Osez 20 histoires de première fois

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La MusardineOsez 20 histoires


première foisvieux et jeune


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Résumé

Qu’’elles soient rythmées par les flonflons d’’une fête foraine, qu’’elles se passent contre une baignoire ou dans un refuge de montagne, nos « premières fois » font des histoires toujours originales, émouvantes et terriblement érotiques. Un véritable film que l’’on se rejoue seul ou à deux… et que viennent enrichir les premières fois qui ponctuent chaque nouvelle expérience : première séance nue d’’un modèle face à son photographe, première fois d’’un gauchiste avec une militante UMP, premier orgasme d’’une femme après deux ans de mariage…… Les 20 histoires qui composent ce recueil, écrites par les lectrices et lecteurs de La Musardine, vous le prouveront : on n’’en a jamais fini avec ses « premières fois » ! Et pour vous, c’’était comment ? Et surtout : quelle sera la prochaine ?

Débuter la lecture

Vierge – Séraphine

Thierry est le premier garçon à qui j’ai fait l’amour. Ou le premier qui m’a fait l’amour. C’est selon.

J’avais seize ans. Il en avait dix-huit. Le genre de chose qu’on n’oublie pas. Que ça se passe bien, ou que ce soit une catastrophe, jamais on oublie la première personne qui vous rentre à l’intérieur.

On s’est rencontrés à la fête de mon village, en juillet, devant les autotamponneuses, sur le parking. J’étais avec Kary, ma meilleure amie. À l’époque, on pouvait pas passer une soirée l’une sans l’autre.

On n’avait plus de jeton. Alors, je me suis mise à faire du stop pour faire la maligne, quoi ! Pour faire rire Kary ! Je pensais pas que quelqu’un s’arrêterait ! Et il s’est arrêté.

J’avais pas l’habitude qu’on s’arrête pour moi.

Kary, elle est plutôt plantureuse comme nana et… plutôt docile, comme on dit. Moi, je me suis toujours fait l’effet d’une allumette à côté d’elle. Avec ma petite poitrine, mes petites fesses et ma taille pas trop marquée. Certains disent que ça me donne un air fragile, ce corps de gamine. Les mêmes disent que ça ne m’empêche pas d’avoir un caractère de merde. Je sais pas si j’ai un caractère de merde. Je dis ce que je pense quand je le pense, et je ne fais pas ce que je n’ai pas envie de faire. Si c’est ça, avoir un caractère de merde, alors j’ai un caractère de merde. Et j’ai peut-être l’air, comme ça, de quelqu’un de fragile, qu’il faudrait protéger, mais ce que je peux vous dire, c’est que ça me fait vite chier, moi, qu’on veuille me protéger.

Je suis montée dans sa voiture comme un défi, pour pas me dégonfler, mais j’évitais de le calculer. Il était mignon, plus âgé… Je gloussais comme on peut glousser, ado, quand on est mal à l’aise et qu’on veut faire croire qu’on ne l’est pas… Non, j’étais super mal à l’aise, et je redoutais le moment où il allait se mettre à me parler.

Il a demandé, comme l’aurait demandé n’importe qui pour entamer une conversation, comment je m’appelais.

— Sophie.

— T’es d’ici ?

— Ouais.

Et boom, dans une bagnole ! Je criais, hystérique, pour cacher mon malaise.

— T’es pas d’ici, toi ?

— Marseille !

— Ah !

— J’m’appelle Thierry…

Le tour s’est terminé ; il m’a retenue par le bras alors que je sortais de la voiture, contente que ce soit terminé.

— On en refait une !

C’était pas une question. Le jeton glissait déjà dans la fente. J’ai pas eu le temps de répondre que toutes les voitures se sont remises à tourner. J’ai lancé à Kary un regard « à l’aide », mais elle montait elle-même dans une voiture : un type s’était arrêté. Je me suis sentie seule tout d’un coup, et ça m’a fait moins rire. J’avais besoin d’air.

— C’est joli, ici, c’est la première fois que je viens dans le coin, il a dit.

— Ah bon ?

— En fait, j’ai accompagné un pote qui voulait voir une fille, il a pas de bagnole. Céline, elle s’appelle, peut-être tu la connais ?

