pus m’empêcher de rire, avant de la traîner de force hors de la pièce.

 

À partir de ce jour, je ne pus traverser un couloir, pénétrer dans une pièce sans chercher des yeux la caméra. De la gêne du début, j’étais passée à un désir exhibitionniste permanent : sentant son regard derrière la caméra, je me plaisais à jouer le jeu, à m’exhiber, à me mettre en scène pour lui, d’abord discrètement, puis de façon de plus en plus obscène. Au début, je ne faisais que lancer des regards coquins à l’objectif, lui adresser des sourires mutins. Je repoussais mes cheveux, dégageant ma nuque dans un geste qui se voulait le plus sensuel possible. Je déboutonnais le haut de mon corsage avant d’aller chercher mon café de l’après-midi, pour qu’il ait une vue la plus plongeante possible sur mon décolleté. Je faisais délibérément tomber une multitude de stylos pour avoir à me pencher et les ramasser, voire me mettre à quatre pattes pour les récupérer sous un meuble.

Puis, le temps passant, petit à petit, je commençai à m’adresser directement à la caméra. Je l’aguichais, comme s’il s’agissait de lui, déboutonnant mon corsage devant l’objectif, allant même une fois jusqu’à exhiber mes seins.

Les semaines passaient, Noël arrivait. Une grande fête fut organisée pour les cadres au dernier étage de l’immeuble. Le champagne coulait à flots. À mon arrivée, Louise avait déjà dépassé depuis longtemps le degré d’alcoolémie admis en société. Je ne voulais pas boire, de peur de commettre un impair devant mes supérieurs. Mais Louise m’entraîna au bar, me mit de force une coupe de champagne entre les mains. Elle me persuada que personne ne m’en voudrait de boire à un pot à Noël, que j’étais beaucoup trop sérieuse pour une trentenaire célibataire, et que la vie était trop courte pour ne pas s’amuser. Après quoi, elle alla allumer un des stagiaires. J’entrepris de discuter avec mes collègues des autres services, et, tentant de me donner une contenance, enfilai les coupes de champagne sans même m’en rendre compte. Deux heures plus tard, lorsque Louise vint me rejoindre, très enjouée, elle me trouva, moi, déchaînée. J’étais en train de discourir avec une sincère conviction à propos des bienfaits de l’épilation définitive au laser, face à deux collègues masculins médusés. Louise s’excusa auprès de mes interlocuteurs d’interrompre la passionnante conversation, tandis qu’eux – étrangement – semblaient soulagés.

Ma copine m’emmena dans le petit local reprographie, désigna du menton la caméra de surveillance.

— Et si on lui faisait un petit plaisir ? Un show privé, rien que pour lui… Pour Noël !

Sur ces mots, elle m’agrippa les cheveux, fourra sa langue dans ma bouche avant que j’aie pu dire quoi que ce soit.

— Laisse-toi faire… On va le rendre fou de désir… On le chauffe à mort, et au dernier moment…

Elle finit sa phrase en chuchotant à mon oreille.

— Arrête, t’es totalement soûle, dis-je, entre rire et gêne.

Mais elle recommença à m’embrasser, soulevant ma jupe avec la même ardeur qu’un détenu sortant de prison après dix ans d’abstinence. L’alcool aidant, je trouvai, malgré moi, qu’elle embrassait bien. Elle me mit dos à la caméra, glissa ostensiblement ses mains dans ma culotte, montrant à l’objectif ma paire de fesses. De plus en plus excitée par ses baisers, j’étais à deux doigts de céder à ses ardeurs, lorsqu’elle m’enleva ma culotte. Arrêtant soudain de m’embrasser, elle monta sur un meuble et la plaça sur l’objectif de la caméra.

— Ça va le rendre totalement dingue, tu vas voir ! Viens, on retourne au bar avant qu’il n’y ait plus de champagne.

Elle quitta le local, me plantant là, comme une prostituée délaissée par un client en plein ébat. Dépitée, je restai un long moment immobile, regardant autour de moi, hagarde. J’entrepris finalement de récupérer ma culotte accrochée à la caméra. Pendant que j’étais perchée à quatre pattes sur une table, j’entendis la poignée de la porte s’abaisser.

— Louise ? C’est toi ? fis-je d’une voix timide.