— Céline comment ?

— Je sais pas…

— J’en connais plusieurs, alors…

— Ouais, c’est con, je sais pas comment elle s’appelle.

— Et il l’a retrouvée ?

— Ouais.

— C’est cool !

— Ouais !

On a continué à parler comme ça… entre chocs, cris, rires, hurlements. La conversation, d’abord forcée, s’est détendue… je me suis détendue, jusqu’à me rendre à l’évidence : Thierry était mignon, charmant, et ni con, ni méchant. Juste original pour le canton. Il ne se la jouait pas, n’avait pas besoin de se la jouer, n’avait rien à prouver : il n’était pas d’ici.

Le fait qu’il ne jouait pas a fait que j’ai arrêté de jouer. On parlait, tout simplement – c’était cool.

Le cinquième tour s’est terminé. Kary s’éloignait avec le mec qui s’était arrêté pour elle. C’était bizarre. Y avait jamais eu de mecs entre nous. Et voilà que j’étais avec l’un d’eux, et qu’elle partait avec un autre… J’étais paniquée de me retrouver sans elle, soulagée qu’elle fasse sa vie, qu’elle ne m’attende pas. Contente de pouvoir rester avec Thierry, excitée d’être seule avec lui, fière qu’il soit plus âgé, si mignon, et d’entendre les autres filles du village médire de jalousie.

Après les autotamponneuses, il a proposé de descendre au bal bouger un peu. « Bouger un peu » ? Qu’est-ce qu’il entendait par là ? Il avait pas l’intention de danser, quand même ? C’est que j’étais connue, moi, dans le village ! C’est pas que j’aimais pas danser, ou que je savais pas… Non ! C’est juste que ça faisait ringard de danser au bal, quoi !

On a dansé comme des tarés.

Au début, j’osais pas trop. Je le trouvais nul d’aimer danser. Surtout qu’il dansait pas : il gesticulait n’importe comment sur la musique ! J’avais tellement honte que je savais pas où me mettre ! Mais à me rendre compte que toutes les filles, même les plus âgées, les « grandes » qui traînaient tous les soirs à la terrasse du bar ou en bande sur le muret, mataient Thierry d’un air entendu comme s’il était un bon quatre-heures, ça m’a donné de l’assurance. C’est avec moi qu’il était sur cette piste. Avec moi. Alors, j’ai voulu faire comme lui, être avec lui à cent pour cent. Je riais en paraissant détendue genre « c’est rigolo de faire n’importe quoi, et on assume, fuck le monde autour de nous ! ». Et puis comme d’hab, l’appétit vient en mangeant : on se force au début, et puis on se détend, on respire et ça vient… En haut, en bas, sauter, faire des tours sur soi-même…

Il me prenait par la taille, je le poussais, il revenait, il me soulevait, je criais ; ses tempes étaient mouillées, et mes doigts passaient dans ses cheveux… On se touchait comme on se touche quand on danse, ou quand on fait les cons. Ça peut paraître anodin vu de loin, mais de près, ça ne l’est pas… vous voyez ce que je veux dire ? Pour moi, c’était la première fois. Première fois que je touchais comme ça, mine de rien, qu’on me touchait comme ça, mine de rien, qu’on s’effleurait, se respirait, se bousculait… Peut-être que c’était anodin pour lui ; je ne sais pas, je ne crois pas – ça ne l’était pas pour moi. Ça ne l’était pas, pour moi.

Je me souviens de son odeur, celle de sa transpiration et celle de son haleine. Je me souviens du son de sa respiration, de la chaleur et de la force de ses mains sur mon corps, quand il me poussait, récupérait, faisait tourner… J’obéissais, je le guidais aussi, j’essayais… tout ça ne ressemblait à rien, mais ce n’était plus le but : j’avais oublié que les gens nous regardaient. Jamais, je ne m’étais sentie aussi désinhibée, déshabillée, nue et pourtant habillée, en confiance, entre les doigts, dans les yeux de quelqu’un. C’était bien…

Il m’a offert une bière ; j’ai accepté. Cette bière, je l’ai décapsulée, bue sans lui dire que je n’en avais jamais bu, avant.

Là, à la buvette, j’ai repris conscience du regard des pimbêches. Thierry me disait qu’il n’aimait pas ce genre de fête : il les évitait d’habitude. S’il était venu, c’était vraiment pour dépanner son pote Fred qui n’avait pas de bagnole. Il m’a dit finalement qu’il ne regrettait pas.

— Tu me fais visiter ? il a dit.

Nos bières à la main, on est montés vers le château.

S’il y avait un endroit que je voulais lui montrer de mon village, c’était la vue qu’on avait du château. Même de nuit, elle est belle, cette vue. Elle est vaste. Les Alpes forment une grosse masse noire plus sombre encore que la nuit. Çà et là, il y a bien quelques lumières : villages qui traînent comme des étoiles accrochées aux montagnes.
À entendre le vent s’engouffrer dans les vallées, on se sent libre et fort ! Au-dessus de tout !

J’avais oublié que, les soirs de fête, tout le monde monte là-haut pour baiser ! J’étais mal. Je voulais pas qu’il pense que je l’avais emmené là pour ça.

— Fais pas gaffe, je disais. Au panorama, y aura personne !

On est montés fissa, moi devant, lui derrière et… la claque, quoi ! Plus que jamais, ça m’a fait de l’effet, cet endroit. Sans doute la bière, mais… cette vue !

Ce vent ! L’air pur, frais sur ma transpiration !

Respirer profondément, fermer les yeux !

On est restés comme ça, à profiter de l’air et de la nuit… On était bien… J’étais bien…

Ses mains sont venues sur ma taille ; ça ne m’a pas surprise. C’était doux. Mes yeux se sont fermés. Son corps s’est collé contre le mien comme une caresse ; et de sa bouche, il a écarté mes cheveux jusqu’à trouver ma nuque. Il respirait dans mon cou, mes oreilles. Plaquait doucement mes fesses contre son sexe dur… Et puis, plus rien. Il ne m’embrassait pas, ne me caressait pas ; ses mains ne bougeaient plus sur mes hanches. Je sentais toujours son souffle, je n’ouvrais pas les yeux ; le vent continuait à sécher ma transpiration… Je me souviens que je n’avais pas peur, que j’étais bien, que son souffle délicat faisait changer ma propre respiration : elle gonflait ma poitrine quand j’inspirais et descendait bas dans mon ventre quand j’expirais. J’avais conscience de me cambrer, mais ne le faisais pas exprès ; c’était comme si mon corps parlait tout seul, qu’il connaissait ce langage sans l’avoir jamais appris.

Et voilà que ma culotte s’humidifiait. C’était la première fois que je sentais ça au contact de quelqu’un, que ça me chatouillait, que mes lèvres se gonflaient, comme quand j’avais envie de me toucher, sauf que pour la première fois, j’avais envie que ce soit quelqu’un d’autre qui me touche, qui me soulage, que ce soit lui… Ça me plaisait comme sensation, ça aurait pu durer des heures… Peut-être que ça a duré des heures…

J’aimais son sexe derrière moi, son sexe qui ne bougeait pas, qui ne demandait rien. Jamais je n’avais senti de sexe dur contre mes fesses. Dur à me rendre fière, dur et patient, à ma disposition, patient, me laissant maîtresse de décider quoi faire de lui.

Une fois, un garçon qui m’embrassait m’avait pris la main pour que je touche, ça ne m’avait pas plu… J’avais laissé ma main pour lui faire plaisir, pour pas qu’il pense que j’étais coincée, et puis je l’avais retirée. Je n’aime pas qu’on me force la main.

Là, c’était pas pareil… J’étais libre. Libre de me donner à lui, libre de le faire jouir, libre de me laisser prendre, libre de jouir de lui ; c’était à moi de décider.