La porte s’ouvrit ; une silhouette se faufila dans la pièce, avant de refermer la porte. Je sursautai : Buckingham me regardait dans la pénombre, semblant retenir un sourire malicieux. J’avais l’impression de ne pas l’avoir vu depuis une éternité, il était encore plus grand que dans mon souvenir. Il tourna le verrou de la porte derrière lui, se décida enfin à me faire entendre le son de sa voix :

— Besoin d’aide ?

Elle était chaude et ronde, sa voix. Il tendit le bras sans effort vers la caméra, décrocha ma culotte. Je tendis la main pour la récupérer, mais il leva son bras, pour maintenir hors de ma portée le bout de tissu qui m’aurait rendu ma pudeur. Je le regardai, surprise : il me fixait, prenant sa revanche sur toutes les fois où Louise et moi l’avions effrontément nargué.

— Alors, vous vous amusez bien, toutes les deux, hein, ta copine et toi ?

Embarras extrême.

Je déglutis difficilement. Il se rapproche de moi ; je sens son souffle.

— Ça vous amuse de me provoquer… me titiller…

Rougissement intense. J’ai envie de tuer Louise.

— Mais non… je… pas du tout…

Il range ma petite culotte dans sa poche, se rapproche encore, se colle à mon oreille, chuchote :

— On ne t’a jamais appris que quand on cherche le loup, on finit par le trouver ?

Et sans plus de manières, il passe ses mains sous ma jupe, empoigne mes fesses, me colle avec force contre lui. Je fais ma mijaurée, me débats.

— Qu’est-ce que vous faites ? Laissez-moi ou je hurle !

— Tais-toi… Maintenant, c’est à moi d’en profiter…

Et pour me réduire au silence, il me plaque contre le mur, fourre sa langue dans ma bouche, sa main entre mes cuisses. Je commence par me débattre, tout en constatant que mon sexe a pris de l’avance sur mon cerveau : il suinte de désir. Bientôt, je m’abandonne. J’ai envie qu’il me prenne sauvagement, sans ménagement. Je sens son sexe dur contre moi. Excitée, déjà bien mise en condition par les caresses de Louise, je me surprends à vouloir lui ouvrir la braguette. Mais il prend mes mains, les plaque avec force contre le mur.

Voilà. Buckingham est le maître à bord désormais, et je suis sa chose. Ça m’excite encore plus. D’une seule main, il garde les miennes contre le mur, pendant qu’il déboutonne son pantalon. Il se plaque contre moi à nouveau, m’embrasse dans le cou. Je sens son sexe tendu contre mon ventre, je ferme les yeux. Soudain, il arrête de bouger. Je rouvre les yeux ; il me fixe intensément. De sa main libre, il soulève mon bassin, et d’un coup de reins incroyablement puissant, me pénètre avec un plaisir mêlé de rancune. Tandis qu’il m’assène ses coups de reins, il ne me lâche pas du regard, pas même une seconde. Il me fixe dans le blanc des yeux, se délectant tour à tour de ma gêne, de mon plaisir, de ma torpeur. Ne parvenant pas à soutenir son regard, je finis par refermer les yeux, et me laisser emporter par le plaisir. Je m’entends, malgré moi, pousser des gémissements. Il est bestial, sauvage, violent. Je sens toute sa force dans son sexe qui me pénètre. Me sentant prête à jouir, il sort ma culotte de sa poche, me la plaque sur la bouche, étouffant mon gémissement de jouissance – pour mieux profiter de la sienne.

Il me délivre un dernier coup de reins, et jouit dans un grognement sourd. Puis, calmement, il se retire, se rhabille avec la satisfaction du propriétaire d’écurie qui vient de dresser une pouliche. Me regardant dans les yeux avec arrogance, très lentement, il retire ma culotte de ma bouche pour la glisser dans mon décolleté.

Avec un rictus de satisfaction, il se contente de quitter la pièce sans un mot.

 

J’ai souvent repensé à cette soirée par la suite, mais je n’ai jamais rien raconté à Louise. J’ai craint un temps que Buckingham n’aille se vanter de ses exploits auprès des collègues. Quelques mois plus tard, j’ai appris par Louise qu’il avait été renvoyé : on avait retrouvé dans le local de vidéosurveillance toute une collection de cassettes montrant ses ébats avec une multitude d’employées de la société…

Encore maintenant, il m’arrive de fixer l’œil des caméras de surveillance en espérant qu’il se trouve derrière – à m’observer !

 

 

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