Le bout de sa langue est venu caresser, embrasser mon oreille comme pour me demander l’autorisation de commencer. Un soupir l’a encouragé. J’ai continué à me cambrer machinalement, lui ai offert ma bouche, ouverte, chaude, vierge. Nos langues se sont emmêlées, gonflées de sang et d’envie de se dévorer… Mes fesses se frottaient contre son sexe doucement. Sa main a bougé enfin, s’est glissée sous ma jupe, contre ma cuisse, entre mes cuisses moites, fermées, timides, et pourtant impatientes. Elle s’est frayé un chemin dans ma culotte, sur le côté, soulevant l’élastique, ouvrant mes cuisses sans résistance, mes cuisses tremblantes, reconnaissantes…

Sa main puissante couvrait mon sexe tout entier ; mon sexe lui appartenait, je lui appartenais, j’étais entre ses mains. Pendant que nos langues continuaient à s’abreuver l’une de l’autre, sa main s’est mise à me caresser, en va-et-vient, promettant de rentrer, éventuellement, mais pas encore…

Frustration jouissive, celle de l’attente… en va-et-vient rapide et lent, lent et rapide. J’avais envie de le bouffer, qu’il rentre en moi, brutalement, là, tout de suite. Je ne respirais plus, ou mal, je happais l’air comme je pouvais, entre deux contractions de mon sexe… Et son doigt est entré, ses doigts, je ne sais plus… me harponnant comme un hameçon croche un poisson. J’étais prise, immobile, mouillée, à bout de souffle, la gorge sèche. Et lentement, ses doigts m’ont visitée, dedans, dehors, de plus en plus profondément, m’agrippant, occupant un à un ces points jusqu’alors inconnus de moi qui, stimulés, provoquaient dans tout le reste de mon corps une décharge électrique libératrice.

J’étais à sa merci. Il me connaissait mieux que moi-même. Avec une absolue confiance, je le laissais me faire jouir, et jouir encore, encore, différemment chaque fois, de sensation nouvelle en sensation nouvelle ; j’en étais la première étonnée. Peu à peu, je me suis calmée. Chaude, le sexe gorgé de sang et de jouissance, j’avais envie de lui, et aussi de le goûter.

J’ai ouvert les yeux, me suis retournée. J’avais toujours pensé que je serais paniquée dans ce genre de situation, au moins la première fois ! Pas du tout. Il était face à moi, me regardait, et c’était si doux, ce regard… Je suis descendue contre son torse, respirant ses aisselles, son ventre, embrassant les quelques poils au-dessus de son jean, que j’ai ouvert… libérant enfin son sexe jusque-là prisonnier !

Son sexe m’a sauté au visage ; je me rappelle avoir pensé « c’est donc ça, un sexe masculin ». Je regardais les veines, la peau, les poils et, bizarrement, alors que j’avais toujours trouvé ça laid en photo, je trouvais ça beau, là, dressé devant ma bouche, et que ça sentait bon. Ça sentait le plaisir, la force, le vice, une odeur d’intimité que l’on ne donne pas à tout le monde, et qu’il me donnait, à moi… son odeur d’intimité, à moi, privilégiée. J’avais envie de l’apprivoiser, ce sexe, d’apprendre à le connaître.

Alors, j’ai commencé par l’embrasser, doucement, me présenter. Thierry a passé sa main dans mes cheveux, pas pour m’attraper, ni me diriger, comme on voit dans les films, non : il dégageait mon visage, voulait me voir, me regarder. Ça m’a encouragée.

J’ai léché son gland du bout de ma langue d’abord, comme un petit chat laperait du lait. Puis de ma langue entière, molle, doucement, frénétiquement, tout le long du sexe, je léchais, léchais goulûment, délibérément ne voulais pas le prendre en bouche, pas encore, comme pour le faire attendre lui aussi, le faire languir comme il m’avait fait languir. Je voulais qu’il me supplie, qu’il n’en puisse plus, que ça devienne insupportable… Alors, quand je l’ai senti se raidir, quand il a agrippé ma nuque, inspiré nerveusement entre ses dents, j’ai pris son gland en bouche, son sexe entier. Il m’a aussitôt retenu la tête par les cheveux pour que j’arrête, que je fasse une pause…

« Pauvre amour… » je me disais, immobile, son sexe dans ma bouche. « Faire tant d’effort pour ne pas jouir, car l’homme ne jouit qu’une fois, c’est vrai. Et quand il a joui, c’est terminé, ou alors, il faut attendre. Ce besoin de maîtrise doit être épuisant. L’homme n’a pas le privilège de jouir autant de fois que nous. L’homme n’a pas tous ces points en lui que nous avons… » je me disais, patiente, attendant qu’il se calme. Fière qu’il soit ainsi à ma merci, après que j’avais été à la sienne si complètement.

Nous faisions une pause.

Ma bouche ne bougeait plus le long de son sexe, ma langue non plus ; l’une et l’autre attendaient d’avoir le droit de reprendre la dégustation du noble instrument de plaisir… Je me rappelle le vent entre mes cuisses, titillant mon sexe humide, excitant mon désir…

La pause se faisant trop longue, j’ai libéré ma bouche de son sexe, me suis allongée sur le dos, sur les dalles fraîches du panorama, sous le ciel étoilé, jambes écartées pour profiter des caresses du vent frais.

Thierry est venu sur moi. Il a enfoncé son sexe dans mon ventre. Lentement, il m’a pénétrée.

C’était comme une réponse, cette pénétration. Je me suis sentie entière, remplie. La pièce manquante d’un puzzle en moi. Chaque va-et-vient de son sexe me procurait des bouffées de plaisir, bouffées de plus en plus intenses, de plus en plus hautes dans ma poitrine, bouffées qui remontaient à mon diaphragme, mon plexus, à me couper la respiration. Je me suis cambrée, convulsée…

Ma bouche s’est ouverte, les larmes sont montées ; gazelle prise par le guépard, j’ai suffoqué, gémi, pleuré. Machinalement, mes cuisses se refermaient, mais de ses mains posées sur mes genoux, lui les maintenait ouvertes, m’infligeant encore son va-et-vient – et ma propre jouissance, quand j’en avais assez… assez !

Il est venu en moi alors que je me relâchais. S’est cambré alors que j’étais rassasiée… À présent, c’est lui qui était vulnérable : il n’avait plus la force de maintenir mes cuisses ; ses yeux étaient fermés. Il était convulsé, je devenais guépard, il devenait gazelle, mourait de sa petite mort… Dieu, que j’avais aimé ça : faire l’amour !

Il est retombé sur moi, s’est retiré alors que son sexe devenait mou. Nous sommes restés comme ça un moment, lui sur moi, à sécher sous la lune.

Sourire aux lèvres, le nez fourré dans son odeur… écrasée sous son poids d’empilement de soldats morts qui s’apprêtaient à revenir à la vie… je caressais son dos. Il récupérait.

Alors qu’il s’était assoupi, je me souviens de ce liquide chaud s’échappant de mon sexe, coulant entre mes fesses sur les dalles du panoramique. Je me souviens avoir pensé « c’est donc ça, le sperme, c’est chaud comme ça, et gluant ».

Au bout d’un quart d’heure, une heure, une demi-heure, je ne sais plus, j’ai entendu la voix de Kary qui m’appelait. Ça a réveillé Thierry. Il s’est redressé, a regardé autour de lui l’air de ne plus savoir où il était, m’a vue, reconnue, m’a souri, embrassée…

— Il faut que je retrouve mon pote.

En deux secondes, il était rhabillé. Il a disparu alors que je m’habillais encore, tranquillement – pas envie de me presser. D’un signe de la main, je lui ai fait savoir que c’était bon, qu’il pouvait disparaître. Car il pouvait disparaître. Sans remords ni rancune. À ce moment-là, je ne savais pas encore si j’allais le revoir ou pas. Et je n’en avais rien à faire. On avait joué au guépard et à la gazelle ; les jeux étaient faits et on avait gagné tous les deux : que du bonheur à prendre, et Dieu sait qu’on l’avait pris jusqu’à la dernière goutte.

Avec le recul, sachant tout ce qu’on a vécu, tout ce qu’on a merdé, je me dis qu’on aurait mieux fait de s’arrêter là. Certains moments devraient se suffire à eux-mêmes. On ne devrait pas s’imaginer pouvoir les prolonger sans en perdre la saveur. On devrait savoir les prendre pour ce qu’ils sont, remercier la vie de nous les avoir donnés, et avancer vers le soleil, remplis de jouissance gratuite.

 

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